LE COIN POÉTIQUE DE FRIPOU



 
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 LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT

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André Laugier

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Ven 8 Juin - 12:06

Certes, il est long, ce poème. Mais que de vérités il renferme, et Albert BONNET les passe bien au crible avec une aisance et une pertinence remarquable.




Albert BONNET  

DÉCADENCE

On rencontre partout cette affreuse cuisine
Que le commerce vend sous des titres pompeux;
Ces liquides noircis bien à l'encre de chine,
Produits sophistiqués et poisons dangereux.

Ah! Si j'avais jeté dans la grande chaudière
En faisant fonctionner la machine à vapeur,
La datte, l'eau du puits, la levure de bière,
L'ananas, le pétrole et l'aubépine en fleurs
J'aurais peut-être bien conquis la clientèle.

La fraude est en effet de ce triste régime!
La solidarité réunit les coquins!
Prenez la fourche, ou bien, malheureuses victimes,
Vous serez le poisson mangé par les requins!

Aiguisez donc, Messieurs, canines et molaires
Pour nous manger le foie à l'heure du dessert.
Nous avons des amis dans tous les Ministères;
Vous n'imaginez pas à ce que cela nous sert.

D'avoir l'appui moral des hommes politiques,
D'avoir des protecteurs au sein du Parlement!
Aussi nous nous moquons de vos clameurs publiques
Et vous vous épuisez bien inutilement.

La mévente des vins, c'est une conséquence
Du régime pourri que nous subissons tous
C'est un signe des temps, signe de décadence
D'un parlement tombé dans les derniers dessous!

Avec tous les flacons que le bourgeois crédule
En vulgaire pigeon remet entre vos mains,
Un timbre suffit, dépense minuscule;
Vous n'avez pas besoin de courir les chemins.

Vous remplissez ainsi des barriques entières
Et sans frais de labours à travers les sillons
Car les petits ruisseaux font les grandes rivières,
Et vous battez monnaie à coup d'échantillons.

Remarquez, cher Monsieur, que nous pouvons sans peine
Nous passer de vos vins qui n'ont plus de crédit;
Nous faisons du Médoc avec l'eau des fontaines,
Trois gouttes de Cognac.et du sucre candi.

La sève du Médoc, dont le coût est six francs
Vous parfume à raison d'une goutte par verre;
le Sauternes Cold-Cream vaut mieux pour les vins blancs.

Dans les vastes couloirs de ce laboratoire
On conspire à loisir contre la vigne en fleur.
Tout fermente à la fois, la cuve et la baignoire,
La poêle et les chaudrons de toutes les grandeurs.

Les uns font la maltôte à l'aide d'un complice
Sans avoir un grabat de paille ou de roseaux
Comme leur siège social de leur maison factice,
Mais tous visent en choeur la gare de Margaux.

Le baptême rêvé, la marque, l'écriteau,
Le cachet mensonger qui va donner le change,
Le scellé protecteur sur des barriques d'eau.

L'Espagne nous fournit ses envois périodiques
Le Portugal aussi, le Chili, le Maroc
On baptise "Bordeaux" tous ces vins exotiques
Et tout cela repart comme "vins du Médoc"

Je trouve ici la sauce bien épaisse
Et vous avez du mettre un peu trop d'amidon;
Ajoutez-y de l'eau, c'est pour le vin de messe;
Il faut par hecto la valeur d'un bidon.

Je crois que nous touchons aux dernières limites
Du genre savoureux dans les vins supérieurs,
Du temps où la Nature avait des réussites,
Jamais le vigneron n'a fait des vins meilleurs.

Dans les vins naturels on trouve des microbes;
Cela me fait trembler pour le consommateur,
Car la vigne est malade aux quatre coins du globe;
J'évite à nos clients parfois de grands malheurs.

La marque! Tout est là! Quand la marque est connue
Vous pouvez lancer la machine en avant,
prendre des résidus au fond de la cornue,
Et les mêler aux sucs des figues du Levant.

Vous pouvez faire boire à votre clientèle
Tout ce qu'il vous plaira, de noires infusions,
De goudron délayé dans de l'eau de Javel,
Du chlorure de chaux et tant d'autres potions;

Le seul point important, c'est que votre étiquette
Sur toute la surface évite les faux plis;
Que l'étampe, le cru soit bien mis en vedette
En l'ornant au besoin de quelques fleurs de lys.

Mais aussi l'ingénu qui remet sa commande
A l'un des cuisiniers de la tour de Babel
Est sûr de son affaire: il faut bien qu'il s'attende
A quelques fûts d'eau claire avec du caramel.

Le commerce épuré par l'amende honorable
S'incline cette fois devant les Producteurs:
Seul le vin naturel se montre sur la table
La déroute est partout chez les empoisonneurs.




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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Ven 8 Juin - 12:35


Jean RICHEPIN

FLEURS DE BOISSON

Ouf ! J’ai soif comme si je mâchais de la laine…
Allons ! Donne l’avoine à mon gosier fourbu.
Du vin ! Nous faut du vin ! Je veux que mon haleine
Suffise pour soûler ceux qui n’auront pas bu.

Je veux qu’en me voyant le Panthéon recule,
Craignant d’être écrasé par mon choc, et je veux
Faire ce soir le jour après le crépuscule,
Grâce au soleil dont les rayons sont mes cheveux.

Tiens ! Prenons l’omnibus, tout couvert de gens ternes
Qui par mon flamboiement vont être illuminés.
Le vieux cocher, prenant mes yeux pour ses lanternes,
Allumera sa pipe aux braises de mon nez.

De l’Odéon pensif aux tristes Batignolles
Nous irons. Telle va la comète qui luit !
Chez le mastroquet gras qui vend des attignoles
Nous boirons du vin doux qui fait pisser la nuit.

Nous pisserons, très beaux, très heureux et très dignes,
Nous appuyant du front au mur éclaboussé,
Et les Batignollais verront un jour des vignes
Fleurir le long du mur où nous aurons pissé.







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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 11 Juin - 12:10


François NANGAM

DES GOÜTS ET DE COULEURS

Rien n'est si beau que ma Maîtresse !
Mais elle est noire, me dit-on ;
Eh bien oui ! C'est une négresse ;
Elle ressemble à du charbon,
Lequel, aussitôt qu'on l'allume,
Revêt d'éclatantes couleurs,
Et finalement se consume,
En rayonnant plus que les fleurs !
_________________

François NANGAM

QUI DONC EST-T-ELLE ?

Deux époux assortis, et pareillement laids,
Ne se discernaient plus, quand ils étaient couchés ;
Si bien qu'une modiste, entrant pour voir la femme,
Leur dit : "Pardon, Messieurs, qui de vous est Madame ?"
_________________

TRAHISON

À la fin d'une pièce, on réclame l'auteur,
Alors, de blanc ganté, paraît le régisseur ;
- "Messieurs, dit-il, la pièce est de Monsieur Maxime,
Lequel est désireux de garder l'anonyme".
_________________

François NANGAM

LE CONVIVE BOSSU

Cette fois-là placé entre deux jeunes gens,
Qui se cachaient les traits pour rire à ses dépens,
Leur dit : "Messieurs, je vois que le rire vous pèse,
Mais ne vous gênez pas, et, pour vous mettre à l'aise,
Sachez que je ne suis, ni tout à fait oiseux,
Ni tout à fait crétin ; je suis entre les deux."
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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 26 Juin - 11:31


François NANGAM

L'ORTHOGRAPH À LA CASERNE

Le soldat Cabissol écrit à sa payse ;
Il raconte la course et n'en vient pas à bout,
Car le terme "JOCKEY", soudain le paralyse !
"Sergent ! demande-t-il, vous qui connaissez tout,
JOCKEY a-t-il un q ? Je ne sais pas l'écrire".
- "En voilà des questions ! Mais bougre d'animal !
S'il n'avait pas de c.., celui que tu veux dire,
Comment c'est qu'il ferait pour monter à cheval ?"
_________________

François NANGAM

LA JALOUSIE CHEZ LES POLITICIENS

Elle y régna toujours, mais à l'heure où nous sommes;
Qui conque s'y distingue est maudit illico ;
Et si les numéros y remplaçaient les hommes,
Le plus aimé de tous serait Monsieur zéro.
_________________

François NANGAM

Eh quoi ! vous si jeune et si belle !
Vous vous éprenez d'un barbon ?
Savez-vous bien Mademoiselle,
Que c'est contraire à la raison :

Avec ses accords de crécelle,
Jamais, d'un vieillard la chanson,
Ne pourra lutter avec celle
D'un jeune et séduisant garçon.

Croyez-en mon expérience :
Dans les congrès de la science,
Il est bon d'admettre les vieux.
Mais de la galante aventure,
Les proscrire est, je vous assure,
Ce que l'on peut faire de mieux.
__________________

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 26 Juin - 17:31

François NANGAM

LA JALOUSIE CHEZ LES POLITICIENS

Elle y régna toujours, mais à l'heure où nous sommes;
Qui conque s'y distingue est maudit illico ;
Et si les numéros y remplaçaient les hommes,
Le plus aimé de tous serait Monsieur zéro.

Bien dit et rien ne change ....!
bis

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André Laugier

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 26 Juin - 19:54

Flamme a écrit:
François NANGAM

LA JALOUSIE CHEZ LES POLITICIENS

Elle y régna toujours, mais à l'heure où nous sommes;
Qui conque s'y distingue est maudit illico ;
Et si les numéros y remplaçaient les hommes,
Le plus aimé de tous serait Monsieur zéro.

Bien dit et rien ne change ....!
bis


Bonsoir FLAMME,

La vie n'est pas un long fleuve tranquille. À toutes les époques je crois qu'elle a été remplie d'obstacles. Ne serait-elle qu'un scénario qui n'a de cesse de se répéter, telle une fatalité, nous amenant à nous confronter sans fin aux mêmes dénouements ? Je me le demande...

La plus grande part des comportements humains et des processus de traitement de l'information se passe à notre insu et de façon automatique. C'est là le véritable problème. "CONVOITISE", "INTOLERANCE", "SECTARISM"E, sont les mêmes causes qui reproduisent les mêmes effets. La violence est souvent l’expression du dialogue devenu impossible. Dans notre XXIème siècle, les échanges sont différents, le progrès technique a changé, la science a permis des avancées. Cependant, les conflits existent, l'argent et le profit règnent toujours en maîtres, et l’histoire bégaie...

bis bis bis DE NOUS TROIS À TOUTES LES DEUX !

andre


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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 2 Juil - 19:32


Raoul PONCHON

APHORISMES DE TABLE

Redoutez de voir sur la table
Un nombre de verres considérable.
Deux verres, trois au plus,
Les autres sont superflus.
Je préfère du vin meilleur
A des mauvais plusieurs.

Ne dites pas à vos invités :
« Vous allez faire un mauvais dîner… »
Parbleu, ils le verront bien,
Sans être épicuriens.
Ne dites pas à tout propos :
« C’est à la fortune du pot… »

Que j’aie la bouteille de vin,
Toujours, à portée de ma main.
C’est moi seul qui dois être juge
Du rouge-bord que je m’adjuge.

Evitez que l’on assassine
Les poulets cuits dans la cuisine :
Un poulet n’est présentable
Que si l’on le découpe à table.

Et les poissons, et les gigots !
Sait-on jamais quels saligauds
Vous les travaillent dans l’office,
Vous les mâchent dans la coulisse ?

Ni dîners politiques,
Ni dîners littéraires ;
Les uns sont diurétiques,
Les autres funéraires.

Point de musique, n’est-ce pas,
De tziganes, à vos repas ?
C’est une ressource pire
Pour ceux qui n’ont rien à dire.
__________________

Raoul PONCHON

SONNET FAMILIER

à M. Gustave Guillardet
rond de cuir et dramaturge

Maudissant le travail, notre éternel bourreau ;
Plissant un front songeur où se croisant les rides,
Guillardet, amaigri par des labeurs arides,
Soupire chaque jour ; « Je vais à mon bureau !… »

Quel pays ; quelle rue ; enfin quel numéro
Peuvent-ils désigner à nos désirs avides
L’endroit où Guillardet met ses hémorroïdes ?…
Où donc, ce fantastique et fou buen-retiro ?…

De grâce, réponds-nous, ô Guillardet (Gustave) :
Est-ce près de Chatou ?… sur la terre batave ?…
S’y rend-on en wagon ?… en ballon ?… à baudet ?…

Gustave, dis le-nous !… Qu ‘au seuil de la baraque
On puisse après ta mort graver sur une plaque ;
« C’est ici que jadis travaillait Guillardet. »
_______________

Réponse DE GUILLARDET

Quand Guillardet vous dit : « Je vais à mon bureau »
Il y va, voilà tout ; et n’en fait pas mystère.
Certes, il n’y va pas, pressé comme un clystère,
Mais enfin, il y va, jeune godelureau !

Il faut que vous ayiez en mœlle de sureau
L’esprit, pour contester ce fait élémentaire.
Puis, chacun n’a-t-il point son bureau sur la terre ?
Sommes-nous pas logés au même numéro ?

Mais, tandis que vous-même et moi-même, ô Delorme !
Nous avons un bureau qui nous attend sous l’orme ;
Guillardet constamment se rend au sien, d’un pas

Sacerdotal et sûr - c’est ça qui vous le rive…
Et que si, par hasard un jour il n’y va pas,
Vous pouvez bien penser que le bougre en arrive.
_________________







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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 2 Juil - 22:08

Intarissable ce cher Ponchon !!! Les bons plats et le bon vin sont pour lui un grand bonheur !
bisounours

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mer 4 Juil - 12:43


Georges FOUREST

UN HOMME

Quand le docteur lui dit : "Monsieur, c'est la vérole
indiscutablement !", quand il fut convaincu
sans pouvoir en douter qu'il était bien cocu
l'Homme n'articula pas la moindre parole.

Quand il réalisa que sa chemise ultime
et son pantalon bleu par un trou laissaient voir
sa fesse gauche et quand il sut que vingt centimes
(oh ! pas même cinq sous !) faisaient tout son avoir

il ne s'arracha point les cheveux, étant chauve,
il ne murmura point : "Que le bon Dieu me sauve !"
ne se poignarda pas comme eût fait un Romain,

sans pleurer, sans gémir, sans donner aucun signe
d'un veule désespoir, calme, simple, très-digne
il prononça le nom de l'excrément humain.
_________________

Jean D'AUVRAY

N'en déplaise à Ronsard, les tétins de nos filles
À des boules ne sont comparés justement,
Car la boule ne sert qu'à abattre des quilles,
Mais un beau sein les fait redresser promptement
________________________


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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mer 4 Juil - 12:57

Flamme a écrit:
Intarissable ce cher Ponchon !!! Les bons plats et le bon vin sont pour lui un grand bonheur !
bisounours


Intarissable et plein d'imagination. C'est certainement pour cela qu'au dessert, il disait : "Quand je mange des glaces, cela me fait réfléchir".

ahah ahah

bis bis bis

andre

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Dim 8 Juil - 19:25


Guillaume COLLETET

RAILLERIE SUR LA RECONTRE D'UN BÉLIER

Transporté de plaisir comme un valet de fête,
Ou comme un qui s'emploie à forger un cocu,
Je pensais à Cloris, dont les yeux m'ont vaincu,
Préférant mon servage à toute autre conquête.

Lors que dans l’arsenal une puissante bête,
Qui n’a pour mon malheur que trop long temps vécu,
Me vint publiquement planter dedans le cul
Ce qu’en secret je plante aux autres sur la tête.

Lycandre, que devins-je à ce puissant effort ?
Je chancelle, je tombe étourdi, demi-mort,
Soupirant mes malheurs plus cruels que les vôtres.

Alors dit un passant qui me vint secourir,
Un coup de corne enfin doit il faire mourir
Celui qui par la corne en fit naître tant d’autres ?
___________________

Émile GOUDEAU

LE VIN DE VÉRITÉ

Eh ! quoi ? Les anciens Grecs, pourtant joyeux et braves,
Logeaient la Vérité toute nue en un puits !!...
Dieux buveurs de nectar, restez exempts d'ennuis,
On sait que votre soeur habite dans les caves.

Nos pères, les Latins, nous l'ont dit par trois mots
Que l'on devrait inscrire, en or, sur les murailles :
"In Vino Veritas !" C'est parmi les futailles
Que naît la Vérité, Venus des rouges flots.

"In Vino Veritas !" Or, apportez mon verre
Loin des puits imposteurs, et je dégusterai
Philosophiquement, le pur, le bon, le vrai,
Me consolant ainsi que Tout mente sur Terre.

Car le buveur adopte un franc-parler joyeux
Dans la société des lucides amphores.
La Vérité lui souffle un tas de métaphores
Qui lui donnent le droit de tutoyer les Dieux.

Bientôt, loin des puits sourds, il court vers les Etoiles,
Bousculant Mars, Vénus, Neptune, Jupiter.
Seigneurial, il vogue et roule dans l'Ether,
Ayant, comme l'on dit, quelque vent dans les toiles.

Or, afin de partir de notre monde froid
Vers le Ciel, où le Vrai tout chaud se manifeste,
Le Buveur, sans fatigue, use d'un simple geste :
Il prend son verre plein, ferme les yeux, et boit...

C'est donc, ô vendangeurs, faire œuvre pie et juste
Que de cueillir, là-bas, les grappes du Soleil,
De presser en la Cuve un laitage vermeil,
Puis d'enclore le Vin dans la Futaille auguste.

La Tonne, dans la Cave obscure, abritera,
Contre l'Eau des mouilleurs abjects, la pourpre exquise ;
On fermera la porte ainsi qu'un huis d'église,
Et l'Alme vérité dans le Vin descendra.
__________________

Raoul PONCHON

Une Américaine était incertaine
Sur la façon de cuire un homard.

Et si nous remettions la chose à plus tard ?
Dit le homard à l’Américaine.
__________________



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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Jeu 19 Juil - 12:12


ean LORRAIN

SAUT D'OBSTACLE

Le marquis est navré : c'est une fausse couche.
Coiffée en jeune gars et svelte en long peignoir,
La petite marquise au fond de son boudoir
Reçoit ses visiteurs, le sourire à la bouche.

"Allons, ne pleurez pas... Est-ce que ça me touche ?"
Dit-elle, toute drôle au duc de Bonvouloir,
Qui, datant du Roi Louis, croit être au désespoir,
"Pour un enfant lavé, vous voilà bien farouche !

Il m'embêtait assez ce môme à mettre au jour,
Puis les enfants, cher duc, c'est la mort de l'amour.
Enfanter et nourrir, c'est écœurant, parole.

Eut-on jamais l'idée à vingt ans d'accoucher ?
Aussi j'ai travaillé rageusement, en folle
Cheval et sauts d'obstacle... et je l'ai... décroché."
__________________

Edmond ROSTAND, après avoir obtenu des triomphes avec son "Cyrano de Bergerac" et "l'Aiglon", fit attendre longtemps sa pièce suivante "Chanteclerc" dont il avait situé l'action dans une basse-cour. Les comédiens déguisés furent trouvés peu convaincants, et pour tout dire, ennuyeux. Ce fut un échec éclatant... que résume fort bien l'épigramme suivant :


Nous sommes fort admirateurs,
Chanteclerc, de ta voix sonore :
Elle fait s'éveiller l'aurore
Et s'endormir les spectateurs.


Alexandre DUMAS soupait chez un médecin très célèbre et très riche dont on murmurait que les malades mettaient peu d'empressement à guérir. Lorsqu'on lui demanda d'écrire quelques mots sur le "livre d'Or", DUMAS s'exécuta (à moins que ce ne fût son hôte !)


Depuis que le docteur Gistal
Soigne des familles entières,
On a démoli l'hôpital...
Et l'on a fait deux cimetières.


En 1925, François PORCHÉ fit présenter à Rouen sa Vierge au grand coeur, une pièce qu'il avait écrite en hommage à Jeanne d'Arc. Jean GIRAUDOUX lui régla son compte en deux vers :


Rouen, prépare tes bûchers !
Après Cauchon, voci Porché !


Lorsqu'on s'appelle Henry BORDEAUX, on se doit d'être un grand cru. Hélas ! Cet écrivain bourgeois et conventionnel ne vendangeait qu'une "piquette" insignifiante. Comment s'étonner que son nom ait inspiré cette épigramme :

Ne dites pas d'Henry Bordeaux qu'il "fait sous lui"
Lorsqu'il fabrique de la prose,
Dites plus décemment pour masquer votre ennui :
"Ce Bordeaux vieillit, il dépose ! "

Jean d'AUVREY

N'en déplaise à Ronsard, les tétins de nos filles
A des boules ne sont comparés justement,
Car la boule ne sert qu'à abattre des quilles,
Mais un beau sein les fait redresser promptement
________________

Charles de BAUDELAIRE

Les Belges poussent, ma parole,
L'imitation à l'excès,
Et, s'ils attrapent la vérole,
C'est pour ressembler aux Français
_________________

LEBRUN-PINDRARE

Ne cherchons point un vain détour
Pour excuser notre faiblesse :
Les premiers soupirs de l'amour
Sont les derniers de la sagesse
__________________

Jean François SARASIN

Par ces quatre mots de prose
Je vous mets mon cœur en main;
S'il est bien reçu, demain
J'y mettrais quelque autre chose
___________________

Jacques de CAILLY

Considère-moi bien, regarde bien Clymène;
Nous naquîmes tous deux dans la même semaine;
Tous deux, à cinq jours près, somme du même temps;
Cependant, vois quel tord me font les destinées :
Depuis sept mois j'ai trente-six années
Et ce charmant objet n'a toujours que vingt ans.
_________________

GIRAUDY

N'accusons plus de fausseté
Ce beau sexe qui nous enchante;
Mes amis, la femme est constante.
Au moins dans sa légèreté
_________________

Madame de la SABLIÈRE

Elle est coquette, sotte et belle,
Assez belle pour le plaisir,
Assez sotte pour mal choisir,
Assez coquette enfin pour n'être pas cruelle :
Elle aura la foule chez elle.
________________

PAVILLON Étienne

Apprenez, bienheureux amants,
Qu'il n'est point d'amour éternelle :
Quand on ne veut point voir sa maîtresse infidèle,
Il ne faut pas vivre longtemps
________________

Paul SCARRON

Dame Astartot, je te hais tant
Et d'une haine enracinée,
Qu'encor que je sois mal content
De ma chienne de destinée,
Je voudrais vivre cent ans
Afin de te haïr longtemps.
_____________




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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Ven 20 Juil - 17:56

De belles critiques qui étaient bien souvent cinglantes pour ceux qui les recevaient !!! J'aime bien.
Quand j'étais jeune, j'admirais Sacha Guitry, déjà !clin2
cligno bis3

_________________
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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Dim 22 Juil - 19:52

Flamme a écrit:
De belles critiques qui étaient bien souvent cinglantes pour ceux qui les recevaient !!! J'aime bien.
Quand j'étais jeune, j'admirais Sacha Guitry, déjà !clin2
cligno bis3


De belles répliques, vers satiriques et risibles qui ne peuvent que nous faire admirer combien nos illustres prédécesseurs savaient manier le Verbe dans l'excellence de la langue française.

bis bis bis DE NOUS TROIS

andre



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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Dim 22 Juil - 19:58


P. LORIE

L'HYPOCHONDRIAQUE

— Voulez-vous de vos jours raviver le flambeau ?
Suivez de point en point ce qu'on va vous prescrire.
— A tout, Docteur, à tout je suis prêt à souscrire.
— Biftecks, rosbifs, chapons vous seront seuls permis ;
À dîner, chaque jour, invitez des amis,
Gens de bon appétit et d'humeur joviale ;
Surtout — et c'est ici la chose capitale,
Car le salut pour vous n'est qu'au fond du caveau,
Surtout qu'un vieux Champagne, échauffant le cerveau,
Au bruit des gais refrains d'une aimable folie,
Chasse au loin la tristesse et la mélancolie.
Ainsi donc du Champagne, et du Champagne encor !
Et vous verrez bientôt refleurir l'âge d'or.
__________________

NONYME

ACTRICES

Entre deux actrices nouvelles
Les beaux esprits sont partagés ;
Mais ceux qui ne se sont rangés
Sous le drapeau d'aucune d'elles
Préfèreront sans contredit,
Sauf le respect de Melpomène,
Entendre l'une sur la scène
Et tenir l'autre dans son lit.
___________________

Fernand GREGH

ADULTÈRE

Ah ! premier rendez-vous dans notre petit nid !
Mais, hélas ! quel affreux changement au programme :
Elle m'a tellement parlé de son mari,
Que je n'ai pu placer un seul mot sur ma femme.
___________________

ANONYME

L'AIGLON

Lorsque le Sénat harangua
Le roi de Rome dans sa couche :
"Messieurs, votre hommage me touche !"
Dit l'enfant en faisant caca.
Cela passa de bouche en bouche.
___________________





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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 23 Juil - 13:31


Ah ! premier rendez-vous dans notre petit nid !
Mais, hélas ! quel affreux changement au programme :
Elle m'a tellement parlé de son mari,
Que je n'ai pu placer un seul mot sur ma femme.

Cet anonyme est bien dans le vrai et sait nous amuser !
bis

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 23 Juil - 19:23

Flamme a écrit:

Ah ! premier rendez-vous dans notre petit nid !
Mais, hélas ! quel affreux changement au programme :
Elle m'a tellement parlé de son mari,
Que je n'ai pu placer un seul mot sur ma femme.

Cet anonyme est bien dans le vrai et sait nous amuser !
bis



Beaucoup de poètes anonymes (et talentueux) ont laissé des œuvres parfois dignes des plus grands. C'est encourageant de savoir que beaucoup de ces poèmes ne sont pas tombés dans l'oubli, et que même quelques anthologies leurs consacrent de l'intérêt.

merci2 pour tes très fidèles lectures qui ne peuvent que me motiver pour le poursuivre et l'étoffer au fil des mois.

DE grosbiz DE NOUS TROIS À VOUS DEUX !

andre


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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 23 Juil - 19:30

AUBERGE

Au diable ! Auberge immonde ! Hôtel de la punaise,
Où la peau, le matin, se couvre de rougeurs,
Où la cuisine pue, où l'on dort mal à l'aise,
Où l'on entend chanter les commis voyageurs !

Victor HUGO

(Devrait figurer, pour certains restaurants, dans le "Hugo et Millau").  

 ahah  ahah
___________________

FLEURS BLANCHES (Destiné à la marquise de Pompadour)

La marquise a bien des appas,
Ses traits sont fins, ses grâces franches,
Et les fleurs naissent sous ses pas ;
Mais, hélas, ce sont des fleurs blanches.

MAUREPAS.
___________________

COMÉDIENNE

Célimène au salon, à peine incommodée,
Tient sa place parmi les dames haut gradées
Qui possédaient jadis en fiefs toute la France,
Mon Dieu, la seule différence
C'est que toute la France, elle, l'a possédée.

ANONYME. (À une comédienne de vertu peu farouche)
___________________

Ses parents, très croyants, l'avaient prénommé Pie
Ils comptaient bien en faire un moine ou un abbé
Mais l'ado s'enfuira, il deviendra hippie
Fou de hasch et de sexe, il pourra s'éclater

Moralité :

Hippie, Pie pourra.

ANONYME
___________________

Thomas était petit, on l'appelait Tom Pouce
Il alla dans un pré, un pur-sang l'avala
Il cria « Au secours ! » mais entendant cela
Le fermier, nommé G., s'est esquivé en douce

Moralité :

G. laisse Thomas dans l'étalon.
___________________

Un éboueur véreux pour gagner quelque argent
Œuvrait souvent au noir pour des particuliers
Il déchargeait souvent deux bennes en la journée.
Mais un soir de labeur, il eut un accident.

Moralité :

A chaque jour suffit sa benne.

ANONYME
___________________



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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 24 Juil - 14:08

De bons commentaires sur des vers bien amusants !
sourir bis2

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 24 Juil - 17:57

Flamme a écrit:
De bons commentaires sur des vers bien amusants !
sourir bis2



J'avoue que ces petits "bouts rimés" sont très bien tournés et, souvent en un seul quatrain, offrent toute la panoplie d'un sens brillant de la verve et de la causticité de ces poètes ou auteurs inspirés.

J'espère en trouver d'autres dans la même veine.

MILLE merci2

DE grosbiz

andre


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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Ven 27 Juil - 11:47


PANARD

LA BOUTEILLE

Que mon
Flacon
Me semble bon ;
Sans lui
L'ennui
Me nuit,
Me suit ;
Je sens
Mes sens
Mourants,
Pesants.
Quand je le tiens
Dieu que je suis bien !
Que son aspect est agréable !
Que je fais cas de ses divers présents !
C'est de son sein fécond et de ses heureux flancs
Que coule ce nectar si doux, si délectable,
Qui rend dans les esprits tous les cœurs satisfaits,
Cher objet de mes vœux tu fais toute ma gloire,
Tant que mon cœur vivra de tes charmants bienfaits
Il saura conserver le fidèle mémoire.
Ma muse à te louer se consacre à jamais,
Tantôt dans un caveau, tantôt sous une treille,
Répétera cent fois cette aimable chanson :
Règne sans fin ma charmante bouteille
Règne sans cesse, mon cher flacon.
_________________

M. RÉGNIER

Hier la langue me fourcha,
Devisant avec Antoinette :
Je dis f….., et cette finette
Me fit la mine et se fâcha.
Je déchus de tout mon crédit,
Et vis, à sa couleur vermeille,
Qu’elle aimait ce que j’avais dit,
Mais en autre part qu’en l’oreille.
__________________

Jean de la FONTAINE.

ÉPITAPHE D'UN BAVARD

Sous ce tombeau pour toujours dort
Paul, qui toujours cotait merveille.
Louange à Dieu, repos au mort,
Et paix sur terre à nos oreilles
__________________



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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 30 Juil - 12:15


Le père PIRON (1689-1773) dont on connaît la plume impie, n’était pas de reste dans la poésie légère, humoristique et grivoise. Il se situait dans cette tradition coquine qui faisait du couvent le lieu de toutes les voluptés. Dégustons, mes ami(e)s ces vers gaulois et polissons. (Surtout pour l’époque).

LA PUCE

Au dortoir
Sur le soir
La sœur Luce,
En chemise et sans mouchoir,
Cherchait du blanc au noir
À surprendre une puce.

À tâtons
Du téton
À la cuisse
L’animal ne fait qu’un saut
Ensuite un peu plus haut,
Se glisse
Dans la petite ouverture,
Croyant sa retraite sûre.

De pincer
Sans danger
Il se flatte.
Luce, pour se soulager,
Y porte un doigt léger
Et gratte.

En ce lieu
Par ce jeu
Tout s’humecte.
À force de chatouiller,
Venant à se mouiller,
Elle noya l’insecte.

Mais enfin,
Ce lutin,
Qui rend l’âme,
Veut faire un dernier effort.
Luce grattant plus fort
Se pâme !
__________________

Clément MAROT

ÉPÎTRE AU ROI

En m’ébattant je fais rondeaux en rime,
Et en rimant bien souvent, je m’enrime ;
Bref, c’est pitié d’entre nous rimailleurs,
Car vous trouvez assez de rime ailleurs,
Et quand vous plait, mieux que moi rimassez,
Des biens avez et de la rime assez :
Mais moi, à tout ma rime et ma rimaille,
Je ne soutiens (dont je suis marri) maille.
Or ce me dit (un jour quelque rimart)
« Vien ça, Marot, trouves tu en rime art
Qui serve aux gens, toi qui as rimassé ?
– Oui vraiment, réponds-je, Henry Macé ;
Car, vois-tu bien, la personne rimante
Qui va au jardin de son sens la rime ente,
Si elle n’a des biens en rimoyant,
Elle prendra plaisir en rime oyant.
Et m’est avis, qui si je ne rimois,
Mon pauvre corps ne serait nourri mois,
Ne demi-jour. Car la moindre rimette,
C’est le plaisir, où faut que mon ris mette. »
Si vous supplie, qu’à ce jeune rimeur
Fassiez avoir par sa rime heur,
Affin qu’on dise, en prose ou en rimant ;
« Ce rimailleur, qui s’allait enrimant,
Tant rimassa, rima et rimonna,
Qu’il a connu quel bien par rime on a. »
__________________


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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 31 Juil - 14:26

Il est coquin ce prêtre, mais beaucoup d'humour !
Bien drôle cette puce libertine !
bis2

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 31 Juil - 19:01

Flamme a écrit:
Il est coquin ce prêtre, mais beaucoup d'humour !
Bien drôle cette puce libertine !
bis2


Un drôle de prêtre, en effet, spécialisé dans la poésie gaillarde. Cela lui valut quelques problèmes avec le clergé, à son époque.

Il écrivit lui-même sa propre épigramme, que je me fais un plaisir de poster, ci-dessous :


J'achève ici-bas ma route.
C'était un vrai casse-cou.
J'y vis clair, je n'y vis goutte ;
J'y fus sage, j'y fus fou.
Pas à pas j'arrive au trou
Que n'échappent fou ni sage,
Pour aller je ne sais où.
Adieu,
Piron, bon voyage !


ahah (Cette satire n'est pas triste, et révèle bien le caractère farfelu de l'individu).


DOUCE SOIRÉE À TOUTES LES DEUX ET NOS PLUS AFFECTUEUX  bis  bis  bis

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 31 Juil - 19:01

Flamme a écrit:
Il est coquin ce prêtre, mais beaucoup d'humour !
Bien drôle cette puce libertine !
bis2


Un drôle de prêtre, en effet, spécialisé dans la poésie gaillarde. Cela lui valut quelques problèmes avec le clergé, à son époque.

Il écrivit lui-même sa propre épigramme, que je me fais un plaisir de poster, ci-dessous :

J'achève ici-bas ma route.
C'était un vrai casse-cou.
J'y vis clair, je n'y vis goutte ;
J'y fus sage, j'y fus fou.
Pas à pas j'arrive au trou
Que n'échappent fou ni sage,
Pour aller je ne sais où.
Adieu,
Piron, bon voyage !


ahah (Cette satire n'est pas triste, et révèle bien le caractère farfelu de l'individu).


DOUCE SOIRÉE À TOUTES LES DEUX ET NOS PLUS AFFECTUEUX  bis  bis  bis

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mer 1 Aoû - 19:54


Isaac de BENSERADE (1612-1691)

Madame, je vous donne un oiseau pour étrenne
Duquel on ne saurait estimer la valeur ;
S’il vous vient quelque ennui, maladie ou douleur,
Il vous rendra soudain à votre aise et bien saine.
Il n’est mal d’estomac, colique ni migraine
Qu’il ne puisse guérir, mais surtout il a l’heur
Que contre l’accident de la pâle couleur
Il porte avec soi la drogue souveraine.
Une dame le vit dans ma main, l’autre jour
Qui me dit que c’était un perroquet d’amour,
Et dès lors m’en offrit bon nombre de monnoie ;
Des autres perroquets il diffère pourtant :
Car eux fuient la cage, et lui il l’aime tant
Qu’il n’y est jamais mis qu’il n’en pleure de joie.
__________________

Isaac du RYER

SONNET

M’étant pour le présent une chose impossible
De vous payer le pet que j’ai perdu au cent,
En voici un tout frais dont l’odeur rien ne sent,
Contre son naturel, maniable et visible.

Prenez-le donc de moi plutôt qu’un invisible,
Qui vous irait soudain par le nez saisissant,
Ou bien si vous voulez que je m’aille efforçant,
Vous entendrez tonner d’une façon terrible.

Toutefois, puisqu’un pet n’est sinon qu’un son net,
En vous faisant présent de ce petit sonnet,
Je pense n’être plus envers vous redevable.

Puis un pet ne peut-être entièrement payé,
D’autant que telle dette est si grande et notable,
Que toujours le detteur en retient la moitié .
_________________

François NANGAM

L’ORTHOGRAPHE À LA CASERNE

Le soldat Cabissol écrit à sa payse ;
Il raconte la course et n'en vient pas à bout,
Car le terme « JOCKEY », soudain le paralyse !
« Sergent ! demande-t-il, vous qui connaissez tout,
JOCKEY a-t-il un q ? je ne sais pas l’écrire ».
– « En voilà des questions ! Mais bougre d’animal !
S’il n’avait pas de c. ., celui que tu veux dire,
Comment c’est qu’il ferait pour monter à cheval ? »
________________

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 6 Aoû - 19:05


François NANGAM

Deux époux assortis, et partiellement laids,
Ne se discernaient plus, quand ils étaient couchés ;
Si bien qu’une modiste, entrant pour voir la femme,
Leur dit : « Pardon, Messieurs, qui de vous est Madame » ?
__________________


François NANGAM

A la fin d’une pièce, on réclame l’auteur,
Alors, de blanc ganté, parait le régisseur ;
- « Messieurs, dit-il, la pièce est de Monsieur Maxime,
Lequel est désireux de garder l’anonyme.
__________________

Auguste MARIN

Tout ce qu’on t’enseigne est douteux ou vain.
Va, laisse aux rêveurs leur triste folie !
Apprends seulement à boire ton vin,
À fumer ta pipe et, par droit divin,
À chanter des vers… le reste s’oublie !
__________________

Jean RICHEPIN

À RAOUL PONCHON

Tu sens le vin, ô pâte exquise sans levain.
Salut Ponchon! Salut, trogne, crinière, ventre !
Ta bouche, dans le foin de ta barbe, est un antre
Où gloussent les chansons de la bière et du vin.
.
Aux roses de ton nez jamais l'hiver ne vint.
Tu bouffes comme un ogre et pintes comme un chantre.
Tous les péchés gourmands ont ton nombril pour centre.
Dans Paris, ce grand bois, tu vis tel qu'un sylvain,
.
Sachant tous les sentiers, mais fuyant les fontaines,
Flairant les carrefours, les ruelles lointaines,
Où les bons mastroquets versent le bleu pivois.
.
Et j'aime ton plastron d'habit bardé de taches,
Ton pif rond, tes petits yeux ronds, ta chaude voix,
Et l'odeur de boisson qui fume à tes moustaches.
__________________




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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Sam 11 Aoû - 11:41


Antoine BERTIN

Nul ermite n'est préposé
A la garde du tabernacle ;
Le peuple, en tous lieux peuple, et toujours abusé,
N'y court point engraisser quelque fripon d'oracle ;
Mais le granit du seuil, par ses genoux usé,
Voit tous les ans se faire un assez grand miracle ;
Car la plus timide beauté
Qui, dans cette solennité,
De pourpre la joue un peu teinte,
Et le scapulaire au côté,
Trotte vers la demeure sainte,
En jupon de laine écourté,
Dans cet asile respecté
Entre avec sa virginité,
Et bientôt en revient enceinte.
__________________

BAOUR-LORMIAN

L’ère du Poétisme en ce siècle commence,
C’est l’inspiration, dont la sainte démence,
Nous verse nos accords, bouillonne en nos écrits,
Et, par elle, on sait tout sans avoir rien appris
__________________

CIGALE, LE TABAC ET LA FOURMI

La cigale, ayant fumé
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand le manque fut venu.
Pas un seul petit morceau
De clope ou de mégot.
Elle alla crier nicotine
Chez la fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelques tiges pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle.
Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’Oût, foi d’animal,
Intérêt et principal.
La fourmi n’est pas fumeuse ;
Ce n’est point là un défaut.
"Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
-Nuit et jour à tout venant
Je fumais, ne vous déplaise.
-Vous fumiez ? j’en suis forte aise.
Eh bien ! Toussez maintenant."
__________________




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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 13 Aoû - 17:41


Francisco Acuna De FIGUEROA

ÉPIGRAMME

Cornelio grondait en termes peu courtois
Sa femme trop sensible à tant de bons apôtres
Pour les accrocs faits à sa foi.
Elle répond : "C'est vrai, ma foi!
Mais, à l'église, avec des patenôtres,
Quand on me fit dire "oui" à toi,
J'ai oublié de dire "non" aux autres."
__________________

ABBE DESFONTAINES

À MONSIEUR DE CORLON,
QUI ÉTAIT AVEC L’AUTEUR A MONJEU,
CHEZ M. LE DUC DE GUISE ALORS MALADE.

Je sais ce que je dois, et n’en fais jamais rien:
Au lieu d’aller tâter le pouls de Son Altesse,
J’abandonne son lit sans dormir dans le mien;
Je renonce aux dîners, au piquet, à la messe,
Très mauvais courtisan, bien plus mauvais chrétien,
Libertin dans l’esprit, et rempli de paresse.
Ah, monsieur de Corlon! que vous êtes heureux!
Plus libertin que moi sans être paresseux,
On vous trouve à toute heure, et vous savez tout faire.
De grâce, enseignez-moi ce secret précieux
De vous lever matin, de dîner, et de plaire.
__________________

Théophile GAUTIER

SONNET BOUTS RIMÉS

Amis, si vous voulez que je trouve un condor,
M’envoyer de Neuilly jusque dans Eckenfoerde
C’est vouloir à coup sûr que ma peine se perde
Car je ne l’aurais pas, même pour son poids d’or.

Je n’entendis jamais la musique de Spohr,
Et comme à Waterloo Cambronne, je dis « merde »
Tout aussi carrément à Spohr qu’à Monteverde,
Et je m’en vais fumer ma pipe sur le port.

Je regarde la mer qui bouillonne et fait rage,
Rêveur, et ruminant au fond de mon cerveau
Le plan de quelque histoire à dénouement nouveau.

Cependant aux marins échappés du naufrage
Des filles, les bras nus et découvrant leurs seins,
Présentent les tarifs de leurs charmes malsains.
__________________



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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Jeu 16 Aoû - 12:08


Gustave NADAUD

LE ROI BOITEUX

Un roi d’Espagne, ou bien de France,
Avait un cor, un cor au pied ;
C’était au pied gauche, je pense ;
Il boitait à faire pitié.

Les courtisans, espèce adroite,
S’appliquèrent à l’imiter ;
Et qui de gauche, qui de droite,
Ils apprirent tous à boiter.

On vit bientôt le bénéfice
Que cette mode rapportait ;
Et, de l’antichambre à l’office,
Tout le monde boitait, boitait.

Un jour, un seigneur de province,
Oubliant son nouveau métier,
Vint à passer devant le prince,
Ferme et droit comme un peuplier.

Tout le monde se mit à rire,
Excepté le roi, qui, tout bas,
Murmura : « Monsieur, qu’est-ce à dire ?
Je crois que vous ne boitez pas ?

— Sire, quelle erreur est la vôtre !
Je suis criblé de cors ; voyez :
Si je marche plus droit qu’un autre,
C’est que je boite des deux pieds. »





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