LE COIN POÉTIQUE DE FRIPOU
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 La poésie (Essai).

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2 participants
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André Laugier

André Laugier


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Date d'inscription : 25/01/2015
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MessageSujet: La poésie (Essai).   La poésie (Essai). EmptyDim 22 Fév - 21:06


LA POÉSIE


Essai


1 – Pour moi, la poésie est une forme d’art qui bouleverse les pensées toutes faites parce qu’elle intervient, justement dans la façon de penser. Elle éclaire tel ou tel objet d’une nouvelle lumière, et cela simplement parce qu’elle en parle autrement. Elle dévoile ces objets. Elle est quasi-divine car le poète, comme prêtre consacré à une divinité, la sert de tout son dévouement et de tout son zèle. Elle est affaire d’imagination tandis que la prose, plus proche du langage utilitaire, est affaire de raison. On ne peut pratiquer à sa vivisection car elle ne s’analyse pas, sous peine de tuer l’émotion. Je dirai, tout simplement, qu’elle se nourrit à la source de l’âme qui donne conscience à la beauté. La poésie soumet l’apparence des choses aux désirs de l’esprit, tandis que la raison contraint et soumet l’esprit à la nature des choses. Son rôle est de véhiculer des notions de sentiments, de musique légère et divertissante pour exprimer les pensées les plus profondes que l’intelligence puisse former. Elle appartient à la littérature puisque de nombreux poète comme Victor Hugo, Alfred de Musset , Jules Romains, et bien d’autres, sont à la fois romanciers, poètes et dramaturges.

2 – Pour cette raison il me semble difficile d’en cerner les formes et de la définit avec exactitude, car elle peut prendre tous les visages possibles et contradictoires. Aucune définition ne me semble pouvoir renfermer cette diversité. Je la considère comme une expérience du langage et une attitude particulière envers les mots. Il n’y a rien à expliquer dans un poème. On peut simplement le recevoir et recevoir en même temps l’émotion qu’il communique. Les poètes se servent, pour traduire leurs pensées, de symboles, de nostalgie, de transpositions. De tout temps, et dans toutes les littératures, on rencontre ces figures de rhétorique appelées métaphores et qui consistent à employer des images pour frapper l’imagination du lecteur. Elles constituent l’essence même de la poésie.

3 – La parole du poème ne cerne pas ce qu’elle nomme, mais au contraire le rend innombrable. Comme le disait Georges BATAILLE, la poésie n’a de rôle à jouer qu’au-delà de la philosophie. Tout en étant moins catégorique, force est de reconnaître que la poésie vient remplacer la philosophie lorsque celle-ci s’épuise et échoue à proposer des réponses. La poésie est donc, à mon avis, une métaphysique puisqu’elle sait exprimer l’au-delà lorsque les explications rationnelles et raisonnables viennent à manquer. En fait, je crois qu’elle expose plus d’idées profondes que la philosophie ; la raison en est que cette dernière ne se sert que de la raison, froide et sévère, alors que la poésie se sert de l’imagination et de l’enthousiasme, de l’inspiration divine. Et ces derniers moyens me paraissent aller plus loin que le premier, simplement humain. Concevoir donc la poésie comme un simple divertissement savant réservé aux seuls initiés, serait une grave erreur. Elle est intimement liée à la vie courante puisque le sentiment poétique est en chacun de nous. On ne peut objectivement donner une définition concrète de la poésie car on peut dire qu’elle finit où comme l’explication. Elle procure un plaisir certain mais inexplicable derrière l’harmonie des mots, leur musicalité et les nombreuses métaphores auxquelles son écriture se rattache. En fait, on doit y trouver l’émotion. Cet agrément en fait son charme, puisque "les parfums, les couleurs et les sons se répondent", comme disait BAUDELAIRE.

4 – La prose poétique est avant tout un type d’écriture interne à des ouvrages en prose, mais qui emprunte à la poésie non seulement une thématique (description de la nature, des sentiments, des élans amoureux, etc.) mais aussi des procédés caractéristiques où ne sont pas absents des passages de tonalité lyrique, mais dont l’ouvre tout entière, finalement, n’a pas en soi de visée purement poétique. Ce genre a connu un bel engouement à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle.

En fait, par convention, la prose poétique, même si elle est très agréable à l’oreille, n’utilise pas la forme de la "poésie versifiée". Elle lui emprunte quelques composants que l’on retrouve dans l’expression des sentiments, soignant l’équilibre rythmique des phrases, mais dont on ne peut la comparer à sa proche cousine dite "la prose rimée". Je crois que c’est LAMARTINE qui, le premier, a évoqué ce terme. Chez certains poètes ce prosaïsme apparent atteint une extrême simplicité et dans une aisance remarquable du maniement de la versification dont Alfred de MUSSET (dans son Epître à Tattet) et Louis ARAGON ont donné de parfaites illustrations. Oui, pour moi la "prose rimée" est de la véritable poésie, mais non la "prose poétique", car la poésie ne peut exister sans le support du vers.

5 – Toute poésie est emblématique, à mon humble avis, qu’il s’agisse de poésie libérée ou de poésie classique. Toutes deux utilisent ce que nous appelons la matériau verbal. La poésie contemporaine prend toute son importance dans le signifiant et le signifié, comme la poésie classique. Il serait inexact de dire que la poésie ne serait jamais que le résultat d’une "construction".
Je ne le pense sincèrement pas. Tout poète est libre de donner à sa poésie la forme qui lui plaît. Quelle que soit la forme adoptée, elle est le fruit de l’expérience intime et unique d’un être sensible et réceptif qui choisit librement la forme et les moyens jugés par lui plus aptes à communiquer l’émotion. "Seul le cœur est poète", ne l’oublions pas. Ainsi, pour moi, la forme poétique n’est-elle pas déterminante en tant que critère de poéticité. Encore faut-il, bien entendu, en écrivant, faire entendre de belles choses, puisque nous écrivons dans ce but.

6 – Bien que la poésie classique soit concurrencée par la poésie moderne, il y aura toujours quelques poètes résistants pour transmettre les règles de l’alexandrin et du poème à forme fixe aux générations futures. Si la poésie classique à résisté à plusieurs siècles c’est qu’elle constitue à la fois une référence et une science à la fois. Il ne tient qu’à nous de perpétuer cette tradition. Les classiques resteront toujours des classiques, tout comme la musique de nos illustres compositeurs. Paradoxe de la poésie : elle n’est que dans les mots et elle vit pourtant dans "l’illumination" d’une présence dans le vertige d’une disparition. Comme le phénix, toujours recommencée, elle semble procéder de sa propre mise à mort. Mais cette mise à mort est un perpétuel renouvellement. Des gens comme Christian OURATIER, pour ne citer qu’un exemple, agrégé de grammaire et professeur de linguistique générale à l’Université de Provence, est un ardent défenseur de la versification classique. Il enseigne cette "culture" et a publié de nombreux livres sur le système verbal français en poétique, tout comme Michel JARRETY, professeur à la Sorbonne-Paris IV ou il enseigne les mouvements et les formes poétiques du Moyen-Âge au début du XXe siècle. J ’ai donc bon espoir que la poésie classique ne s’éteigne pas, même si elle subit un certain désintéressement, comme l’ensemble de la poésie et de la culture, de nos jours. Il y aura toujours quelqu’un pour relever le flambeau.

La poésie moderne est souvent plus difficile à saisir, la langue poétique se transformant sous une poussée réformatrice où le sens des mots cède le pas à la sonorité ; on recherche davantage l’effet musical qui sera en lui-même une suprême métaphore destinée à suggérer au lecteur ce que le poète a voulu faire sentir. On se rend compte que l’effet purement plastique supplée au manque de sens du verbe en lui-même. Cette sorte de révolte littéraire qui nous éloigne des règles séculaires de la prosodie se penche davantage sur les voies nouvelles du subconscient et, dans cette inspiration philosophique, plait sans doute davantage aux intellectuels et aux lettrés. On pourrait parler d’un néo-surréalisme, si cher à Paul ÉLUARD ou encore à André BRETON.

7 – Quant à la ponctuation, en poésie, je me contenterai de cette boutade : comme le dosage des saveurs en cuisine, la ponctuation est un art délicat, pas toujours maîtrisé. Chacun l’utilise sans vraiment y réfléchir, un peu comme Monsieur JOURDAIN faisait de la prose sans le savoir. Elle me parait être la valeur musicale et la "respiration" dans un poème. Mais cela dépend du tempérament et du style de chacun. Je dirai simplement qu’il faut faire très attention, car une ou deux virgules absentes dans ce qu’on appelle une "incidente", peut fausser totalement le sens de la phrase.

ANDRÉ

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La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
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Flamme
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MessageSujet: Re: La poésie (Essai).   La poésie (Essai). EmptyLun 23 Fév - 8:42

Un joli essai que j'ai lu avec plaisir, résumant fort bien le rôle du poète, et la beauté que peut offrir une belle poésie.
Merci André.
bibi2


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André Laugier

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MessageSujet: Re: La poésie (Essai).   La poésie (Essai). EmptyLun 23 Fév - 12:29

Flamme a écrit:
Un joli essai que j'ai lu avec plaisir, résumant fort bien le rôle du poète, et la beauté que peut offrir une belle poésie.
Merci André.
bibi2


Ill y a tant et tant de choses à dire sur la poésie. Ceci n'est qu'une première étude qui sera complétée par d'autres réflexions afin de donner une image assez exhaustive sur le sujet.

MERCI pour ta lecture ainsi que ton appréciation, Chère FLAMME.

Je te souhaite un très bon début de semaine.

DE GROS bibi2


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