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 Réjouissance (FIN). Dilatation sur des vers de V. Hugo

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André Laugier

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MessageSujet: Réjouissance (FIN). Dilatation sur des vers de V. Hugo   Lun 12 Juin - 12:40



RÉJOUISSANCE

Dilatation sur le poème "L'aurore s'allume", de Victor HUGO

L'aurore doucement dans les guérets s'allume ;
L'ombre épaisse vaincue, indifférente fuit ;
Le rêve clandestin et l'insondable brume
Vont rejoindre les lieux où repose la nuit.
Paupières en sommeil et pétales de roses
S'ouvrent timidement, bien qu'encor demi-closes ;
Du réveil paresseux dont d'innombrables choses
On entend, malgré tout, le reliquat du bruit.

Tout chante, s'illumine, s'orne et puis murmure,
Tout s'éveille à la vie et tout parle à la fois,
Fumée dans les bories, nuances de verdure,
Les nids, pleins d'oisillons, suspendus sous les toits ;
Le vent léger s'infiltre et soyeux parle aux chênes,
L'eau parle bienveillante aux coquettes fontaines ;
Toutes les effluves, l'ensemble des haleines
Deviennent l'alchimie de délectables voix.

Tout reprend son attrait et révèle son âme,
L'enfant dans le berceau agite son hochet,
Le foyer y retrouve épanouie sa flamme,
Le luth recouvre aussi son fascinant archer ;
Folie d'enchantement ou occulte démence,
Dans le monde éveillé l'entrain devient immense,
Chacun en mouvement avec soin recommence
Ce qu'empressé la veille encore il ébauchait.

Qu'on pense avec sagesse ou que d'instinct on aime,
Sans cesse au sentiment, au bon goût agité,
Vers l'accomplissement, cherchant le but suprême,
Tout vole, s'amalgame, au destin emporté.
L'esquif dans le ressac est en quête d'un môle,
L'abeille s'évertue à trouver un vieux saule,
La boussole s'y perd pour estimer le pôle,
Moi, en ingénuité, j'envie la vérité.

ANDRÉ
__________________

L'AURORE S'ALLUME

Poème original de Victor HUGO

L'aurore s'allume ;
L'ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S'ouvrent demi-closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L'eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !

Tout reprend son âme,
L'enfant son hochet,
Le foyer sa flamme,
Le luth son archet ;
Folie ou démence,
Dans le monde immense,
Chacun. recommence
Ce qu'il ébauchait.

Qu'on pense ou qu'on aime,
Sans cesse agité,
Vers un but suprême,
Tout vole emporté ;
L'esquif cherche un môle,
L'abeille un vieux saule,
La boussole un pôle,
Moi la vérité !
__________________




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Dernière édition par André Laugier le Jeu 20 Juil - 11:37, édité 2 fois
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Flamme
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MessageSujet: Re: Réjouissance (FIN). Dilatation sur des vers de V. Hugo   Jeu 15 Juin - 10:49

Vraiment magnifique, les deux !!!
Plus doux, plus serein le tien qui nous explique le quotidien de chacun, plus un constat chez Hugo; mais quel talent d'avoir remarqué la vie et ses engagements pour chaque être vivant !
Très humain et très serein !
calinchat bisounours

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André Laugier

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MessageSujet: Re: Réjouissance (FIN). Dilatation sur des vers de V. Hugo   Dim 2 Juil - 10:12

Flamme a écrit:
Vraiment magnifique, les deux !!!
Plus doux, plus serein le tien qui nous explique le quotidien de chacun, plus un constat chez Hugo; mais quel talent d'avoir remarqué la vie et ses engagements pour chaque être vivant !
Très humain et très serein !
calinchat bisounours


Bonjour FLAMME,

Je n'ai pas complètement abandonné ce type d'exercice qui a connu de beaux jours sur le forum. Je me suis lancé à nouveau dans la dilatation avec ce poème de Victor HUGO intitulé "L'AURORE S'ALLUME" et qui contient pas moins de 17 strophes de 8 vers chacune.

136 vers c'est long, aussi, c'est au fur et à mesure, lorsque j'ai un peu de temps devant moi, ou que je suis en manque d'inspiration pour imaginer mes propres poèmes, que je complète cette "dilatation" sur l'œuvre de notre Grand poète français.

Ci- dessous, je vais poster la suite, autrement dit quatre nouvelles strophes. Encore deux autres interventions de ma part et l'aurai finalisé mon plus long exercice de style de "dilatation" sur un poème conséquent. J'espère que cette séquence sera au moins aussi réussie que la première.

TOUTE MA CHALEUREUSE RECONNAISSANCE, FLAMME, pour ton appréciation spontanée que je sais très sincère.

Passe un excellent dimanche.

UN TOURBILLON DE bibi2 bibi2 bibi2



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André Laugier

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MessageSujet: Re: Réjouissance (FIN). Dilatation sur des vers de V. Hugo   Dim 2 Juil - 10:15




RÉJOUISSANCE

Dilatation sur le poème "L'aurore s'allume", de Victor HUGO

I

L'aurore doucement dans les guérets s'allume ;
L'ombre épaisse vaincue, indifférente fuit ;
Le rêve clandestin et l'insondable brume
Vont rejoindre les lieux où repose la nuit.
Paupières en sommeil et pétales de roses
S'ouvrent timidement, bien qu'encor demi-closes ;
Du réveil paresseux dont d'innombrables choses
On entend, malgré tout, le reliquat du bruit.

Tout chante, s'illumine, s'orne et puis murmure,
Tout s'éveille à la vie et tout parle à la fois,
Fumée dans les bories, nuances de verdure,
Les nids, pleins d'oisillons, suspendus sous les toits ;
Le vent léger s'infiltre et soyeux parle aux chênes,
L'eau parle bienveillante aux coquettes fontaines ;
Toutes les effluves, l'ensemble des haleines
Deviennent l'alchimie de délectables voix.

Tout reprend son attrait et révèle son âme,
L'enfant dans le berceau agite son hochet,
Le foyer y retrouve épanouie sa flamme,
Le luth recouvre aussi son fascinant archer ;
Folie d'enchantement ou occulte démence,
Dans le monde éveillé l'entrain devient immense,
Chacun en mouvement avec soin recommence
Ce qu'empressé la veille encore il ébauchait.

Qu'on pense avec sagesse ou que d'instinct on aime,
Sans cesse au sentiment, au bon goût agité,
Vers l'accomplissement, cherchant le but suprême,
Tout vole, s'amalgame, au destin emporté.
L'esquif dans le ressac est en quête d'un môle,
L'abeille s'évertue à trouver un vieux saule,
La boussole s'y perd pour estimer le pôle,
Moi, en ingénuité, j'envie la vérité.

II

Vérité intangible et vérité profonde !
Granit indélébile au support éprouvé
Qu’au fond indéfini envahissant toute onde
Mon ancre téméraire en constance a trouvé !
De ce monde labile, inquiétant et bien sombre
Où passent fugitifs, inattendus dans l’ombre
Des songes disloqués, capricants et sans nombre,
Plafond aléatoire, éphémère pavé !

Vérité embellie au griffon du beau fleuve
Que rien ne vient troubler, qu’aucune eau ne tarit ;
Source de poésie où la splendeur s’abreuve,
Tige décorative où tout, autour, fleurit !
Lampe d’enchantement que Dieu bienveillant pose
Près de cette nature en servant toute cause !
Clarté de sainteté qu’avec bonheur la chose
Envoie avec pudeur au souffle de l’esprit !

Arbre majestueux couvert de rude écorce,
Chêne au vernis pâli orné d’un vaste front,
Que selon ses besoins ajoutés à sa force
L’homme ploie à dessein ou bien encore rompt,
D’où l’ombre projetée sur le gazon s’épanche ;
Où chacun à l’envi de son plein gré se penche,
L’un ayant adopté le choix sur une branche,
L’autre ayant décidé que ce serait le tronc.

Mont inimaginable où tout chante et ruisselle !
Gouffre considérable où tout vient et s’en va !
Sublime, lumineuse, imposante étincelle
Que fait surgir, soudain, au charme Jéhova !
Rayon opalescent qu’on loue ou qu’on blasphème !
Œil calme inquisiteur et vision suprême
Qu’au front de Dieu troublé, dans le désordre même
L’homme cruellement à son destin creva !


ANDRÉ
__________________

L'AURORE S'ALLUME

Poème original de Victor HUGO

I

L'aurore s'allume ;
L'ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S'ouvrent demi-closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L'eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !

Tout reprend son âme,
L'enfant son hochet,
Le foyer sa flamme,
Le luth son archet ;
Folie ou démence,
Dans le monde immense,
Chacun recommence
Ce qu'il ébauchait.

Qu'on pense ou qu'on aime,
Sans cesse agité,
Vers un but suprême,
Tout vole emporté ;
L'esquif cherche un môle,
L'abeille un vieux saule,
La boussole un pôle,
Moi la vérité !

II

Vérité profonde !
Granit éprouvé
Qu'au fond de toute onde
Mon ancre a trouvé !
De ce monde sombre,
Où passent dans l'ombre
Des songes sans nombre,
Plafond et pavé !

Vérité, beau fleuve
Que rien ne tarit !
Source où tout s'abreuve,
Tige où tout fleurit !
Lampe que Dieu pose
Près de toute cause !
Clarté que la chose
Envoie à l'esprit !

Arbre à rude écorce,
Chêne au vaste front,
Que selon sa force
L'homme ploie ou rompt,
D'où l'ombre s'épanche ;
Où chacun se penche,
L'un sur une branche,
L'autre sur le tronc !

Mont d'où tout ruisselle !
Gouffre où tout s'en va !
Sublime étincelle
Que fait Jéhova !
Rayon qu'on blasphème !
Oeil calme et suprême
Qu'au front de Dieu même
L'homme un jour creva !
__________________

À SUIVRE...


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Flamme
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MessageSujet: Re: Réjouissance (FIN). Dilatation sur des vers de V. Hugo   Dim 2 Juil - 22:34

C'est un splendide exercice André, un poème qui devient une belle histoire !
C'est peut-être plus facile d'avoir déjà le thème, mais il faut garder le rythme et faire attention aux alexandrins.
Bravo, c'est une réussite !
(va voir sur papotages mon commentaire sur ton séjour, chez tes amis ) et réponds moi sourir bis2

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André Laugier

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MessageSujet: Re: Réjouissance (FIN). Dilatation sur des vers de V. Hugo   Mar 4 Juil - 19:24

Flamme a écrit:
C'est un splendide exercice André, un poème qui devient une belle histoire !
C'est peut-être plus facile d'avoir déjà le thème, mais il faut garder le rythme et faire attention aux alexandrins.
Bravo, c'est une réussite !
(va voir sur papotages mon commentaire sur ton séjour, chez tes amis ) et réponds moi sourir bis2



Bonsoir FLAMME,

Tu le sais, j'adore tout ce qui est fantaisie dans les exercices ludiques poétiques. En plus, quand je manque un peu d'inspiration, ça me permet d'entretenir toujours un peu ma plume en attendant que l'imagination revienne. Mais il n'est pas facile ce poème de HUGO. D'autant plus que ce second paragraphe sur lequel je viens de me pencher, est un peu hermétique. Sur des vers de cinq syllabes seulement, je me suis demandé ce que venait faire le "granit éprouvé", "plafond et pavé" ainsi que le "charme Jehova".

Après plusieurs lecture de l'œuvre originale, je pense avoir cerné l'idée principale de Victor HUGO, et avoir respecté autant que possible le cheminement de l'idée de son poème.

En tout cas, JE TE REMERCIE VIVEMENT pour tes mots d'agrément ainsi que pour ta gentillesse et ton Amitié.

PASSEZ TOUTES LES DEUX UNE EXCELLENTE SOIRÉE.

DE GROS bibi2 bibi2 bibi2 DE NOUS TROIS

andre




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André Laugier

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MessageSujet: Re: Réjouissance (FIN). Dilatation sur des vers de V. Hugo   Mer 5 Juil - 19:00




RÉJOUISSANCE

Dilatation sur le poème "L'aurore s'allume", de Victor HUGO

I

L'aurore doucement dans les guérets s'allume ;
L'ombre épaisse vaincue, indifférente fuit ;
Le rêve clandestin et l'insondable brume
Vont rejoindre les lieux où repose la nuit.
Paupières en sommeil et pétales de roses
S'ouvrent timidement, bien qu'encor demi-closes ;
Du réveil paresseux dont d'innombrables choses
On entend, malgré tout, le reliquat du bruit.

Tout chante, s'illumine, s'orne et puis murmure,
Tout s'éveille à la vie et tout parle à la fois,
Fumée dans les bories, nuances de verdure,
Les nids, pleins d'oisillons, suspendus sous les toits ;
Le vent léger s'infiltre et soyeux parle aux chênes,
L'eau parle bienveillante aux coquettes fontaines ;
Toutes les effluves, l'ensemble des haleines
Deviennent l'alchimie de délectables voix.

Tout reprend son attrait et révèle son âme,
L'enfant dans le berceau agite son hochet,
Le foyer y retrouve épanouie sa flamme,
Le luth recouvre aussi son fascinant archer ;
Folie d'enchantement ou occulte démence,
Dans le monde éveillé l'entrain devient immense,
Chacun en mouvement avec soin recommence
Ce qu'empressé la veille encore il ébauchait.

Qu'on pense avec sagesse ou que d'instinct on aime,
Sans cesse au sentiment, au bon goût agité,
Vers l'accomplissement, cherchant le but suprême,
Tout vole, s'amalgame, au destin emporté.
L'esquif dans le ressac est en quête d'un môle,
L'abeille s'évertue à trouver un vieux saule,
La boussole s'y perd pour estimer le pôle,
Moi, en ingénuité, j'envie la vérité.

II

Vérité intangible et vérité profonde !
Granit indélébile au support éprouvé
Qu’au fond indéfini envahissant toute onde
Mon ancre téméraire en constance a trouvé !
De ce monde labile, inquiétant et bien sombre
Où passent fugitifs, inattendus dans l’ombre
Des songes disloqués, capricants et sans nombre,
Plafond aléatoire, éphémère pavé !

Vérité embellie au griffon du beau fleuve
Que rien ne vient troubler, qu’aucune eau ne tarit ;
Source de poésie où la splendeur s’abreuve,
Tige décorative où tout, autour, fleurit !
Lampe d’enchantement que Dieu bienveillant pose
Près de cette nature en servant toute cause !
Clarté de sainteté qu’avec bonheur la chose
Envoie avec pudeur au souffle de l’esprit !

Arbre majestueux couvert de rude écorce,
Chêne au vernis pâli orné d’un vaste front,
Que selon ses besoins ajoutés à sa force
L’homme ploie à dessein ou bien encore rompt,
D’où l’ombre projetée sur le gazon s’épanche ;
Où chacun à l’envi de son plein gré se penche,
L’un ayant adopté le choix sur une branche,
L’autre ayant décidé que ce serait le tronc.

Mont inimaginable où tout chante et ruisselle !
Gouffre considérable où tout vient et s’en va !
Sublime, lumineuse, imposante étincelle
Que fait surgir, soudain, au charme Jéhova !
Rayon opalescent qu’on loue ou qu’on blasphème !
Œil calme inquisiteur et vision suprême
Qu’au front de Dieu troublé, dans le désordre même
L’homme cruellement à son destin creva !

III

Ô Terre généreuse ! ô palpables merveilles
Dont l’éclat nous parvient et résonne joyeux,
Emplit avec pudeur nos sensibles oreilles,
Eblouit de fraîcheur et de grâce nos yeux !
Bords finement brodés où meut l’instable vague,
Bois bien luxuriant qu’un subtil souffle élague,
De l’horizon serein, à la fois pur et vague,
Plis de raffinement et de mystérieux !

Azur évanescent où languide se voile
L’eau incommensurable issue du gouffre amer,
Quand, momentanément, laissant libre ma voile
Fuir paresseusement, guidée au gré de l’air,
Penché, contemplatif, le regard sur la lame,
J’écoute avec l’égard et l’étendue de l’âme
Cet appel envoûtant, plaisant épithalame,
Que chante incessamment le soupir de la mer.

Azur de connivence à l’aspect non moins tendre
Du ciel épanoui qui s’épanche et sourit
Quand les sens en éveil, aussi tâchant d’entendre,
Je cherche et je surveille, ô divine nature,
Ce qu’intuitivement peut me dire l’esprit ;
La parole, souvent, est cette chose obscure
Que le vent éparpille et sibyllin murmure,
Que l’étoile saisit et sur mon front écrit.

Création transcendante et d’une force pure !
Être d’exception, emblème universel !
Océan colossal, titanesque ceinture
De tout qui sur la terre opère sous le ciel !
Astres vertigineux que du lointain fait naître
Le souffle vénérable et consacré du maître,
Fleurs de félicité où Dieu même, peut-être,
Cueille en ce nirvâna quelque rarescent miel.

ANDRÉ
__________________

L'AURORE S'ALLUME

Poème original de Victor HUGO

I

L'aurore s'allume ;
L'ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S'ouvrent demi-closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L'eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !

Tout reprend son âme,
L'enfant son hochet,
Le foyer sa flamme,
Le luth son archet ;
Folie ou démence,
Dans le monde immense,
Chacun. recommence
Ce qu'il ébauchait.

Qu'on pense ou qu'on aime,
Sans cesse agité,
Vers un but suprême,
Tout vole emporté ;
L'esquif cherche un môle,
L'abeille un vieux saule,
La boussole un pôle,
Moi la vérité !

II

Vérité profonde !
Granit éprouvé
Qu'au fond de toute onde
Mon ancre a trouvé !
De ce monde sombre,
Où passent dans l'ombre
Des songes sans nombre,
Plafond et pavé !

Vérité, beau fleuve
Que rien ne tarit !
Source où tout s'abreuve,
Tige où tout fleurit !
Lampe que Dieu pose
Près de toute cause !
Clarté que la chose
Envoie à l'esprit !

Arbre à rude écorce,
Chêne au vaste front,
Que selon sa force
L'homme ploie ou rompt,
D'où l'ombre s'épanche ;
Où chacun se penche,
L'un sur une branche,
L'autre sur le tronc !

Mont d'où tout ruisselle !
Gouffre où tout s'en va !
Sublime étincelle
Que fait Jéhova !
Rayon qu'on blasphème !
Oeil calme et suprême
Qu'au front de Dieu même
L'homme un jour creva !

III

Ô Terre ! ô merveilles
Dont l'éclat joyeux
Emplit nos oreilles,
Eblouit nos yeux !
Bords où meurt la vague,
Bois qu'un souffle élague,
De l'horizon vague
Plis mystérieux !

Azur dont se voile
L'eau du gouffre amer,
Quand, laissant ma voile
Fuir au gré de l'air,
Penché sur la lame,
J'écoute avec l'âme
Cet épithalame
Que chante la mer !

Azur non moins tendre
Du ciel qui sourit
Quand, tâchant d'entendre
Je cherche, ô nature,
Ce que dit l'esprit,
La parole obscure
Que le vent murmure,
Que l'étoile écrit !

Création pure !
Etre universel !
Océan, ceinture
De tout sous le ciel !
Astres que fait naître
Le souffle du maître,
Fleurs où Dieu peut-être
Cueille quelque miel !

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MessageSujet: Re: Réjouissance (FIN). Dilatation sur des vers de V. Hugo   Jeu 20 Juil - 11:37



RÉJOUISSANCE


Dilatation complète sur le poème "L'aurore s'allume", de Victor HUGO

I

L'aurore doucement dans les guérets s'allume ;
L'ombre épaisse vaincue, indifférente fuit ;
Le rêve clandestin et l'insondable brume
Vont rejoindre les lieux où repose la nuit.
Paupières en sommeil et pétales de roses
S'ouvrent timidement, bien qu'encor demi-closes ;
Du réveil paresseux dont d'innombrables choses
On entend, malgré tout, le reliquat du bruit.

Tout chante, s'illumine, s'orne et puis murmure,
Tout s'éveille à la vie et tout parle à la fois,
Fumée dans les bories, nuances de verdure,
Les nids, pleins d'oisillons, suspendus sous les toits ;
Le vent léger s'infiltre et soyeux parle aux chênes,
L'eau parle bienveillante aux coquettes fontaines ;
Toutes les effluves, l'ensemble des haleines
Deviennent l'alchimie de délectables voix.

Tout reprend son attrait et révèle son âme,
L'enfant dans le berceau agite son hochet,
Le foyer y retrouve épanouie sa flamme,
Le luth recouvre aussi son fascinant archer ;
Folie d'enchantement ou occulte démence,
Dans le monde éveillé l'entrain devient immense,
Chacun en mouvement avec soin recommence
Ce qu'empressé la veille encore il ébauchait.

Qu'on pense avec sagesse ou que d'instinct on aime,
Sans cesse au sentiment, au bon goût agité,
Vers l'accomplissement, cherchant le but suprême,
Tout vole, s'amalgame, au destin emporté.
L'esquif dans le ressac est en quête d'un môle,
L'abeille s'évertue à trouver un vieux saule,
La boussole s'y perd pour estimer le pôle,
Moi, en ingénuité, j'envie la vérité.

II

Vérité intangible et vérité profonde !
Granit indélébile au support éprouvé
Qu’au fond indéfini envahissant toute onde
Mon ancre téméraire en constance a trouvé !
De ce monde labile, inquiétant et bien sombre
Où passent fugitifs, inattendus dans l’ombre
Des songes disloqués, capricants et sans nombre,
Plafond aléatoire, éphémère pavé !

Vérité embellie au griffon du beau fleuve
Que rien ne vient troubler, qu’aucune eau ne tarit ;
Source de poésie où la splendeur s’abreuve,
Tige décorative où tout, autour, fleurit !
Lampe d’enchantement que Dieu bienveillant pose
Près de cette nature en servant toute cause !
Clarté de sainteté qu’avec bonheur la chose
Envoie avec pudeur au souffle de l’esprit !

Arbre majestueux couvert de rude écorce,
Chêne au vernis pâli orné d’un vaste front,
Que selon ses besoins ajoutés à sa force
L’homme ploie à dessein ou bien encore rompt,
D’où l’ombre projetée sur le gazon s’épanche ;
Où chacun à l’envi de son plein gré se penche,
L’un ayant adopté le choix sur une branche,
L’autre ayant décidé que ce serait le tronc.

Mont inimaginable où tout chante et ruisselle !
Gouffre considérable où tout vient et s’en va !
Sublime, lumineuse, imposante étincelle
Que fait surgir, soudain, au charme Jéhova !
Rayon opalescent qu’on loue ou qu’on blasphème !
Œil calme inquisiteur et vision suprême
Qu’au front de Dieu troublé, dans le désordre même
L’homme cruellement à son destin creva !

III

Ô Terre généreuse ! ô palpables merveilles
Dont l’éclat nous parvient et résonne joyeux,
Emplit avec pudeur nos sensibles oreilles,
Eblouit de fraîcheur et de grâce nos yeux !
Bords finement brodés où meut l’instable vague,
Bois bien luxuriant qu’un subtil souffle élague,
De l’horizon serein, à la fois pur et vague,
Plis de raffinement et de mystérieux !

Azur évanescent où languide se voile
L’eau incommensurable issue du gouffre amer,
Quand, momentanément, laissant libre ma voile
Fuir paresseusement, guidée au gré de l’air,
Penché, contemplatif, le regard sur la lame,
J’écoute avec l’égard et l’étendue de l’âme
Cet appel envoûtant, plaisant épithalame,
Que chante incessamment le soupir de la mer.

Azur de connivence à l’aspect non moins tendre
Du ciel épanoui qui s’épanche et sourit
Quand les sens en éveil, aussi tâchant d’entendre,
Je cherche et je surveille, ô divine nature,
Ce qu’intuitivement peut me dire l’esprit ;
La parole, souvent, est cette chose obscure
Que le vent éparpille et sibyllin murmure,
Que l’étoile saisit et sur mon front écrit.

Création transcendante et d’une force pure !
Être d’exception, emblème universel !
Océan colossal, titanesque ceinture
De tout qui sur la terre opère sous le ciel !
Astres vertigineux que du lointain fait naître
Le souffle vénérable et consacré du maître,
Fleurs de félicité où Dieu même, peut-être,
Cueille en ce nirvâna quelque rarescent miel.

IV

Ô champs luxuriants ! ô bienfaisants feuillages !
Monde da vastitude au profil fraternel !
Clocher bien rassurant et fleuron des villages,
Humble décor de foi, vétuste, solennel.
Mont s’élevant au ciel et qui fier porte l’aire ;
Aube fraîche drapant une atmosphère claire ;
Sourire familier, bien qu’il soit éphémère,
De l’astre nourricier, ornement éternel.

N’êtes vous « création » qu’un insondable livre
Sans fin, reconductible et n’ayant ni milieu,
Où chacun confronté à un sursis pour vivre
Cherche, persévérant, comment y lire un peu !
Phrase spéculative et pourtant si profonde
Qu’en vain, désabusé, en tout temps on la sonde ;
L’œil y voit un miroir ou bien y voit le monde,
L’âme arbitre en silence et elle y trouve Dieu.

Beau livre hallucinant d’apparences qu’achèvent
Les cœurs obéissants, soumis et ingénus,
Où les penseurs se ruent et bien crédules rêvent
Des sens se bousculant, la plupart inconnus ;
Où ceux que Dieu lui-même attentionné charge
D’un front compatissant, à la fois vaste et large,
Ecrivent en créance, ordonnés et en marge :
Nous avons entendus, nous sommes tous venus.

Saint livre inestimable où la mutine voile
Qui flotte élégamment en tous temps, en tous lieux,
Saint livre ésotérique où se cache l’étoile
Qui rayonne anonyme en s’offrant à nos yeux,
Ne trace tourmenté, ô consacré mystère,
Qu’un nom libérateur, singulier, solitaire,
Qu’un nom qui se répand aux sources de la terre,
Qu’un nom ressuscité, lumière dans les cieux.

Livre authentique, rare autant que salutaire,
Où le cœur attendri dans l’engouement s’emplit,
Où tout sage exercé, pénétré et austère
Travaille vaillamment, mais aussi en pâlit,
Dont le sens épineux, délicat et rebelle,
Parfois inespéré à l’esprit se révèle.
Pythagore assidu avec humour épelle
Et Moïse attentif, charismatique : lit !


ANDRÉ
__________________

L'AURORE S'ALLUME

Poème original de Victor HUGO

I

L'aurore s'allume ;
L'ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S'ouvrent demi-closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L'eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !

Tout reprend son âme,
L'enfant son hochet,
Le foyer sa flamme,
Le luth son archet ;
Folie ou démence,
Dans le monde immense,
Chacun. recommence
Ce qu'il ébauchait.

Qu'on pense ou qu'on aime,
Sans cesse agité,
Vers un but suprême,
Tout vole emporté ;
L'esquif cherche un môle,
L'abeille un vieux saule,
La boussole un pôle,
Moi la vérité !

II

Vérité profonde !
Granit éprouvé
Qu'au fond de toute onde
Mon ancre a trouvé !
De ce monde sombre,
Où passent dans l'ombre
Des songes sans nombre,
Plafond et pavé !

Vérité, beau fleuve
Que rien ne tarit !
Source où tout s'abreuve,
Tige où tout fleurit !
Lampe que Dieu pose
Près de toute cause !
Clarté que la chose
Envoie à l'esprit !

Arbre à rude écorce,
Chêne au vaste front,
Que selon sa force
L'homme ploie ou rompt,
D'où l'ombre s'épanche ;
Où chacun se penche,
L'un sur une branche,
L'autre sur le tronc !

Mont d'où tout ruisselle !
Gouffre où tout s'en va !
Sublime étincelle
Que fait Jéhova !
Rayon qu'on blasphème !
Oeil calme et suprême
Qu'au front de Dieu même
L'homme un jour creva !

III

Ô Terre ! ô merveilles
Dont l'éclat joyeux
Emplit nos oreilles,
Eblouit nos yeux !
Bords où meurt la vague,
Bois qu'un souffle élague,
De l'horizon vague
Plis mystérieux !

Azur dont se voile
L'eau du gouffre amer,
Quand, laissant ma voile
Fuir au gré de l'air,
Penché sur la lame,
J'écoute avec l'âme
Cet épithalame
Que chante la mer !

Azur non moins tendre
Du ciel qui sourit
Quand, tâchant d'entendre
Je cherche, ô nature,
Ce que dit l'esprit,
La parole obscure
Que le vent murmure,
Que l'étoile écrit !

Création pure !
Etre universel !
Océan, ceinture
De tout sous le ciel !
Astres que fait naître
Le souffle du maître,
Fleurs où Dieu peut-être
Cueille quelque miel !

IV

Ô champs ! ô feuillages !
Monde fraternel !
Clocher des villages
Humble et solennel !
Mont qui portes l'aire !
Aube fraîche et claire,
Sourire éphémère
De l'astre éternel !

N'êtes-vous qu'un livre,
Sans fin ni milieu,
Où chacun pour vivre
Cherche à lire un peu !
Phrase si profonde
Qu'en vain on la sonde !
L'œil y voit un monde,
L'âme y trouve un Dieu !

Beau livre qu'achèvent
Les coeurs ingénus ;
Où les penseurs rêvent
Des sens inconnus ;
Où ceux que Dieu charge
D'un front vaste et large
Ecrivent en marge :
Nous sommes venus !

Saint livre où la voile
Qui flotte en tous lieux,
Saint livre où l'étoile
Qui rayonne aux yeux,
Ne trace, ô mystère !
Qu'un nom solitaire,
Qu'un nom sur la terre,
Qu'un nom dans les cieux !

Livre salutaire
Où le cour s'emplit !
Où tout sage austère
Travaille et pâlit !
Dont le sens rebelle
Parfois se révèle !
Pythagore épelle
Et Moïse lit !


__________________

FIN


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MessageSujet: Re: Réjouissance (FIN). Dilatation sur des vers de V. Hugo   Lun 24 Juil - 11:09

J'ai pris au temps des minutes supplémentaires pour lire et relire ces moments de réjouissance, très bien détaillés sur les vers courts de Hugo,  mais tout en y retrouvant cette magie des mots et cette douce ambiance de bien-être !

On peut en effet, parfois, lire et ressentir sur les mêmes thèmes, des poèmes qui semblent différents mais où l'on en retrouve le même charme, le même plaisir !
Bravo ami André ; un exercice qui demande beaucoup de vocabulaire et de talent !
bisounours bis

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MessageSujet: Re: Réjouissance (FIN). Dilatation sur des vers de V. Hugo   Lun 24 Juil - 19:54

Flamme a écrit:
J'ai pris au temps des minutes supplémentaires pour lire et relire ces moments de réjouissance, très bien détaillés sur les vers courts de Hugo,  mais tout en y retrouvant cette magie des mots et cette douce ambiance de bien-être !

On peut en effet, parfois, lire et ressentir sur les mêmes thèmes, des poèmes qui semblent différents mais où l'on en retrouve le même charme, le même plaisir !
Bravo ami André ; un exercice qui demande beaucoup de vocabulaire et de talent !
bisounours bis


merci FLAMME pour ta lecture et pour ces impressions favorables qui sont une bien appréciable récompense pour cet exercice de dilatation.

Oui, c'est un défi qu'il est bien agréable de titiller. Y parvenir procure une joie qui n'a pas de nuances : c'est une "dilatation" du cœur ! Je crois que le "talentueux" tient avant tout dans la sensibilité extrême de l'art que l'on pratique, car il n'y a jamais de faculté acquise. Tu le sais, toi aussi, étant perfectionniste, que c'est l'exigence, le regard lucide et chaleureux qu'on porte sur les choses de la vie qui, en poésie, imposent le raffinement de l'écriture. Sans travail : pas de miracle.

NOS PLUS AFFECTUEUX bibi2 bibi2 bibi2

Douce soirée à vous deux.

andre



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MessageSujet: Re: Réjouissance (FIN). Dilatation sur des vers de V. Hugo   

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Réjouissance (FIN). Dilatation sur des vers de V. Hugo
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