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 Éternité et Pensées d'automne (2) (Marius LAUGIER)

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André Laugier

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MessageSujet: Éternité et Pensées d'automne (2) (Marius LAUGIER)   Mar 3 Juil - 12:05





Marius LAUGIER

ÉTERNITÉ...

Ce mot : Éternité, m’épouvante et m’affole ;
Je vois l’éternité sans pouvoir y plonger ;
Quand je veux en parler, je n’ai plus de parole ;
Quand je veux y penser, je ne peux plus songer.

Qu’est-ce que le néant que le ciel nous dérobe ?
Il n’est pas de néant, sachons mieux regarder :
L’univers infini d’atmosphère s’enrobe,
Et se pare des biens qu’il aimerait garder.

Oui, le néant, c’est l’homme et toute sa puissance.
Il crée, il démolit pour mieux s’ensevelir,
Il ravage ce sol, qui l’absorbe en silence,
Comme s’il ne savait qu’un jour il doit mourir.

Écrit à Marseille, le 17 septembre 1948.
__________________

Marius LAUGIER

PENSÉES D’AUTOMNE (2)

Soufflez, soufflez, vents de l’automne,
Soufflez repoussez les hivers.
La feuille, que l’arbre abandonne,
Tache de brun les coteaux verts.

La dent de l’aubépine arrête
La marche du vieux promeneur ;
La macreuse suit la tempête
Que tente de fuir le pêcheur.

Les roseaux sifflent sur la rive ;
Il semble qu’un peuple inconnu
Fasse entendre sa voix plaintive,
De la mer bleue au mont chenu.

C’est la saison où la pensée,
Comme un vol d’oiseaux migrateurs,
Nous quitte et, soudain élancée,
Prend son vol vers des ciels meilleurs.

C’est l’heure où la feuille qui tombe
Recouvre le même gazon,
Dernier abri de la colombe,
A l’avant-dernière saison.

Un chemin, à travers la ronce,
Sous le dôme d’un peuplier,
Quand une bouche le prononce,
Redit un nom presque en entier.

Quel est-il ? laissez le mystère
Pieusement l’ensevelir,
Feuille à feuille, sous cette terre,
Où nul ne viendra l’éclaircir.

Il existe la maisonnette,
La terrasse où, penchant la tête,
On contemplait, au fil de l’eau,
Comme dans un miroir magique,
Les arbres, le ciel magnifique,
Où le passage d’un oiseau.

Comment oublier, O nature,
Sans se défendre d’un murmure,
Ces autodafés de l’amour :
Amour du cœur, amour de l’âme,
Consumés de la même flamme
Et fats pour le même séjour ?

Les ans ont effacé la trace
Des pas qu’on ne peut oublier.
Ce souvenir passe et repasse ;
L’on revient à la même place
Du banc qui nous fut familier.

Laissons couler la plaie ouverte :
Le sang qui s’en échappera
Maculera la feuille verte,
Et sur une tombe déserte,
L’amour en deuil sanglotera.

Écrit à Marseille, le 24 octobre 1948.
_________________


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Flamme
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Age : 71
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MessageSujet: Re: Éternité et Pensées d'automne (2) (Marius LAUGIER)   Jeu 5 Juil - 9:44

Je constate que ton papa, cher André, pensait très fort aux questions que nous nous posons : Éternité, univers infini, néant...
Il en arrive à s'arrêter sur le néant pour en définir l'humain qui détruit, saccage, ravage sans penser qu'il fait parti du désastre qu'il procure.
Un poème qui permet de réfléchir sur notre pauvre avenir, seule notre conscience en sera belle ou laide.


Les pensées tristes de l'automne sont réunies dans ce magnifique poème. La feuille symbole de la vie se voit abandonnée, le vent son ennemi l'arrache à la nature. L'automne si proche de l'hiver ouvre sa porte à un monde plaintif, les oiseaux migrateurs nous quittent, et notre pensée s'envole vers l'être cher qui nous a laissés dans la solitude.
"Les ans ont effacé la trace
Des pas qu’on ne peut oublier."
Et pour en conserver le souvenir, le banc est l'endroit béni qui gardera pour toujours la douceur et la tendresse des moments du bonheur.
Le dernier quatrain est déchirant par le non-retour qu'il impose.
Magnifiques pensées d'un poète merveilleux.
Merci André, pour ce cadeau.
calinchat bibi2

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André Laugier

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Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: Éternité et Pensées d'automne (2) (Marius LAUGIER)   Jeu 5 Juil - 12:31

Flamme a écrit:
Je constate que ton papa, cher André, pensait très fort aux questions que nous nous posons : Éternité, univers infini, néant...
Il en arrive à s'arrêter sur le néant pour en définir l'humain qui détruit, saccage, ravage sans penser qu'il fait parti du désastre qu'il procure.
Un poème qui permet de réfléchir sur notre pauvre avenir, seule notre conscience en sera belle ou laide.


Les pensées tristes de l'automne sont réunies dans ce magnifique poème. La feuille symbole de la vie se voit abandonnée, le vent son ennemi l'arrache à la nature. L'automne si proche de l'hiver ouvre sa porte à un monde plaintif, les oiseaux migrateurs nous quittent, et notre pensée s'envole vers l'être cher qui nous a laissés dans la solitude.
"Les ans ont effacé la trace
Des pas qu’on ne peut oublier."
Et pour en conserver le souvenir, le banc est l'endroit béni qui gardera pour toujours la douceur et la tendresse des moments du bonheur.
Le dernier quatrain est déchirant par le non-retour qu'il impose.
Magnifiques pensées d'un poète merveilleux.
Merci André, pour ce cadeau.
calinchat bibi2  


Bonjour FLAMME,

Papa, dans la continuité et dans la tradition des œuvres de VIGNY, LAMARTINE ou encore HUGO, nous a offert une écriture empreinte de sensibilité, de couleur, de terroir et de références aux choses de tous les jours, que seul un grand observateur est à même de retranscrire avec émotion. Mais aussi dans la sobriété d'un caractère humble baigné de gentillesse et de sociabilité.

Il aimait figer et coucher sur le papier, tel un peintre élaborant son aquarelle, les plus beaux moments (mais aussi, souvent les plus amers), de son existence. Combien il m'est agréable de lui rendre hommage en publiant sa délicate et émouvante poésie classique.

merci2 merci2 merci2 POUR LUI !

DE grosbiz DE NOUS TROIS !

andre

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MessageSujet: Re: Éternité et Pensées d'automne (2) (Marius LAUGIER)   

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Éternité et Pensées d'automne (2) (Marius LAUGIER)
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