LE COIN POÉTIQUE DE FRIPOU



 
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 La poésie Gourmande

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André Laugier

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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 14 Nov - 12:25

Flamme a écrit:
Il fait envie avec ses châtaignes au feu E.Roland !
Elles sont bien chères ces châtaignes, alors qu'elles sont nombreuses à tomber par terre pour être recueillis !!!
La moindre nourriture devient inabordable !
Bisous André bisounours  


Il faudrait habiter en Ardèche ou en Corse. Je me souviens d'une année où nous étions allés en vacances fin septembre à Génolhac, dans les Cévennes, et où nous avions ramassé une assez grande quantité de premières châtaignes en forêt. C'est un peu comme pour les noix, où du côté de Sarlat, dans le Périgord noir, nous avions cueilli des noix fraiches.

Comme il commence à faire frisquet, quoi de mieux, pour se réchauffer, qu'une bonne recette sur la "potée bourguignonne"...

grosbiz des marseillais.

CARPE DIEM

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André Laugier

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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 14 Nov - 12:27


Henri CHANTAVOINE

LA POTÉE BOURGUIGNONNE

Prenez un bon morceau de salé, tendre et rose.
Un plus gros de jambon, un plus petit de lard ;
Tous les trois ont leur prix, mais le secret de l'art
Est de savoir régler exactement la dose.

Coupez un chou, deux choux, trois choux, York ou Milan,
Pour remplir jusqu'aux bords, devant la cheminée,
Le Pot où réduira, toute la matinée,
"La Potée", au nom simple et gras, mets succulent.

Enfoncez dans le pot, bourré comme un cratère,
De frais haricots verts et des pommes de terre,
Des carottes et des navets de saison.

Et servez chaud, très chaud, afin que la fumée
Eveille l'appétit, rien qu'à l'exhalaison
Du grand plat dont la salle est toute parfumée.






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Flamme
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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Jeu 16 Nov - 20:47

Les bons plats sont très appréciés par nos poètes !!!
Cela touche pas mal de personnes, c'est, en effet, un plaisir pour chaque être humain ! et je trouve que pour les animaux, ils préfèrent un peu de poulet au riz, que leurs croquettes ! chienquirit
grosbiz

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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Ven 17 Nov - 19:03

Flamme a écrit:
Les bons plats sont très appréciés par nos poètes !!!
Cela touche pas mal de personnes, c'est, en effet, un plaisir pour chaque être humain ! et je trouve que pour les animaux, ils préfèrent un peu de poulet au riz, que leurs croquettes ! chienquirit
grosbiz



Surtout quand ces animaux ont trouvé la bonne maison, comme chez vous. Je pense qu'en plus des croquettes traditionnelles, vous devez leur offrir quelques gâteries comme, par exemple, le poulet au riz et autres friandises dont tu m'a l'air de parler en connaissance de cause, Chère FLAMME. N'Est-ce pas le cas ?

DE GROS bibi2 bibi2 bibi2 DE NOUS TROIS ET UN EXCELLENT WEEK-END À VOUS DEUX.

andre


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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Ven 17 Nov - 19:04


Raoul PONCHON

LES ESCARGOTS

La fraude — nerf du commerce —
À notre époque s’exerce
Sur les escargots itou :
Ainsi des gens, sans vergogne,
Vont déclarant de « Bourgogne »
Ceux qu’ils cueillent n’importe où.

Tel escargotier cupide,
Dans une coquille vide
Et Bourguignonne, vous vend
Un escargot fantaisiste…
C’est le geai du Fabuliste
Paré des plumes du paon.

Mais ceci n’est rien encore ;
Tel autre, nul ne l’ignore,
Sans surmener son cerveau
Autrement, vaille que vaille,
Ses escargots il les taille
Dans un simple mou de veau.

C’est ce qui fait qu’en Bourgogne
Les Bourguignons sont en rogne,
Mènent un grand branle-bas :
« — Les escargots de nos vignes —
Disent-ils — sont les seuls dignes,
Les autres n’existent pas. »

Ils exagèrent sans doute.
Des escargots, somme toute,
Viendraient-ils de Chicago,
Des Balkans ou de la Flandre,
Peuvent de même prétendre
À ce titre d’escargots.

À parler franc, j’irai jusques
À dire que ces mollusques
Rappellent ce caoutchouc,
Soit cette élastique gomme
Mâchée au collège comme
Si c’eût été du cachou.

Mais la savante industrie
Des Vatels de ma patrie
Est admirable à ce point,
Qu’ils vous feraient, ma parole,
Bouilli dans leur casserole,
Manger votre propre poing.

Aussi, quand ils accommodent
Ces rudes gastéropodes,
Selon les lois d’un « farci »
D’essence supérieure,
En les maniant de beurre,
Force épice, ail et persil ;

Ma foi, leur chair élastique
Devient assez sympathique.
— Tout dépend de la façon —
Ici, plus qu’ailleurs, j’estime
Que c’est la sauce qui prime
Et fait passer le poisson.






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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Sam 18 Nov - 11:15


Raoul PONCHON

LA SOUPE À L'OIGNON

Quel est ce bruit appétissant
Qui va sans cesse bruissant ?
On dirait le gazouillis grêle
D’une source dans les roseaux,
Ou l’interminable querelle
D’un congrès de petits oiseaux.
Mais cela n’est pas. Que je meure
Sous des gnons et sous des trognons,
Si ce ne sont pas des oignons
Qui se trémoussent dans du beurre !

Hein ! qu’est-ce que Bibi disait ?
Et ce bruit sent bon — qui plus est.
C’est à vous donner la fringale.
Traitez-moi de syndic des fous,
Je n’en connais pas qui l’égale.

« Et pourquoi faire — direz-vous —
Met-on ces oignons dans le beurre ?
Pourquoi faire ?… triples couyons,
J’espère… une soupe à l’oignon.
Vous allez voir ça tout à l’heure !

Je m’invite, n’en doutez pas.
Et j’en veux manger, de ce pas,
À pleine louche, à pleine écuelle…
Ne me regardez pas ainsi,
C’est ma façon habituelle.
La soupe à l’oignon, Dieu merci !
Ne m’a jamais porté dommage.
Ainsi, la mère, encore un coup,
Insistez, faites en beaucoup,
Et n’épargnez pas le fromage.

Elle est prête ?… Alors, on s’y met.
Ô simple et délicat fumet !
Tous les parfums de l’Arabie
Et que l’Orient distilla,
Ne valent pas une roupie
De singe, auprès de celui-là.
Et puis !… quel fromage énergique !
File-t-il, cré nom ! file-t-il !
Si l’on ne lui coupe le fil,
Il va filer jusqu’en Belgique !

On me dirait dans cet instant :
La Fortune est là qui t’attend.

« Laisse-là ta soupe et sois riche. »
Que d’un cran je ne bougerais.
Qu’elle m’attende, je m’en fiche !
En vérité, je ne saurais,
Quand elle passerait ma porte,
Manger deux soupes à la fois,
Comme celle-ci. Non, ma foi.
Alors, que le diable l’emporte !

Assez causé. Goûtons un peu
Cette soupe, s’il plaît à Dieu !
Cristi ! Qu’elle est chaude, la garce !
Autant pour moi ! Où donc aussi,
Avais-je la cervelle éparse ?
Sans doute entre Auteuil et Bercy…
Elle ne m’a pas pris en traître
Sais-je pas sur le bout du doigt,
Que toute honnête soupe doit
Être brûlante ou ne pas être ?

Qu’est-ce à dire ? Je m’aperçois
Que j’en ai repris quatre fois.
Parbleu ! je n’en fais point mystère.
Mais j’en veux manger tout mon soûl,
Quatre fois ! peuh ! la belle affaire !
J’en reprendrais bien pour un sou.
Dussé-je crever à la peine,
Je n’aurai garde d’en laisser.
Et ne croyez pas me blesser,
En m’appelant « vieux phénomène »…

Allons, bon !… Il n’en reste plus !
Et bien, alors, il n’en faut plus.
Ayons quelque philosophie.
Une soupe se trouvait là,..
Elle n’est plus là… C’est la Vie !
Que voulez-vous faire à cela ?
La soupe la plus innombrable
Finit tôt par nous dire adieu.
Et je ne vois guère que Dieu,
Finalement, de perdurable.




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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Sam 18 Nov - 21:17

Ce Ponchon m'a donné l'eau à la bouche avec cette soupe à l'oignon, c'est vrai qu'elle est bonne et avec des croutons et fromage râpé, c'est une merveille !
Cela devait être un plaisir de l'inviter à table ! sourir
Bon sunday à vous trois, nous avons nos amis de Dax jusqu'à dimanche soir ! Cela fait plaisir !
bisbis

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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Sam 18 Nov - 21:50

Flamme a écrit:
Ce Ponchon m'a donné l'eau à la bouche avec cette soupe à l'oignon, c'est vrai qu'elle est bonne et avec des croutons et fromage râpé, c'est une merveille !
Cela devait être un plaisir de l'inviter à table ! sourir
Bon sunday  à vous trois, nous avons nos amis de Dax jusqu'à dimanche soir ! Cela fait plaisir !
bisbis



L'ami PONCHON, il faut le rappeler, fut le poète de la table et de la cave par excellence, et certainement le plus rabelaisien de nos versificateurs. C’est à lui que l’on doit cette célèbre formule : Quand mon verre est vide, je le plains ; quand mon verre est plein, je le vide". Grand épicurien, mais aussi buveur impénitent, il était ami de VERLAINE et, comme ce dernier, l’absinthe fut sa muse verte.

On le surnomma  "le chantre immortel des vergers et des vins de France". Alors qu’il avait 62 ans, en 1910, il fut  convié par un ami à une conférence antialcoolique. Au cours de la soirée, un médecin, pour effrayer les plus rebelles pochards, injecta un verre de cognac dans les veines d’un jeune cochon qui creva cinq minutes après l’injection.

Raoul ne se démonta pas. Se levant, il dit :

C’est bien fait ! Le cognac n’est pas pour les cochons !
En 1937, il s’est éteint à l’âge fort respectable de 89 ans.

bis  bis  bis

Je vous souhaite de passer d'excellents moments de convivialité avec vos Amis de Dax. Bien que je ne les connaisse pas, transmettez-leur les Amitiés du poète marseillais.

andre


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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Dim 19 Nov - 10:27


Vette DE FONCLARE

Un plaisir délicieux de ce maudit hiver ?
Des huîtres de Bouzigues avec un Bandol blanc
Pour mieux se consoler dès que change le temps,
Quand on voit chaque jour décliner la lumière !

Avec du pain de seigle et bien beurré de frais,
Un délice, vous dis-je ! Un délice qui fond !
Le moëlleux de la chair à la saveur iodée
Bien salée sous la langue, relevée de citron :

Rien de meilleur, vraiment, dégusté entre amis
Devant la cheminée où un grand feu pétille
Alors qu’à l’extérieur le gel blanc qui craquille
Pose son voile blanc sur le trottoir qui luit.

Elles ont résisté quand on les a ouvertes,
Gardant bien accolées leurs valves bosselées
Sur leur chair délectable à la moirure verte.
Homérique combat que nous avons gagné !






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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Lun 20 Nov - 13:44

Cher André, tu ne les connais pas, mais ils ont fort apprécié tes poèmes ! Nous leur avons parlé de toi, de Marie Louise et Fabrice, et que nous regrettons de ne pas pouvoir se voir plus souvent ! Ils nous ont dit qu'en effet, eux-mêmes s'ils avaient été trop éloigné de chez nous, on n'aurez pas pu se rencontrer !
Ils nous ont aidées à réparer les tiroirs de la cuisine qui ne glissaient plus sur les rails pourtant tout neufs...le bois a du enfler un peu trop !
Gérard a trouvé une solution en les enlevant et avec un arrêt en bois du tiroir on peut le tirer. De même pour la porte de la cabane du jardin qui gonfle chaque hiver !!!
Nous avons fait de bons repas Cassoulet de canard et Dimanche pintade avec mes haricots du jardin ! Beaucoup de conversations aux thèmes divers. Ils sont pour Mélenchon, donc la politique va bon train !
Nous comptons sur vous l'année prochaine pour avoir ce plaisir à partager !
bibi2 à vous 3 de nous 2.

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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 21 Nov - 11:39

Flamme a écrit:
Cher André, tu ne les connais pas, mais ils ont fort apprécié tes poèmes ! Nous leur avons parlé de toi, de Marie Louise et Fabrice, et que nous regrettons de ne pas pouvoir se voir plus souvent ! Ils nous ont dit qu'en effet, eux-mêmes s'ils avaient été trop éloigné de chez nous, on n'aurez pas pu se rencontrer !
Ils nous ont aidées à réparer les tiroirs de la cuisine qui ne glissaient plus sur les rails pourtant tout neufs...le bois a du enfler un peu trop !
Gérard a trouvé une solution en les enlevant et avec un arrêt en bois du tiroir on peut le tirer. De même pour la porte de la cabane du jardin qui gonfle chaque hiver !!!
Nous avons fait de bons repas Cassoulet de canard et Dimanche pintade avec mes haricots du jardin ! Beaucoup de conversations aux thèmes divers. Ils sont pour Mélenchon, donc la politique va bon train !
Nous comptons sur vous l'année prochaine pour avoir ce plaisir à partager !
bibi2  à vous 3 de nous 2.



Bonjour FLAMME,

C'est très gentil et attentionné de votre part. D'après ce que tu m'en dit, ces gens doivent être très affables et de bien bonne compagnie. Ça fait plaisir de se retrouver entouré de personnes qui ont à peu les mêmes inclinations, et avec lesquelles on peut partager en confiance des sujets de conversation dans un état d'esprit ouvert, convivial et diversifié.

Et oui, la distance met un frein aux rencontres sans que cela n'en diminue la considération réciproque et l'Amitié profonde qui se conforte d'année en année. En tout cas, nous sommes heureux de savoir que vous avez passés quelques moments vraiment agréables avec des personnes aussi agréables. Je vois que vous les avez chouchoutés avec ce cassoulet de canard et la pintade aux haricots bio de jardin. Ils ont dû conserver un souvenir remarquable de votre accueil.

Excellente journée à toutes les deux, et un tourbillon de bibi2 bibi2 bibi2 de nous trois.

CARPE DIEM

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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 21 Nov - 11:43


Raoul PONCHON

LA TABLE

Que j’aime à voir autour de cette table
Des sommeliers, encor des sommeliers ;
Au monde il n’est rien de plus respectable
Qu’un sommelier, sinon deux sommeliers.

O sommeliers ! vous êtes tous des braves,
C’est bien certain, car ça n’est pas en vain
Que vous avez commerce avec les caves,
Que tous les jours vous fréquentez le vin.

Entre tous les métiers que l’on répute
Le vôtre, amis, est pour moi le premier ;
Si je n’étais simple joueur de flûte,
Je voudrais être un digne sommelier.

Parbleu ! les chefs ont bien leur importance
Pour un festin. Quant à moi, je m’en fous.
Non, non, les chefs, ils ne sont pas, je pense,
A beaucoup près importants comme vous.

C’est pour le mieux quand les deux vont ensemble.
Bonne chère et bon vin font amitié.
Mais un rata si bon qu’il soit, ce semble,
Mal arrosé, n’est-ce pas grande pitié ?

Ah ! donnez-moi pour toute nourriture
N’importe quoi, ne fût-ce qu’un pain sec,
Mais, nom de Dieu, d’un joli vin nature
Je veux au moins me barbouiller le bec.

Au temps jadis, quand les rois tenaient tables
Et qu’ils savaient boire comme des dieux,
Les sommeliers étaient grands connétables.
Et les celliers ne s’en portaient que mieux.

Les rois sont morts. Et notre République
Se meurt de soif, malgré son galoubet ;
Le moindre vin lui donne la colique.
Que voulez-vous qu’on boive chez Loubet ?

On voit aussi des médecins en vogue
Recommander à nos petits boyaux
De l’eau, du lait et d’autres sales drogues…
Est-il permis de pareils idiots ?…

La France, hélas ! deviendrait chose morte
S’il fallait croire en ces hurluberlus.
Zut pour leur eau, que leur eau les emporte !
Et nous, buvons du vin quatre fois plus.

Non, par Bacchus ! tant qu’elle aura des treilles,
La France encor vivra ; tant qu’elle aura
Des sommeliers pour les mettre en bouteilles
Et tel têtu gosier qui les boira.

Buvons nos vins jusqu’à ce qu’on en crève,
Le fin Bordeaux qui fleure le printemps,
Le Bourguignon en qui monte la sève,
Et le Champagne, excellent cure-dents.

Versez-nous-les toujours à pleine amphore,
O sommeliers ! Tous ces vins que voici.
Et puissiez-vous nous en verser encore
Et du meilleur dans cinquante ans d’ici.

Car quoi que puisse en penser le vulgaire,
Comme l’a dit si bien… Chose… Machin…
Le plus beau geste, à coup sûr, de la terre
C’est de verser à boire à son prochain.

Mon Dieu, parfois, en des cafés notables
Votre patron qui vous le dit tout bas,
Vous fait servir des choses discutables,
Dont, grâce à Dieu, vous, vous ne buvez pas…

Mais arrêtons ici ce radotage,
Je craindrais de vous causer de l’ennui.
Si j’ai parlé c’est pour vous rendre hommage
Et je remets ma lyre en son étui.

O sommeliers que le ciel accompagne,
Puisque aussi bien nous sommes au dessert,
Je bois à vous ce verre de Champagne
Qui plus que moi se montrera disert,

Le voyez-vous qui pétille et qui bouge ?
Il n’en est pas ainsi des milliers.
Vive donc le G.H. Mumm Cordon rouge !
Vive Jourdan et tous les sommeliers !





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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Dim 26 Nov - 19:45


Raoul PONCHON

LE SAUCISSON

Parbleu ! mon gentilhomme,
Éprouvé gastronome,
Ce saucisson vainqueur
Que ta munificence
M’adresse de Provence,
Il me va droit au cœur.

Mais, ami, je te parle :
Quoi ! ce citoyen d’Arles
N’est-il qu’un saucisson,
Bon pour le réfectoire,
Un objet transitoire,
Et privé de raison ?

Tudieu ! la belle mine !
Mais, plus je l’examine,
Plus il me fait rêver.
Et pour lui rendre hommage,
Je cherche quelque image,
Et ne la puis trouver.

C’est la masse d’Hercule…
Sinon un tubercule
Monstrueux, tout en chair,
Dont la forme phallique
Rendrait mélancolique
Un Abélard, mon cher !

Lorsque je me compare
À ce saucisson rare,
J’en ai comme un frisson,
Et je me désapprouve.
À côté je me trouve
Un bien petit garçon.

Que dis-je ?… Dieu me damne,
Si le… chose d’un âne
Ne me semble un joujou.
Et le sceptre que braque
Le prince de Lampsaque,
Un pur sifflet d’un sou !

Je me demande même,
En ma pudeur extrême,
Prompte à s’effaroucher,
Quelle feuille de vigne,
Tant il est gros et digne,
Le pourrait bien cacher ?





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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Lun 27 Nov - 11:39

Toujours très drôle Ponchon ! Il est certain que la comparaison est aisée, mais c'est surtout l'envie de le manger qui lui fait trouver toutes ces ressemblances ! On ne peut pas lui en vouloir...
bis

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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Lun 4 Déc - 22:14


Autant devant une bonne bouteille que face à des plats savoureux et élaborés, le poète épicurien savait honorer Bacchus et la bonne chère en faisant ripaille.



Raoul PONCHON

LE GIGOT

À Jean Loup Richepin.


Quand le gigot paraît au milieu de la table,
Fleurant l’ail, et couché sur un lit respectable
De joyeux haricots,
L’on se sent beaucoup mieux, un charme vous pénètre,
Tout un chacun voyant son appétit renaître,
Aiguise ses chicots.

On avait bien mangé mille riens-d’œuvre et autre
Mais… quel sera le rôt ?… songeait le bon apôtre
De convive anxieux.
Bravo ! c’est un gigot ! Une servante brave
Vient d’entrer, dans ses bras portant, robuste et grave,
Ce fardeau précieux.

Alors, l’amphitryon, le père de famille
Se demande, tandis que son œil le fusille :
Sera-t-il cuit à point ?
Il l’est — n’en doutez pas, et chacun le proclame,
Dès qu’il a vu plonger une invincible lame
Dans son doré pourpoint.

Son sang de tous côtés ruisselle en filets roses.
Sa chair est admirable, et ferait honte aux roses.
Le plus indifférent
Des convives, muet tout à l’heure et morose,
S’épanouit, du coup, débite mainte prose,
Devient même encombrant.

Il ne faut bien souvent qu’une soupe ratée,
Pour que, dès le début, soit la verve arrêtée
Chez les plus beaux esprits ;
Le gigot vient, voici que la gaîté s’échappe.
On rit, on cause… l’un demande l’ « œil du pape »
Et l’autre, la « souris ».

L’un voudrait du « saignant », l’autre du « cuit », problème
Qui n’est pas difficile à résoudre. Un troisième
Hésite entre les deux…
Le propre d’un gigot, cuit selon le principe,
Étant de satisfaire au goût de chaque type,
Serait-il hasardeux.

Quelquefois on cause Art, Science, Politique.
La conversation prend un tour emphatique,
Qui n’est pas sans danger…
Arrive le gigot… adieu les grandes phrases !
Chacun à son voisin dit : assez… tu me rases !
Parlons donc de manger.

Vous êtes, ô gigot ! le plat de résistance,
Le morceau de haut goût, la viande d’importance,
Sur quoi rien ne prévaut.
Une côte de bœuf n’est pas pour me déplaire,
Tout de même c’est encor vous que je préfère,
Et je le dis bien haut.

Votre chair est savante. En la verte prairie,
Vous ne deviez brouter que des fleurs, je parie,
Dédaigneux des chiendents ;
Vous êtes tendres plus qu’une jeune épousée,
Gigots d’agneaux ! argile idéale, et rosée
Qui fondez sous nos dents.

Lorsque vous gambadiez aux profondes vallées,
Sur les montagnes ou dans les plaines salées,
Ignorant les bouchers,
Vous étiez des « Jésus » que la grâce décore ;
Mais vous êtes bien plus attendrissants encore
Sur des « fayots » couchés.

Aussi, vous mange-t-on par pure gourmandise,
Et machinalement, comme une friandise,
Sans mesure, sans fin,
Car, ainsi que Fa dit un docteur en Sorbonne :
Vit-on jamais gigot faire mal à personne ?
Il se mange sans faim.




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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 5 Déc - 8:00

Une superbe apologie de ce mets de choix que j'adore aussi. Moi je le préfère rosé avec des flageolets, c'est un repas de fête. Merci mille fois de nous dénicher ces gourmandises qui émoustillent les papilles. Gros bisous
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Flamme
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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 5 Déc - 9:04

Et dire que j'adore toujours ces gigots, ces plats qui sentent bons et qui sont si savoureux, comme nous en parle Ponchon !
Malheureusement pour mes papilles et le goût qui le savoure, je ne veux plus et ne peux plus les déguster !
Pour moi ce sont des plats de souffrance, des peurs, des angoisses et le dégoût que je ressens en moi de participer à ces tueries, à ces tortures que l'humain se plaît ou simplement le fait sans souci sur ces pauvres animaux !
Je ne comprends pas comment j'ai pu contribuer à ces meurtres sur des êtres sensibles, aimants, et souffrants comme nous !
Je ne savais, je ne me doutais pas de ses massacres, je ne cherchais pas à savoir !
Il a fallu que je vois, que j'entende, que je lise tout le mal que l'on fait sur ces êtres innocents, tous les abus que certains humains font pour les maltraiter de leur vivant.
Cages pour les poules, enfermés sans voir le jour !
Pour les vaches, arracher les bébés de leur mère pour que l'on est + de lait, plus de produits laitiers, ils se recherchent, ils en pleurent, et crient de part et d'autre ! Elles ne verront jamais de l'herbe dans un près et seront envoyer aux abattoirs à 5 ou 6 ans au lieu de vivre une vingtaine d'années. Elles vivront dans des usines à mille ou 5 mille vaches sans pouvoir bouger !
On tue pour le cuir de beaux et braves chiens, on blesse les pauvres moutons pour prendre leur laine et tout cela pour aller plus vite pour gagner encore plus d'argent !
On tue même les animaux sauvages, loups, ours, tigres, lions éléphants etc pour le plaisir de vils chasseurs et toujours l'argent.
On gave jusqu'à la mort oies et canards, on broie les poussins mâles, on entrave les cochons qui ne peuvent plus bouger pour nourrir leurs bébés pour finir égorger dans les abattoirs !
Qui sait qui ne s'en rend pas compte de nos jours ?
Les jeunes n'en veulent plus et cela me fait du bien ! Nous les adultes, nous avons plus de mal à changer nos mauvaises habitudes.
Je sais, j'ai du mal à trouver de bons plats, sans beurre, fromages, viande ! Il faut du temps et petit à petit, il faut changer nos comportements.
Bon, Ponchon m'aura fait parler de cette misère, de ce qui me dérange le plus de nos jours!
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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 5 Déc - 9:09

Lucienne MARTEL a écrit:
Une superbe apologie de ce mets de choix que j'adore aussi. Moi je le préfère rosé avec des flageolets, c'est un repas de fête. Merci mille fois de nous dénicher ces gourmandises qui émoustillent les papilles. Gros bisous



Raoul PONCHON et son ami Jean RICHEPIN avaient ce talent de transformer les sujets du jour en une causerie intelligente et substantielle. Ils étaient diablement spirituels. Nulle ironie chez l'un comme chez l'autre, dans le sens méchant et triste du mot.

PONCHON était énormément productif, il a écrit en tout plus de 150 000 vers, dont 7 000 traitant du boire et du manger.

La poésie gourmande nous a laissé quelques chefs d'œuvre qu'il serait dommage d'occulter. De nombreux auteurs ont célébré les plaisirs de la table, mettant la littérature à son service pour magnifier la bonne chère. C'est un plaisir pour moi de rechercher les meilleurs poèmes dignes de figurer dans ce topic qui s'adresse aux fins gourmets.

merci BEAUCOUP pour ta lecture, ton partage et ton témoignage d'Amitié, Chère LUCIENNE.

Je t'envoie de CHALEUREUX  bisclig marseillais.

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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 5 Déc - 9:58

Flamme a écrit:
Et dire que j'adore toujours ces gigots, ces plats qui sentent bons et qui sont si savoureux, comme nous en parle Ponchon !
Malheureusement pour mes papilles et le goût qui le savoure, je ne veux plus et ne peux plus les déguster !
Pour moi ce sont des plats de souffrance, des peurs, des angoisses et le dégoût que je ressens en moi de participer à ces tueries, à ces tortures que l'humain se plaît ou simplement le fait sans souci sur ces pauvres animaux !
Je ne comprends pas comment j'ai pu contribuer à ces meurtres sur des êtres sensibles, aimants, et souffrants comme nous !
Je ne savais, je ne me doutais pas de ses massacres, je ne cherchais pas à savoir !
Il a fallu que je vois, que j'entende, que je lise tout le mal que l'on fait sur ces êtres innocents, tous les abus que certains humains font pour les maltraiter de leur vivant.
Cages pour les poules, enfermés sans voir le jour !
Pour les vaches, arracher les bébés de leur mère pour que l'on est + de lait, plus de produits laitiers, ils se recherchent, ils en pleurent, et crient de part et d'autre ! Elles ne verront jamais de l'herbe dans un près et seront envoyer aux abattoirs à 5 ou 6 ans au lieu de vivre une vingtaine d'années. Elles vivront dans des usines à mille ou 5 mille vaches sans pouvoir bouger !
On tue pour le cuir de beaux et braves chiens, on blesse les pauvres moutons pour prendre leur laine et tout cela pour aller plus vite pour gagner encore plus d'argent !
On tue même les animaux sauvages, loups, ours, tigres, lions éléphants etc pour le plaisir de vils chasseurs et toujours l'argent.
On gave jusqu'à la mort oies et canards, on broie les poussins mâles, on entrave les cochons qui ne peuvent plus bouger pour nourrir leurs bébés pour finir égorger dans les abattoirs !
Qui sait qui ne s'en rend pas compte de nos jours ?
Les jeunes n'en veulent plus et cela me fait du bien ! Nous les adultes, nous avons plus de mal à changer nos mauvaises habitudes.
Je sais, j'ai du mal à trouver de bons plats, sans beurre, fromages, viande ! Il faut du temps et petit à petit, il faut changer nos comportements.
Bon, Ponchon m'aura fait parler de cette misère, de ce qui me dérange le plus de nos jours!
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Tu n'as pas à te culpabiliser pour des faits qui ne relèvent pas de ta propre initiative, FLAMME. Il n'en est pas de ta responsabilité et la nourriture, quelle qu'elle soit, doit demeurer la liberté d'une consommation réfléchie et partagée. C'est bien consommer et sans gaspillage qui importe.

La culpabilité n’est, après tout, qu’un sentiment de compassion à l’égard de la détresse et du malheur que l’on a causés. C'est la société qui est la cause de la maltraitance animale, et non le consommateurs que nous sommes. Je pense qu'on peut concilier le goût pour la consommation raisonnable de viande avec l'amour pour les animaux.

On les soigne, on consacre une partie de son budget à les nourrir, on leur parle et on les pleure quand ils disparaissent. Même si manger de la viande est rarement vu comme un choix moral, les carnivores, qui savent parfaitement comment steaks et côtelettes arrivent dans leurs assiettes, doivent donc atténuer la dissonance existant entre leurs pratiques culinaires, leur amour des animaux et leur dégoût de l’abattoir.

Pourquoi, finalement, ne pas considérer aussi le "végétarisme" comme le déni d’esprit et de souffrance fait aux plantes ? En effet, des botanistes étudient très sérieusement la possibilité que les végétaux, même privés du système nerveux des animaux, aient développé à leur manière une certaine intelligence...

En dépit de la culpabilité ou de la méfiance grandissante envers les nourritures carnées, il est souvent difficile de ne pas saliver quand le doux fumet de la côtelette parvient à nos narines. C’est que le goût de la viande n’est pas seulement lié à notre nature de carnivores. Il fait partie de nos histoires, des traditions culturelles dont nous sommes issus, il s’ancre dans nos souvenirs d’enfance – Ah ! le poulet de grand-mère, l’oie rôtie des Noël d’autrefois… Il faut avouer qu'y renoncer n’a rien de facile pour la plupart d’entre nous... La nature est-elle immorale de nous faire venir au monde avec un système digestif d’omnivore ?

bis bis bis ET merci pour ce commentaire très détaillé qui a retenu, comme d'habitude, toute mon attention, en essayant à mon tour d'y répondre avec, je l'espère, le plus d'objectivité possible.

Passe une excellente journée, Chère FLAMME.

CARPE DIEM

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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 5 Déc - 16:06

Je pense quand même André que le consommateur, nous en quelque sorte, nous devenons aussi un peu coupables ou du moins responsables de notre comportement ! Il est évident que si la société ne maltraitait pas nos animaux de leur vivant, ne les tuait pas avec d’affreuses souffrances, on pourrait rester au moins végétarien si on est contre « tué » ! mais tous les produits sont réalisés contre le bien-être des vaches, des brebis, des poules et poulets agglutinés par milliers donnant leurs œufs dans des conditions malsaines ! Des oies qui sont forcées à manger pour avoir un foie malade et qui en arrivent à en crever et certainement en grande souffrance ! Tout cela pour quelques minutes de plaisir à manger ce mauvais foie ! Amener dans ces abattoirs où ils comprennent, voient et entendent leurs semblables hurlants et pleurant parfois, les yeux exorbités par la peur !
Non André, le sachant je ne peux que voir et entendre cette souffrance, et ne peux plus faire l’autruche ! Je me demande comment « les carnivores, qui savent parfaitement comment steaks et côtelettes arrivent dans leurs assiettes, doivent donc atténuer la dissonance existant entre leurs pratiques culinaires, leur amour des animaux et leur dégoût de l’abattoir. »
Pour les plantes, légumes, fruits, en effet, ils apprécient la musique, la parole de ceux qui les cultivent, on a fait des expériences sur eux !!! Mais ils ne souffrent pas et se laissent couper et manger sans qu’on entende le cri de la carotte ! Bien que je les remercie quand je prends mes tomates et haricots !!! C’est normal, la nature nous offre sa nourriture avec amour et bonté !

Alors malgré les traditions, mot que je n’aime pas beaucoup, car il y a de bonnes traditions, certes, mais énormément de mauvaises qu’il faut arrêter et vite ! Tradition de marier les petites filles dans ces pays arriérés, l’excision, et pour l’Espagne, la France : la corrida qui est une torture, et bien d’autres ! Et nous continuons en France, de devoir manger un agneau à Pâques, une dinde à Noël, il faut arrêter de continuer des traditions qui ne veulent plus rien prouver de nos jours , que de continuer à faire souffrir des millions de dindes et d’agneaux comme pour l’Aïd el-Kébir! tradition de foi, que j’exècre ! On nous dit omnivores…en effet, nos ancêtres devaient bien se débrouiller pour se nourrir avec de la viande il y a des siècles.., mais il ne faut pas oublier que notre mâchoire ne peut pas déchirer la viande avec ses petites canines qui ne sont guères plus grosses que nos incisives, mais par contre nous avons la mâchoire d’en bas qui va de droite à gauche pour broyer de l’herbe comme le font les vaches !!!
Je te remercie André d’avoir lu et participé à ce thème qui devient de + en + d’actualité !
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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 5 Déc - 19:29

Flamme a écrit:
Je pense quand même André que le consommateur, nous en quelque sorte, nous devenons aussi un peu coupables ou du moins responsables de notre comportement ! Il est évident que si la société ne maltraitait pas nos animaux de leur vivant, ne les tuait pas avec d’affreuses souffrances, on pourrait rester au moins végétarien si on est contre « tué » ! mais tous les produits sont réalisés contre le bien-être des vaches, des brebis, des poules et poulets agglutinés par milliers donnant leurs œufs dans des conditions malsaines !  Des oies qui sont forcées à manger pour avoir un foie malade et qui en arrivent à en crever et certainement en grande souffrance ! Tout cela pour quelques minutes de plaisir à manger ce mauvais foie ! Amener dans ces abattoirs où ils comprennent, voient et entendent leurs semblables hurlants et pleurant parfois, les yeux exorbités par la peur !
Non André, le sachant je ne peux que voir et entendre cette souffrance, et ne peux plus faire l’autruche ! Je me demande comment « les carnivores, qui savent parfaitement comment steaks et côtelettes arrivent dans leurs assiettes, doivent donc atténuer la dissonance existant entre leurs pratiques culinaires, leur amour des animaux et leur dégoût de l’abattoir. »
Pour les plantes, légumes, fruits, en effet, ils apprécient la musique, la parole de ceux qui les cultivent, on a fait des expériences sur eux !!! Mais ils ne souffrent pas et se laissent couper et manger sans qu’on entende le cri de la carotte !  Bien que je les remercie quand je prends mes tomates et haricots !!! C’est normal, la nature nous offre sa nourriture avec amour et bonté !

Alors malgré les traditions, mot que je n’aime pas beaucoup, car il y a de bonnes traditions, certes, mais énormément de mauvaises qu’il faut arrêter et vite ! Tradition de marier les petites filles dans ces pays arriérés, l’excision, et pour l’Espagne, la France : la corrida qui est une torture, et bien d’autres ! Et nous continuons en France, de devoir manger un agneau à Pâques, une dinde à Noël, il faut arrêter de continuer des traditions qui ne veulent plus rien prouver de nos jours , que de continuer à faire souffrir des millions de dindes et d’agneaux comme pour l’Aïd el-Kébir!  tradition de foi, que j’exècre ! On nous dit omnivores…en effet, nos ancêtres devaient bien se débrouiller pour se nourrir avec de la viande il y a des siècles.., mais il ne faut pas oublier que notre mâchoire ne peut pas déchirer la viande avec ses petites canines qui ne sont guères plus grosses que nos incisives, mais par contre nous avons la mâchoire d’en bas qui va de droite à gauche pour broyer de l’herbe comme le font les vaches !!!
Je te remercie André d’avoir lu et participé à ce thème qui devient de + en + d’actualité !
bisounours



Bonsoir FLAMME,

Je comprends parfaitement tes impressions, et je te remercie pour cette très intéressante réflexion. Nous le savons, notre époque est hypocrite : nous élevons des animaux pour les manger, mais nous ne voulons pas les voir souffrir ou mourir.

Les abattoirs sont des sanctuaires où l’on tue les bêtes hors de notre vue. Victor HUGO n’avait-il pas dit que si les abattoirs avaient des vitres on ne mangerait plus de viande !

Je conçois qu'on puisse devenir végétarien quand des caméras cachées nous ont récemment révélé l’agonie des animaux et la maltraitance occasionnée par des hommes insensibles à leurs douleurs. Mais d'un autre côté pourquoi Dieu a-t-il fait que les lions doivent manger les gazelles pour survivre, que les aigles doivent tuer des lapins ou des souris pour subsister etc... Que ce soient des micro-organismes, des vers, des insectes, des oiseaux, des mammifères ou des hommes, la Nature est ainsi faite que nous dépendons tous les uns des autres.

Mêmes les poissons sont parqués dans des grands bassins d'élevage, les uns sur les autres, et nourris "artificiellement" avec des farines de... poisson ! Soyons plutôt "flexivores", responsables, en mangeant moins, et seulement des produits de notre région. De tout un peu, mais jamais de produits industriels.

Ne manger ni viande, ni poisson, ni fruits de mer, ni œufs,  c'est reconnaître que nous n’avons pas besoin de tel ou tel aliment particulier ; mais, par contre, nous avons strictement besoin d’un ensemble de nutriments, tels que des protéines, des glucides, des lipides, des vitamines et des minéraux, qui nous sont nécessairement fournis par les aliments. La viande nous fournit des protéines d’excellente qualité, du fer, de la vitamine B12, et bien d’autres nutriments qui eux sont indispensables pour le corps humain et dont on n'a trouvé rien d'autre, dans l'état actuel de la science, pour les remplacer.

Et les études scientifiques et nutritionnelles actuelles pointent le doigt sur l’erreur de certains végétariens (qui ne consomment ni viande ni poisson), et a fortiori des végétaliens ou "véganes" (qui ne consomment aucun produit d’origine animale), qui croient que l’on peut simplement supprimer les aliments carnés, sans rien changer à son alimentation. Sans compter que cela peut jouer sur le physique et mental, et même le système de croissance chez les enfants. Ces "besoins" physiologiques en protéines ne sont pas facultatifs. Ils sont la conséquence de notre appartenance au règne animal, qu’on le veuille ou non. Si l’un ou l’autre vient à manquer, et même si les autres sont présents en abondance, la fabrication de la chaîne protéique, et donc de nos muscles, n’est plus possible. C’est le principe du maillon faible de la chaîne.

Si l’on veut remplacer tous les produits "animaux" uniquement par des produits "végétaux", céréales, fruits et légumes, cela devient très compliqué d’arriver à l’équilibre pour les adultes, et pratiquement impossible pour les enfants, car leurs besoins, notamment en "lysine", sont particulièrement importants en raison de la croissance.

Ni trop ni trop peu, telle pourrait être notre devise en la matière. Je pense que c’est devenu une question autant éthique que de santé.

DE  grosbiz DE NOUS TROIS À TOUTES LES DEUX.

DOUCE SOIRÉE

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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Dim 10 Déc - 11:24


Raoul PONCON

LA QUESTION CULINAIRE

Il a raison, le petit père.
Il ne saurait, qui peut le faire,
Payer trop cher son cuisinier.
De tous les serviteurs, j’estime,
Le premier, le plus légitime,
C’est assurément ce dernier.

Toujours la cuisine fut chère
Aux cœurs bien nés. La bonne chère
Plaît aux Dieux. Et, les malheureux
Qui ne s’en soucient sont des oies,
Méconnaissant une des joies
De ce monde. Tant pis pour eux.

Être grossier — va-t-on me dire —
Que la gastronomie attire !
Pardon !… Je ne prétends pas qu’il
Faille faire un dieu de son ventre,
On ne doit pas, non plus, que diantre
Le traiter comme un seigneur vil.

Pourquoi faudrait-il que je fisse
Le ridicule sacrifice
De mon goût ? Pourquoi de mon goût ?
Il a même voix au chapitre,
Et m’intéresse au même titre
Que mes autres sens, après tout.

Qu’un savant, tout à ses problèmes,
Comme un poète à ses poèmes,
Ne mangent que pour le « besoin »
Ils n’en font pas moins leur ouvrage ?
Mais ils en feraient davantage
S’ils mangeaient avec plus de soin.

Oh ! cette indifférence atroce
De gens qui soignent leur carrosse,
Et ne s’attardent du tout pas
À ce qu’ils mangent ou qu’ils boivent ;
Et qui, de ce fait, ne conçoivent
En quoi consiste un bon repas !

Ils inviteront à leur table,
Autour d’un dîner lamentable,
Des convives mal assortis ;
C’est, d’ailleurs, le premier reproche
À leur faire. La chère est moche,
Et le vin n’est pas garanti.

Après telle fâcheuse agape,
Parfois votre hôte vous attrape :
« Vous êtes gai comme un tombeau !
Dit-il. D’où vient cet air maussade ?
Est-ce que vous seriez malade ? »
Vous pourriez répondre à ce veau :

« Parbleu ! ne t’en prends, misérable !
Qu’à toi-même, à ton affreux vin,
Ta maigre chère… Mon cerveau
N’est pas ce qu’un vain peuple pense,
C’est quand satisfaite est ma panse,
Qu’il s’éveille et qu’il fait le beau.

« Et si c’est par pure lésine
Que tu grattes sur ta cuisine,
C’est compromettre ton dessein :
Car l’argent que l’on ne dispense
À son cuisinier — belle avance ! —
On le donne à son médecin. »




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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Dim 10 Déc - 18:04

A l'époque, le cuisinier était un employé pour les riches !!! Il n'y en a plus, seulement pour l’Élysée je suppose, et pour des associations ! mais, il me semble que les particuliers n'en prennent pas ! Je peux me tromper...J'aimerai être assez riche pour en avoir un....
Tant pis, je me casserai encore la tête à réfléchir chaque jour au menu du jour ! reflex sourir Vive Ponchon ! clin2
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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Dim 10 Déc - 18:44

Ces repas pantagruéliques étaient réservés aux bourgeois, je suppose. Qui pourrait se payer un cuisinier et un maître queue à notre époque à part les "grands" de ce monde ? je préfère les repas familiaux à ces agapes qui tournent quelquefois au vinaigre. Il est difficile de satisfaire tout le monde. Merci de ces poèmes sortis des placards de cuisine pour notre plus grand plaisir. Bisous
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MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Lun 29 Jan - 10:25


Raoul PONCHON

LES TIRE-BOUCHONS

Un jour, un vénérable abbé
— De ceux qui portent crosse et mitre —
S’étant le matin bien levé,
Tint ce discours à son chapitre :

« Mes enfants, comme vous voyez,
Le temps promet d’être superbe.
Nous allons, si vous m’en croyez,
De ce pas déjeuner sur l’herbe.

« Emportons quelques poulets froids
Et autres fruits dans des corbeilles,
Plus force bouteilles… je crois
Que la prudence le conseille. »

À ces mots, nos bons cordeliers
Hurrèrent, comme on s’imagine,
Les uns se ruant au cellier
Et les autres à la cuisine.

Les paniers remplis, on partit
Et l’on bouffa du kilomètre,
Histoire d’être en appétit
Pour cette godaille champêtre.

Après deux heures sinon trois
De marche, loin du monastère
Ils pénétrèrent dans un bois
Saturé d’ombre et de mystère.

« Ma foi ! l’endroit est merveilleux,
Dit l’abbé. C’est là qu’on opère.
Nous y serons comme des dieux.
Qu’en pensez-vous, mes petits pères ?

« D’autant mieux que j’ois ramager
Une source vraiment propice,
Où nous allons presto plonger
Notre vin pour qu’il rafraîchisse. » —

« Que voilà qui est bien parler ! »
Clamèrent en chœur les ouailles
En se hâtant de déballer
Et bouteilles et victuailles.

Déjà le couvert était mis,
Chacun affûtait sa mâchoire…
Quand l’abbé leur dit : « Mes amis,
Avant que de manger et boire,

« J’estime qu’il serait décent
De faire une courte prière.
Bénissons le Dieu tout-puissant.
Prenez-moi votre bréviaire… »

Or, ils se fouillèrent partout,
Pas de bréviaire. Ô disgrâce !
On ne saurait songer à tout…
« C’est bien — dit l’abbé — qu’on s’en passe.

« Vous en serez quittes ce soir
Pour dire double patenôtre.
Buvons toujours, et sans surseoir.
Oh ! oh ! en voici bien d’une autre…

« Faut-il que je sois cornichon !
N’ai-je pas oublié moi-même
Par malheur, le tire-bouchon !
Comment résoudre le problème ?

« Eh bien donc, nous boirons de l’eau,
À la guerre comme à la guerre.
Certes, ça n’est pas rigolo,
Mais que diable peut-on y faire ! »

Lors, nos moines, au même instant,
Qui redoutent ces anicroches,
Firent voir qu’ils avaient autant
De tire-bouchons que de poches !




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