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 Lyon vue par les poètes (Compilation)

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André Laugier

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MessageSujet: Lyon vue par les poètes (Compilation)   Lyon vue par les poètes  (Compilation) EmptyVen 17 Juin - 12:25


Lyon vue par les poètes  (Compilation) Lyon-717


LYON VUE PAR LES POÈTES

(Compilation)


L'École de Lyon est au XVIe siècle un groupe de poètes, d'humanistes et de lettrés lyonnais ayant les mêmes inspirations, dont les principaux membres étaient Maurice Scève et ses disciples Louise LABÉ, Pernette du GUILLET, Antoine HÉROËT, Guillaume des AUTELS et Pontus de TYARD. Si ce groupe d'humaniste, nommé également "solidarium", pratique surtout la poésie, certains membres n'hésitent pas à travailler d'autres formes littéraires, contes ou récits galants ou populaires.

C’est dans ce contexte qu’émerge un groupe de poètes marqué par des courants de pensée venus d’Italie. D’une part, la redécouverte de PLATON – traduit et commenté par l’italien Marsile FICIN au XVe siècle – leur inspire une conception mystique de l’amour, sentiment menant à la connaissance et au bien. Ils admirent d’autre part PÉTRARQUE, poète italien du XIVe siècle, auteur d’un "Canzoniere" dans lequel il chante son ardente passion pour LAURE en utilisant pour la première fois la forme du sonnet. Maurice SCÈVE, Pernette du GUILLET et Louise LABÉ sont les représentants les plus importants de cette nouvelle école poétique.

Il faut savoir que le mouvement poétique qui se développe à Lyon est largement d'inspiration amoureuse. La passion amoureuse est au centre des préoccupations des poètes. A la Renaissance, nombreux sont les répertoires d'amour, qui se présentent la plupart du temps sous la forme de dialogues amoureux qui théorisent les questions d'amour. On peut citer les "Dialoghi d'Amore" de Léon l'HÉBREU et les "Dialogi de Sperone SPERONI. Ce thème n'est pas nouveau pourrait-on objecter : au Moyen âge, l'amour courtois par exemple montrait bien le dévouement pour la dame et l'intérêt porté à la chose amoureuse. Pourtant, et c'est ce que nous allons essayer de comprendre maintenant, la poésie amoureuse lyonnaise est particulière car elle croise les influences : la source antique, l'amour courtois, l'influence de PÉTRARQUE, et le néoplatonisme florentin. La poésie d'amour de Lyon précède et annonce celle de tout le siècle.

Maurice SCÈVE est né à Lyon en 1501, à une époque où la cité était un centre économique et culturel important, lieu de résidence de banquiers et terreau artistique et littéraire. L'histoire n'a pas retenu d'éléments importants dans l'enfance et l'adolescence de celui qui sera l'un des poètes majeurs de la Renaissance lyonnaise. On sait juste qu'il fut le fils d'un magistrat qui sera nommé ambassadeur à la cour après l'accession de FRANÇOIS 1er au trône, et que sa famille fit partie des plus illustres familles de la ville.

SCÈVE se fit connaître en 1533 en "découvrant" le tombeau de Laure De SADE, grand amour de PÉTRARQUE, à Avignon. Il convient de mettre cette découverte dans la perspective de l'importance du poète italien chez les poètes français, qui tous en faisaient leur modèle. SCÈVE se positionna donc dans l'imaginaire de ces poètes comme étant celui qui désormais était le plus proche émotionnellement et intellectuellement du maître italien.



Maurice SCÈVE

Ô RHÔNE FLORISSANT !

Tu cours superbe, ô Rhône, florissant
En sablon d'or et argentines eaux.
Maint fleuve gros te rend plus ravissant,
Ceint de cités, et bordé de châteaux,
Te pratiquant par sûrs et grands bateaux
Pour seul te rendre en notre Europe illustre.
Mais la vertu de ma Dame t'illustre
Plus qu'autre bien qui te fasse estimer.
Enfle-toi donc au parfait de son lustre,
Car fleuve heureux plus que toi n'entre en mer.
__________________

Maurice SCEVE

Plutôt seront Rhône et Saône disjoints,
Que d'avec toi mon cœur se désassemble :
Plutôt seront l'un et l'autre mont joints,
Qu'avecques nous aucun discord s'assemble :
Plutôt verrons et toi et moi ensemble
Le Rhône aller contremont lentement,
Saône monter très violentement,
Que ce mien feu, tant soit peu, diminue,
Ni que ma foi décroisse aucunement.
Car ferme amour sans eux est plus que nue.
__________________


Joachim Du BELLAY naît au château de La Turmelière, près de Liré en Anjou. Il est issu d'une famille noble, dont la branche la plus illustre est celle de LANGEY : Guillaume, seigneur de LANGEY et futur gouverneur du Piémont, Jean, évêque de Paris (et qui sera cardinal en 1535), René, évêque du Mans, étaient ses oncles. Joachim sera orphelin de père et de mère avant d'avoir 10 ans.

Il est un jour d'été déterminant dans la vie de Du BELLAY, celui où, dans une auberge, sur les bords de la Loire, il rencontre Pierre de RONSARD. Celui-ci est fin, élégant, et parle avec aisance. Les deux jeunes hommes ont une vingtaine d'années. Ils ont des parents et amis communs. Après avoir rêvé l'un et l'autre à une carrière militaire, ils ont du renoncer tous deux pour cause de surdité précoce. Pierre de RONSARD écrit des vers et veut devenir un grand poète. Il explique à Du BELLAY, qu'il rentre à Paris, au collège de Coqueret, où il étudie les auteurs anciens. Joachim avoue qu'il compose des poèmes, lui aussi. RONSARD convainc Du BELLAY de venir avec lui. Au collège de Coqueret, ils auront Jean DORAT, un brillant helléniste comme professeur. RONSARD et Du BELLAY forment alors un groupe d'amis, qui prendra en 1549 le nom de "Brigade" avant d'adopter en 1553 celui de "la Pléiade". Ce groupe souhaite définir de nouvelles règles poétiques. Ils décident de publier un manifeste que Du BELLAY sera chargé d'écrire : "La Défense et Illustration de la langue française".

Du BELLAY passe par Lyon, où il rencontre Pontus du TYARD ( un des compagnons de la Pléiade) et aussi Maurice SCÈVE, un poète qu'il admire. C'est là qu'il écrira son "Sonnet à la ville de Lyon".


Joachim du BELLAY
SONNET A LA VILLE DE LYON
Scève, je me trouvais comme le fils d’Anchise
Entrant dans l’Elysée, et sortant des enfers,
Quand après tant de monts de neige tous couverts
Je vis ce beau Lyon, Lyon que tant je prise.

Son étroite longueur, que la Saône divise,
Nourrit mil artisans, et peuples tous divers :
Et n’en déplaise à Londres, à Venise, et Anvers,
Car Lyon n’est pas moindre en fait de marchandise.

Je m’étonnais d’y voir passer tant de courriers,
D’y voir tant de banquiers, d’imprimeurs, d’armuriers,
Plus dru que l’on ne voit les fleurs par les prairies.

Mais je m’estonnais plus de la force des ponts,
Dessus lesquels on passe, allant delà les monts,
Tant de belles maisons, et tant de métairies.
__________________

À SUIVRE...

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MessageSujet: Re: Lyon vue par les poètes (Compilation)   Lyon vue par les poètes  (Compilation) EmptySam 18 Juin - 8:53

Les poètes sont intarissables pour nous conter la beauté de leur région de coeur. petitbis
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MessageSujet: Re: Lyon vue par les poètes (Compilation)   Lyon vue par les poètes  (Compilation) EmptyDim 19 Juin - 19:42

@fripou a écrit:
Les poètes sont intarissables pour nous conter la beauté de leur région de coeur. petitbis



Et en ce début de la période des vacances d'été, ces petites cartes postales sur nos régions de France sont là pour nous rappeler, grâce à la poésie des mots, la beauté et le charme de notre pays si apprécié.

merci2 BEAUCOUP, Chère FRIPOU pour ta lecture et l'intérêt que tu manifestes à l'endroit de ce salon.

La famille marseillaise au complet t'adresse ses PLUS AFFECTUEUX bibi2

Douce soirée à toi.

CARPE DIEM

andre


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MessageSujet: Re: Lyon vue par les poètes (Compilation)   Lyon vue par les poètes  (Compilation) EmptyDim 19 Juin - 19:50


Lyon vue par les poètes  (Compilation) Lyon-717



Clément MAROT est né à Cahors, d’une mère gasconne et d’un père originaire de Caen, Jean des MARETS dit MAROT. Enfant il a été page à Paris chez un Lyonnais, Nicolas de Neuville de LILLEROY. Jean des MARETS était marchand, mais, à la fin de l’année 1505 il fut révoqué par sa corporation. Il quitta alors la région du Quercy et se mit à écrire des vers. Comme ces vers plurent à Michelle de SAUBONNE, femme de JEAN IV de PARTHENAY, seigneur du parc Soubise, il fut présenté à la reine Anne de BRETAGNE qui en fit son poète en titre. Il fut bien reçu et devint un des poètes favoris de Louis XII, qu’il accompagna en Italie.

Le nom de Marot, dit "LAHARPE", constitue la première époque vraiment remarquable dans l’histoire de notre poésie, bien plus par le talent qui lui est particulier, que par les progrès qu’il fit faire à notre versification. Ce talent est infiniment supérieur à tout ce qui l’a précédé, et même à tout ce qui l’a suivi jusqu’à Malherbe. La nature lui avait donné ce qu’on n’acquiert point : elle l’avait doué de grâce. Son style a vraiment du charme et ce charme tient à une naïveté de tournure et d’expression qui se joint à la délicatesse des idées et des sentiments : personne n’a mieux connu que lui, même de nos jours, le ton qui convient à l’épigramme, soit celle que nous appelons ainsi proprement, soit celle qui a pris depuis le nom de madrigal, en s’appliquant à l’amour et à la galanterie. Personne n’a mieux connu le rythme du vers à cinq pieds, et le vrai ton du genre épistolaire, à qui cette espèce de vers sied si bien. Son chef-d’œuvre en ce genre est l’épître où il raconte à François Ier comment il a été volé par son valet ; c’est un modèle de narration, de finesse et de bonne plaisanterie. Cette estime pour les poésies de Marot a triomphé du temps et des vicissitudes du langage.

La ville de Lyon lui a aussi dédié un collège rue Deleuvre à la Croix Rousse.



Clément MAROT

ADIEU LYON

Adieu Lyon qui ne mors point,
Lyon plus doulx que cent pucelles.
Sinon quand l'ennemy te poingt:
Alors ta fureur point ne celles.
Adieu aussy à toutes celles
Qui embellissent ton séjour;
Adieu, faces claires et belles.
Adieu vous dy, comme le jour.

Adieu, cité de grand valleur,
Et citoyens que j'ayme bien.
Dieu vous doint la fortune et l'heur
Meilleur que n'a esté le mien.
J'ay de vous receu tant de bien,
Tant d'honneur et tant de bonté.
Que voulentiers diroys combien :
Mais il ne peult estre compté.

Adieu les vieillardz bien heureux,
Plus ne faisans l'amour aux dames,
Toutesfoys tousjours amoureux
De vertu, qui repaist voz âmes:
Pour fuyr reproches et blasmes.
De composer ay entreprins
Des epitaphes sur voz lames,
Si je ne suis le premier prins.

Adieu, enfans pleins de sçavoir,
Dont mort l'homme ne déshérite ;
Si bien souvent me vinstes veoir,
Cela ne vient de mon mérite :
Grand mercy, ma Muse petite,
C'est pour vous, et n'en suis marry :
Pour belle femme l'on visite
A tous les coups ung laid mary.

Adieu la Saône, et son mignon
Le Rhosne, qui court de vitesse;
Tu t'en vas droict en Avignon,
Vers Paris je prends mon adresse.
Je diroys : adieu ma maistresse ;
Mais le cas viendrait mieulx à poinct
Si je disoys : adieu jeunesse
Car la barbe grise me poingt.

Va, Lyon, que Dieu te gouverne;
Assez long temps s'est esbatu
Le petit chien en ta caverne,
Que devant toy on a batu.
Finablement, pour sa vertu,
Adieu des foys ung million
A Tournon, de rouge vestu.
Gouverneur de ce grand Lyon.
___________________


La rue Pierre DUPONT, dans le 1er arrondissement de Lyon, est parallèle au boulevard de la Croix-Rousse, du cours du général GIRAUD à la rue des Chartreux. Avant d’être dédiée au poète chansonnier du dix-neuvième siècle, l’un de ses tronçons portait le nom du Cardinal FESCH, oncle de NAPOLEON Ier qui fut archevêque de Lyon, l’autre le nom de « clos des Chartreux », en raison du domaine qui jouxtait la rue.

Pierre DUPONT vécut cinquante ans, de 1821 à 1871. Il avait perdu sa mère à quatre ans. Son père, forgeron, fut tué pendant l’insurrection lyonnaise de 1831. Son parrain, qui était prêtre, prêtre fit parachever son éducation au séminaire de Largentière. Au sortir de la maison religieuse, DUPONT entra dans la canuserie, où il fut apprenti. Puis il devint employé de banque et, grâce au soutien d’un académicien, obtint un poste à la rédaction du Dictionnaire. Il commença à écrire très jeune, une œuvre qui se décompose en trois : des chants rustiques, des chants ouvriers, et quelques poèmes philosophiques ; l’écriture de DUPONT, pour paraphraser BAUDELAIRE, est hantée par deux secrets, qui sont les clés de sa fortune d'alors, et celles aussi de l'oubli dans lequel il est tombé à présent : "la joie et le goût infini de la République".

On raconte qu’encore jeune, Pierre DUPONT se rendit place Royale pour rencontrer Victor HUGO. Comme ce dernier était absent, il lui laissa sa carte sur laquelle il crayonna les vers suivants :



Si tu voyais une anémone
Languissante et près de périr,
Te demander, comme une aumône,
Une goutte d’eau pour fleurir ;

Si tu voyais une hirondelle
Un jour d’hiver te supplier,
A ta vitre battre de l’aile,
Demander place à ton foyer,

L’hirondelle aurait sa retraite,
L’anémone sa goutte d’eau !
Pour toi, que ne suis-je, ô Poète,
Ou l’humble fleur ou l’humble oiseau.
__________________


À SUIVRE...




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MessageSujet: Re: Lyon vue par les poètes (Compilation)   Lyon vue par les poètes  (Compilation) EmptyMar 21 Juin - 11:44


Lyon vue par les poètes  (Compilation) Lyon-717



Pierre Martin Victor Richard de LAPRADE, né à Montbrison le 13 janvier 1812 et mort à Lyon le 13 décembre 1831, est un poète, homme de lettres et homme politique français. Il fut professeur à la faculté des Lettres de Lyon, élu à l'Académie française au fauteuil d'Alfred de MUSSET en 1858 et député du Rhône de 1871 à 1873. Il fut décoré de la Légion d'Honneur en 1847 et lauréat de l'Académie en 1849 et en 1885.

Ses poésies sont inspirées par CHATEAUBRIAND et LAMARTINE par son attachement à la religion et à la royauté. Il était l'ami intime du philosophe Antoine BLANC De SAINT-BONNET à qui il dédia plusieurs poèmes.


Victor de LAPRADE (1812-1883)

Une voix dans l'herbe
Voix des torrents, des mers, dominant toute voix,
Pins au large murmure.
Vous ne dites pas tout, grandes eaux et grands bois,
Ce que sent la nature.

Vous n'exhalez pas seuls, ô vastes instruments,
Ses accords gais ou mornes ;
Vous ne faites pas seuls, en vos gémissements,
Parler l'être sans bornes.

Vous ne dites pas seuls les mots révélateurs
D'un invisible monde ;
L'âme éclate à travers de plus humbles chanteurs,
Une âme aussi profonde !

Le filet d'eau caché sous l'herbe, le buisson,
La touffe de bruyère,
L'épi, le brin de mousse, ont aussi leur chanson,
Ont aussi leur prière.

Bruit de la goutte d'eau monotone et plaintif,
Cri des feuilles froissées,
Où, seul, trouve un accent le poète attentif
Aux choses délaissées ;

Murmure inaperçu du brin d'herbe odorant
Qui tremble à ma fenêtre,
Tu sors, comme la voix du chêne et du torrent,
Des entrailles de l'être !

Tu parles d'infini, comme sur les sommets
L'orgue des bois immenses.
Qui commencent aussi, sans l'achever jamais,
L'accord que tu commences.

Ainsi vous, cœurs perdus dans l'ombre et dans l'oubli,
Cœurs muets pour la foule,
Filet d'eau sous la pierre ou l'herbe enseveli,
Brin de mousse qu'on foule ;

L'harmonie est en vous, l'accord triste ou joyeux !
Et qui bien vous écoute,
Distingue avec amour le flot mystérieux
Qui filtre goutte à goutte.

Ce soupir contenu qui s'exhale à regret
N'en est pas moins sublime ;
C'est un monde profond autant qu'il est secret,
Que ce murmure exprime.

Mais pour l'entendre, il faut, vers l'humble voix penché,
Dans un lieu solitaire,
Comme vers le ruisseau sous ces gazons caché,
S'arrêter et se taire.

Or, le sage, écoutant, loin du monde moqueur,
Dieu dans la moindre brise,
Saisit pour son clavier et garde dans son cœur
Tous ces bruits qu'on méprise ;

Car tous, là-haut, soupirs exhalés, sans témoin,
Du brin d'herbe ou du hêtre,
Pour l'éternel concert, avec le même soin,
Sont notés par le Maître !
__________________


Victor de LAPRADE

DANS LES ROSEAUX

Si je brise un jour mes chaînes,
Je veux m’enfuir vers les eaux ;
Mieux que les nids sur les chênes,
Mieux que les aires hautaines,
J’aime un nid dans les roseaux.

J’aime une terre mouillée
Par un lac profond et clair ;
Pour tenir l’âme éveillée,
Il faut que, sous la feuillée,
Les eaux chantent avec l’air.

S’il n’a point de rive humide,
Je fuis un site admiré,
Comme un front pur et sans ride,
Mais dont l’œil serait aride
Et n’aurait jamais pleuré.

La colline la plus verte,
Si l’onde n’est son miroir,
Est comme une âme déserte,
À qui jamais n’est ouverte
Une autre âme pour s’y voir.

Otez les flots à la terre,
La terre sera sans yeux,
Et jamais sa face austère,
Pleine d’ombre et de mystère,
Ne réfléchira les cieux.

Dans ton cœur si quelque chose
Bat des ailes pour voler,
Désir ou douleur sans cause,
Musique ou parfum de rose
Qui demande à s’exhaler ;

Si tu nourris d’une flamme
Le souvenir ou l’espoir,
Si l’image d’une femme
Pleure ou sourit dans ton âme,
Près d’un lac il faut t’asseoir.

Écoute, si le flot chante ;
Si l’eau dort, regarde au fond ;
Miroir où l’azur t’enchante,
Écho d’une voix touchante,
Toujours l’onde te répond.

Les plaines ont l’alouette,
La montagne a l’aigle roi,
Les jardins ont la fauvette ;
Mais, ô lac, le doux poète
Et le cygne sont à toi !

Si je brise un jour mes chaînes,
Je veux m’enfuir vers les eaux ;
Mieux que les nids sur les chênes,
Mieux que les aires hautaines,
J’aime un nid dans les roseaux.
__________________


Le grand VOLTAIRE à consacré, lui aussi, un superbe huitain à la ville de Lyon. Poème rare et qu'il m'est agréable de vous présenter ci-dessous pour conclure ce topic sur la "ville des lumières.

VOLTAIRE

AUX HABITANTS DE LYON

Il est vrai que Plutus est au rang de vos dieux,
Et c’est un riche appui pour votre aimable ville :
Il n’est point de plus bel asile ;
Ailleurs il est aveugle, il a chez vous des yeux.
Il n’était autrefois que Dieu de la richesse ;
Vous en faites le dieu des arts :
J’ai vu couler dans vos remparts
Les ondes du Pactole et les eaux du Permesse.
__________________

Quelques citations sur Lyon :

Lyon est une ville arrosée par trois grands fleuves : le Rhône, la Saône et le Beaujolais.

Léon DAUDET


La légion d’honneur de Lyon ? La rosette !

Boris VIAN


Si Paris est la capitale de la France, Lyon est la capitale de la Province.

Albert THIBAUDET



FIN


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