LE COIN POÉTIQUE DE FRIPOU
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 Marseille vue par les poètes (Compilation)

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André Laugier

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MessageSujet: Marseille vue par les poètes (Compilation)   Marseille vue par les poètes (Compilation) EmptyVen 3 Juin - 12:25


Marseille vue par les poètes (Compilation) 16euroeus_marseille



MARSEILLE VUE PAR LES POÈTES

(Compilation)

Le parler marseillais, c'est un langage savoureux, chaud au cœur, fort à l'esprit. Il ressemble un peu à ces alcools parfumés aux fleurs de garrigues avec un goût dominant, certes, mais aussi de nombreuses harmoniques.

Marseille, Antique parmi les antiques, est née non pas du sang de la haine comme Rome, mais d'un roman d'Amour entre un navigateur phocéen, PROTIS, et une belle Ligure, GYPTIS, fille d'un chef de tribu. Mais Marseille, c'est aussi, tout à la fois le soleil, le vent, la conquête de la nature, le souffle de la liberté, le rire, l'ombre et la lumière. Combien de peintres et de poètes ont choisi ses paysages envoûtants et son langage truculent, haut en couleur, pour y véhiculer leurs impressions, leurs sentiments et leur attachement à cette vile dont l'accent peut être à la fois tonique, tendre, viril, gouailleur, triste, amusé, amusant claironnant...

« Et toi, Marseille, assise aux portes de la France, comme pour accueillir ses hôtes dans tes eaux. » Alphonse de LAMARTINE.

« J’ai une idée si agréable de Marseille que je suis assurée que vous n’avez pas pu vous y ennuyer. » Madame De SÉVIGNÉ.

« Dans le monde entier, mon cher Panisse, tout le monde croit que les Marseillais ont le casque et la barbe à deux pointes, et qu’ils se nourrissent de bouillabaisse et d’aïoli, en disant « bagasse » toute la journée. » Marcel PAGNOL.

« Le séjour à Marseille m’a formé le caractère. Je suis disposé à prendre tout en gai et je guéris de la mélancolie. » STENDHAL;

« C’est à Marseille que je m’arrêtai d’abord. Tous les matins, j’allais prendre les bains de mer au Château-Vert, et j’apercevais de loin en nageant les îles riantes du golfe. » Gérard de NERVAL.

« On sait que Marseille du temps de Cicéron et d’Agricola, était appelée l’Athènes des Gaules. » CHATEAUBRIAND.

« Là, sur des bords couronnés d’oliviers,
On voit les tours de Marseille l’antique,
Beau monument d’un vieux peuple ionique. »
VOLTAIRE.

« Marseille est une ville… dans son port tout hérissé d’une forêt de mâts, on trouve le Musulman, l’Indien, etc… Marseille est tout l’univers… elle a toujours été florissante. » André CHÉNIER.

« Tartarin rayonnant, marchait, regardant de tous ses yeux ce merveilleux port de Marseille qu’il voyait pour la première fois, et qui l’éblouissait. » Alphonse DAUDET.

« Marseille est une ville magnifique qui froisse et qui déplaît au premier abord par la rudesse de son climat et de ses habitants. On s’y fait pourtant, car le fond de ce climat est sain et le fond de ses habitants est bon. » George SAND.

« On y sent je ne sais quoi d’oriental, on y marche à l’aise, on respire content, la peau se dilate et hume le soleil comme un grand bain de lumière. » Gustave FLAUBERT.

Et l'on pourrait remplir des pages de citations de tous ces artistes, de tous les âges, qui sont passé par Marseille, conservant de leur séjour de la poésie plein la tête, et de l'amitié pleine le cœur...

Ci-dessous, une petite compilation de poèmes évocateurs sur la Ville et ses alentours.

Bonne lecture à tous dans ce tour de France poétique de nos régions.


Jean AICARD

LA BOUILLE-ABAISSE.

Le ciel est comme un champ plein d'un semis d'étoiles ;
N'est-ce pas, paysans qui, le samedi soir,
Par un beau temps, fendez le flot bleuâtre et noir,
Et, traînant vos filets dans les vagues profondes,
Cherchez la bouille-abaisse en fuite sous les ondes ?
Le grand filet plombé racle le fond de l'eau,
Ramassant ou courbant l'algue comme un râteau,
Et le poisson surpris s'embrouille dans la maille ;
Mais le fond montueux par instant le tiraille,
Et l'aviron ne peut l'arracher, sans le vent.
La brise souffle donc, et les pousse en avant ;
Et l'un baigne sa main au fil du frais sillage,
L'autre fume sa pipe en regardant la plage,
Et ceux-ci sur le banc qui les berce étendus
Fredonnent de vieux airs, les yeux au ciel perdus.

Un souvenir du jour, nuits d'été, vous colore ;
Nuits trop courtes ! Voici déjà la blanche aurore ;
Le sommeil flotte, vague, amortissant les voix.
Le filet se retire et s'emplit plusieurs fois.
« Regarde faseyer, petit, le point d'amure :
Le vent mollit, ramons ! » — Et dans un grand murmure
La barque file, ayant ses avirons armés,
Qui, rapides et forts, coupent les flots calmés.
Obliquant tous ensemble, à peine sans secousse
Ont-ils plongé dans l'eau qui résiste et repousse
Qu'on les revoit soudain, horizontaux encor,
Emperlés et frangés de gouttelettes d'or !
La mer rit au soleil. Les côtes se font proches,
Et des groupes amis s'avançant sur les roches
Appellent. « Avez-vous bonne pêche ? — Oui. — Non. »
On hèle le patron affairé par son nom :
« Patron Vincent ! » Mais lui « : Barre à tribord, prends garde !
— A terre ! — Les paniers ici ! » Chacun regarde :
« C'est beaucoup. — Non, c'est peu. — Voyons ! — Tout est vivant !
Les porteurs du panier trop plein marchent devant,
Et sur la longue table, à l'abri de la treille,
On a posé bientôt et vidé la corbeille,
Pendant que les pêcheurs, à l'ombre des mûriers,
Dorment, avec leurs bras croisés pour oreillers.

Ô trésors ruisselants de la mer indulgente !
Ce sont les loups zébrés dont le ventre s'argente ;
La girelle, rayée en long de bleu, de vert
Et d'orangé ; le crabe affreux au croc ouvert ;
La langouste aux anneaux polis, aux tons de laque,
Et dont la queue au ventre est repliée et claque ;
La sole plate et mince, et le rouquier qui sent
Les rochers sous lesquels dans l'algue il va glissant ;
La rascasse méchante au dos qui se hérisse ;
Et tout cela se tord, bondit, ondoie et glisse,
Étranges arcs-en-ciel mouillés et radieux,
Prismes éblouissants de nageoires et d'yeux.

En plein air, le chaudron où le poisson fourmille
Sur un trépied géant fume, et le feu pétille,
Sans relâche nourri de ceps et de sarments.
Le thym nage sur l'huile, et des bouillonnements
Annonceront bientôt la bouille-abaisse prête.
La table sous la treille a pris un air de fête.
La bouteille sourit, et les couverts d'étain
Prennent, grâce au soleil, un éclat argentin.
— Çà, le chaudron bouillonne ; accourez, qu'on l'enlève !
Cuisiniers, éveillez les dormeurs de leur rêve,
Et qu'on dévore enfin de la bouche et des yeux
Le mets chéri, le plat consacré des aïeux,
D'où s'exhale l'odeur des collines, et celle
De la mer qui là-bas au soleil étincelle.
___________________

Jean AICARD

La Méditerranée

La Méditerranée est couchée au soleil ;
Des monts chargés de pins, d'oliviers et de vignes
Qui font un éternel murmure au sien pareil,
Voient dans ses eaux trembler leurs lignes.

Elle est couchée aux pieds des pins aux sueurs d'or,
Qui de leurs parfums d'ambre embaument la campagne ;
Elle veille en chantant ; en chantant elle dort ;
La cigale en chœur l'accompagne.

Au bord de cette mer Praxitèle rêvant
A pris à la souplesse exquise de ses lames,
Pour fixer la Beauté dans le Paros vivant,
Des formes fuyantes de femmes.

La Méditerranée, ô rêve ! est donc la mer
D'où sortit Vénus blonde aux pieds blanchis d'écume,
Et comme la Beauté donne un bonheur amer,
Les flots bleus sont faits d'amertume.

Lorsque Pan dut céder aux dieux nouveaux venus
Vénus revint mêler aux flots sa beauté blonde,
Et sous leur transparence elle erre encor, seins nus,
Lumineuse, éparse dans l'onde.

En ses limpides yeux se mirent nos grands bois ;
Cigales, nous rythmons ses chants avec nos lyres,
Car Pan aime d'amour ses yeux verts et sa voix,
Et ses innombrables sourires !
___________________

Joseph AUTRAN

LA CALANQUE

Ils avaient tout un jour, assidus à leur tâche,
Travaillé du marteau, du rabot, de la hache :
Charpentiers d'aventure, ils rajustaient le flanc
De leur chaloupe usée, au pont mince et branlant,
Qui hors du flot gisait. — Hélas ! La chère barque
Des injures du temps montrait plus d'une marque.
Eux sur chaque blessure étendaient le goudron ;
Ils renforçaient l'endroit où porte l'aviron ;
Ils clouaient une planche à côté de la poupe ;
Dans la moindre fissure ils inséraient l'étoupe,
Armant avec effort contre les chocs nouveaux
Ce vieux bois, fatigué par tant de durs travaux.

L'un des trois compagnons, vieillard solide et svelte,
Avait l'aspect hautain d'un ancien patron celte ;
L'autre, son fils peut-être, en la vigueur des ans,
Avait l'air d'un lutteur, fier de ses bras luisants.
Le troisième, enfant blond, qu'à l'œuvre on associe,
Offrait les clous, tendait la varlope ou la scie,
Heureux de s'employer en ce commun labeur.
Je les vis tout le jour s'agiter en sueur.
Vers midi seulement, ouvriers sans reproche,
Ils prirent à la hâte un repas sur la roche,
Dîner frugal, de noix et de fromage sec.
La vague cependant, sur l'algue et le varech,
Bondissait, et, du roc venant laver la marge,
Leur chantait sa chanson mélancolique et large.

C'était en un vallon dont le sol raviné
S'ombrage d'un vieux pin sous la bise incliné ;
Du monde primitif inculte paysage,
Ornière entre deux monts creusée, âpre et sauvage,
Qui semble un double mur de pierres sans ciment,
Et sur la vaste mer débouche brusquement.
Comme le jour tombait, l'œuvre achevée à peine,
On poussa vers les eaux la glissante carène.
Chacun d'eux sur les bancs s'empressa de s'asseoir.
Le foc, rouge haillon, s'ouvrit au vent du soir ;
Ils partirent sans bruit sur la mer sombre et haute :
Et moi, je les voyais s'éloigner de la côte,
Et je songeais à toi, mortel qui, le premier,
Jetas aux flots le tronc d'un chêne ou d'un palmier,
Et sur cet appui frêle, en ta sainte démence,
Allas seul affronter l'horreur de l'onde immense !
___________________



À SUIVRE...



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MessageSujet: Re: Marseille vue par les poètes (Compilation)   Marseille vue par les poètes (Compilation) EmptyVen 3 Juin - 15:17

Les gens les plus célèbres ont reconnu avoir du plaisir dans cette belle ville !
Merci pour ces beaux poèmes, ces belles phrases dédiées à Marseille !
Un plaisir de lecture !!!
calinchat bisounours

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André Laugier

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MessageSujet: Re: Marseille vue par les poètes (Compilation)   Marseille vue par les poètes (Compilation) EmptyVen 3 Juin - 19:05

Flamme a écrit:
Les gens les plus célèbres ont reconnu avoir du plaisir dans cette belle ville !
Merci pour ces beaux poèmes, ces belles phrases dédiées à Marseille !
Un plaisir de lecture !!!
calinchat bisounours


Bonsoir FLAMME, et UN GRAND MERCI d'apprécier le 3ème volet de ce "Tour de France poétique", entamé avec Annecy, puis Cauterets. Bien entendu, il y aura Bordeaux et bien d'autres régions. Je pense que les poètes doivent s'enrichir aussi du côté historique de leur art, et savoir le rôle tenu dans leur pays par toutes ces générations d'aèdes qui ont fréquenté tel ou tel lieu, pour en écrire, ensuite, quelques belles pages.

Évidemment, il ne s'agit pas de monopoliser le forum avec un nombre excessif de poèmes, pour chaque coin de notre beau pays, mais de représenter les plus marquants avec une dizaine d'œuvres, chaque fois. Pas plus.

Il sera intéressant de savoir si ces topics sont susceptibles de sensibiliser les membres du forum. Dans le cas contraire, je n'insisterai pas, bien évidemment. La pluralité des sujets doit se faire en accord avec les inclinations du plus grand nombre.

DE GROS  bibi2  bibi2  bibi2 DE NOUS TROIS.

Excellente soirée.

CARPE DIEM

andre





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MOMO13

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MessageSujet: O, Marseille.....   Marseille vue par les poètes (Compilation) EmptySam 4 Juin - 5:18

JE ME SUIS FAIT PLAISIR EN PARLANT DE MA CHERE VILLE "MARSEILLE"....

C'est tout à fait quelconque, mal rimé, ordinaire, et exagéré....M'en fous ! C'EST DE CHEZ MOI QUE JE CAUSE....




GRAND  MERCI, mon Dédé...Bises à la dame....







UN JOUR "exceptionnel" d'ORAGE,  à Marseille
A Marseille, tu sais, la première des choses,
C'est d'ouvrir les volets pour regarder...le temps !
Si par hasard, il pleut, ON en cherche les causes :
" Mais c'est pas vrai, tu vois ? leurs bombes? maintenant?"
"Comment sortir ? et où ? J'ai pas de parapluie..."
"J'ai pas d'imperméable, de bottes, de cirés..."
"Bonne Mère, pas possible! On est en Normandie !....."
ON oublie les trois mois secs,et caniculés,
ON oublie qu'hier soir, on pétait de chaleur,
ON oublie les repas qu'on a pris, sur la plage,
ON oublie les pétanques, sous les pins...les odeurs
Du pastis, du poisson...bref ! ON LA fait sauvage.
ON ne voit que le temps, et l'eau, qui dégouline...
ON pense pas à ceux qui l'ont...toute l'année.
NOUS ? nous on est trop tristes : Aïe! Aïe! Aïe, Adeline,
"Voila ! tu vois, ma caille ? ON va rester bloqués...
Pourtant, ON LE SAIT BIEN, en ces mois de décembre
Qu'ON est en plein hiver,mais...ON EST DU MIDI !
ON a pas l'habitude ! ON TOURNE, dans les chambres ;
ON a plus SES repaires : "Lou Souléu Es Parti!"
...Puis, les pauvres nuages qui passaient,sur la côte,
S'éloignent, doucement...Le ciel se rebleuit !
Le mistral, en retard, "s'excuse" de sa faute,
IL nettoie l'atmosphère...En cassant tout, pardi !
Alors, les "Braves" gens, qui vendent des OUTRAGES,
Cirés, (des gens du Nord) bottes, ou parapluies,
ARRACHENT des vitrines ces "articles-présages",
Pour mieux nous rassurer ! la pluie est rare, ICI.
Ou alors, quand il pleut, c'est lorsqu'ON le demande...
Pour arroser des fleurs, des arbres...ou quelques vignes.
Ça fait qu'ici,de l'eau, on en fait la commande.
ON prie la Bonne Mère, ou on lui fait un signe.
Le Canal du Midi inonde nos cultures ;
Et nettoie nos terrasses. Bou Diou ! y a de l'eau!
Parfois des cumulus, dont l'ombre nous rassure,
Passent dans le ciel bleu...touristes : blancs et beaux!
Après les marseillais "détendent" leurs sourires.
Ils vont sur les marchés, s'interpellent, idiots..
ON DIT :" Bou diou, hier, un orage, ..et bien pire!
C'était un ouragan ! c'était...les grandes eaux !
Excusez ! juillettistes, on vous comprend, parfois,
Quand vous"envahissez" notre espace, l'été.
NOUS, on laisse la place ; sachant que, onze mois,
Nous nous rattraperons ! Onze mois de congé.
Si je pars quelques jours, dans le Nord de la France,
Même si c'est très beau, et j'avoue que c'est vrai !
Hormis la Bonne Vierge, il faudra que je pense,
A gonfler des ballons de Notre Air, bien iodé,
A remplir de recettes, et de cartes postales,
De thym et de lavande, de savon de Marseille,
Quelque ANCIENNE valise, NEUVE et Provençale...
Chez nous, ON bouge pas ! regardez les abeilles !!!
Chaque soir, à Paris, Nantes....et même ailleurs,
J'ouvrirais un ballon...et MON air du Midi,
Me régénèrera. Mes herbes auront l'odeur
De mon coin Provençal. Je suis chauvin, pardi !
Et je sais, gens du Nord, même si j'exagère,
Que vous viendrez chez nous...sans votre parapluie.
Pour vous je porte un cierge à notre Bonne Mère ;
Attention au soleil ! trouvez-vous une "PLANQUE"!
Vous aimerez nos plages, et nos belles calanques;
Nos plats, nos coquillages, nos marchés, nos...pétanques.
Et le pastis, le soir, quand la chaleur se"manque".
MAIS...mouillez les pitchouns, ici, il ne pleut plus...
Depuis trente-sept ans....sauf ...ce mois de décembre...
Voila ! j'ai le cafard ! restons bouche cousue...
Chez vous, toute l'année, à partir de septembre...
Jusqu'en août...c'est foutu !!!
Maurice ARNOUX

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ECRIRE, cest déja se confier, mais avec des amis, c'est PARTAGER l intime...MERCI.
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MessageSujet: Re: Marseille vue par les poètes (Compilation)   Marseille vue par les poètes (Compilation) EmptySam 4 Juin - 19:29



Bonsoir, mon Cher MOMO,

merci d'avoir honoré ce topic par ta lecture ainsi que par ce poème de ta composition, respirant toute la vitalité et "l'atmosphère" de notre Chère ville. Ici, chez nous, la philosophie va du "pied d'égalité" au "mettez-vous à l'aise", en passant par toutes les clés de la sagesse. Et en bon humaniste, il est admis, comme normal, que chaque chose ait son contraire.

Je te l'ai déjà dit, mon Cher MOMO, en te lisant, en découvrant tes expressions savoureuses et poétiques, j'ai l'impression de me plonger dans du PAGNOL. À part que ce n'est pas du PAGNOL, mais bien du Maurice ARNOUX, dit "MOMO", dans le meilleur de son inspiration, et incontournable pour comprendre et pour communiquer avec les "otres" de Marseille.

Oui, MOMO, chez toi les expressions sont en perpétuel mouvement dans un langage attachant, imagé, profondément humain et agile d'esprit créateur.

app app app app

DE GROS bis DE TES DEUX AMIS DU 5ème.

dede

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MessageSujet: Re: Marseille vue par les poètes (Compilation)   Marseille vue par les poètes (Compilation) EmptySam 4 Juin - 19:32




Emile SICARD (1878-1921)

AIX EN PROVENCE

Aix, musicale et belle avec la fièvre aux joues,
Aix où les pas clouent le silence,
Chambre royale et nue avec l’alcôve immense
Où dort le souvenir d’Anjou!

La ville a le parfum des guirlandes fanées.
Contre les portes à marteaux
Pour aviver ce bal de cour sur un tombeau
Je mets mon âme décorée.

Aix! douceur, solitude! Aix! languissante voix!
Aix, la rose provinciale,
Des tours de Saint-Sauveur à la rue Cardinale
Combien vous ai-je aimée de fois!
__________________

Germain NOUVEAU

MARSEILLE

C’est à Rouen, votre Rouen, Madame,
Qu’on brûla... (je fais un impair !)
Mais Marseille ! c’est une femme
Qui se lève, au bord de la mer !

Le Havre a votre amour, et d’une ;
Son port, et de deux ; qu’il soit fier !
Mais Marseille ! c’est une brune
Qui sourit, au bord de la mer !

Comme le fauve qu’il rappelle,
Lyon porte beau, par un temps clair ;
Mais Marseille ! est une « bien belle »
Qu’on salue, an bord de la mer ;

Les vignes où vole la grive
Près de Dijon n’ont pas le ver ;
Mais Marseille ! est une « bien vive »
Qui chantonne, au bord de la mer ;

Bordeaux, avec sa gloire éparse
Sur vingt océans, a grand air !
Mais Marseille ! c’est une garce
Qui vous grise, au bord de la mer ;

Le beffroi d’Arras se redresse
Comme la hune au vent d’hiver ;
Mais Marseille ! est une bougresse,
Qui tempête, au bord de la mer ;

Laval est un duc, ma Mignonne,
Dont le poiré n’est pas amer ;
Mais Marseille ! est une « bien bonne »
Qui se calme, au bord de la mer ;

Toulouse est un ténor qui traîne
Où frise peut-être un peu l’r...
Mais Marseille ! est une sirène
Qui chuchotte, au bord de la mer ;

Clermont a ses volcans où rôde
Le souvenir d’un feu d’enfer ;
Mais Marseille ! est une « bien chaude »
Qui vous baise, au bord de la mer ;

Grenoble a Bayard, la prouesse
Faite homme et l’honneur fait de fer ;
Mais Marseille est une déesse
Qu’on adore, au bord de la mer ;

Toulon aura l’âme sereine
Quand on aura purgé son air ;
Mais Marseille, elle, est une reine
Qui se couche au bord de la mer !

Elle adore Paris, Madame,
Paris est l’homme qu’il lui faut,
Car Marseille, c’est une femme
Qui n’a pas le moindre défaut.

Paris, le lui rend bien, du reste,
Il lui dit : Si tu t’asseyais ?
Car Marseille n’a pas la peste
Et n’a plus l’accent marseillais !
__________________

G- ARTAL

LA SAINTE VICTOIRE

La cavée montagneuse où sent le vent glacé
Parfumé solitaire et hurlant sa berceuse
L’ivresse du divin s'accouple à la beauté
Image d’un sommet, la grâce sinueuse

L’agonie s’éternise où pétille l’exploit
Sous le faix du challenge je quête l’envolée
Qu’envoûte la raison dans le regard du toit
En marge du néant à fixer l’apogée

Je m’enfuis vers là-haut l’azimut des teutons
Le dérisoire monde sur la masse immuable
Émigrante grimpée où se paient les frissons
De ce chaste culmen quand l'Auster se fait diable

Le Sarrasin en mal refoule la lumière
Du légendaire voile qui flotte sur les eaux
Ô la Sainte Venture Marius dans son ère
A vaincu l’ennemi puis levé les flambeaux.

Voyageurs qui passez par l’antique citée
Quand se portent vos yeux sur l’opulent dessin
Par le désir de plaire celle élue s’est fardée
Si Cézanne l’a peint, elle sera votre entrain.
__________________

À SUIVRE...

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MessageSujet: Re: Marseille vue par les poètes (Compilation)   Marseille vue par les poètes (Compilation) EmptySam 4 Juin - 20:10

Entres poètes d'hier et poète Momo en devenir, Marseille est gâtée chienquirit
Il est vrai que la ville est de nature à inspirer les rimes. grosbiz
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André Laugier

André Laugier


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MessageSujet: Re: Marseille vue par les poètes (Compilation)   Marseille vue par les poètes (Compilation) EmptyDim 5 Juin - 10:14




Joseph AUTRAN

NOTRE-DAME DE LA GARDE

Vierge au front étoilé ! Reine sainte ! Madone
Douce à tout affligé dans ce vallon de pleurs !
Que partout, qu'à jamais le cantique résonne
Qui te nomme, ici-bas, Mère des Sept Douleurs !

Dans l'alcôve où s'éteint la lampe d'agonie,
Qu'un malade, troublé par l'ombre de ses jours,
Détache de son mur ton image bénie,
Et meure en t'implorant : Mère de Bon Secours !

Au matin des combats, quand sous le cri d'alarmes
Parfois le vétéran se dit : Tremblerais-tu ?
Que tout jeune soldat, aligné sous les armes,
De toi, Tour de David, attende sa vertu !

Dans l'ombre des. autels, à genoux sur la pierre,
Chaste fleur embaumant le caveau des défunts,
Que toute jeune fille élève sa prière
Vers toi, Rose Mystique et Vase de parfums !

Enfant des régions où sans cesse on te prie,
Provençal ou Breton, qu'un poète à seize ans
Te dise, en visitant ta chapelle fleurie :
Reine des Séraphins, prête-moi leurs accents !

Pour moi, quand le matin je vois partir du môle
Les nochers suspendus sur leur sillage amer :
Escorte leur navire, allât-il jusqu'au pôle,
Te dis-je ; luis pour eux, Étoile de la mer !

De tout temps, je l'aimai, cette antique chapelle
Qui, du haut d'un donjon dominateur des flots,
Resplendit à jamais comme un phare fidèle,
Et montre leur patronne aux pauvres matelots.

A l'heure du matin qui fane les étoiles,
Quand le golfe dans l'ombre est encore endormi,
Quand les premiers vaisseaux dont blanchissent les voiles
Sont par la bruine encore dérobés à demi,

Je gravis lentement la dévote colline
Dont la Reine des mers habite les hauteurs,
Et, franchissant le seuil de l'église marine,
Je me mêle en silence aux premiers visiteurs.

Humbles groupes épars, fidèles de tout âge,
Femmes que l'aube trouve aux portes du saint lieu,
Mousses qui vont partir pour leur premier voyage,
Vieux marins, désormais réfugiés en Dieu.

Sous l'arceau tapissé de guirlandes votives,
Sous ces mille tableaux d'un informe dessin,
Que de psaumes fervents, que d'antiennes plaintives,
Balbutie à genoux le matinal essaim !

A mon tour je t'implore, ô céleste clémence !
Pour tous les voyageurs dispersés sur les eaux,
Pour tous les malheureux qui, sur la mer immense,
S'en vont accomplissant leurs éternels travaux !

Ils n'ont pour tout abri qu'une planche de chêne,
Pour gage de salut que l'étoile qui luit,
Et sans cesse debout, tant la mort est prochaine,
Ils ne croisent les bras ni le jour ni la nuit.

Est-ce pour que leur nom partout s'étende et brille,
Que, d'une âme si ferme, ils courent aux dangers ?
Non! Non ! Ils vont chercher pour une humble famille
Un peu de la moisson faite aux bords étrangers.

Tels ces hardis oiseaux qu'instruisit la nature,
Délaissant leurs petits sous les rameaux des bois,
Vont, à travers les cieux, recueillir la pâture
Qu'attend au bord du nid la couvée aux abois.

Qu'ils reviennent comme eux, par les vents favorables,
Ceux qui glanent la vie au rivage lointain ;
Qu'ils reviennent bientôt, riants et secourables,
Dans les mains de leurs fils partager le butin.

Les voilà, ces enfants ! Orphelins de leurs pères,
Chacun venant du sien demander le retour :
Aux marches de ton temple amenés par les mères,
Les vois-tu devant toi s'incliner chaque jour ?

Oui, ton œil leur sourit, ô patronne suprême !
Espoir et patience enfin leur sont rendus.
Ils sortent de l'église, et, parfois, du seuil même,
Voient rentrer dans le port les vaisseaux attendus.

Mais que de fois, aussi, riant de leur attente,
Que de fois la tempête emporte loin des bords
Ces navires penchés sous l'averse battante,
Et pareils, dans leur fuite, à des coursiers sans mors !

Ah ! Quand l'ouragan noir sur eux tombe en furie,
Aux cris désespérés quand les cieux restent sourds,
A toi seule appartient d'attendrir, ô Marie,
Dieu qui fait le péril et qui fait le secours !

Pour sauver tant de cœurs d'une infortune amère,
Parle, parle toi-même à ce Dieu tout-puissant
Qui jadis, enfant pauvre et docile à sa mère,
Inclinait devant toi son front obéissant ;

Qui, plus tard, dédaignant la tempête farouche,
Dans l'esquif des pêcheurs dormait au bruit des flots,
Et, tranquille au réveil, par un mot de sa bouche
Faisait rentrer soudain la mer dans son repos !
___________________

Marcel PAGNOL

LA CIGALE

Le soleil fendille la terre,
Aucun bruit ne trouble les champs ;
On n'entend plus les joyeux chants
Des oiseaux qui chantaient naguère.
Tous par la chaleur assoupis
Sous les buissons se sont tapis.
Seule une cigale est sur l'aire.

Son ventre sonore se meut ;
Sur une gerbe elle est posée ;
Seule elle n'est point épuisée
Par l'astre à l'haleine de feu.
Et la chanteuse infatigable
Jette dans l'air brûlant et bleu
Sa ritournelle interminable.
_________________

Joseph AUTRAN

LA PLAGE DE MONT-REDON

Muse qui possédez au cœur ce saint trésor
Dont le ciel généreux enrichit ceux qu'il aime,
Lisez, lisez des vers ; mais plus souvent encore
Écrivez-en vous-même.

Écrivez ce que dit ce spectacle charmant
Que mon œil, grâce à vous, apprit à mieux connaître,
Paysage qui n'est encadré dignement
Que dans votre fenêtre.

Dans ce radieux golfe où l'âme se complaît,
Écrivez ce que dit le zéphyr à la voile,
Le flot au gouvernail, le pêcheur au filet,
Et la barque à l'étoile.

Écrivez ce que dit cet horizon serein
De montagnes d'azur, au couchant violettes,
Et cette brume d'or que seul Claude Lorrain
Trouvait sur ses palettes.

Écrivez ce que dit, le soir, en se levant,
La lune, dont l'image à la mer brille et tremble,
Reflet qu'on aime à suivre à la plage en rêvant,
Lorsqu'on va deux ensemble.

Écrivez ce que dit au rivage attentif
Cette voix, de la mer, si bien entrecoupée,
De la brise et du flot murmure alternatif,
Immense mélopée ;

Concert vague et profond, qui n'est jamais si doux,
Si suave à l'oreille et pénétrant à l'âme,
Que le soir, vers minuit, quand c'est auprès de vous
Qu'on l'écoute, Madame !
__________________


À SUIVRE...

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MessageSujet: Re: Marseille vue par les poètes (Compilation)   Marseille vue par les poètes (Compilation) EmptyLun 6 Juin - 19:43





Jean AICARD

LA SAINTE BAUME

A dos d'âne, on gravit la montagne où serpente
Un chemin large, plein de rocs et dur de pente,
Entre des buissons verts, sous un soleil brûlant.
L'ânière en grand chapeau pousse l'âne indolent
Dont le pas routinier vous berce sans secousse ;
Chacun parle, et médit de sa monture douce,
Mais les ânes rêveurs laissent sans s'émouvoir
Sur leur dos résigné les quolibets pleuvoir,
Trembler la jeune fille et rire le jeune homme.
Ô héros du travail ! noble bête de somme !

Sur le bord du chemin surgit de loin en loin
Un pilier effondré dont on ne prend plus soin,
Où jadis se dressait, appelant la prière,
Un saint couvert de fleurs dans sa niche de pierre.
Et l'ânière qui parle à l'âne par instants
Vous conte « comment Dieu fait grâce aux repentants ;
Comment tous les chemins ramènent dans sa voie ;
Que Magdeleine était une fille de joie
Fort belle, et que Jésus toucha du doigt son front,
Ce dont les faux docteurs lui voulaient faire affront ;
Ce front touché du doigt porte encore une marque ;
Puis, Jésus mort, les Juifs mirent dans une barque
La Magdeleine en pleurs abandonnée aux flots ;
Mais Dieu la dirigea mieux que des matelots :
Elle vint en Provence, et vécut dans la Baume,
Solitaire, aspirant à l'éternel royaume,
Vivant d'herbe et d'eau pure, amoureuse de Dieu.
Dessus le saint Pilon, le plus haut point du lieu,
Des anges la portaient sur leurs bras dans l'espace,
Pour que plus près du ciel la sainte rendît grâce,
Et telle on la voyait des plus lointains vallons
Nue et s'enveloppant de ses beaux cheveux blonds.
Il est certain qu'on voit du haut de cette cime
La forêt à ses pieds, la mer, tout un abîme. »

L'ânière ayant parlé frappe l'âne songeur.
On atteint un plateau; mais l'esprit voyageur
Devance les pieds lourds et déjà se recueille
Dans ce bois, encore loin, dont tremble chaque feuille.
La grotte, large et noire ouverture, apparaît
Dans le mont de granit, par-dessus la forêt
Qui monte jusqu'au seuil en pente de verdure.

Ô bois ! ô vieil enfant de la vieille nature,
Comme tes ifs sont fiers ! Comme ils bravent le vent,
Tes ifs noirs que la foudre a fracassés souvent !
Tes arbres, peupliers, chênes, aulnes, érables,
Micocouliers, sont tous des aïeux vénérables
Qui se dressent encore vaillants quoique meurtris ;
Le rude vent du nord qui les frappe à grands cris
Sait qu'on ne les tord pas comme les joncs des plages,
Quoique leurs cœurs rongés ne disent plus leurs âges...

Ô vieux magicien, ô Faust ! n'est-ce pas là
Le lieu même où l'antique Hélène te parla ?
Là, l'aile de l'amour sauvage nous effleure,
L'arbre auguste soupire et la caverne pleure ;
Qui désires-tu donc, source, éternellement ?
Mais la grande forêt est son propre tourment,
Et ne désire qu'être attentive à son rêve :
L'arbre aimant l'eau, l'eau l'arbre, et la feuille la sève,
Dans l'ordre des saisons elle poursuit toujours
Un cercle indéfini de nouvelles amours.

Et c'est pourquoi le monde antique t'eût peuplée
De chèvre-pieds furtifs, vaste forêt troublée,
Et tes pâtres, le soir, soufflant dans les pipeaux,
Auraient vu se mêler aux boucs de leurs troupeaux
Le satyre épiant les jeunes nymphes nues ;
Mais aujourd'hui, forêt que traversent des nues,
Dans tes caprifiguiers, tes genêts et tes houx,
Sous ton ombre où le chant des nids semble plus doux,
Parmi tes rocs vêtus de sombres hépatiques,
Nous croyons voir, rêveurs, attristés et mystiques,
Errer dans ton mystère, ô grand bois embaumé,
La Magdeleine en pleurs pour avoir trop aimé !
_________________

Joseph Autran (1813-1877)

ENDOUME

Des chemins où l'on va plongeant dans la poussière
Et réclamant en vain quelque ombrage sauveur ;
Des coteaux dépouillés de glèbe nourricière,
Des rocs blancs, dont l'éclat offense la paupière,
Tant le soleil d'été les baise avec ferveur,

Des terrains sans culture, où les chèvres du pâtre
Achèvent un gazon que le mistral brûla,
Quatre pins inclinés sur la roche marâtre,
Et puis quelques maisons dont la pierre grisâtre
S'écaille au vent de mer, — Endoume, te voilà !

Cependant, plus qu'un sol prodigue de merveilles,
Plus qu'un jardin riant au printemps bienvenu,
Plus que les doux vallons, hantés par les abeilles,
Où les ruisseaux d'argent baignent les fleurs vermeilles,
Le peuple de ma ville aime ce rocher nu.

Et, quand du long travail meurt enfin la semaine,
Ces lieux pour le repos sont à jamais choisis :
Femmes, filles, — enfants qu'à la remorque on mène,
Vieillards et jouvenceaux partent, guirlande humaine,
Heureux d'aller revoir la stérile oasis.

Et, du dimanche saint quand luit l'aube éclatante,
Chaque toit du village arbore un pavillon ;
Devant chaque maison se déploie une tente ;
Et là, cœurs satisfaits, ce seul jour les contente
Plus que s'ils recevaient tout l'or d'un galion.

De l'aurore à la nuit, on chante, on rit, on danse.
Chaque pan de coteau porte un joyeux essaim.
Partout les tambourins résonnent en cadence ;
Et le rocher, surpris, admire l'abondance
Des festins étalés sur son aride sein.

Pour l'infertile sol d'où naît cette tendresse ?
Pourquoi tant de chansons et de rires dans l'air ?
Pourquoi tant de gaîté sur tant de sécheresse ?
— C'est qu'au pied des coteaux où la foule se presse
S'étend la mer d'azur, la radieuse mer ;

La mer que nous aimons d'une amour infinie,
Nous, avec nos aïeux, de la Grèce venus,
Nous, tes dignes enfants, maternelle Ionie,
Qui dus tout à la mer, — qui lui dus ton génie,
Ta fortune, et ta gloire, et la blonde Vénus !

C'est que nous la voyons ici, de la falaise,
Pâle et rose, au matin, sous la brume qui fuit
A midi, scintillant ainsi qu'une fournaise,
Calme et suave au soir, lorsque le vent s'apaise,
Et reflétant au loin les splendeurs de la nuit.

C'est qu'en face, à travers une vapeur dorée,
Se découpent si bien nos incultes îlots,
Qu'un promeneur, enfant de la race lettrée,
Rêve d'archipel grec, d'Ithaque, île sacrée !
Et que le Château d'If lui semble une Délos !

C'est qu'assis au banquet servi sur la terrasse,
On aime à voir cingler dans le golfe endormi
La barque au foc tendu qui s'incline avec grâce,
A saluer du cœur le navire qui passe,
A songer que, peut-être, il ramène un ami !

Enfin, c'est que les toits épars sur cette côte
Sont comme de vieux troncs rugueux mais pleins de miel,
Et que toujours au seuil nous trouvons chez notre hôte
Sourire fraternel, vif esprit, âme haute,
Cœur grand comme la mer et bon comme le ciel !
_________________

Jean AICARD

LE MAL DU PAYS

« On sait mieux le français au pays de la neige :
Éloignons cet enfant de nous, se dirent-ils ;
Il faut que les garçons apprennent les exils. »
Et l'on m'envoya loin, à Mâcon, au collège.

Oh ! comme je pleurais là-bas, pauvre petit !
Mes compagnons de classe en ont gardé mémoire,
Et ceux qui m'ont revu m'en ont redit l'histoire :
Plus de gaîtés d'enfant, de jeux ni d'appétit.

Et mes grands yeux encore agrandis par la fièvre
Poursuivaient fixement le songe du retour ;
Je mourais d'un regret de soleil et d'amour ;
Les lettres du pays ne quittaient plus ma lèvre.

Pourtant les bois sont beaux où l'on allait courir,
Mais est-ce la beauté que, si petit, l'on aime ?
Et je me repliais, frissonnant, sur moi-même
Comme un oiseau blessé se blottit pour mourir.

Voulant m'ôter du cœur la Provence lointaine,
Des mères par pitié m'embrassaient quelquefois ;
Leur baiser m'était doux, mais j'entendais leur voix :
Quel accent étranger m'eût guéri de ma peine ?

Ô seuils hospitaliers, merci !... je me souviens !
Je vis alors Saint-Point (où la Muse en deuil pleure),
Et j'écoutai, séchant mes larmes pour une heure,
Lamartine indulgent qui me nommait ses chiens.

Mais ni le châtelain, dont je savais la gloire,
Ni les dames m'offrant les gâteaux et le miel,
Ni tant d'amis nouveaux n'effacèrent ton ciel,
Provence, de mon cœur tout plein de ta mémoire.

Les êtres m'étaient bons ; mais les choses, les lieux
Ne me souhaitaient pas la douce bienvenue,
Et je voyais, craintif, sur leur face inconnue,
Comme une indifférence errante dans des yeux.

Oui, je me comprenais indifférent aux choses,
Car leur face a des yeux, leur silence a des voix ;
Et c'est ce qui fait peur aux enfants dans les bois :
Ils devinent dans tout des paupières écloses.

Chez nous, je ne craignais ni le roc endormi,
Ni l'antre plein d'échos, ni la falaise amère ;
La terre, m'accueillant comme une bonne mère,
Disait aux bois émus : C'est le petit ami !

La nature m'aimait là-bas, m'ayant vu naître,
Car les faibles sont siens des nids jusqu'aux berceaux.
Elle me supportait comme un de ses oiseaux ;
Mais la nature ici ne pouvait me connaître.

Et même à la cité, toits aigus des maisons,
Pavé sombre et murs noirs, rien n'avait de tendresse.
Je tournais mes regards vers le midi sans cesse,
Mais la pluie à longs traits barrait les horizons.

Oh ! pensais-je, palmiers, aloès, plantes grasses !
Quand vous verrai-je encor, doux hiver, âpre été,
Murs tout blancs de poussière ardente et de clarté,
Et vous, toits du pays faits comme des terrasses ?

« Ah ! rien ne m'aime ici, je suis comme perdu ! »
Si ce cri m'échappait on me fermait la bouche ;
Mais, les soirs, grelottant dans mon étroite couche,
Je me livrais sans fin au regret défendu.

Je voyais tour à tour les départs, l'arrivée,
Et toujours mon grand-père était devant mes yeux,
Assis près du portail, prolongeant les adieux,
Me saluant au loin de sa canne levée.

Il fallut m'emporter en Provence, un beau jour,
Ce rêve intérieur m'ayant consumé l'âme...
Le soleil ralluma ma vie avec sa flamme :
Ô souvenir sacré, ce moment du retour !

J'avançais et les pins, les collines natales,
Vite me racontaient tout mon petit passé :
« J'avais fait une chute au bord de ce fossé ;
Là j'avais pris un nid, et plus loin des cigales. »

Au fils devenu grand, longtemps abandonné,
La mère conte ainsi son enfance première :
Un amour maternel était dans la lumière,
Quand je revis enfin la terre où je suis né.
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À SUIVRE...

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MessageSujet: Re: Marseille vue par les poètes (Compilation)   Marseille vue par les poètes (Compilation) EmptyMar 7 Juin - 9:10

Ce sont des merveilles toutes ces poésies et Momo a la sienne qui est celle qui nous parle, qui chante à nos oreilles et qu'on adore !!!
Merci André de nous déposer de si beaux témoignages de ta belle ville !
bibi2 bisbis

Je pense que l'on devrait ouvrir un salon sur les villes et leurs poèmes !!! Je vais en parler à Virginie. Les membres pourront mieux visiter tous ces magnifiques poèmes !

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MessageSujet: Re: Marseille vue par les poètes (Compilation)   Marseille vue par les poètes (Compilation) EmptyMar 7 Juin - 10:52

Flamme a écrit:
Ce sont des merveilles toutes ces poésies et Momo a la sienne qui est celle qui nous parle, qui chante à nos oreilles et qu'on adore !!!
Merci André de nous déposer de si beaux témoignages de ta belle ville !
bibi2 bisbis

Je pense que l'on devrait ouvrir un salon sur les villes et leurs poèmes !!! Je vais en parler à Virginie. Les membres pourront mieux visiter tous ces magnifiques poèmes !


Je pense, en effet, que c'est une bonne idée, FLAMME. J'avoue que je ne savais pas trop où placer ces topics, car en dehors de "VOS POÈMES ET PROSES" (réservé aux poèmes des membres), je me suis demandé si c'était le bon endroit pour mettre ces articles.

Bien entendu il faut avoir l'aval de FRIPOU. Si cela n'est pas souhaitable, sachez toutes les deux que cela ne me gêne pas de continuer à poster individuellement chaque post pour les autres régions qui feront l'objet d'un nouveau topic, chaque fois, comme cela a été le cas jusqu'à présent.

merci2 BEAUCOUP, FLAMME, pour tes mots de partage et de soutien à cette initiative.

Passe une EXCELLENTE JOURNÉE

CARPE DIEM ET DE GROS bibi2

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MessageSujet: Re: Marseille vue par les poètes (Compilation)   Marseille vue par les poètes (Compilation) EmptyMar 7 Juin - 17:20




Émile SICARD (1878-1921)

LA SAINTE VICTOIRE

La route, le village, une aire,
Un cheval qui tourne, du blé,
Des meules, des pins étoilés,
Des vignes, l’odeur de la terre.

Dans l’extase du matin bleu
La paille fuit et le grain tombe.
Sous la chaleur le fruit succombe;
Tout le pays ressemble à Dieu.

Les lavandières descendues
Des Artaud vers les bords de l’Arc
Rient en passant. Voici le parc
Du Tholonet, les avenues,

Les platanes, la pièce d’eau,
Le souvenir de cent années,
La Castiglione étonnée,
L’ombre des fêtes, le château.

Quelle lumière sur la plaine!
Quels jeux d’amour dans les bosquets!
La gerbe se mêle au bouquet
Et le torrent à la fontaine.

Une église, un ancien couvent,
Un cabaret, une mairie,
Et cette épopée de la vie:
Sainte-Victoire dans le vent!
_________________

Jean AICARD (1848-1921)

ARLES

Arles, tes Alyscamps sont pleins d'éclats de rire ;
C'est là que les amants aujourd'hui vont se dire
L'éternité de leurs amours :
Les sarcophages creux, aux deux bords de la route,
Sont leurs bancs familiers, et la Mort les écoute
Quand ils disent ce mot : toujours.

Oh ! qui d'eux ou de vous, tombeaux de pierre creuse,
Qui dit vrai Les amants ont la jeunesse heureuse,
Vous le néant du souvenir ;
Mais chaque Avril vieillit les amants ; vous, les tombes
Pleines de mousse humide où boivent les colombes,
Chaque Avril vous fait rajeunir.

Ô portiques, châteaux qui croulez, la lumière
Sur vos frontons noircis joue à travers le lierre,
Et vous fait paraître vivants.
Ruines, devant vous le passant cherche et songe ;
Est-ce la vie ou bien la mort, l'herbe qui ronge
Vos murs qui tremblent à tous vents ?

Sous les arceaux du cloître une servante alerte
Vient pour emplir sa cruche au puits ; la cour déserte
S'étonne du bruit de son pas ;
Toi, vieux puits, que sais-tu de la vie éternelle ?
– « La corde lentement a fendu ma margelle,
Mais ma source ne tarit pas. »

Toi, cirque immense, où sont tes héros, tes athlètes
Qui voyaient autour d'eux tant de milliers de têtes,
Tant d'yeux attentifs, tant de mains ? -
Deux colonnes, voilà ce qui subsiste encore
Du théâtre où l'acteur sous le masque sonore
Rythmait les larges vers romains.

Quoi ! tout serait-il mort ? Rien n'est resté d'un monde ?
Taisons-nous, écoutons : cette terre féconde
Devient si dure en s'échauffant
Qu'émue au moindre choc elle sonne, elle vibre,
Et qu'on entend frémir son âme antique et libre
Même sous les pas d'un enfant.

Ne nommons pas la mort dans cette cité d'Arles
Où tu grondes, ô Rhône ! ô Mistral, où tu parles !
Où, sous l'azur toujours serein,
Le taureau camarguais dompté mugit de honte,
Où quand on met le pied sur la terre, il en monte
Un bruit fort comme un chant d'airain !
__________________

Frédéric MISTRAL

u , d'uno chato enamourado
Aro qu'ai di la mau-parado,
Cantarai , se Diéu vou , un enfant de Cassis ,
Un simple pescaire d'anchoio
Qu'emé soun qàubi e ' mé sa voio
Dou pur amour gagné li joio ,
L'empèri , lou trelus . Amo de moun pais ,
Tu que dardaies , manifèsto ,
E dins sa lengo e dins sa gèsto ;
Quand li baroun picard , alemand , bourguignoun,
Sarravon Toulouso e Bèu-Caire,
Tu qu'empurères de tout caire
Contro li nègri cavaucaire
Lis ome de marsiho e li fiéu d'Avignoun ;

Pèr la grandour di remembranco
Tu que nous sauves l'esperanco ;
Tu que dins la jouinesso , e plus caud e plus bèu ,
Mau-grat la mort e l'aclapaire,
Fas regreia lou sang di paire ;
Tu qu'ispirant li dous troubaire ,
Fas pièi mistraleja la voues de Mirabèu ;

Car lis oundado seculàri
E si tempèsto e sis esglàri
An bèu mescla li pople , escafa li counfin ,
La terro maire , la Naturo ,
Nourris toujour sa pourtaduro
Dou meme la : sa pousso duro
Toujour à l'oulivié dounara l'oli fin ;

Amo de-longo renadivo ,
Amo jouiouso e fièro e vivo ,
Qu'endihes dins lou brut dou Rose e dou Rousau !
Amo di seuvo armouniouso
E di calanco souleiouso,
De la patrio amo piouso ,
T'apelle ! encarno-te dins mi vers prouvençau !


Traduction en français


Moi qui d'une amoureuse jeune fille
ai dit maintenant l'infortune ,
je chanterai , si Dieu le veut , un enfant de Cassis ,
un simple pêcheur d'anchois
qui , par la grâce et par la volonté ,
du pur amour conquit les joies ,
l'empire , la splendeur . Ame de mon pays ,
Toi qui rayonnes , manifeste ,
dans son histoire et dans sa langue ;
quand les barons picards , allemands , bourguignons ,
pressaient Toulouse et Beaucaire ,
toi qui enflammas de partout
contre les noirs chevaucheurs
les hommes de Marseille et les fils d'Avignon ;

Par la grandeur des souvenirs ,
toi qui nous sauves l'espérance ;
toi qui , dans la jeunesse , et qui plus chaud et plus beau ,
malgré la mort et le fossoyeur ,
fais reverdir le sang des pères ;
toi qui , inspirant les doux troubadours ,
telle que le mistral , fais ensuite gronder la voix de Mirabeau ;

Car les houles des siècles ,
et leurs tempêtes et leurs horreurs,
en vain mêlent les peuples , effacent les frontières :
la terre maternelle , la Nature ,
nourrit toujours ses fils
du même lait , sa dure mamelle
toujours à l'olivier donnera l'huile fine ;

Ame éternellement renaissante ,
âme joyeuse et fière et vive ,
qui hennis dans le bruit du Rhône et de son vent ,
âme des bois pleins d'harmonie
et des calanques pleines de soleil ,
de la patrie âme pieuse ,
je t'appelle ! incarnes-toi dans mes vers provençaux !
_________________

FIN



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