LE COIN POÉTIQUE DE FRIPOU
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 Paris vue par les poètes

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André Laugier

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MessageSujet: Paris vue par les poètes    Paris vue par les poètes  EmptyMar 19 Juil - 17:03

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PARIS VUE PAR LES POÈTES

(Compilation)


"Paris est de toutes les villes la moins modeste", disait COCTEAU.

Peut-être parce qu'elle est l'une des villes au monde les plus chantées. Elle est en tout cas une de celles qui ont le plus inspiré les poètes. Le quotidien et le familier y sont pleins de mystère, de découvertes et d'enchantements. Les poètes nous la montrent comme on n'aurait pu l'imaginer, entre le rêve et la réalité. Ils sont les piétons de Paris.

Victor HUGO, François VILLON, Robert DESNOS, Gérard De NERVAL, FARGUE, ARAGON, QUENEAU, VERLAINE, ROUBAUD, Blaise CENDRAS, RUTEBEUF, BAUDELAIREE, TARDIEU... Tout le plaisir d'aller à la rencontre de ces poètes emblématiques qui ont célébré Paris.

Considérée depuis toujours comme étant la plus belle ville du monde, Paris était et restera une source d’inspiration inépuisable pour les artistes. Nombreux sont les poètes qui y ont élu domicile et cela en tout temps. Si ce n’est pas son histoire fougueuse qui anime les auteurs de passage dans la capitale, ce sont ses rues sinueuses et romanesques.

Entre le romantisme et la littérature, la poésie a forcément trouvé sa place dans la capitale. Réciter des alexandrins, jouer avec les rimes et magner les mots… Lire du RIMBAUD, du VERLAINE, du BAUDELAIRE ou encore du HUGO, Quoi de plus plaisant ?

Des promenades dans les quartiers mythiques du Paris de la rive gauche, quartier Latin, Saint-Germain-des-Prés, Montparnasse, et de la rive droite (le Marais), sans oublier la non moins mythique butte Montmartre, sont des lieux qui ont été hantés par les poètes de toutes les époques.

Nous passons allégrement les ponts d'une rive à l'autre avec les poèmes de Jacques BREL, de Jacques PREVERT, et le pont de l'Archevêché où sont accrochés les cadenas des amoureux. Comment ne pas évoquer ce nombre de poètes (de Louise LABE à Louis ARAGON en passant par Félix ARVERS, Jean COCTEAU et beaucoup d'autres) et des couples mythiques tels HELOÏSE et ABELARD ; ESMERALDA et QUASIMODO ; ROMEO et JUMLIETTE, et plus près de nous / Louis ARAGON et Elsa TRIOLET.

L'amour, thème éternel, que les poètes ont su nous transmettre de diverses manières tant par la profondeur des sentiments que par l'érotisme ou l'humour est partout présent à Paris.

Au Quartier latin : VERLAINE et RIMBAUD, ainsi que le Panthéon des grands hommes. En passant par l'emblématique place Saint-Sulpice si bien décrite par Georges PEREC en 1974 (où PREVERT passa son enfance), le "jardin du Luxembourg" (bel exemple de jardin "à la française" par BOYCEAU de la BARAUDERIE) avec un hommage à Paul VERLAINE (devant sa stèle) et la magnifique fontaine Medicis. Un hommage également à Arthur RIMBAUD près de la Sorbonne, enfin un arrêt devant le Panthéon des grands hommes à l'histoire mouvementée et un petit signe en passant à CORNEILLE (statue émergeant d'un parking). Poètes en chemin : Maurice CARÊME, Jacques PREVERT, Attila JOZSEF, Paul Victor HUGO.

Victor HUGO

À L’ARC DE TRIOMPHE

Oh ! Paris est la cité mère !
Paris est le lieu solennel
Où le tourbillon éphémère
Tourne sur un centre éternel !
Paris ! feu sombre ou pure étoile !
Morne Isis couverte d’un voile !
Araignée à l’immense toile
Où se prennent les nations !
Fontaine d’urnes obsédée !
Mamelle sans cesse inondée
Où pour se nourrir de l’idée
Viennent les générations !

Quand Paris se met à l’ouvrage
Dans sa forge aux mille clameurs,
A tout peuple, heureux, brave ou sage,
Il prend ses lois, ses dieux, ses mœurs.
Dans sa fournaise, pêle-mêle,
Il fond, transforme et renouvelle
Cette science universelle
Qu’il emprunte à tous les humains ;
Puis il rejette aux peuples blêmes
Leurs sceptres et leurs diadèmes,
Leurs préjugés et leurs systèmes,
Tout tordus par ses fortes mains !

Paris, qui garde, sans y croire,
Les faisceaux et les encensoirs,
Tous les matins dresse une gloire,
Eteint un soleil tous les soirs ;
Avec l’idée, avec le glaive,
Avec la chose, avec le rêve,
Il refait, recloue et relève
L’échelle de la terre aux cieux ;
Frère des Memphis et des Romes,
Il bâtit au siècle où nous sommes
Une Babel pour tous les hommes,
Un Panthéon pour tous les dieux !

Ville qu’un orage enveloppe !
C’est elle, hélas ! qui, nuit et jour,
Réveille le géant Europe
Avec sa cloche et son tambour !
Sans cesse, qu’il veille ou qu’il dorme,
Il entend la cité difforme
Bourdonner sur sa tête énorme
Comme un essaim dans la forêt.
Toujours Paris s’écrie et gronde.
Nul ne sait, question profonde !
Ce que perdrait le bruit du monde
Le jour où Paris se tairait !
__________________

Victor HUGO

PARIS BLOQUÉ

Ô ville, tu feras agenouiller l’histoire.
Saigner est ta beauté, mourir est ta victoire.
Mais non, tu ne meurs pas. Ton sang coule, mais ceux
Qui voyaient César rire en tes bras paresseux,
S’étonnent : tu franchis la flamme expiatoire,
Dans l’admiration des peuples, dans la gloire,
Tu retrouves, Paris, bien plus que tu ne perds.
Ceux qui t’assiègent, ville en deuil, tu les conquiers.
La prospérité basse et fausse est la mort lente ;
Tu tombais folle et gaie, et tu grandis sanglante.
Tu sors, toi qu’endormit l’empire empoisonneur,
Du rapetissement de ce hideux bonheur.
Tu t’éveilles déesse et chasses le satyre.
Tu redeviens guerrière en devenant martyre ;
Et dans l’honneur, le beau, le vrai, les grandes mœurs,
Tu renais d’un côté quand de l’autre tu meurs.
__________________

Gérard de NERVAL

NOTRE-DAME DE PARIS

Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu'elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d'une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !

Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
- Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu'elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l'ombre d'un mort !
_________________


À SUIVRE


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MessageSujet: Re: Paris vue par les poètes    Paris vue par les poètes  EmptyMer 20 Juil - 9:40

Les poètes ne manquent pas pour raconter la capitale, ses faubourgs, ses triomphes et ses défaites. bisounours
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André Laugier

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MessageSujet: Re: Paris vue par les poètes    Paris vue par les poètes  EmptyJeu 21 Juil - 11:02

fripou a écrit:
Les poètes ne manquent pas pour raconter la capitale, ses faubourgs, ses triomphes et ses défaites. bisounours


Bonjour Chère FRIPOU,

Et merci2 pour l'intérêt que tu manifestes à chacune de mes incursions dans une région ou une ville de France dont les Poètes ont laissé d'indélébiles traces. C'est vrai que Paris, notre capitale, n'est pas en reste dans les hommages, les manifestations et les lieux consacrés à nos illustres prédécesseurs.

J'espère seulement que ces quelques "rappels d'histoire" sauront nous sensibiliser aux poèmes délicats et aux auteurs qui en sont les créateurs, dans ces "clins d'œil" et de mémoire, pour ne pas les oublier, tout en savourant ces "chants amoureux" avec lesquels ils ont magnifié leur terroir.

Mes PLUS CHALEUREUX bibi2

Passe une sereine journée. La canicule actuelle doit se faire ressentir aussi à Bordeaux, et que vous devez être bien, le soir, dans votre jardin, à la tombée du soleil.

CARPE DIEM

andre



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MessageSujet: Re: Paris vue par les poètes    Paris vue par les poètes  EmptyJeu 21 Juil - 11:33

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PARIS VUE PAR LES POÈTES

(Compilation)


François de MONTCORBIER dit VILLON, est né en 1431 à Paris, et est mort en 1463. Il fut le poète français le plus célèbre de la fin du Moyen Âge.

Écolier de l’Université, maître de la faculté des Arts dès 21 ans, il mène tout d'abord la vie joyeuse d’un étudiant indiscipliné du Quartier Latin. À 24 ans, il tue un prêtre dans une rixe et fuit Paris. Amnistié, il s’exile de nouveau, un an plus tard, après le cambriolage du collège de Navarre. Accueilli, à Blois, à la cour du prince-poète Charles D'ORLÉANS, il échoue à y faire carrière. Il mène alors une vie errante et misérable. Emprisonné à Meung-sur-Loire, libéré à l’avènement de LOUIS XI, il revient à Paris après quelque six ans d’absence. De nouveau arrêté lors d'une rixe, il est condamné à la pendaison. Après appel, le Parlement casse le jugement mais le bannit pour dix ans ; il a 31 ans. Ensuite, on perd totalement sa trace.

VILLON connaît une célébrité immédiate. Le "Lais", long poème d’écolier, et Le "Testament", son œuvre maîtresse, sont édités dès 1489 – il aurait eu 59 ans. Trente-quatre éditions se succèdent jusqu’au milieu du XVIe siècle. Très tôt, une "légende Villon" prend forme sous différents visages allant, selon les époques, du farceur escroc au poète maudit.

Son œuvre n’est pas d’un accès facile : elle nécessite notes et explications. Sa langue (dont certains termes ont disparu ou changé de sens) ne nous est pas familière. Les allusions au Paris de son époque, en grande partie disparu et relevant de l'archéologie, son art du double sens et de l’antiphrase, le rendent souvent difficilement compréhensible, même si la recherche contemporaine a éclairci beaucoup de ses obscurités.



François VILLON

BALLADE DES FEMMES DE PARIS

Quoiqu'on tient belles langagères
Florentines, Vénitiennes,
Assez pour être messagères,
Et mêmement les anciennes,
Mais soient Lombardes, Romaines.
Genevoises, à mes périls,
Pimontoises, savoisiennes,
Il n'est bon bec que de Paris.

De beau parler tiennent chaïères,
Ce dit-on, les Napolitaines,
Et sont très bonnes caquetiéres
Allemandes et Prussiennes ;
Soient Grecques, Egyptiennes,
De Hongrie ou d'autres pays,
Espagnoles ou Catelennes,
Il n'est bon bec que de Paris.

Brettes, Suisses n'y savent guères,
Gasconnes, n'aussi Toulousaines :
De Petit Pont deux harengères
Les concluront, et les Lorraines,
Angloises et Calaisiennes,
(Ai-je beaucoup de lieux compris ?)
Picardes de Valenciennes ;
Il n'est bon bec que de Paris.

Prince, aux dames parisiennes
De bien parler donnez le prix ;
Quoi que l'on die d'Italiennes,
Il n'est bon bec que de Paris.
__________________


Alfred de MUSSET est un poète et un dramaturge français de la période romantique, né le 11 décembre 1810 à Paris, où il est mort le 2 mai 1857. Lycéen brillant, le futur poète reçoit un grand nombre de récompenses dont le prix d'honneur au Collège Henri IV en 1827 et le deuxième prix d'honneur au concours général la même année. Il s’intéresse entre autres au Droit et à la Médecine. Alfred de MUSSET abandonne vite ses études supérieures pour se consacrer à la littérature à partir de 1828-1829. Dès l'âge de 17 ans, il fréquente les poètes du Cénacle de Charles NODIER et publie en 1829, à 19 ans, les "Contes d'Espagne et d'Italie", son premier recueil poétique qui révèle son talent brillant. Il commence alors à mener une vie de "dandy débauché". En décembre 1830, sa première comédie "La Nuit Vénitienne" est un échec accablant qui le fait renoncer à la scène pour longtemps. Il choisit dès lors de publier des pièces dans la "Revue des deux Mondes", avant de les regrouper en volume sous le titre explicite "Un Spectacle dans un fauteuil". Il publie ainsi "À quoi rêvent les jeunes filles ?" en 1832, puis "Les Caprices de Marianne", en 1833. Il écrit ensuite en 1833 son chef-d'œuvre, le drame romantique "Lorenzaccio", publié en 1834 (la pièce ne sera représentée qu'en 1896) après sa liaison houleuse avec George SAND, et donne la même année "Fantasio" et "On ne badine pas avec l'amour". Il publie parallèlement des poèmes tourmentés comme "La Nuit de mai et la Nuit de décembre", en 1835, puis "La Nuit d'août" (1836), "La Nuit d'octobre" (1837), et un roman autobiographique "La Confession d'un enfant du siècle" en 1836.

Dépressif et alcoolique, au-delà de 30 ans, il écrit de moins en moins. Il reçoit la Légion d'honneur en 1845, et est élu à l'Académie française en 1852. Il écrit des pièces de commande pour Napoléon III. Sa santé se dégrade gravement avec son alcoolisme, et Alfred de MUSSET meurt à 46 ans, le 2 mai 1857 : il est enterré dans la discrétion au "Cimetière du Père-Lachaise", après des obsèques en l'église Saint-Roch.

Redécouvert au XXe siècle, Alfred de Musset est désormais considéré comme un des grands écrivains romantiques français, dont le théâtre et la poésie lyrique montrent une sensibilité extrême, une interrogation sur la pureté et la débauche, une exaltation de l'amour et une expression sincère de la douleur. Sincérité qui renvoie à sa vie tumultueuse, qu'illustre emblématiquement sa relation avec George SAND.



Alfred de MUSSET

PARIS

Que j'aime le premier frisson d'hiver ! le chaume
Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
Au fond du vieux château s'éveille le foyer ;

C'est le temps de la ville. – Oh ! lorsque, l'an dernier,
J'y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume
J'entends encore au vent tes postillons crier,

Que j'aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine
Sous ses mille falots assise en souveraine !
J'allais revoir l'hiver. – Et toi, ma vie, et toi !

Oh ! dans tes longs regards j'allais tremper mon âme ;
Je saluais tes murs. – Car, qui m'eût dit, madame,
Que votre cœur sitôt avait changé pour moi ?
__________________



Isaac de BENSERADE est né à Paris en 1612. Il est mort en 1691.

Poète, courtisan et bel esprit, Isaac de BENSERADE fut le protégé du cardinal de RICHELIEU, du duc de BRÉZÉ, de MAZARIN et de LOUIS XIV. Il fut adulé par les milieux mondains de son époque.

BENSERADE fut nommé à "l’Académie" le 9 avril 1674, remplaçant CHAPELAIN. Il fut du parti des "modernes", étant l’un des six premiers académiciens admis aux spectacles de la cour. Il a écrit des poésies, une comédie, cinq tragédies, des fables en quatrains, une "Liste de Messieurs de l’Académie française" en deux cents vers ; il mit aussi les "Métamorphoses d’Ovide" en rondeaux.

On disait de lui : "Ses vers ne sont pas bien tournés, mais ils sont si pleins d’esprit et ont un air si galant, qu’ils l’emportent au-dessus de tous les autres."

C’était également un poète fécond et doué, dans le genre précieux, et c’est cette production qui lui attira la faveur des salons. Diseur de bons mots, à la fois familier et arrogant, il était réputé pour ses impertinences et pour ses épigrammes, qui lui valurent beaucoup de succès, mais également quelques bastonnades.



Isaac de BENSERADE

SUR LA VILLE DE PARIS

Rien n'égale Paris ; on le blâme, on le loue ;
L'un y suit son plaisir, l'autre son interest ;
Mal ou bien, tout s'y fait, vaste grand comme il est
On y vole, on y tue, on y pend, on y roue.

On s'y montre, on s'y cache, on y plaide, on y joue ;
On y rit, on y pleure, on y meurt, on y naît :
Dans sa diversité tout amuse, tout plait,
Jusques à son tumulte et jusques à sa boue.

Mais il a ses défauts, comme il a ses appas,
Fatal au courtisan, le roi n'y venant pas ;
Avecque sûreté nul ne s'y peut conduire :

Trop loin de son salut pour être au rang des saints,
Par les occasions de pécher et de nuire,
Et pour vivre longtemps trop prés des médecins.
__________________


À SUIIVRE...

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MessageSujet: Re: Paris vue par les poètes    Paris vue par les poètes  EmptyVen 22 Juil - 19:48


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PARIS VUE PAR LES POÈTES

(Compilation)


Charles BAUDELAIRE est un poète français. Il est né à Paris le 9 avril 1821. Il meurt dans la même ville, rue du Dôme, dans le 16e arrondissement, le 31 août 1867 (à 46 ans).

Au cœur des débats sur la fonction de la littérature de son époque, BAUDELAIRE détache la poésie de la morale, la proclame tout entière destinée au "Beau" et non à la Vérité. Comme le suggère le titre de son recueil, il a tenté de tisser des liens entre le mal et la beauté, le bonheur fugitif et l'idéal inaccessible, la violence et la volupté. Mais aussi entre le poète et son lecteur, et même entre les artistes à travers les âges.

En 1836, après un séjour de quatre ans à Lyon, il revient à Paris et sera élève Collège Louis-le-Grand de Paris. Il lit CHATEAUBRIAND et SAINTE-BEUVE. Alors que sa mère et son beau-père souhaiteraient qu'il devienne Ambassadeur, lui mène une vie de dandy au Quartier latin et n'a qu'un rêve de rebelle : devenir poète.

En 1866, il fait une chute dans l'église Saint-Loup de Namur et perd connaissance. Il est hospitalisé à Bruxelles, victime à la fois d'hémiplégie et d'aphasie. Un an après il revient à Paris et le 31 août, il meurt, à quarante-six ans dans la clinique du docteur DUVAL. Il est inhumé le 2 septembre au cimetière Montparnasse.


Charles BAUDELAIRE

RÊVE PARISIEN

A Constantin GUYS

I

De ce terrible paysage,
Tel que jamais mortel n'en vit,
Ce matin encore l'image,
Vague et lointaine, me ravit.

Le sommeil est plein de miracles !
Par un caprice singulier,
J'avais banni de ces spectacles
Le végétal irrégulier,

Et, peintre fier de mon génie,
Je savourais dans mon tableau
L'enivrante monotonie
Du métal, du marbre et de l'eau.

Babel d'escaliers et d'arcades,
C'était un palais infini,
Plein de bassins et de cascades
Tombant dans l'or mat ou bruni ;

Et des cataractes pesantes,
Comme des rideaux de cristal,
Se suspendaient, éblouissantes,
A des murailles de métal.

Non d'arbres, mais de colonnades
Les étangs dormants s'entouraient,
Où de gigantesques naïades,
Comme des femmes, se miraient.

Des nappes d'eau s'épanchaient, bleues,
Entre des quais roses et verts,
Pendant des millions de lieues,
Vers les confins de l'univers ;

C'étaient des pierres inouïes
Et des flots magiques ; c'étaient
D'immenses glaces éblouies
Par tout ce qu'elles reflétaient !

Insouciants et taciturnes,
Des Ganges, dans le firmament,
Versaient le trésor de leurs urnes
Dans des gouffres de diamant.

Architecte de mes féeries,
Je faisais, à ma volonté,
Sous un tunnel de pierreries
Passer un océan dompté ;

Et tout, même la couleur noire,
Semblait fourbi, clair, irisé ;
Le liquide enchâssait sa gloire
Dans le rayon cristallisé.

Nul astre d'ailleurs, nuls vestiges
De soleil, même au bas du ciel,
Pour illuminer ces prodiges,
Qui brillaient d'un feu personnel !

Et sur ces mouvantes merveilles
Planait (terrible nouveauté !
Tout pour l'oeil, rien pour les oreilles !)
Un silence d'éternité.

II

En rouvrant mes yeux pleins de flamme
J'ai vu l'horreur de mon taudis,
Et senti, rentrant dans mon âme,
La pointe des soucis maudits ;

La pendule aux accents funèbres
Sonnait brutalement midi,
Et le ciel versait des ténèbres
Sur le triste monde engourdi.
__________________


Louis ARAGON est un poète, romancier et journaliste français, né le 3 octobre 1897 à Paris et mort le 24 décembre 1982 dans cette même ville, à l'âge de 85 ans. Il est également connu pour son engagement et son soutien au "Parti communiste français" de 1930 jusqu'à sa mort. Avec André BRETON, Paul ÉLUARD, Philippe SOUPAULT, il fut l'un des animateurs du "dadaïsme parisien" et du "surréalisme".

À partir de la fin des années 1950, nombre de ses poèmes sont mis en musique et chantés par Léo FERRÉ ou Jean FERRAT, contribuant à porter son œuvre poétique à la connaissance d'un large public (la première chanson tirée d'une œuvre d'ARAGON date de 1953 ; composée et interprétée par Georges BRASSENS, elle reprend le poème : "Il n'y a pas d'amour heureux", paru dans La Diane française en 1944, mais adapté en la circonstance par le chanteur). Avec l'écrivaine Elsa TRIOLET, il a formé l'un des couples emblématiques de la littérature française du XXe siècle.

Il est étudiant en médecine lorsqu'il rencontre André BRETON en 1916 avec lequel il se lie d'amitié. En 1918, il publie ses premiers poèmes, puis part, en tant que médecin auxiliaire, au front des Ardennes. Son courage lui vaut d'être décoré de la "Croix de Guerre".

Pendant la Seconde guerre mondiale, Louis ARAGON, après avoir retrouvé la médecine militaire en 1939-1940, participe à la Résistance en créant avec Elsa TRIOLET le "Comité National des Ecrivains pour la Zone Sud" et le journal "La Drôme en Armes". Il s'engage aussi par ses poèmes comme "Les Yeux d'Elsa" (1942), "Le Musée Grévin", (1943), "La Rose et le Réséda", (1944).

Après la guerre, Louis ARAGON partage son temps entre ses activités littéraires et son militantisme au sein du Parti communiste français. Il est notamment président-directeur général des Editeurs français réunis (EFR), maison d'édition proche des communistes. Il utilise ses romans pour illustrer le réalisme socialiste et prôner l'avènement du communisme : "Aurélien" (1944), "Les Communistes" (1949-1951), "la Semaine sainte" (1958)...


Louis ARAGON

PARIS

Où fait-il bon même au cœur de l’orage
Où fait-il clair même au cœur de la nuit
L’air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits
Jamais éteint renaissant de la braise
Perpétuel brûlot de la patrie
Du Point-du-Jour jusqu’au Père-Lachaise
Ce doux rosier au mois d’août refleuri
Gens de partout c’est le sang de Paris
Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre
Rien n’est si pur que son front d’insurgé
Rien n’est ni fort ni le feu ni la foudre
Que mon Paris défiant les dangers
Rien n’est si beau que ce Paris que j’ai
Rien ne m’a fait jamais battre le cœur
Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer
Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré
Paris Paris soi-même libéré.
__________________


GRANDS POÈTES NÉ À PARIS:

Marie de RABUTIN-CHANTAL, marquise de SÉVIGNÉ, plus connue sous le nom de Madame de SÉVIGNÉ, est une épistolière française, née le 5 février 1626 à Paris et morte le 17 avril 1696 au château de Grignan (Drôme).

Nicolas BOILEAU, dit aussi BOILEAU-DESPRÉAUX, ou encore le « législateur du Parnasse » (né le 1er novembre 1636 à Paris et mort le 13 mars 1711 à Paris), est un poète, écrivain et critique français.

Gérard LAB RUNIE, dit Gérard de NERVAL, est un écrivain et un poète français, né le 22 mai 1808 à Paris, ville où il est mort le 26 janvier 1855 (à 46 ans). Figure majeure du romantisme français, il est essentiellement connu pour ses poèmes et ses nouvelles, notamment son ouvrage Les Filles du feu, recueil de nouvelles (la plus célèbre étant Sylvie) et de sonnets (Les Chimères) publié en 1854.

Alfred de MUSSET est un poète et un dramaturge français de la période romantique, né le 11 décembre 1810 à Paris, où il est mort le 2 mai 1857. Lycéen brillant, le futur poète reçoit un grand nombre de récompenses dont le prix d'honneur au Collège Henri IV en 1827 et le deuxième prix d'honneur au concours général la même année.

Eugène POTTIER, né le 4 octobre 1816 à Paris où il est mort le 6 novembre 1887, est un goguettier, poète et révolutionnaire français, auteur des paroles de L'Internationale.

Charles BAUDELAIRE est un poète français. Né à Paris le 9 avril 1821, il meurt dans la même ville, rue du Dôme, dans le 16e arrondissement, le 31 août 1867 (à 46 ans). « Dante d'une époque déchue2 » selon le mot de Barbey d'AUREVILLY, «tourné vers le classicisme, nourri de romantisme3», à la croisée entre le Parnasse et le symbolisme, chantre de la « modernité », il occupe une place considérable parmi les poètes français pour un recueil certes bref au regard de l'œuvre de son contemporain Victor HUGO.

Étienne MALLARMÉ, dit Stéphane MALLARMÉ, né à Paris le 18 mars 1842 et mort à Valvins (commune de Vulaines-sur-Seine, Seine-et-Marne) le 9 septembre 1898, est un poète français.
Admirateur de Théophile GAUTIER, de Charles BAUDELAIRE et Théodore de BANVILLE, Stéphane MALLARMÉ fait paraître en revue quelques poèmes en 1862. Professeur d'anglais par nécessité, il est nommé en septembre 1863 au lycée de Tournon-sur-Rhône en Ardèche et séjourne à Besançon et Avignon, avant d'arriver à Paris en 1871. Il fréquente alors des auteurs littéraires comme Paul VERLAINE, Émile ZOLA ou Auguste de VILLIERS de L'ISLE-ADAM et des artistes comme Édouard MANET qui a peint son portrait en 1876.

Fernand GREGH, né le 14 octobre 1873 à Paris 9e, ville où il est mort (16e arrondissement) le 5 janvier 19601, est un poète et critique littéraire français, membre de "l'Académie française".

La comtesse Anna-Élisabeth de NOAILLES, née Bibesco Bassaraba de BRANVOVAN, est une poétesse et une romancière française, d'origine roumaine, née à Paris le 15 novembre 1876 et morte à Paris le 30 avril 1933.

Robert DESNOS est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 (à 44 ans) au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libéré du joug de l'Allemagne nazie.

FIN.



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MessageSujet: Re: Paris vue par les poètes    Paris vue par les poètes  EmptyVen 22 Juil - 22:51

Un joli passage sur Paris et ses poètes !
Nous avons été au cimetière Montparnasse et voici les photos du tombeau de Baudelaire et sa statue.
Les petits papiers sur sa tombe sont des poèmes, j'en ai lu un vraiment beau !

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Merci pour ton travail André bis  bisounours

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MessageSujet: Re: Paris vue par les poètes    Paris vue par les poètes  EmptySam 23 Juil - 11:05



C'est moi qui te remercie vivement pour ce complément d'information bien intéressant et qui vient conclure en beauté mes petites recherches sur Paris en poésie. Ces deux photos sont splendides ! Elles viennent couronner et enrichir ces articles documentaires sur ces pages d'histoire des relations étroites entre les poètes et leur terroir.

Passe une très agréable week-end, Chère FLAMME.

MARIE-LOUISE et FABRICE se joignent à MOI pour t'envoyer nos plus affectueuses pensées et bibi2 bibi2 bibi2

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