LE COIN POÉTIQUE DE FRIPOU



 
AccueilS'enregistrerMembresCalendrierRechercherGalerieConnexion
Derniers sujets
Statistiques
Nous avons 43 membres enregistrés
L'utilisateur enregistré le plus récent est Regis

Nos membres ont posté un total de 23176 messages dans 3572 sujets

Partagez | 
 

 La poésie Gourmande

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: La poésie Gourmande   Lun 24 Oct - 13:00



Albert SAMAIN (1858-1900)

LA CUISINE

Dans la cuisine où flotte une senteur de thym,
Au retour du marché, comme un soir de butin,
S’entassent pêle-mêle avec les lourdes viandes
Les poireaux, les radis, les oignons en guirlandes,
Les grands choux violets, le rouge potiron,
La tomate vernie et le pâle citron.
Comme un grand cerf-volant la raie énorme et plate
Gît fouillée au couteau, d’une plaie écarlate.
Un lièvre au poil rougi traîne sur les pavés
Avec des yeux pareils à des raisins crevés.
D’un tas d’huîtres vidé d’un panier couvert d’algues
Monte l’odeur du large et la fraîcheur des vagues.
Les cailles, les perdreaux au doux ventre ardoisé
Laissent, du sang au bec, pendre leur cou brisé ;
C’est un étal vibrant de fruits verts, de légumes,
De nacre, d’argent clair, d’écailles et de plumes.
Un tronçon de saumon saigne et, vivant encor,
Un grand homard de bronze, acheté sur le port,
Parmi la victuaille au hasard entassée,
Agite, agonisant, une antenne cassée.
__________________

Charles MONSELET

LA TRUITE

Dans une agape bien construite
Envisagez assurément
L'apparition de la truite
Comme un joyeux événement.

Quelques-uns la demandent cuite,
Avec maint assaisonnement
Pris aux recettes qu'on ébruite.
Je la veux frite simplement.

Truites blanches ou saumonées,
D'Allemagne ou des Pyrénées,
poissons charmants, soyez bénis !

Mais je sais les roches hautaines
où se cachent vos souveraines;
Salut, truites du Mont-Cenis !
_________________

À SUIVRE...



_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
fripou
Admin
avatar

Messages : 3290
Date d'inscription : 17/10/2010
Age : 53
Localisation : Gironde

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Lun 24 Oct - 14:50

Voila qui ouvre l'appétit... petitbis
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Lun 24 Oct - 18:26

fripou a écrit:
Voila qui ouvre l'appétit... petitbis


Tout à fait, Chère FRIPOU. Et comme on dit : “L'appétit vient en mangeant ; la soif s'en va en buvant.”

ahah ahah

Les deux auront leur place dans ce nouveau topic qui va nous révéler quelques plaisirs de la table. Nous y célèbrerons autant le cassoulet que la bisque ou la bouillabaisse, sans oublier les fromages et les desserts accompagnés, comme il se doit des meilleurs crus.

MILLE merci2 pour cette entrée en matière. ET DE GROS bibi2

Douce soirée.

andre

_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
Flamme
Admin
avatar

Messages : 3860
Date d'inscription : 04/01/2011
Age : 70
Localisation : Près Bordeaux

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Lun 24 Oct - 22:31

Bravo pour les poèmes et la cuisine, on attend des recettes grosbiz

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 25 Oct - 12:27

Flamme a écrit:
Bravo pour les poèmes et la cuisine, on attend des recettes grosbiz



:merci2:FLAMME. En guise d'amuse-bouche, ce petit quatrain d'Antoine DESAUGIERS pour nous mettre en appétit  juste avant de passer à table.


Un cuisinier quand je dîne
Me semble un être divin
Qui du fond de sa cuisine
Gouverne le genre humain.


DE GROS bibi2

CARPE DIEM

andre

_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 25 Oct - 12:40

Emilie BERNARD

BOUILLABAISSE

Si  tu veux du soleil au creux de ton assiette
Fais une bouillabaisse. En voici la recette :
D’un demi-verre d’huile arrose en ton faitout

Un peu d’ail écrasé (quatre gousses en tout)
Trois oignons émincés et divers aromates
En hachis sans pépins deux pulpes de tomates
Thym, fenouil et persil, laurier, zeste d’oranges

Les tronçons de poissons qu’artistement tu ranges
(Grondins, crabe ou langouste, et rascasse et vive)
- Recouvre d’eau bouillante et cuis à flamme vive
Tout saupoudré de sel, de poivre et de safran.

Le mélange a bouilli 5 minutes durant,
Quand sous l’ardente flamme, il prend déjà de l’âme
Ajoute aussi longtemps : loup, saint-pierre et merlan
Puis sur tranches de pain, passe le jus brûlant

Tandis que sur un plat, tout le poisson se dresse.
Ton chef d’œuvre est fini : c’est une bouillabaisse.
__________________

Georges FOUREST

TERRINES DE CANARDS

Si les Rouennais sont fiers de Boïeldieu, Corneille,
Ils n'ont pas moins au coeur un gourmet qui sommeille
Et, malgré leur amour des lettres et des arts,
Ils ont au plus haut point le culte des canards !

Vous savez les honneurs qu'on leur rend en cuisine ;
Hânni vient aujourd'hui les offrir en terrine.
Puis, pour les parfumer, avec art il y joint
La truffe et le foie gras, ce succulent appoint.

Et sur sa chair rose,
Exquise volupté,
La truffe se repose

Comme un grain de beauté.
Lorsque sa renommée aura conquis le monde,
Que de canards auront les terrines pour tombe !
__________________

Georges FOUREST

LA RECETTE DU BOUDIN

Préparez des oignons hachés menus, menus,
Qu'avec autant de lard sur un feu doux l'on passe
Les tournant tant qu'ils soient d'un beau blond devenus
Et que leur doux arôme envahisse l'espace...

Mêlez le tout au sang, puis bien assaisonnez,
De sel, poivre et muscade, ainsi que des épices,
Un verre de cognac; après, vous entonnez
Dans les boyaux du porc, dont l'un des orifices

Est d'avance fermé, et dès qu'ils sont remplis,
Ficelez l'autre bout, et dans l'eau frémissante,
Plongez tous les boudins ! Ces travaux accomplis,
Egouttez-les après vingt minutes d'attente.
__________________

À SUIVRE...

_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
fripou
Admin
avatar

Messages : 3290
Date d'inscription : 17/10/2010
Age : 53
Localisation : Gironde

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 25 Oct - 16:48

Je crains que la recette du boudin ne donne des boutons à notre Flamme préférée chienquirit
Si tu trouves quelques légumes en chemin... grosbiz
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 25 Oct - 18:30

fripou a écrit:
Je crains que la recette du boudin ne donne des boutons à notre Flamme préférée chienquirit
Si tu trouves quelques légumes en chemin... grosbiz



Je m'en voudrais de provoquer poussée de boutons à notre Chère FLAMME. Et pourtant, Jules RENARD, en fin connaisseur, disait à ce propos : “Quel animal admirable que le cochon ! Il ne lui manque que de savoir faire lui-même son boudin. ”
Je vais faire en sorte de ménager autant les végétariens que les autres amateurs de bonne chère.

Aussi, et avant de poster la "soupe à l'oignon" demain, voici le charmant "sonnet de l'Asperge", de Charles MONSOLET :


 Charles MONSELET

LE SONNET DE L'ASPERGE

Oui, faisons lui fête !
Légume prudent,
C'est la note honnête
D'un festin ardent.

J'aime que sa tête
Croque sous la dent,
Pas trop cependant.
énorme elle est bête.

Fluette, il lui faut
Plier ce défaut
Au rôle d'adjointe,

Et souffrir, mêlé
Au vert de sa pointe,
L'or de l'oeuf brouillé.
________________


DE GROS  bibi2 À VOUS DEUX DE NOUS TROIS.

Douce soirée.

andre


_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mer 26 Oct - 12:31


Raoul PONCHON

LA SOUPE À L'OIGNON

Quel est ce bruit appétissant
Qui va sans cesse bruissant ?
On dirait le gazouillis grêle
D’une source dans les roseaux,
Ou l’interminable querelle
D’un congrès de petits oiseaux.
Mais cela n’est pas. Que je meure
Sous des gnons et sous des trognons,
Si ce ne sont pas des oignons
Qui se trémoussent dans du beurre !

Hein ! qu’est-ce que Bibi disait ?
Et ce bruit sent bon – qui plus est.
C’est à vous donner la fringale.
Traitez-moi de syndic des fous,
Je n’en connais pas qui l’égale.
« Et pourquoi faire – direz-vous –
Met-on ces oignons dans le beurre ? >
Pourquoi faire ?... triples couyons,
J’espère... une soupe à l’oignon.
Vous allez voir ça tout à l’heure !

Je m’invite, n’en doutez pas.
Et j’en veux manger, de ce pas,
À pleine louche, à pleine écuelle...
Ne me regardez pas ainsi,
C’est ma façon habituelle.
La soupe à l’oignon, Dieu merci !
Ne m’a jamais porté dommage.
Ainsi, la mère, encore un coup,
Insistez, faites en beaucoup,
Et n’épargnez pas le fromage.

Elle est prête ?... Alors, on s’y met.
Ô simple et délicat fumet !
Tous les parfums de l’Arabie
Et que l’Orient distilla,
Ne valent pas une roupie
De singe, auprès de celui-là.
Et puis !... quel fromage énergique !
File-t-il, cré nom ! file-t-il !
Si l’on ne lui coupe le fil,
Il va filer jusqu’en Belgique !

On me dirait dans cet instant :
La Fortune est là qui t’attend.
« Laisse-là ta soupe et sois riche. »
Que d’un cran je ne bougerais.
Qu’elle m’attende, je m’en fiche !
En vérité, je ne saurais,
Quand elle passerait ma porte,
Manger deux soupes à la fois,
Comme celle-ci. Non, ma foi.
Alors, que le diable l’emporte !

Assez causé. Goûtons un peu
Cette soupe, s’il plaît à Dieu !
Cristi ! Qu’elle est chaude, la garce !
Autant pour moi ! Où donc aussi,
Avais-je la cervelle éparse ?
Sans doute entre Auteuil et Bercy...
Elle ne m’a pas pris en traître
Sais-je pas sur le bout du doigt,
Que toute honnête soupe doit
Être brûlante ou ne pas être ?

Qu’est-ce à dire ? Je m’aperçois
Que j’en ai repris quatre fois.
Parbleu ! je n’en fais point mystère.
Mais j’en veux manger tout mon soûl,
Quatre fois ! peuh ! la belle affaire !
J’en reprendrais bien pour un sou.
Dussé-je crever à la peine,
Je n’aurai garde d’en laisser.
Et ne croyez pas me blesser,
En m’appelant « vieux phénomène »...

Allons, bon !... Il n’en reste plus !
Et bien, alors, il n’en faut plus.
Ayons quelque philosophie.
Une soupe se trouvait là,..
Elle n’est plus là... C’est la Vie !
Que voulez-vous faire à cela ?
La soupe la plus innombrable
Finit tôt par nous dire adieu.
Et je ne vois guère que Dieu,
Finalement, de perdurable.
__________________

Charles MONSELET

LES VINS DE FRANCE

Il est une heure où se rencontrent
Tous les grands vins dans un festin,
Heure fraterneIle où se montrent
Le Lafite et le Chambertin.
Plus de querelles, à cette heure,
Entre ces vaillants compagnons ;
Plus de discorde intérieure
Entre Gascons et Bourguignons.
On fait trêve à l'humeur rivale,
On éteint l'esprit de parti.
L'appétit veut cet intervalle,
Cette heure est l'heure du rôti.
Comme aux réceptions royales
Que virent les deux Trianons,
Circulent à travers les salles
Ceux qui portent les plus beaux noms.
A des gentilshommes semblables
Et non moins armoriés qu'eux,
Les grands vins, aux airs agréables,
Echangent des saluts pompeux.
Ils ont dépouillé leurs astuces,
Tout en conservant leur cachet,
- Passez, monsieur de Lur-Saluces !
- Après vous, mon cher Montrachet.
Pommard, en souriant, regarde
Glisser le doux Brame-Mouton,
Nul ne dit à Latour : " Prends garde !"
Par même le bouillant Corton.
Volnay raconte ses ruines
Au digne Saint-Emilion,
Qui l'entretient de ses ravines
Et des grottes de Pétion.
Jamais les vieilles Tuileries
Dans leurs soirs les plus radieux,
Ne virent sous leurs boiseries
Hôtes plus cérémonieux.
On cherche le feutre à panache
Sur le bouchon de celui-ci,
Et, sous la basque qui la cache,
L'épée en acier aminci.
Voici monsieur de Léoville
Qui s'avance en habit brodé,
Et qui, d'une façon civile,
Par Chablis se voit abordé.
Musigny, que d'orgueil on taxe,
Dit à Saint-Estèphe : " Pardieu !
J'étais chez Maurice de Saxe
Quand vous étiez chez Richelieu !"
" Moi, sans que personne s'en blesse,
J'ai, dit monsieur de Sillery,
Conquis mes lettres de noblesse
Aux soupers de la Du Barry !"
" Sans chercher si loin mon baptême,
Prophète chez moi, dit Margaux,
A la duchesse d'Angoulême
J'ai fait les honneurs de Bordeaux."
Le jeune et rougissant Montrose,
Ayant quitté pour un instant
Le bras de son tuteur Larose,
Jette un regard inquiétant,
Et cherche, vierge enfrisonnée,
Rouge comme un coquelicot,
Mademoiselle Romanée
Auprès de la veuve Clicquot.
Certaine d'être bien lotie,
Malgré son air un peu tremblant,
Dans un coin, la Côte-Rôti
Sourit à l'Ermitage blanc ;
Il en est du temps des comètes,
Qui, dépouillés, usés, fanés,
Sont dans des fauteuils à roulettes
Respectueusement traînés.
Un tel souffrant qu'on le décante
Fat dans sa fraise de cristal :
"Ah ! dit-il, plus d'une bacchante
M'aima dans le Palais-Royal !"
A ce rendez-vous pacifique
Aucun ne manque ; ils sont tous là.
O le spectacle magnifique !
O le resplendissant gala !
Et quel bel exemple nous donnent
Ces vins dans leur rare fierté
Qui s'acceptent et se pardonnent
Leur triomphante égalité !
__________________

Charles MONSELET

LES ESCARGOTS DE BOURGOGNE

Je t'estime et je t'aime,escargot de Bourgogne
Pour ta sage lenteur et ce goût du foyer
Qui te fait transporter ta maison sans ployer,
Vagabond méthodique et cornu sans vergogne.

Mais je bénis surtout Marton dont la besogne
Autour de ton corps gris consiste à marier
Si bien le beurre et l'ail en un fumet princier
Que la truffe en pâlit au fond de la Dordogne!

Viens, je veux te saisir brûlant entre mes doigts,
Avec les précieux égards que je te dois.
Mon appétit robuste au voyage t'invite.

Pour mieux fuir le regret du vignoble doré,
Tu glisses vers ma panse, ô doux invertébré,
Et je crois que jamais tu n'as marché si vite!
___________________

Charles MONSELET

LA CHOUCROUTE

Et pourquoi pas ? bien macérée.
Avec des grains de poivre rond,
Pour mainte poitrine altérée
Elle est un solide éperon.

Durant tout un mois préparée
Par le genièvre fanfaron,
Mince et discrètement dorée,
Telle elle plaît au biberon.

Au terme d'une longue route,
Heureux qui trouve la choucroute
Aux douces pâleurs d'albinos,
Fumante, et parfumant l'auberge,
Et se serrant, comme une vierge,
Contre son compère le moos.
__________________


_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Jeu 27 Oct - 12:54


Madeleine DOUCET

CUISINER LE SANGLIER

Cuisiner le Sanglier, ou le marcassin,
Rien n'est plus facile, c'est un régal, c'est divin.
Ouiller la viande, en piquant celle-ci, ici, là,
Recouvrez ensuite, de vin rouge dans le plat.

Coupez un oignon en plusieurs petits morceaux,
Ajoutez thym, laurier, clous de girofle, pas trop
Deux ou trois, seront largement suffisants,
Cela donnera un goût exotique, épatant.

N'oubliez pas, quelques brins de simple persil,
Poivrez, laissez dans le frigo toute une nuit,
Le lendemain, égouttez votre marcassin,
faites-le dorer dans la cocotte, ce sera bien.

L'huile d'olive, mieux qu'autre chose est conseillé,
Flambez, sitôt que le rôti sera doré.
Un bon cognac, un armagnac est le bon choix,
Et tout à l'heure, vous goûterez un plat de Roi.

De suite, après, aspergez d'un peu de farine,
Tournez, ajouter le vin, c'est de la cuisine !
Voilà un rôti qui sera bien apprécié,
Salez, laissez cuire une heure et dégustez.
__________________

Emile VERHEAREN

LA CUISSON DU PAIN

Les servantes faisaient le pain pour les dimanches,
Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain,
Le front courbé, le coude en pointe hors des manches,
La sueur les mouillant et coulant au pétrin.

Leurs mains, leurs doigts, leur corps entier fumait de hâte,
Leur gorge remuait dans les corsages pleins.
Leurs deux doigts monstrueux pataugeaient dans la pâte
Et la moulaient en ronds comme la chair des seins.

Le bois brûlé se fendillait en braises rouges
Et deux par deux, du bout d’une planche, les gouges
Dans le ventre des fours engouffraient les pains mous.

Et les flammes, par les gueules s’ouvrant passage,
Comme une meute énorme et chaude de chiens roux,
Sautaient en rugissant leur mordre le visage.
___________________



_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Dim 30 Oct - 12:12


Albert SAMAIN

LA CUISINE

Dans la cuisine où flotte une senteur de thym,
Au retour du marché, comme un soir de butin,
S’entassent pêle-mêle avec les lourdes viandes
Les poireaux, les radis, les oignons en guirlandes,
Les grands choux violets, le rouge potiron,
La tomate vernie et le pâle citron.
Comme un grand cerf-volant la raie énorme et plate
Gît fouillée au couteau, d’une plaie écarlate.
Un lièvre au poil rougi traîne sur les pavés
Avec des yeux pareils à des raisins crevés.
D’un tas d’huîtres vidé d’un panier couvert d’algues
Monte l’odeur du large et la fraîcheur des vagues.
Les cailles, les perdreaux au doux ventre ardoisé
Laissent, du sang au bec, pendre leur cou brisé ;
C’est un étal vibrant de fruits verts, de légumes,
De nacre, d’argent clair, d’écailles et de plumes.
Un tronçon de saumon saigne et, vivant encor,
Un grand homard de bronze, acheté sur le port,
Parmi la victuaille au hasard entassée,
Agite, agonisant, une antenne cassée.
__________________

Charles MONSELET

LE COCHON

Car tout est bon en toi: chair, graisse, muscle, tripe !
On t'aime galantine, on t'adore boudin
Ton pied, dont une sainte a consacré le type,
Empruntant son arôme au sol périgourdin,

Eût réconcilié Socrate avec Xanthippe.
Ton filet, qu'embellit le cornichon badin,
Forme le déjeuner de l'humble citadin;
Et tu passes avant l'oie au frère Philippe.

Mérites précieux et de tous reconnus !
Morceaux marqués d'avance, innombrables charnus!
Philosophe indolent qui mange ce que l'on mange !

Comme, dans notre orgueil, nous sommes bien venus
A vouloir, n'est-ce pas, te reprocher ta fange ?
Adorable cochon ! animal roi- Cher ange !
__________________

Charles MONSELET

L’ANDOUILLETTE

Dédaignons la mouillette
Et la côte au persil.
Crépite sur le gril,
O ma fine andouillette !

Certes, ta peau douillette
Court un grave péril.
Pour toi, ronde fillette,
Je défonce un baril.

Siffle, crève et larmoie,
Ma princesse de Troyes
Au flanc de noir zébré !

Mon appétit te garde
Un tombeau de moutarde
De Maille ou de Vert-Pré.
__________________

_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Lun 31 Oct - 18:26


Raymond FÉVRIER

BRANDADE DE MORUE

Afin que cette chair exquise ne vous leurre,
Au mortier pilez-là, d'abord, d'un long travail.
Peinez debout, comme un pilote au gouvernail,
Dans un effort de bras et sans souci pour l'heure.

Puis, mêlez à la pâte une huile, la meilleure,
Et chauffez en virant. Râpez un soupçon d'ail ;
Saupoudrez de persil ; enfin, simple détail,
Servez avec croûtons frits et passés au beurre.

À vos palais gourmands, oh ! le mets onctueux !...
Rien, ni le caneton, ni le paon fastueux,
Ni la grive en salmis, ni la fine pintade,

Ni la truffe embaumant la dinde ou le levraut,
Rien, vous dis-je, non rien à la bouche ne vaut
Le doux velours d'une morue à la brandade !
_________________

Charles MONSELET

LA SEMOULE

D’aspect simple, n’ayant rien de primesautier,
La bourgeoise Semoule appelle la faïence,
La soupière massive arrondissant sa panse.
Où reluit l’art naïf du Rouen ou du Moustier.

Céréale modeste, ange de bienfaisance.
Elle répand ses dons parmi le monde entier.
L’oncle qui s’en nourrit, trompant mainte espérance,
Refait son estomac et nargue l’héritier.

Robuste au grand parent et légère à l’adulte.
Dans toutes les maisons elle est l’objet d’un culte.
En fait-on des gâteaux, il faut voir les babys,

Devant ce panthéon spongieux ébaubis,
Battre gaiement des mains près de leur mère heureuse !
Acte de Florian ! Intérieur de Greuzeî.
__________________

Charles MONSELET

LE HOMARD

LE homard, compliqué comme une cathédrale,
Sur un lit de persil, monstre rouge, apparaît.
En le voyant ainsi, Janin triompherait,
Car il a revêtu la pourpre cardinale !

Et c’est le Borgia des mers. Il a l’attrait
Des scélérats déçus dans leur ruse infernale.
Héraut des grands festins, avec pompe il étale
Son cadavre éventré dans l’office en secret.

Jamais plus fier vaincu n’eut plus beau flanc d’albâtre !
Décoratif et noble, il gît sur son théâtre.
Jusques après la mort refusant d’abdiquer,

Il se cramponne aux doigts qui veulent l’attaquer.
Et si quelque imprudent cherche à briser sa pince :
« Prends garde ! lui dit-il, je suis encore un prince ! »



_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Sam 5 Nov - 11:09


Alfred de MUSSET

À MADAME Cne T.

Dans son assiette arrondi mollement,
Un pâté chaud, d’un aspect délectable,
D’un peu trop loin m’attirait doucement.
J’allais à lui. Votre instinct charitable
Vous fit lever pour me l’offrir gaiement.

Jupin, qu’Hébé grisait au firmament,
Voyant ainsi Vénus servir à table,
Laissa son verre en choir d’étonnement
Dans son assiette.

Pouvais-je alors vous faire un compliment ?
La grâce échappe, elle est inexprimable ;
Les mots sont faits pour ce qu’on trouve aimable,
Les regards seuls pour ce qu’on voit charmant ;
Et je n’eus pas l’esprit en ce moment
Dans son assiette.
__________________

Emile VERHAEREN

LA CUISINE

Au fond, la crémaillère avait son croc pendu,
Le foyer scintillait comme une rouge flaque,
Et ses flammes, mordant incessamment la plaque,
Y rongeaient un sujet obscène en fer fondu.

Le feu s’éjouissait sous le manteau tendu
Sur lui, comme l’auvent par-dessus la baraque,
Dont les bibelots clairs, de bois, d’étain, de laque,
Crépitaient moins aux yeux que le brasier tordu.

Les rayons s’échappaient comme un jet d’émeraudes,
Et, ci et là, partout, donnaient des chiquenaudes
De clarté vive aux brocs de verre, aux plats d’émail,

A voir sur tout relief tomber une étincelle,
On eût dit – tant le feu s’émiettait par parcelle –
Qu’on vannait du soleil à travers un vitrail.
__________________

Charles MONSELET

LE GODIVEAU

QUAND j’étais tout petit, j’aimais les godiveaux,
Où, modeste traiteur, souvent tu te révèles.
A présent que je vais aux recettes nouvelles,
Et que mon appétit vole aux gibiers nouveaux.

Je me souviens. Malgré grives et bartavelles,
Je regrette le temps où, fou de maniveaux,
Je dévorais la croûte où nageaient les cervelles
Et les crêtes de coq, avec les ris de veaux.

Ces godiveaux, orgueil des bourgeoises familles,
Étaient en ce temps-là pareils à des bastilles ;
La salle s’imprégnait de leurs puissants parfums ;

Et, jeune âme déjà conquise à la cuisine,
J’oubliais de presser le pied de ma cousine.
— Et je pleure en songeant aux godiveaux défunts.
__________________





_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
Lucienne MARTEL

avatar

Messages : 2288
Date d'inscription : 14/10/2015
Age : 62
Localisation : LIMOUX

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Sam 5 Nov - 11:24

Excellents ces poèmes culinaires, au sens propre comme au sens figure mais mon faible revient au deuxième. j'ai horreur des abats dans mon assiette : j'en ai trop mangé quand j'étais pitchoune car le prix en éétait plus qu'abordable pour une grande famille
Merci de nous délecter ainsi de ces grands poètes
Belle journée à toi
Gros bisous
Lucienne
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Sam 5 Nov - 12:00

Lucienne MARTEL a écrit:
Excellents ces poèmes culinaires, au sens propre comme au sens figuré mais mon faible revient au deuxième. j'ai horreur des abats dans mon assiette : j'en ai trop mangé quand j'étais pitchoune car le prix en éétait plus qu'abordable pour une grande famille
Merci de nous délecter ainsi de ces grands poètes
Belle journée à toi
Gros bisous
Lucienne

Que du bonheur de lire un tel commentaire, Chère LUCIENNE ! Moi aussi, je n'aime pas les abats (à part des gras doubles, dont curieusement, je me délecte.)
bis
Promis, il y en aura pour tous les goûts et même les végétariens y trouvent, je pense leur compte. Tiens, pourquoi pas parler d'un bon gratin, avec Maurice CHAMPAVIER.

Passe un excellent week-end. DE GROS  bis du marseillais.

andre


Maurice CHAMPAVIER

LE GRATIN

Un gratin cuit à point est un régal suprême,
En pays dauphinois, c’est un plat vénéré,
L’aliment familial si souvent savouré,
Mets d’été, mets d’hiver et même de carême!

La recette est facile et simple en est le thème :
Dans un plat peu profond, coupez, à votre gré,
Quelques pommes de terre, et puis, sans rien d’outré,
Ajoutez œufs, sel, ail, beurre et lait riche en crème.

Au vrai, cela suffit pour faire un bon gratin.
Toutefois, quel sera l’artiste assez certain
De son art pour mener à bien l’œuvre modèle ?

Choisissez une femme, une femme de goût,
Belle, libre de soin, dauphinoise avant tout
Et, si vous le pouvez, tâchez d’être aimé d’elle.
_________________

Léontine DESBOUCHAGES

Les RAYOLES

Avec de la fleur de farine,
Eau, beurre, œuf, quelques grains de sel,
Faites une pâte très fine ;
Étendez ; c'est l'essentiel.
Découpez beaucoup de rondelles,
Prenez un verre pour compas,
Et, pour bien garnir ces parcelles,
Écoutez..., et ne riez pas !...

Écrasez un peu de citrouille ;
Hachez des épinards blanchis ;
Garnissez : que votre doigt mouille
La pâte autour du hachis ;
Pliez d'un coup de main habile ;
Joignez les bords en les pressant ;
Dans l'eau qui bout, mettez, agile,
Cuire un instant chaque croissant.

Pilez des noix. Râpez ensuite,
Du bon fromage à votre choix.
Sur un plat, superposez vite
Un lit de pâte, un lit de noix,
Un lit de fromage et de beurre.
Voilà le chef-d'œuvre requis.
Couvrez et laissez un quart d'heure
Près du feu. Goûtez : c'est exquis !...
__________________



_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)


Dernière édition par André Laugier le Jeu 10 Nov - 9:56, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 8 Nov - 19:18


ANONYME

L'APÉRITIF DANS LA FORET

SANS souci de la muse verte,
A l'heure de l'apéritif,
Le cou tendu, la jambe alerte,
Déployant mon nerf olfactif,

Je fais de longues promenades
Dans les sentiers de la forêt;
— J'en choisis un sombre et discret,
Où les pins forment des arcades —.

Quelles odorantes senteurs
On y puise à pleines narines !
Ce parfum de bois et de fleurs
Dilate et gonfle les poitrines.

Pour terminer l'apéritif,
Je débouche en pleine lumière,
Dans un Paradis suggestif,
Où, dans la mousse et la bruyère,
Se dressent aux yeux étonnés,
Les rochers aux décors rustiques
Dessinant grottes ou portiques
Par le hasard échelonnés.

Là, grimpé sur une éminence,
Dominant les verts horizons,
C'est le nectar des floraisons
Que je bois dans la coupe immense !
__________________

Charles BAUDELAIRE

L'ÂME DU VIN

Un soir, l’âme du vin chantait dans les bouteilles :
« » Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
Un chant plein de lumière et de fraternité !

Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
De peine, de sueur et de soleil cuisant
Pour engendrer ma vie et pour me donner l’âme ;
Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,

Car j’éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d’un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.
Entends-tu retentir les refrains des dimanches
Et l’espoir qui gazouille en mon sein palpitant ?
Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Tu me glorifieras et tu seras content ;

J’allumerai les yeux de ta femme ravie ;
A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
Et serai pour ce frêle athlète de la vie
L’huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux jeté par l’éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur !
__________________

SAINT AMANT

LE MELON

C’en est fait, le voilà coupé
Et mon espoir n’est point trompé.
Ô dieux ! que l’éclat qu’il me lance
M’en confirme bien l’excellence !
Qui vit jamais un si beau teint !
D’un jaune sanguin il se peint ;
Il est massif jusques au centre,
Il a peu de grains dans le ventre,
Et ce peu-là, je pense encore
Que ce soient autant de grains d’or ;
Il est sec ; son écorce est mince ;
Bref, c’est un vrai manger de prince.
Mais, bien que je ne le sois pas,
J’en ferai pourtant un repas

Non, le coco, fruit délectable,
Qui lui tout seul fournit la table
De tous les mets que le désir
Puisse imaginer et choisir,

Ni le cher abricot, que j’aime,
Ni la fraise avecque la crème,
Ni la manne qui vient du ciel,
Ni le pur aliment du miel,
Ni la poire de Tours sacrée,
Ni la verte figue sucrée,
Ni la prune au jus délicat,
Ni même le raisin muscat
(Parole pour moi bien étrange),
Ne sont qu’amertume et que fange
Au prix de ce melon divin,
Honneur du climat angevin.
_________________

APOLLINAIRE

Te souviens-tu mon Lou de ce panier d’oranges
Douces comme l’amour qu’en ce temps-là nous fîmes
Tu me les envoyas un jour d’hiver à Nîmes
Et je n’osai manger ces beaux fruits d’or des anges

Je les gardai longtemps pour les manger ensemble
Car tu devais venir me retrouver à Nîmes
De mon amour vaincu les dépouilles opimes
Pourrirent J’attendais Mon cœur la main me tremble !

Une petite orange était restée intacte
Je la pris avec moi quand à six nous partîmes
Et je l’ai retrouvée intacte comme à Nîmes
Elle est toute petite et sa peau se contracte.

Et tandis que les obus passent je la mange
Elle est exquise ainsi que mon amour de Nîmes
Ô soleil concentré riche comme mes rimes
Ô savoureux amour ô ma petite orange !

Les souvenirs sont-ils un beau fruit qu’on savoure ?
Le mangeant j’ai détruit mes souvenirs opimes
Puissé-je t’oublier mon pauvre amour de Nîmes !
J’ai tout mangé l’orange et la peau qui l’entoure

Mon Lou pense parfois à la petite orange
Douce comme l’amour le pauvre amour de Nîmes
Douce comme l’amour qu’en ce temps-là nous fîmes
Il me reste une orange
Un cœur un cœur étrange
__________________











_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
Flamme
Admin
avatar

Messages : 3860
Date d'inscription : 04/01/2011
Age : 70
Localisation : Près Bordeaux

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 8 Nov - 20:16

Bien agréable à lire toutes ce poésies gourmandes ; merci André !
bis

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mer 9 Nov - 18:44

Flamme a écrit:
Bien agréable à lire toutes ce poésies gourmandes ; merci André !
bis


Comme disait COURTELINE : “Les liens de la gourmandise retiennent plus que tous les autres et l’on prend souvent un mari à l’appât d’une bonne table.” Et comme on dit, il faut se hâter de céder à la tentation avant qu'elle ne nous passe.

merci2 CHERE FLAMME ET PASSE UNE AGRABLE SOIRÉE.

NOS PLUS AFFECTUEUX bibi2 bibi2 bibi2

andre


_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mer 9 Nov - 19:00

Georges FOUREST

SARDINES À L'HUILE

Dans leur cercueil de fer-blanc
plein d’huile au puant relent
marinent décapités
ces petits corps argentés
pareils aux guillotinés
là-bas au champ des navets !
Elles ont vu les mers, les
côtes grises de Thulé,
sous les brumes argentées
la Mer du Nord enchantée…
Maintenant dans le fer-blanc
et l’huile au puant relent
de toxiques restaurants
les servent à leurs clients !
Mais loin derrière la nue
leur pauvre âmette ingénue
dit sa muette chanson
au Paradis-des-poissons,
une mer fraîche et lunaire
pâle comme un poitrinaire,
la Mer de Sérénité
aux longs reflets argentés
où durant l’éternité,
sans plus craindre jamais les
cormorans et les filets,
après leur mort nageront
tous les bons petits poissons !…
Sans voix, sans mains, sans genoux
sardines, priez pour nous !…
_________________

Albert SAMAIN

LE REPAS PRÉPARÉ

Ma fille, laisse là ton aiguille et ta laine ;
Le maître va rentrer ; sur la table de chêne
Avec la nappe neuve aux plis étincelants
Mets la faïence claire et les verres brillants.
Dans la coupe arrondie à l’anse en col de cygne
Pose les fruits choisis sur des feuilles de vigne :
Les pêches que recouvre un velours vierge encor,
Et les lourds raisins bleus mêlés aux raisins d’or.
Que le pain bien coupé remplisse les corbeilles,
Et puis ferme la porte et chasse les abeilles…
Dehors le soleil brûle, et la muraille cuit.
Rapprochons les volets, faisons presque la nuit,
Afin qu’ainsi la salle, aux ténèbres plongée,
S’embaume toute aux fruits dont la table est chargée.
Maintenant, va puiser l’eau fraîche dans la cour ;
Et veille que surtout la cruche, à ton retour,
Garde longtemps glacée et lentement fondue,
Une vapeur légère à ses flancs suspendue.
__________________

Marc-Antoine-Madeleine DÉSAUGIERS

CHANSON À MANGER

Aussitôt que la lumière
Vient éclairer mon chevet,
Je commence ma carrière
Par visiter mon buffet ;
À chaque mets que je touche,
Je me crois l’égal des dieux ;
Et ceux qu’épargne ma bouche
Sont dévorés par mes yeux.

Boire est un plaisir trop fade
Pour l’ami de la gaieté :
On boit lorsqu’on est malade,
On mange en bonne santé.

Quand mon délire m’entraîne,
Je me peins la Volupté
Assise, la bouche pleine,
Sur les débris d’un pâté.

À quatre heures, lorsque j’entre
Chez le traiteur du quartier,
Je veux toujours que mon ventre
Se présente le premier.
Un jour, les mets qu’on m’apporte
Sauront si bien l’arrondir,
Qu’à moins d’élargir la porte
Je ne pourrai plus sortir.

Un cuisinier, quand je dîne,
Me semble un être divin
Qui, du fond de sa cuisine,
Gouverne le genre humain.
Qu’ici-bas on le contemple
Comme un ministre du ciel,
Car sa cuisine est un temple
Dont les fourneaux sont l’autel !

Mais sans plus de commentaires,
Amis, ne savons-nous pas
Que les noces de nos pères
Finirent par un repas ?
Qu’on vit une nuit profonde
Bientôt les envelopper,
Et que nous vînmes au monde,
À la suite du souper ?

Je veux que la mort me frappe
Au milieu d’un grand repas,

Qu’on m’enterre sous la nappe,
Entre quatre larges plats....
Et que sur ma tombe on mette
Cette courte inscription :
Ci-gît le premier poète
Mort d’une indigestion.
__________________

FRANC-NOHAIN

LE BABA ET LES GÄTEAUX SECS
 
Ce qui caractérise le baba,
C'est l'intempérance notoire.
A-t-il dans l'estomac
Une éponge ? On le pourrait croire,
Avec laquelle on lui voit boire,
— En quelle étrange quantité —
Soit du kirsch, de la Forêt-Noire
Soit du rhum, de première qualité.
Oui, le baba se saoule sans vergogne
Au milieu d'une assiette humide s'étalant,
Tandis que près de lui, dans leur boîte en fer-blanc
De honte et de dégoût tout confus et tremblants,
Les gâteaux secs regardent cet ivrogne.
« Voyez, dit l'un des gâteaux secs, un ancien
— à ce point ancien qu'il est même un peu rance —
Voyez combien l'intempérance nous doit inspirer de mépris
Et voyez-en aussi les déplorables fruits :
Victime de son inconduite,
Sachez que le baba se mange tout de suite.
Pour nous qui menons au contraire
une vie réglée, austère
on nous laisse parfois des mois. »
Cependant, une croquignole,
jeune et frivole, et un peu folle,
Une croquignole songe à part soi :
— On le mange, mais lui, en attendant, il boit.
Je connais plus d'un gâteau sec
Dont c'est au fond l'ambition secrète
Et qui souhaite d'être baba.
__________________
 



_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Jeu 10 Nov - 10:40

Louise L'HERMITTE

Prenez, d'abord, de Parmentier
L'exquise vitelotte.
Coupez-là, par rond, ou quartier,
Dans une brune cocotte.
Ajoutez-y beurre et lardons,
Laurier, thym, sel et poivre ;
Si gousses d'ail, et leurs tronçons,
Sans que l'odeur vous navre.
Puis, le jus d'un gigot rôti,
Baignez d'un peu d'eau pure,
Faites cuire, à feu tout petit,
Sans que le temps vous dure.
Une heure au plus devra compter,
Pour que le plat mijote ;
Maos gardez-vous bien de l'ôter
Du fond de la cocotte.
Portez-là triomphalement
Au milieu de la table,
Et régalez-vous promptement
De ce mets délectable.
_________________

Georges VICAIRE

PIGEONNEAUX INNOCENTS AUX CREVISSES

Innocentes petites bêtes,
Vous périssez par le tranchant,
Et de votre cage, en sortant,
On vous saigne à la tête.

Dépouillez-les de leur plumage,
Les videz, troussez rondement,
Mettez-les dans l'eau chaudement,
Faites donc ce ménage.

Ces pigeonneaux ont les fricasse,
Ris de veau, crêtes, mousserons ;
Le coulis de veau et jambon
Convient dans cette place.

Les écrevisses sont pilées :
Mitonnez-les dans du bouillon,
Joignez-y du pain qui soit bon.
Que toutes soient passées.

Le coulis en rouge couleur,
Incorporez dans le ragoût ;
Assaisonnez-le de bon goût,
Il n'est sauce meilleure.
_________________

HENRI CHANTAVOINE

LA POTÉE BOURGUIGNONE

Prenez un bon morceau de salé, tendre et rose.
Un plus gros de jambon, un plus petit de lard ;
Tous les trois ont leur prix, mais le secret de l'art
Est de savoir régler exactement la dose.

Coupez un chou, deux choux, trois choux, York ou Milan,
Pour remplir jusqu'aux bords, devant la cheminée,
Le Pot où réduira, toute la matinée,
"La Potée", au nom simple et gras, mets succulent.

Enfoncez dans le pot, bourré comme un cratère,
De frais haricots verts et des pommes de terre,
Des carottes et des navets de saison.

Et servez chaud, très chaud, afin que la fumée
Eveille l'appétit, rien qu'à l'exhalaison
Du grand plat dont la salle est toute parfumée.
__________________




_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 15 Nov - 19:24


Raoul PONCHON

SONNET DE LA SALADE

Je sais très peu de gens faisant bien la salade.
D'aucuns croient qu'il suffit d'y répandre par hasard
Huile et vinaigre, et poivre et sel sans tact sans art,
Et qu'ils s'arrangeront comme Oreste et Pylade.

D'autres ne veulent point qu'une herbe s'y ballade,
Non plus que tout autre ail, qu'ils trouvent abusard.
Tel la fait en cinq secs, et tel autre busard
Va te la fatiguer à s'en rendre malade.

Celui-ci mettra l'huile en premier, celui-là
Le vinaigre - croyant indifférent cela ! -
Ou, Paul la noiera d'huile et Pierre de vinaigre.

Parbleu, me direz-vous - je te trouve charmant...
Mais, comment la fais-tu toi-même, pauvre nègre ?
- Oh ! mais moi, je la fais supérieurement.
_________________

Henri CHANTAVOINE

LES GRIVES

Les grappes vont mûrir et les premières grives
Perchent sur les sapins qui bordent les côteaux ;
Elles volent par ci, par là, maigres et vives
Et cherchent les grains noirs dans les raisins nouveaux.

Quelquefois le chasseur qui revient au village
Avec ses chiens courants qui marchent sur ses pas,
Espère les surprendre et les guette au passage,
Mais la grive est légère et le chasseur est las.

Elle a vu le fusil, de loin, la vendangeuse,
Elle est sur le qui-vive, et rapide et moqueuse,
Elle tire de l'aile avec son cri léger...

Le coup part...elle est sauve... Alors, levant la tête,
Les chiens suivent le vol de la petite bête
Et le chasseur déçu se remet à songer.
_________________

Henri CHANTAVOINE

LA PERDRIX AUX CHOUX

Prenez une perdrix vieille et grasse, bardée
De lard et mettez-là cuire sur un feu doux,
Entre deux matelas, faits du plein cœur de choux
Tout frais cueillis, après une légère ondée.

Les choux ne sont jamais trop gras ; en supplément,
Un fin bout de salé n'est pas pour leur déplaire.
Tout peut tenir dans la marmite circulaire
Qu'embaumera le lard savoureux et fumant...

Avez-vous deux perdrix : elles seront heureuses
De voisiner encor sous leurs couches moelleuses ;
L'une à côté de l'autre, elles "rappelleront".

Surtout, poivre ou piment, proscrivez les épices.
Mais, sur le flanc des choux ou les bords du plat rond,
Égrenez simplement de petites saucisses.
_________________






_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
Flamme
Admin
avatar

Messages : 3860
Date d'inscription : 04/01/2011
Age : 70
Localisation : Près Bordeaux

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mer 16 Nov - 7:54

J'aime bien Ponchon C'est tout un art de préparer une bonne salade, il dit vrai.
Le Chantavoine ne pense qu'à tuer et faire rôtir ...il est aussi vrai qu'un chasseur qui aime les bons repas ont ces 2 passions !
Cela n'enlève en rien le don du poète !
bis bisounours

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Ven 18 Nov - 20:55

Flamme a écrit:
J'aime bien Ponchon  C'est tout un art de préparer une bonne salade, il dit vrai.
Le Chantavoine ne pense qu'à tuer et faire rôtir ...il est aussi vrai qu'un chasseur qui aime les bons repas ont ces 2 passions !
Cela n'enlève en rien le don du poète !
bis bisounours


Bonsoir, FLAMME,

Obligé de constater que nombre de poètes sont des épicuriens et qu'avec esprit et gaieté, ils dédient leurs poèmes aux gourmets et aux lettrés.

Douce soirée à toi, FLAMME.

Nos TRÈS AFFECTUEUX bibi2


merci2 DE TA PRÉSENCE ET DE TA FIDÉLITÉ à cette poésie gastronomique.

andre


_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Ven 18 Nov - 21:35

Henri CHANTAVOINE

LA DAUBE

C'est le vieux mot, le mots français, simple et commode,
Ne daubez pas sur elle, avant d'avoir goûté
De ce plat onctueux, modeste et velouté,
Que les restaurateurs appellent le bœuf-mode.

Mais ces restaurateurs, qui restaurent si mal,
Gâtent la daube, après l'avoir débaptisée :
La daube de chez nous, naturelle ou braisée,
Est un plat de maison, qui n'a pas son égal.

Le bœuf entrelardé réduit à l'étuvée ;
La carotte se renfle et se donne, abreuvée
Par les sucs généreux qui sortent de la chair.

Tout dans la daube est bon, jus, carottes et viande,
Et, quand elle apparaît sur nos table, l'hiver,
L'odeur en est exquise et la saveur friande.
__________________

Charles THURIET

LA CANCOILLOTTE

Dans un beau linge clair maillé
Avec amour on emmaillotte
Un gros amas de lait caillé ;
Principe de la Cancoillotte .
Quand bien comprimé bien tordu,
Il ne reste plus une goutte
Dans le résidu
Dans un vase, non loin du feu
A l' abri du chat on dépote
Le blanc produit qui va sous peu
Se transformer en Cancoillotte.

Sans trop vous impatienter
Attendez que dame nature
Ai fait doucement fermenter
La savoureuse moisissure.
Emiettez-la de temps en temps;
Et quand chaque petite motte
Jaunit comme le blé des champs
Faites cuire la Cancoillotte.

Dernière préparation,
Qui doit s'opérer juste à l'heure ;
Mêler avec discrétion,
En tournant, eau, sel, poivre, et beurre,
et que plus un grumeau ne flotte ;
Versez chaud votre contenu :
Vous aurez fait la Cancoillotte...
_________________

POÈTE ANONYME

LE GIGOT

J'aime mieux un tendre gigot,
Qui sans pompe et sans étalage,
Se montre avec un entourage
De laitue ou de haricot.
Gigot, recevez mon hommage :
Souvent j'ai dédaigné pour vous,
Chez la baronne ou la marquise,
La poularde la plus exquise,
Et même la perdrix aux choux.
J'ai vu dévorer sans envie
Et des pâtés de Périgueux,
Et des coulis ingénieux
Et la tête la mieux farcie.
Heureux, et mille fois heureux.
Quand un cuisinier trop barbare,
Par un artifice bizarre.
Ne vous cachait pas à mes yeux !
.Je le déclare sans mystère,
.Je ne sais rien dire à demi :
Oui, jusqu'au bout de ma carrière,
Gigot, vous serez mon ami.
__________________




_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Lun 21 Nov - 19:49


Pierre de BÉRANGER

LE TOURNEBROCHE

Du dîner j’aime fort la cloche,
Mais on la sonne en peu d’endroits ;
Plus qu’elle aussi le tournebroche
À nos hommages a des droits.
Combien d’ennemis il rapproche
Chez le prince et chez le bourgeois !
À son doux tic tac un jour les partis
Signeront la paix entre deux rôtis.

Qu’on reprenne sur la musique
Les querelles du temps passé ;
Que par l’Amphion italique
Le grand Mozart soit terrassé ;
Je ne tiens qu’au refrain bachique
Par le tourne-broche annoncé.
À son doux tic tac un jour les partis
Signeront la paix entre deux rôtis.

Lorsque la Fortune à sa roue
Attache mille ambitieux,
Les précipite dans la boue
Ou les élève jusqu’aux cieux,
C’est la broche, moi je l’avoue,
Dont la roue attire mes yeux.
À son doux tic tac un jour les partis
Signeront la paix entre deux rôtis.

Une montre, admirable ouvrage,
Des heures décrivant le cours,
Règle, sans en charmer l’usage,
Le cercle borné de nos jours ;
Le tournebroche a l’avantage
D’embellir des instants trop courts.
À son doux tic tac un jour les partis
Signeront la paix entre deux rôtis.

Ce meuble, suivant maint vieux conte,
A manqué seul à l’âge d’or ;
C’est l’amitié qui, pour son compte,
Dut en inventer le ressort.
Vivent ceux que sa main remonte !
Mais gloire à celui du trésor !
À son doux tic tac un jour les partis
Signeront la paix entre deux rôtis.
Vous avez aimé cette œuvre classique, partagez.
__________________

Joseph BERCHOUX

L'ESPRIT OBLIGE

Mettre au rang des beaux-arts celui de la cuisine.
D'un utile appétit munissez-vous d'avance.
Préludez doucement au plaisir du repas.
Que j'aime cependant l'admirable silence
Que je vois observer quand le repas commence.
Jouissez lentement et que rien ne vous presse.
Souvenez-vous toujours, dans le cours de la vie
Qu'un "dîner sans façon" est une perfidie.
Hélas, nous n'avons plus l'estomac de nos pères.
Le ragoût le plus fin que l'art puisse produire
S'il est froid et glacé ne saurait me séduire.
Rien ne doit déranger l'honnête homme qui dîne.
Qu'après le crépuscule un repas copieux
Vous prépare au sommeil et vous ferme les yeux.
Un poème jamais ne valut un dîner.
(Salut, toi que décore un excès d'embonpoint !!)
__________________

DE LA CRESPELLÈRE

L'ECOLE DU VIN

Le vin, cette boisson divine
Qui réjouit notre poitrine,
Foie, estomac, cœur et cerveau
Qui nous fait un rouge museau
Qui des sujets fait des Monarques
Est toujours connu pour ces marques,
La saveur et l'aimable odeur,
Et la couleur et la splendeur.

Son odeur doit être agréable
Elle aide à faire un sang louable;
Donne au corps un bon aliment,
Le fait agir plus rondement
Réjouit et le cœur et l'Âme
D'un pauvre diable qui se pâme,
Remet les esprits languissants
Et les rend forts et puissants;
Mais elle entête en récompense
Un homme qui par nonchalance
Tous les jours dans le cabaret
Boit trop de blanc et de clairet.
Le vin dont l'odeur est mauvaise
Met son buveur mal à son aise,
Qui n'en doit boire aucunement,
De peur d'accroître son tourment.

La splendeur doit être éclatante
Et claire et nette et transparente
Signe que les esprits sont purs
Subtils et nullement obscurs.
_________________






_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
Flamme
Admin
avatar

Messages : 3860
Date d'inscription : 04/01/2011
Age : 70
Localisation : Près Bordeaux

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Lun 21 Nov - 19:54

Les bons repas sont toujours de grands plaisir pour nous tous !
Quand on devra prendre des pilules pour se nourrir ...on rigolera moins !!!
J'espère que nous le verrons pas !

Bisous André et merci pour cette poésie gourmande.
bis bibi2

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 22 Nov - 11:50


Raoul PONCHON

SONNET DE LA DINDE AUX MARRONS

Pour faire une dinde aux marrons,
Prenez de préférence une oie.
La dinde est une pauvre proie
Même pour les estomacs prompts.

Autant vaut - nous le déclarons -
Mordre dans du cheval ... de Troie.
Quoi ! votre mâchoire la broie ?
Allons donc, tas de fanfarons !

Et, tenez ... encore autre chose,
Puisque de cette dinde on cause,
Laquelle est donc une oie - Eh bien

Sachez donc, bougres de Tartuffes,
Que cela ne gâterait rien
Si les marrons étaient des truffes.
_________________

Raymond FÉVRIER

BRANDADE DE MORUE

Afin que cette chair exquise ne vous l'eure,
Au mortier pilez-là, d'abord, d'un long travail.
Peinez debout, comme un pilote au gouvernail,
Dans un effort de bras et sans souci pour l'heure.

Puis, mêlez à la pâte une huile, la meilleure,
Et chauffez en virant. Râpez un soupçon d'ail ;
Saupoudrez de persil ; enfin, simple détail,
Servez avec croûtons frits et passés au beurre.

De vos palais gourmands, oh ! le mets onctueux !...
Rien, ni le caneton, ni le paon fastueux,
Ni la grive en salmis, ni la fine pintade,

Ni la truffe embaumant la dinde ou le levraut,
Rien, vous dis-je, non rien à la bouche ne vaut
Le doux velours d'une morue à la brandade !
__________________

Raoul PONCHON

LA BOUILLABAISSE

La France est un pays charmant.
Et tu le dis excellemment
Dans ta chronique, ô Debusschère !
Étant, au suprême degré,
Le pays cent fois consacré
Du vin et de la bonne chère.

Certe, on peut aller n’importe où,
En France, il n’est si petit trou,
Dans un coin perdu de province,
Qui n’ait sa spécialité,
Son mets favori, réputé,
Digne de la gueule d’un prince.

Quant au vin, je n’en dirai rien.
Si j’en parlais, Dieu sait combien
Je tomberais dans l’hyperbole !
J’affirme néanmoins ceci :
Que les vins, nés ailleurs qu’ici,
Ne sont que de la rocambole.

C’est là ton avis, c’est le mien.
Mais, où je ne comprends plus rien,
C’est lorsque ta plume rabaisse,
En des termes plutôt hardis,
Au rang d’affreux salmigondis,
L’incomparable bouillabaisse !

Je veux croire, mon pauvre ami,
Que c’est un « lapsus calami ».
Ou bien, c’est que ta cuisinière
T’aura servi, sous ce nom-là,
On ne sait quel sombre rata.
Ah ! dame !... Il y faut la manière.

Salmigondis ! c’est bientôt dit.
Vous l’entendez, gens du Midi !
Marius ! troun de l’air ! bagasse !
Parler avec un tel dégoût
De ce chef-d’œuvre de haut goût !
Quoi ! faire fi de la rascasse !

Moi je dis que le cuisinier
Qui sut mélanger le premier,
Avec mesure, avec sagesse,
Ces poissons et ces condiments,
Enfin... les divers éléments
Qui constituent la bouillabaisse,

Mérite une statue en or,
Car il établit un record.
C’était un homme de génie.
Et j’estime, qu’à tout jamais.
Par les véritables gourmets
Sa mémoire sera bénie.

Oui, Debusschère que voilà,
La bouillabaisse est un peu là,
C’est une des moins contestées
Culinaires combinaisons,
Que l’homme ait jamais inventées,
Esculente en toutes saisons.

Et les Provençaux n’ont pas tort,
S’ils en hâblent, coquin de sort !
Sache bien, que moi qui te parle,
Je la prise le même prix,
Et je le dis sans parti pris,
N’étant de Marseille ni d’Arles.
__________________

Paul SCARRON

CHANSON À MANGER

Quand j'ai bien faim et que je mange
Et que j'ai bien de quoi choisir,
Je ressens autant de plaisir
Qu'à gratter ce qui me démange.
Cher ami tu m'y fis songer :
Chacun fait des chansons à boire,
Et moi, qui n ai plus rien de bon que la mâchoire
Je n'en veux faire qu'à manger.
Quand on se gorge d'un potage
Succulent comme un consommé,
Si notre corps en est charmé,
Notre âme l'est bien davantage.
Aussi Satan, le faux glouton,
Pour tenter la femme première,
N'alla pas lui montrer du vin ou de la bière,
Mais de quoi branler le menton.
Quatre fois l'homme de courage
En un jour peut manger son saoul ;
Le trop-boire peut faire un fou
De la personne la plus sage.
A-t-on vidé mille tonneaux ?
On a bu que la même chose ;
Au lieu qu'en un repas on peut doubler la dose
De mille différents morceaux.
Quel plaisir, lorsqu'avec furie,
Apres la bisque et le rôti,
Un entremet bien assorti
Vient réveiller la mangerie !
Quand tu mords dans un bon melon,
Trouves-tu liqueur qui le vaille ?
O mon très cher ami, je suis la mangeaille ;
Il n'est rien de tel qu'un glouton.
_________________


_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mer 30 Nov - 19:04


FRANC-NOHAIN

LE BOUCHON ET LA BOUTEILLE DE CHAMPAGNE

De la bouteille de Champagne
Le bouchon faisant le bouffon,
Est-ce l'ivresse qui le gagne ?
Pète et bondit jusqu'au plafond.

Une fois au plafond, il en faut redescendre,
Hélas ! C'est la commune loi,
Et si merveilleuse que soit
La vertu des vins champenois,
Notre bouchon ne peut prétendre
Demeurer en l'air suspendu ;
Bref, le voici redescendu,
Qui roule à terre
Dans la poussière,
Sur le tapis
Parmi
Les miettes,
Et les vieux bouts de cigarettes,
Et autres rebutant débris.

Pour son rêve,
Triste réveil :
Lui qui voulait monter jusqu'au soleil pareil
Au vin dont il se grise, ainsi que lui vermeil,
Son exaltation fût brève.

Le mieux dit le bouchon, avant qu'on ne l'enlève,
Est de regagner au plus tôt
Le goulot
De la bouteille chère à la veuve Clicquot !

Donc vers son asile ancien,
Le bouchon penaud s'en revient.
Mais c'est en vain
Qu'il se comprime
Pour réintégrer cet étui.

L'étui de verre
Quelle affaire !
Est maintenant bien trop étroit pour lui,
Tant, lorsqu'il se croyait son maître,
Et du ciel rêvait la conquête,
L'ambitieux s'était épanoui.

La Liberté donne des habitudes
Auxquelles il est malaisé
Par la suite de renoncer :
Reprendre le carcan semble rude,
Et l'on aura beau s'efforcer,
On n'a plus le goût ni la mine
De se laisser imposer
Les anciennes disciplines.
__________________

Emile GOUDEAU

ODE AU VIN

Ah ! si la Seine était de ce bon vin de Beaune
Et que mon ventre fût large de plusieurs aunes,
Je m'en irais dessous un pont,
M'y coucherais tout de mon long.
Et je ferais descendre
La Seine dans mon ventre
Et si le roi Henry voulait me la reprendre,
Implorant ma pitié, plutôt que de la rendre,
Je lui dirais : " Bon roi Henry
Gardez, gardez votre Paris,
Paris avec Vincennes...
Mais laissez-moi la Seine."
_________________

Raoul PONCHON

LES ALIMENTS PURS

A peine étais-je assis à table,
Dans un cabaret confortable
Assez connu pour son Vatel,
Que surgit un maître d’hôtel,
Bouche en cœur, avec le sourire,
Et superbe, je dois le dire.
Tout d’abord, il se crut tenu
De m’exciter sur le menu,
Sur des veloutés, des suprêmes,
Des jus, des coulis et des crèmes
Fort réputés dans la maison, -
Disait-il, - mais dont le blason
Fut toujours pour moi sans prestige.
« Non, non. Pas de sauces, lui dis-je.
Non plus de vos salmigondis…

Ecoutez bien : beurre et radis.
Je dis beurre et non margarine
Et autres, de même farine.
Après cela, je mangerais
Assez volontiers des œufs frais.
J’appelle œufs frais, sans équivoque,
Ceux-là que l’on mire… à la coque.
Puis, ce sera des escargots
En escargot de tout repos,
Non en mou de veau qu’on maquille
Et qu’on met dans une coquille.
Ensuite… un rouget, - mais, pardon !
Que ce ne soit pas un gardon.
Vous ferez suivre l’entrecôte,
Avec quelques pommes pont-neuf.
Mais, je le dis à voix bien haute :
Une entrecôte est cette viande
Prise entre deux côtes d’un bœuf,
Selon une ancienne légende,
Et non, si ça vous est égal,
Dans la « culotte » d’un cheval.

Après… voyons… que mangerai-je ?
Je m’appuierais bien un perdreau,
S’il est assez frais et pas trop.
Surtout, merci du privilège,
Si vous me servez un corbeau
N’ayant que les os et la peau.
Qu’une salade l’enjolive,
Si toutefois l’huile est d’olive,
Comme le vinaigre de vin.
Je veux bien, si je suis en verve,
Pourvu qu’il ne soit de conserve,
Un légume quelconque. Enfin,
Je consens à quelque fromage,
S’il n’a pas subi l’écrémage
Et s’il ne marche pas tout seul,
Bref, si ça n’est pas un aïeul…

Quant au vin que je compte boire,
Qu’il soit simplement péremptoire,
Voilà tout, en sa probité,
Pur jus de raisin fermenté.
Entremets… desserts, je m’en passe.
Mais je veux une demi-tasse
De café. J’appelle café,
Vous savez, non du gland râpé,
De la chicorée… aussi pire,
Mais le seul café, je veux dire
Des grains de café, quoi ! Sans plus,
Torréfiés et bien moulus,
Que dans l’eau, si je ne m’abuse,
Très soigneusement on infuse.

Les liqueurs, je n’en parle pas.
On n’en trouve plus ici-bas.
Vous m’en donnerez tout de même ;
Mon estomac, un vrai poème,
Depuis longtemps, vous pensez bien,
Ne va plus s’étonnant de rien.
Je finirai par un cigare?
Que s’il est en feuilles de chou,
Vous pouvez le garder pour vous ;
Mon goût, jusque-là, ne s’égare.
J’aime les choux en tant que choux,
Et non pas en tant que cigares.
D’ailleurs, j’y puis mettre le prix.
Ainsi donc, vous m’avez compris ? »

« Oui, me dit-il, je vous écoute.
Mais monsieur veut rire, sans doute ?
En vérité, si tous les gens
Etaient à ce point exigeants,
Ce serait notre mort subite,
Nous aurions bientôt fait faillite. »
_________________

_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4450
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Lun 5 Déc - 18:13



Emile VERHAEREN

LA CUISINE

Au fond, la crémaillère avait son croc pendu,
Le foyer scintillait comme une rouge flaque,
Et ses flammes, mordant incessamment la plaque,
Y rongeaient un sujet obscène en fer fondu.
Le feu s’éjouissait sous le manteau tendu
Sur lui, comme l’auvent par-dessus la baraque,
Dont les bibelots clairs, de bois, d’étain, de laque,
Crépitaient moins aux yeux que le brasier tordu.
Les rayons s’échappaient comme un jet d’émeraudes,
Et, ci et là, partout, donnaient des chiquenaudes
De clarté vive aux brocs de verre, aux plats d’émail,
A voir sur tout relief tomber une étincelle,
On eût dit – tant le feu s’émiettait par parcelle –
Qu’on vannait du soleil à travers un vitrail.
__________________

Léon BOYER

BALLADE DE LA SOUPE AUX CHOUX

Sur feu de hêtre ou de noyer,
Qui tremblote, fuse et crépite,
Pansue et noiraude, voyez,
Au creux de l'âtre qui s'effrite,
Comme elle trône, la marmite
Où bouillonne à larges remous
Le mets que nul autre n'imite,
La succulente soupe aux choux !
Lorsque droite y tient la cuiller,
Oh ! par la salle décrépite,
Tous les parfums éparpillés...
Et, dans le bol plein, la subite
Eclosion d'yeux où palpite
L'âme fumante du saindoux,
Et comme on la déguste vite,
La succulente soupe aux choux !
A découvrir le lard, noyé
Dans le coeur pommé qui l'abrite,
L'appétit est tout égayé...
Foin des ragoûts hétéroclites,
Du mets savant qui débilite !
Rien ne vaut au corps comme au goût,
Dut-on m'accuser de redite,
La succulente soupe aux choux !
Prince qui soigne ta gastrite,
Ce fumet t'a rendu jaloux...
Goûte, crois m'en, selon le rite,
La succulente soupe aux choux.
__________________

Albert SAMAIN

LE PLAISIR DE LA TABLE

Ma fille, laisse là ton aiguille et ta laine ;
Le maître va rentrer ; sur la table de chêne
Avec la nappe neuve aux plis étincelants
Mets la faïence claire et les verres brillants.
Dans la coupe arrondie à l’anse en col de cygne
Pose les fruits choisis sur des feuilles de vigne :
Les pêches que recouvre un velours vierge encor,
Et les lourds raisins bleus mêlés aux raisins d’or.
Que le pain bien coupé remplisse les corbeilles,
Et puis ferme la porte et chasse les abeilles.
Dehors le soleil brûle, et la muraille cuit.
Rapprochons les volets, faisons presque la nuit,
Afin qu’ainsi la salle, aux ténèbres plongée,
S’embaume toute aux fruits dont la table est chargée.
Maintenant, va puiser l’eau fraîche dans la cour ;
Et veille que surtout la cruche, à ton retour,
Garde longtemps, glacée et lentement fondue,
Une vapeur légère à ses flancs suspendue.
__________________




_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
Flamme
Admin
avatar

Messages : 3860
Date d'inscription : 04/01/2011
Age : 70
Localisation : Près Bordeaux

MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   Mar 6 Déc - 16:10

J'aime bien Ponchon, comme d'habitude !!!
Des vers simples, clairs et nets !
Merci André.
bis bisounours

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La poésie Gourmande   

Revenir en haut Aller en bas
 
La poésie Gourmande
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 4Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
 Sujets similaires
-
» Galerie Gourmande ! (*)
» GLICO, la petite gourmande,,,
» place enfant pour le parc astérix à 1€ avec volvic gourmande
» Carte postale gourmande
» Un cadeau pour gourmande

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LE COIN POÉTIQUE DE FRIPOU :: Jeux de mots :: Expressions, proverbes, maximes, dictons-
Sauter vers: