LE COIN POÉTIQUE DE FRIPOU



 
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 LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT

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André Laugier

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mer 19 Sep - 19:56



Alphonse ALLAIS

L'EXPLORATEUR

Ah ! j'en puis raconter, de tragiques histoires !!!
Lorsque nous traversions les déserts du Thibet,
Nous n'étions pas mariols et nous faisions des poires !
Pensez : c'était la boustifaille qui manquait !

Pas de restaurant dans ces immensités noires !
Pas de Duval ! Pas de Chartier ! Pas de Buffet !
Pour calmer les cris de mes dents attentatoires,
Je songeai que mon boy était bien grassouillet.

L'un de nous, bon tireur, couche un yack sur le sable.
Un yack ! Voilà de quoi calmer notre estomac ;
Et, sans tergiverser, nous nous mettons à table.

Nous mangeâmes un quart de l'animal ; mais diable !
Le soir, nos coeurs battaient de façon effroyable !
Ça devait arriver : c'est le mal du "quart d'yack".


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Flamme
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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Sam 22 Sep - 18:59

Je le dis bien : Ne pas tuer les animaux ...on risque d'y passer...
Bel humour d'Alphonse Allais.

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André Laugier

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 24 Sep - 12:05

Flamme a écrit:
Je le dis bien : Ne pas tuer les animaux ...on risque d'y passer...
Bel humour d'Alphonse Allais.





ahah ahah


DE GROS bis bis bis

andre

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 24 Sep - 12:24


Michèle CORTI

LE CON

À vous traiter de con, Monsieur, je ne m’avance…
Vous m’avez ébloui de votre suffisance
Sachant parler de tout, en scandant vos propos,
Portant la vérité comme on porte un drapeau,
Foulant sans hésiter l’opinion des couillons,
Au pied de vos idées et de vos convictions.
Il monte en moi, Monsieur, l’énorme envie de rire
Qui, si je l’exprimais, déchaînerait votre ire !
Juste un pétillement au fond de ma prunelle
Pourrait vous intriguer, vous mettre sur la voie,
Mais vous lancez déjà une autre ritournelle
Et pour m’impressionner, vous donnez de la voix !
A quoi bon espérer troubler vos certitudes
Je vous laisse planer : à si haute altitude
On ne peut voir que l’aigle, et nous sommes moutons
A vos yeux orgueilleux, pleins de satisfaction !
Plus impatient que moi vous fera la leçon
N'hésitant pas, Monsieur, à vous traiter de CON!


Moralité :

Dire tout bonnement à quelqu'un qu'il est con
Ne le convainc jamais, c'est une certitude...
Sa connerie lui plaît, il en a l'habitude
Il se vautre dedans, et de mille façons
Vous démontre illico que c'est vous l'imbécile.
Pour mieux vous le prouver il convoque en concile
Tous les concitoyens qu'il a pu rassembler
Se promeut orateur de la dite assemblée
Mais commence d'abord par des conciliabules
Pour mieux se rassurer et faire des émules
Puis, très sûr de son fait, il harangue les foules
Commande la hola, en de superbes houles
Et vous vous retrouvez déconfit et sans voix
Face au con triomphant qui vous montre du doigt!
_________________

Alfred de MUSSET

S'auto-critiquant pour les défauts de son texte

J’ai fait un hiatus indigne de pardon ;
Je compte là-dessus rédiger une note.
J’en suis donc à te dire… Où diable en suis-je donc ?
Ensuite, après avoir utilisé le mot « mahométanisme » :
Diable ! j’ai du malheur, – encore un barbarisme.
On dit mahométisme, et j’en suis bien fâché.
Il fallait me lever pour prendre un dictionnaire,
Et j’avais fait mon vers avant d’avoir cherché.
Je me suis retourné, – ma plume était par terre.
J’avais marché dessus, – j’ai soufflé, de colère,
Ma bougie et ma verve, et je me suis couché.
Tu vois, lecteur, jusqu’où va ma franchise.
_________________

ANONYME

Ma poche à fonds secrets, ma bourse a son mystère
Que, pour mieux la remplir, mon génie a conçu.
Tardieu, comme Laval, promettait de se taire
Et les bons Croix de Feu n’en ont jamais rien su.

Ainsi, sans rien donner de ce que j’ai perçu,
Renvoyant mes amis aux soupes populaires,
J’aurai, moi, jusqu’au bout de l’argent sur la terre
Car, ayant demandé, j’ai chaque fois reçu.

Réconciliateur, la main qu’on m’a vu tendre
J’ai sur la refermer et chacun put entendre
Les applaudissements soulevés sous mes pas.

Ma Ligue, à mes desseins obstinément fidèle,
Ne saura pas qu’ainsi je me suis foutu d’elle :
Elle attendra l’heure H et ne la verra pas.
__________________




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Flamme
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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 25 Sep - 8:38

Michel Corti dit en de beaux vers ce que l'on constate bien souvent !!!! Bien des personnes affirment des choses, sur des personnes ou des faits sans en avoir chercher des preuves, sans même en connaitre le sujet ! Et si on conteste leurs dires ils rétorquent en vous traitant de tous les noms !!! Cela devient un discourt de sourds basés sur des insultes !
L''ignorance et l'orgueil en sont bien souvent les causes !
Merci André du temps que tu passes pour nous déposer des poèmes bien souvent inconnus !
bibi2

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André Laugier

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 25 Sep - 17:59

Flamme a écrit:
Michel Corti dit en de beaux vers ce que l'on constate bien souvent !!!! Bien des personnes affirment des choses, sur des personnes ou des faits sans en avoir chercher des preuves, sans même en connaitre le sujet ! Et si on conteste leurs dires ils rétorquent en vous traitant de tous les noms !!! Cela devient un discourt de sourds basés sur des insultes !
L''ignorance et l'orgueil en sont bien souvent les causes !
Merci André du temps que tu passes pour nous déposer des poèmes bien souvent inconnus !
bibi2

Bonsoir FLAMME,

Il y a tellement de poèmes, et même ceux écrits par des anonymes, que nous possédons une mine d'or pour qui aime "fouiller" dans les archives de la poésie. Je possède une bibliothèque assez fournie (y compris la collection d'ouvrages que Papa possédait) pour, qu'en parcourant ces livres et ces anthologies, je n'aie aucun souci à me faire pour en extraire les plus belles œuvres réservée au forum.

Et c'est un vrai plaisir que de me consacrer à cette tâche et en faire profiter nos membres qui sont férus de vraie et belle poésie.

DOUCE SOIRÉE À VOUS DEUX.

bis bis bis DE NOUS TROIS.

andre


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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Jeu 27 Sep - 12:45


Pierre LOUYS

L'actrice qu'on vint à choisir
Pour ce beau rôle d'Andromède
Passait pour prendre son plaisir
Par où l'on prend plutôt remède
C'est pourquoi l'on dit que, rêvant
De nous fournir double carrière,
Elle est Andromède en avant
Et Persée aussi par-derrière.
__________________

Alphonse ALLAIS

LE GARDIEN DE MUSÉE.

De tout ce saint-frusquin antique,
- Gallo-romain ou gallo grec, -
Le gardien avait le respect,
L'admiration frénétique.

Et le visiteur britannique
Ayant - d'un geste net et sec -
Planté son couteau fanatique
Dans une table en bois de teck,

Le sensible uniformifère
Entre les pleurs et la colère
Quelques secondes balança ;

Puis, montrant l'arme abominable
Que l'autre en la table enfonça,
Il lamenta : c'est "lame en table" !!
_________________

Pierre BERTHELOT

Depuis que Madelon m'a vu
Porter lunettes et calotte,
Elle a secrètement pourvu
À trouver un autre pilote.

Je ne l'en trouve pas trop sotte,
Car il faut, pour vrai, confesser
Que le navire branle et flotte
Quand le mât ne peut plus dresser.
_________________

Pierre Arturo AZERTY

AUTOPORTRAIT AU RAPPORTEUR

Traître typo arrête et tire ta rature
Ta pure pitrerie aurait treize errata
Raye tout titre auteur patati patata
Trop petit papetier porte au trou ta pâture

Prote au rare toupet apparaît ta rupture
Oui ta torte utopie atterrit et rata
Tout autre trope eut tort et au pire tâta
Pour perpette ta tare irrite et te torture

Prie apôtre ou pater pour ôter ta terreur
Pour payer peu ou prou ta patriote erreur
Et taire a priori tout trait prioritaire

Ô reporter au trot ta tête a pu tarir
Opte pour ta retraite au pupitre ou par terre
Ta roture oratoire ira partout pourrir.
_________________


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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Jeu 4 Oct - 11:55


Charles MONSELET

POTAGE À LA BARRIÈRE

Lorsqu'il fallut dîner dans cette auberge atroce,
Le front de mon ami se rembrunit soudain.
On mit notre couvert dans le fond du jardin
Près d'un jeu de tonneau disloqué. Quelle noce !

Le potage manqua complètement d'attrait.
Comme un lac d'un blanc terne. Alors rempli d'alarme
Mon ami s'écria : "Quel bouillon ! Il faudrait
Pour lui percer les yeux un fameux maître d'armes."

Je ne l'écoutais pas. Mon caprice suivait
La fillette au jupon rouge qui nous servait.
Opulente beauté - seize ans et du corsage !

Et j'allais répétant : "Vois donc quels yeux, mon cher !"
Lui, tout à son idée et d'un accent amer :
"Que n'a-t-elle jeté ses yeux dans le potage !"
__________________

Charles-Timoléon de SIGOGNE (1560-1611)

SONNET

Votre tête ressemble au marmouset d'un cistre,
Vos yeux au point d'un dé ; vos doigts un chalumeau ;
Votre teint diapré l'écorce d'un ormeau ;
Votre peau le revers d'un antique registre.

Votre gorge pendante un bissac d'un bélître ;
Votre vieil embonpoint à celui d'un rameau ;
Votre longue encolure à celle d'un chameau ;
Votre bras à du plomb qui soutient une vitre ;

Vous passez soixante ans, faux fourreau de hautbois ;
Vous avez vu régner neuf papes et cinq rois,
Et vous êtes encor vêtue à la moderne !

Troussez votre paquet, vieille, c'est trop vécu :
On vous fera servir à Paris de lanterne,
Si vous pouvez souffrir un flambeau dans le c.. !
__________________




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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Jeu 4 Oct - 13:59

Ils étaient un cru au 16ème siècle !!!
Charles-Timoléon de SIGOGNE un noble un peu vulgaire quand même ! reflex
sourir bis2

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Ven 5 Oct - 12:15

Flamme a écrit:
Ils étaient un cru au 16ème siècle !!!
Charles-Timoléon de SIGOGNE un noble un peu vulgaire quand même ! reflex
sourir bis2


Oui, tu as tout à fait raison. Fils du gouverneur de la ville de Dieppe, le sieur de SIGOGNE a pris part aux guerres de religion dans les rangs de la Ligue avant de se rendre, lors de la bataille d'Ivry à SULLY et de se rallier à HENRI IV. Vers 1593, il devient gouverneur du Dunois et de Châteaudun. Gravitant dans l'entourage de la favorite d’HENRI  IV Henriette d'ENTRAGUES, marquise de VERNEUIL, dont il a fort probablement obtenu les faveurs, il était l’un des poètes favoris du roi qui le fit vice-amiral de Normandie.

Les poèmes du Sier SIGOGNE ne sont ni des modèles de style, ni des modèles de bon goût. Par leur mélange de précieux et de trivial, de vigueur et d'obscénité, d'éloquence et de maladresse, elles s'apparentent intimement à ces productions d'almanachs, qui furent la pâture du populaire jusqu'au milieu du XVII siècle. C'est, avant la plénitude de la culture gréco-latine, la décadence de l'esprit français, qui nargue en mourant l'école de MALHERBE. Cet art, cependant, a sa valeur, me semble-t-il, car il est le reflet fidèle d'une société pittoresque.

UN GRAND MERCI POUR TES FIDÈLES LECTURES ET COMMENTAIRES, FLAMME.

DE grosbiz DE NOUS TROIS.

CARPE DIEM

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 8 Oct - 12:25


Isaac du RYER

SONNET

M’étant pour le présent une chose impossible
De vous payer le pet que j’ai perdu au cent,
En voici un tout frais dont l’odeur rien ne sent,
Contre son naturel, maniable et visible.

Prenez-le donc de moi plutôt qu’un invisible,
Qui vous irait soudain par le nez saisissant,
Ou bien si vous voulez que je m’aille efforçant,
Vous entendrez tonner d’une façon terrible.

Toutefois, puisqu’un pet n’est sinon qu’un sont net,
En vous faisant présent de ce petit sonnet,
Je pense n’être plus envers vous redevable.

Puis un pet ne peut-être entièrement payé,
D’autant que telle dette est si grande et notable,
Que toujours le detteur en retient la moitié .
__________________

Jean PELLERIN

LA GROSSE DAME CHANTE...

Manger le pianiste ? Entrer dans le Pleyel ?
Que va faire la dame énorme ? L'on murmure...
Elle râcle sa gorge et bombe son armure :
La dame va chanter. Un œil fixant le ciel

- L'autre suit le papier, secours artificiel -
Elle chante. Mais quoi ? Le printemps ? La ramure ?
Ses rancœurs d'incomprise et de femme trop mûre ?
Qu'importe ! C'est très beau, très long, substantiel.

La note de la fin monte, s'assied, s'impose.
Le buffet se prépare aux assauts de la pause.
" Après, le concerto ?... - Mais oui, deux clavecins. "

Des applaudissements à la dame bien sage...
Et l'on n'entendra pas le bruit que font les seins
Clapotant dans la vasque immense du corsage.
_________________

Jules JOUY

LE SONNET DES HYDROPATHES

Quitte le restaurant discret ù vous soupâtes
Niniche et toi, bourgeois vide et prétentieux ;
Profitant du lorgnon que le vin sur tes yeux
Pose, viens avec moi t’asseoir aux Hydropathes.

Pourtant, avant d’entrer, un mot : que tu t’épates
Ou non, garde-toi bien des mots sentencieux
Devant ce défilé de profils curieux ;
L’endroit est sans façon, on n’y fait point d’épates.

Certes ne t’attends pas à trouver un goût d’eau
Au Parlement criard que préside Goudeau ;
Laisse à ton nez poilu monter l’encens des pipes ;

Et moins sot que Louis, aux canons bien égaux,
Foudroyant les Téniers et leurs drôles de types,
Du Cercle hydropathesque admire les magots.
__________________


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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 22 Oct - 13:01


Alphonse ALLAIS

LE GARDIEN DE MUSÉE.

De tout ce saint-frusquin antique,
- Gallo-romain ou gallo grec, -
Le gardien avait le respect,
L'admiration frénétique.

Et le visiteur britannique
Ayant - d'un geste net et sec -
Planté son couteau fanatique
Dans une table en bois de teck,

Le sensible uniformifère
Entre les pleurs et la colère
Quelques secondes balança ;

Puis, montrant l'arme abominable
Que l'autre en la table enfonça,
Il lamenta : c'est "lame en table" !!


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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Jeu 1 Nov - 18:12


Fabien JANSSENS

UN MOT D'ELLE

Juste un mot d’elle
Qui me modèle
Un cœur d’ idylle
En aquarelle.
Qui me maquille
Des mots crus
Ou des moqueries
Qu’un mal accrut.

Juste un mot d’elle
Qui m’aide au mieux
Un peu de miel
Si malicieux
Un mot d’émoi
Qui me démode
L’humeur d’un moi
Si peu commode.

Juste un chant d’elle
Pour m'éclairer
Beauté nouvelle
Dans mes pensées
Un chant d’amour
Un champ de cœur
Où le vent court
Dans les saveurs.

Juste un chant d’elle
Pour essaimer
De l’éternelle
Félicité
Juste un peu d’elle
Pour m’envoler
Dans l’aquarelle
De son été.
_________________

Jules JOUY

LE SONNET DES HYDROPATHES

Quitte le restaurant discret où vous soupâtes
Niniche et toi, bourgeois vide et prétentieux ;
Profitant du lorgnon que le vin sur tes yeux
Pose, viens avec moi t’asseoir aux Hydropathes.

Pourtant, avant d’entrer, un mot : que tu t’épates
Ou non, garde-toi bien des mots sentencieux
Devant ce défilé de profils curieux ;
L’endroit est sans façon, on n’y fait point d’épates.

Certes ne t’attends pas à trouver un goût d’eau
Au Parlement criard que préside Goudeau ;
Laisse à ton nez poilu monter l’encens des pipes ;

Et moins sot que Louis, aux canons bien égaux,
Foudroyant les Téniers et leurs drôles de types,
Du Cercle hydropathesque admire les magots.
_________________

Raoul PONCHON

LA PROIE POUR L’OMBRE

Bien souvent, deux époux assortis corps et âme
N’ont, à certains moments, l’un pour l’autre plus d’yeux ;
La femme va trouver un amant odieux.
Et le mari s’impose une maîtresse infâme.

Vous me direz : « Mon dieu ! Changement de programme,
Car le même toujours devient fastidieux. »
Sans doute. Mais pourquoi changer en mieux…
Tant qu’à faire, et s’il doit en résulter un drame !

Ces époux assortis, aux appétits changeants,
Me font toujours l’effet de ces petites gens
Qui profitent de leur repos hebdomadaire,

Pour - dans un restaurant assurément chanceux,
Manger quelque infamie à la sauce madère,
Pouvant faire un repas confortable chez eux.
__________________

Edouard GUY

Lorsqu’il rencontre sur l’asphalte
Une Manon qui lui sourit,
L’œil allumé, Théo fait halte,
Théo rit.

Et bientôt, n’étant pas de bois,
Théo goûte un plaisir extrême
Dont il se délecte… trois fois :
Théor…aime.

Puis, un peu las de sa prouesse,
Du sommeil du juste et du fort,
Tournant le dos à son hôtesse,
Théo dort.

Et quand arrive le matin,
Le corps dispos, l’âme tranquille,
En peinard, posant un lapin,
Théo file.
_________________

_________________
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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Jeu 8 Nov - 12:32


Raoul PONCHON

LE VIN SUISSE

Il paraîtrait que les Anglais,
Dont on connaît la tempérance,
Pour se venger de nos pamphlets,
Ne veulent plus des vins de France !

Ni Bourguignon, ni Bordelais.
Je veux que m’emporte le Diantre,
S’ils ne boudent pas leur palais,
S’ils n’en veulent point à leur ventre.

Nos vins généreux et subtils,
Ils vont nous les laisser pour compte,
Ils ne boiront plus — disent-ils —
Que du Vin Suisse, à notre honte.

Je ne sais si vous avez bu
Jamais du vin de l’Helvétie,
Ou seulement même entrevu ?
Quant à moi, je vous remercie…

N’en déplaise au docteur Pelet,
Qui l’insinue à ses victimes,
C’est un vin quelconque, incomplet,
Sans nulles qualités intimes.

Il est lunaire, sépulcral,
Et de dégustation brève ;
Aussi vague que l’amiral
Croisant sur le lac de Genève.

C’est à boire du « Cortaillod »
Et du « Vinzel » et de l’ « Yvorne »,
Peut-être bien qu’Édouard Rod
Est, en somme, un auteur si morne.

C’est grâce à son vin malplaisant
Que la Suisse est pauvre en esthètes,
Et qu’on trouve si peu d’accent
Aux meilleurs chants de ses poètes.

__________________

RÉPONSE DU POÈTE TISSOT dans un Journal Suisse.

Monsieur Ponchon, dans son « Journal »
Dénigre les vins Helvétiques.
Il faut croire que l’animal
N’en a jamais bu d’authentiques.

Il plaisante le « Dézaley »
Et se gausse de nos « Yvornes ».

Qu’il vienne donc dans nos caveaux,
Tâter un peu de nos bouteilles.
Il verra bien si ses Bordeaux
Valent le nectar de nos treilles,

Il jugera si nos « Cully »
Méritent ses calembredaines
Et je l’attends aux clairs « Vinzel »
Aux « Féchy », au doux « Villeneuve ».

C’est ce vin-là, méchant vantard,
— On en garde ici souvenance —
Qui jadis sauva vos lignards
Par l’Allemand chassés de France.
_________________

RÉPONSE DE PONCHON au poème de TISSOT

Ne fais donc pas tant de musique.
Voui, mon vieux Tissot, j’en ai bu
Du vin Suisse, et de l’authentique.
Et j’en suis encore fourbu.

Je l’ai dit et je le répète :
Qu’il soit du Vaud ou du Valais,
Ton pinard ne vaut pas tripette,
C’est le pire des reginglets.

Que dis-je ? il rend bête. Et, la preuve
Est pour moi faite à tout jamais
De sa non-vertu. Je la treuve
Dans cette rage où tu te mets.

Je ne me mets pas en colère,
Moi. Je te le dis sans accès
De fureur : ton vin ne peut plaire
À mon estomac de Français.

Tes « Neuchâtels » et tes » Yvornes »
Sont aussi plats que des valets ;
Et tes « Villeneuve » sont mornes
Comme les crétins du Valais.

Au « Montreux » que chante ta lyre
Je préfère l’eau de Vichy.
Je n’ai pas besoin de te dire
Quoi me font faire tes… « Féchy ».

C’est du jus de queue de cerises,
Tes « Pully » comme tes « Cully ».
Autant vaut qu’on se gargarise
Avec l’air de Funiculi…

Ton « Vinzel » n’a pas raison d’être.
Quant à ton triste « Dézaley »
Il est bon, au plus, pour y mettre
Une morue à dessaler.

Où tu perds quelque peu la tête,
Mon vieux Tissot, c’est quand tu dis
Qu’à l’heure de notre défaite,
En dix-huit cent soixante-dix,

Votre vin sauva du naufrage
Nos malheureux petits lignards.
Outre que tu tiens un langage
Peu généreux à tous égards ;

C’est précisément le contraire.
Car, si je suis bien renseigné,
Il acheva ceux que la Guerre
Avait jusqu’alors épargnés.
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André Laugier

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Sam 8 Déc - 12:34


Raoul PONCHON

À M. LOUIS DIDON
qui avait envoyé une terrine de foie gras du Périgord
au Courrier Français,
à l'occasion du Réveillon


Un poème, Didon, ta terrine de foie !
Des gens seraient sortis volontiers de prison
Pour flairer seulement sa douce exhalaison.
A son seul souvenir l'oeil du Courrier flamboie.

Pour payer ce chef d'œuvre il n'est point de monnoie,
Et c'eût été trop peu de l'antique Toison :
La truffe ambrosiaque y tenait garnison
Et l'emplissait de grâce et d'amour et de joie.

Aussi, pour cet envoi gracieux, ô Didon,
Nous te remercions en masse, mais, dis donc,
Je vais te dire ici, - la vérité m'y pousse -

Quel est mon désespoir et le regret que j'ai :
Je n'en eus, pour ma part, que gros comme le pouce ;
Ce bougre de Quinzac a presque tout mangé.
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Raoul PONCHON

Le sonnet de Félix Arvers a son mystère.
Les uns le trouvent bien, les autres mal conçus.
Je suis de ces derniers et ne saurais m'en taire,
Car ce fameux sonnet n'est pas d'un métier su.

Il aurait pu passer cent fois inaperçu
Dans un tas de sonnets, mais il est solitaire.
C'est ainsi qu'il a fait tant de potin sur terre,
Et que par les badauts il fut si bien reçu.

Certe, on y voit des mieux à quoi l'auteur veut tendre :
D'une il est amoureux qui ne veut pas entendre,
Et dans son désespoir on le suit pas à pas.

Mais le poète doit toujours rester fidèle
A la règle. Ainsi donc puisque Arvers fait fi d'elle,
Son sonnet en tant que sonnet n'existe pas.
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Raoul PONCHON

LA PROIE POUR L’OMBRE

Bien souvent, deux époux assortis corps et âme
N’ont, à certains moments, l’un pour l’autre plus d’yeux ;
La femme va trouver un amant odieux.
Et le mari s’impose une maîtresse infâme.

Vous me direz : « Mon dieu ! Changement de programme,
Car le même toujours devient fastidieux. »
Sans doute. Mais pourquoi changer en mieux…
Tant qu’à faire, et s’il doit en résulter un drame !

Ces époux assortis, aux appétits changeants,
Me font toujours l’effet de ces petites gens
Qui profitent de leur repos hebdomadaire,

Pour - dans un restaurant assurément chanceux,
Manger quelque infamie à la sauce madère,
Pouvant faire un repas confortable chez eux.
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