LE COIN POÉTIQUE DE FRIPOU



 
AccueilS'enregistrerMembresCalendrierRechercherGalerieConnexion
Derniers sujets
Statistiques
Nous avons 43 membres enregistrés
L'utilisateur enregistré le plus récent est Regis

Nos membres ont posté un total de 23372 messages dans 3593 sujets

Partagez | 
 

 NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
AuteurMessage
Flamme
Admin
avatar

Messages : 3921
Date d'inscription : 04/01/2011
Age : 70
Localisation : Près Bordeaux

MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Sam 24 Déc - 13:56

Un poème de Musset qui me plait beaucoup !
Bien doux et agréable à lire.
Bises André et bon Noël en famille. Bisous à vous 3 de nous deux.
calinchat bis bibi2

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
André Laugier

avatar

Messages : 4571
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Dim 25 Déc - 9:18




Théophile de VIAU

L’HIVER

Plein de colère et de raison
Contre toi barbare saison
Je prépare une rude guerre,
Malgré les lois de l'Univers,
Qui de la glace des hivers
Chassent les flammes du tonnerre
Aujourd'hui l'ire de mes vers
Des foudres contre toi desserre.

Tous nos arbres sont dépouillés,
Nos promenoirs sont tout mouillés,
L'émail de notre beau parterre
A perdu ses vives couleurs,
La gelée a tué les fleurs,
L'air est malade d'un caterre,
Et l'œil du Ciel noyé de pleurs
Ne sait plus regarder la terre.

La nacelle attendant le flux
Des ondes qui ne courent plus,
Oisive au port est retenue ;
La tortue et les limaçons
Jeûnent perclus sous les glaçons,
L'oiseau sur une branche nue
Attend pour dire ses chansons
Que la feuille soit revenue.

Le Héron quand il veut pêcher,
Trouvant l'eau toute de rocher,
Se paît du vent et de sa plume,
Il se cache dans les roseaux,
Et contemple au bord des ruisseaux,
La bise contre sa coutume,
Souffler la neige sur les eaux,
Où bouillait autrefois l'écume.

Les poissons dorment assurés,
D'un mur de glace remparés,
Francs de tous les dangers du monde,
Fors que de toi tant seulement,
Qui restreins leur moite élément,
Jusqu'à la goutte plus profonde,
Et les laisses sans mouvement,
Enchâssés en l'argent de l'onde.

Plein de colère et de raison
Contre toi barbare saison
Je prépare une rude guerre,
Malgré les lois de l'Univers,
Qui de la glace des hivers
Chassent les flammes du tonnerre
Aujourd'hui l'ire de mes vers
Des foudres contre toi desserre.

Tous nos arbres sont dépouillés,
Nos promenoirs sont tout mouillés,
L'émail de notre beau parterre
A perdu ses vives couleurs,
La gelée a tué les fleurs,
L'air est malade d'un caterre,
Et l'œil du Ciel noyé de pleurs
Ne sait plus regarder la terre.

La nacelle attendant le flux
Des ondes qui ne courent plus,
Oisive au port est retenue ;
La tortue et les limaçons
Jeûnent perclus sous les glaçons,
L'oiseau sur une branche nue
Attend pour dire ses chansons
Que la feuille soit revenue.

Le Héron quand il veut pêcher,
Trouvant l'eau toute de rocher,
Se paît du vent et de sa plume,
Il se cache dans les roseaux,
Et contemple au bord des ruisseaux,
La bise contre sa coutume,
Souffler la neige sur les eaux,
Où bouillait autrefois l'écume.

Les poissons dorment assurés,
D'un mur de glace remparés,
Francs de tous les dangers du monde,
Fors que de toi tant seulement,
Qui restreins leur moite élément,
Jusqu'à la goutte plus profonde,
Et les laisses sans mouvement,
Enchâssés en l'argent de l'onde.
__________________

Georges RODENBACH

L’HIVER

Ô neige, toi la douce endormeuse des bruits
Si douce, toi la sœur pensive du silence,
Ô toi l'immaculée en manteau d'indolence
Qui gardes ta pâleur même à travers les nuits,

Douce ! Tu les éteins et tu les atténues
Les tumultes épars, les contours, les rumeurs ;
Ô neige vacillante, on dirait que tu meurs
Loin, tout au loin, dans le vague des avenues !

Et tu meurs d'une mort comme nous l'invoquons,
Une mort blanche et lente et pieuse et sereine,
Une mort pardonnée et dont le calme égrène
Un chapelet de ouate, un rosaire en flocons.

Et c'est la fin : le ciel sous de funèbres toiles
Est trépassé ; voici qu'il croule en flocons lents,
Le ciel croule ; mon cœur se remplit d'astres blancs
Et mon cœur est un grand cimetière d'étoiles !
__________________

Jean RICHEPIN

LA NEIGE EST BELLE

La neige est belle. Ô pâle, ô froide, ô calme vierge,
Salut ! Ton char de glace est traîné par des ours,
Et les cieux assombris tendent sur son parcours
Un dais de satin jaune et gris couleur de cierge.

Salut ! dans ton manteau doublé de blanche serge,
Dans ton jupon flottant de ouate et de velours
Qui s'étale à grands plis immaculés et lourds,
Le monde a disparu. Rien de vivant n'émerge.

Contours enveloppés, tapages assoupis,
Tout s'efface et se tait sous cet épais tapis.
Il neige, c'est la neige endormeuse, la neige

Silencieuse, c'est la neige dans la nuit.
Tombe, couvre la vie atroce et sacrilège,
Ô lis mystérieux qui t'effeuilles sans bruit !
___________________








_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4571
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Lun 26 Déc - 12:49




Maud-Elisa GIVAUDAN

NOUVEL AN

Tout grelottant et tout nu
Nouvel an ! Sois le bienvenu !
Peut-être as-tu deux fils de laine
Pour la pauvre Madeleine ?

Un grain de blé pour le champ
Du vieux paysan ?
sans doute as-tu un peu de bien
Un peu de riz pour l'indien ?

Et cachée sous ta mante brune
La pierre de Lune ?
Pour le Désert la moitié
D'une goutte... d'une goutte...

Et pour le monde entier
Qui t'écoute... qui t'écoute...
Du nord au sud, de branche en brin
De l'Amour... un brin

Tout grelottant et tout nu
Nouvel an ! Sois le bienvenu !
______________________

Pierre MENANTEAU

LE PREMIER JOUR DE L'AN

Les sept jours frappent à la porte.
Chacun d’eux vous dit : lève-toi !
Soufflant le chaud, soufflant le froid,
Soufflant des temps de toutes sortes,
Quatre saisons et leur escorte
Se partagent les douze mois.
Au bout de l’an, le vieux portier
Ouvre toute grande la porte
Et d’une voix beaucoup plus forte
Crie à tous vents : Premier Janvier !
______________________

ANONYME

UN ANGE EST DESCENDU DU CIEL

Un ange est descendu du ciel
Brillant, léger, nimbé de gloire.
Debout bergers c'est le réveil,
Debout venez dans la nuit noire !

Ne craignez rien, Jésus m'envoie,
Il a voulu que sur la terre
Vous connaissiez la grande joie,
Gloria, Marie est mère.

Je vous conduis à Bethléem
Vous y verrez l'enfant aimable.
L'âne et le bœuf sont ses voisins
Son logement est une étable.
______________________



_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4571
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Mar 27 Déc - 17:59



Tristan DEREME

Voici la nouvelle année
Souriante, enrubannée,
Qui pour notre destinée,
Par le ciel nous est donnée :
C’est à minuit qu’ elle est née.
Les ans naissent à minuit
L’un arrive, l’autre fuit.
Nouvel an ! Joie et bonheur !
_______________________

Victor HUGO  

EN HIVER LA TERRE PLEURE

En hiver la terre pleure ;
Le soleil froid, pâle et doux,
Vient tard, et part de bonne heure,
Ennuyé du rendez-vous.

Leurs idylles sont moroses.
- Soleil ! aimons ! - Essayons.
O terre, où donc sont tes roses ?
- Astre, où donc sont tes rayons ?

Il prend un prétexte, grêle,
Vent, nuage noir ou blanc,
Et dit : - C'est la nuit, ma belle ! -
Et la fait en s'en allant ;

Comme un amant qui retire
Chaque jour son cœur du nœud,
Et, ne sachant plus que dire,
S'en va le plus tôt qu'il peut.
_______________________

Alphonse DAUDET

LA VIERGE A LA CRECHE

Dans ses langes blancs, fraîchement cousus,
La Vierge berçait son Enfant-Jésus.
Lui, gazouillait comme un nid de mésanges.
Elle le berçait, et chantait tout bas
Ce que nous chantons à nos petits anges.
Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.

Etonné, ravi de ce qu'il entend,
Il rit dans sa crèche, et s'en va chantant
Comme un saint lévite et comme un choriste;
Il bat la mesure avec ses deux bras,
et la Sainte Vierge est triste, bien triste,
De voir son Jésus qui ne s'endort pas.

« Doux Jésus, lui dit la mère en tremblant,
Dormez, mon agneau, mon bel agneau blanc.
Dormez; il est tard, la lampe est éteinte.
Votre front est rouge et vos membres las;
Dormez, mon amour, et dormez sans crainte. »
Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.

« Il fait froid, le vent souffle, point de feu.
Dormez, c'est la nuit, la nuit du bon Dieu.
C'est la nuit d'amour des chastes épouses;
Vite, ami, cachons ces yeux sous nos draps,
Les étoiles d'or en seraient jalouses. »
Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.

« Si quelques instants vous vous endormiez,
Les songes viendraient, en vol de ramiers,
Et feraient leurs nids sur vos deux paupières,
Ils viendront; dormez, doux Jésus. » - Hélas !
Inutiles chants et vaines prières
Le petit Jésus ne s'endormait pas.

Et Marie alors, le regard voilé,
Pencha sur son fils un front désolé,
« Vous ne dormez pas, votre mère pleure,
Votre mère pleure, ô mon bel ami. »
Des larmes coulaient de ses yeux; sur l'heure,
Le petit Jésus s'était endormi.
_______________________


_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4571
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Mer 28 Déc - 10:32




ANONYME

NOËL DES OISEAUX

Pour chanter les louanges
Du petit enfant Dieu,
Tous les oiseaux joyeux
Volent avec les anges
Qui descendent des cieux
Le merle et la mésange
Parlent à qui mieux mieux.

L'aigle en son fier langage
Lui dit "Je suis le roi"
Chacun connaît ma loi
Et je n'ai d'autre cage
Que le ciel, par ma foi !
Mais ce bel apanage
Je ne le dois qu'à toi !

L'hirondelle légère
Dit au divin poupon
"Tout comme le maçon
Je peux aussi te faire
Une jolie maison
Sans doute pas en pierre
Mais de bonne façon".

Puis on entend la caille
Qui parlant du Sauveur
Exprime sa douleur
De le voir sur la paille
Et lui dit "O Seigneur
Il faut que je vous baille
La chaleur de mon cœur.

Bientôt la tourterelle
S'approche tendrement
Et lui fait compliment
Tandis que la sarcelle
Très délicatement
Lui donne une parcelle
De son duvet charmant.

Le canard et la cane
Vont en se dandinant
Aux pieds du doux Enfant
Ainsi que la faisane,
Et l'oie en clopinant
Tandis que se pavane
Le paon mirobolant.

Comme la gent ailée
Dont la voix nous conduit
Allons aussi vers Lui
Dans la nuit étoilée
Sous la lune luit
Jésus de Galilée
Près de toi nous voici !
__________________

Victor WILDER

NOËL

La nuit descend du haut des cieux,
Le givre au toit suspend ses franges.
Et, dans les airs, le vol des anges
Eveille un bruit mystérieux.

L'étoile qui guidait les mages,
S'arrête enfin dans les nuages,
Et fait briller un nimbe d'or
Sur la chaumière où Jésus dort.

Alors, ouvrant ses yeux divins,
L'enfant couché, dans l'humble crèche,
De son berceau de paille fraîche,
Sourit aux nobles pèlerins.

Eux, s'inclinant, lui disent : Sire,
Reçois l'encens, l'or et la myrrhe,
Et laisse-nous, ô doux Jésus,
Baiser le bout de tes pieds nus.

Comme eux, ô peuple, incline-toi,
Imite leur pieux exemple,
Car cette étable, c'est un temple,
Et cet enfant sera ton roi !
__________________

ANONYME

Ô DIEU QUE N’ÉTAIS-JE EN VIE

Ô Dieu que n'étais-je en vie
Quand fut né le Rédempteur,
Jésus Christ le vrai Messie
De notre salut l'auteur.
De le voir j'eusse l'honneur
Comme ceux de ce temps là.
Ô Dieu que n'étais-je ici
Ou bien que n'étais-je là ?

J'eusse sa mère très sainte
Contemplé de mes deux yeux
Qui était vierge et enceinte
De ce monarque des cieux.
Je l'eusse vu dans ces lieux
Comme ceux de ce temps là.
Ô Dieu que n'étais-je ici
Ou bien que n'étais-je là ?

Je l'eusse vu dans l'étable
Où elle fut enfantant
Son cher poupon délectable
Son Jésus qu'elle aime tant.
Je l'eusse été visitant
Comme ceux de ce temps là.
Ô Dieu que n'étais je ici
Ou bien que n'étais-je là ?

J'eusse vu la belle étoile
Qui de loin conduit trois rois
Vers Jésus et comme un voile
Les couvrit pour une fois.
J'eusse aussi vu de ces trois
Les présents qu'ils firent là
Ô Dieu que n'étais-je ici
Ou bien que n'étais-je là ?

Et parmi la troupe grande
Des bergers qui allaient voir
J'eusse aussi fait mon offrande
Selon mon petit pouvoir
Comme ceux de ce temps là.
Ô Dieu que n'étais-je ici
Ou bien que n'étais-je là ?
__________________





_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4571
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Jeu 29 Déc - 19:57





NELLIGAN

PAYSAGE FAUVE

Les arbres comme autant de vieillards rachitiques,
Flanqués vers l'horizon sur les escarpements,
Ainsi que des damnés sous le fouet des tourments,
Tordent de désespoir leurs torses fantastiques.

C'est l'Hiver; c'est la Mort; sur les neiges arctiques,
Vers le bûcher qui flambe aux lointains campements,
Les chasseurs vont frileux sous leurs lourds vêtements,
Et galopent, fouettant leurs chevaux athlétiques.

La bise hurle; il grêle; il fait nuit, tout est sombre;
Et voici que soudain se dessine dans l'ombre
Un farouche troupeau de grands loups affamés;

Ils bondissent, essaims de fauves multitudes,
Et la brutale horreur de leurs yeux enflammés,
Allume de points d'or les blanches solitudes.
______________________

Ecrit par Charles-Nérée BEAUCHEMIN

Aux branches que l'air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil.

Dans sa corbeille d'or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que, soudain, les touffes printanières
Embaument les matins de l'arrière-saison.

Les bosquets sont ravis, le ciel même s'étonne
De voir, sur le rosier qui ne veut pas mourir,
Malgré le vent, la pluie et le givre d'automne,
Les boutons, tout gonflés d'un sang rouge, fleurir.

En ces fleurs que le soir mélancolique étale,
C'est l'âme des printemps fanés qui, pour un jour,
Remonte, et de corolle en corolle s'exhale,
Comme soupirs de rêve et sourires d'amour.

Tardives floraisons du jardin qui décline,
Vous avez la douceur exquise et le parfum
Des anciens souvenirs, si doux, malgré l'épine
De l'illusion morte et du bonheur défunt.
______________________

Gérard ROSEMONDE

LA RONDE DES MOIS

Janvier prend la neige pour châle;
Février fait glisser nos pas;
Mars de ses doigts de soleil pâle,
Jette des grêlons aux lilas.

Avril s'accroche aux branches vertes;
Mai travaille aux chapeaux fleuris;
Juin fait pencher la rose ouverte
Près du beau foin qui craque et rit.
Juillet met les œufs dans leur coque;
Août sur les épis mûrs s'endort;

Septembre aux grands soirs équivoques,
Glisse partout ses feuilles d'or.
Octobre a toutes les colères,
Novembre a toutes les chansons
Des ruisseaux débordant d'eau claire,
Et Décembre a tous les frissons.
Les Pipeaux






_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
André Laugier

avatar

Messages : 4571
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Ven 30 Déc - 19:45





Lucie DELARUE-MARDRUS

L’AUTOMNE

On voit tout le temps, en automne,
Quelque chose qui vous étonne,
C'est une branche, tout à coup,
Qui s'effeuille dans votre cou.

C'est un petit arbre tout rouge,
Un, d'une autre couleur encor,
Et puis, partout, ces feuilles d'or
Qui tombent sans que rien ne bouge.

Nous aimons bien cette saison,
Mais la nuit si tôt va descendre !
Retournons vite à la maison
Rôtir nos marrons dans la cendre.
_______________________

Victor HUGO

IL FAIT FROID

L’hiver blanchit le dur chemin
Tes jours aux méchants sont en proie.
La bise mord ta douce main ;
La haine souffle sur ta joie.

La neige emplit le noir sillon.
La lumière est diminuée…
Ferme ta porte à l’aquilon !
Ferme ta vitre à la nuée !

Et puis laisse ton coeur ouvert !
Le coeur, c’est la sainte fenêtre.
Le soleil de brume est couvert ;
Mais Dieu va rayonner peut-être !

Doute du bonheur, fruit mortel ;
Doute de l’homme plein d’envie ;
Doute du prêtre et de l’autel ;
Mais crois à l’amour, ô ma vie !

Crois à l’amour, toujours entier,
Toujours brillant sous tous les voiles !
A l’amour, tison du foyer !
A l’amour, rayon des étoiles !

Aime, et ne désespère pas.
Dans ton âme, où parfois je passe,
Où mes vers chuchotent tout bas,
Laisse chaque chose à sa place.

La fidélité sans ennui,
La paix des vertus élevées,
Et l’indulgence pour autrui,
Eponge des fautes lavées.

Dans ta pensée où tout est beau,
Que rien ne tombe ou ne recule.
Fais de ton amour ton flambeau.
On s’éclaire de ce qui brûle.

A ces démons d’inimitié
Oppose ta douceur sereine,
Et reverse leur en pitié
Tout ce qu’ils t’ont vomi de haine.

La haine, c’est l’hiver du coeur.
Plains-les ! mais garde ton courage.
Garde ton sourire vainqueur ;
Bel arc-en-ciel, sors de l’orage !

Garde ton amour éternel.
L’hiver, l’astre éteint-il sa flamme ?
Dieu ne retire rien du ciel ;
Ne retire rien de ton âme !
______________________

William CHAPMAN

NUIT DE NOËL

La nuit a déployé son voile.
Il fait froid; mais le grand ciel bleu
Allume sa dernière étoile.
Il fait froid; mais j'attise un feu
Qui fait chatoyer une toile
Où brille le berceau d'un Dieu.

Le vent glacé sur les toitures
Râle et sanglote comme un glas.
Sous les pieds ou sous les voitures
Crissent la neige et le verglas;
Emmitouflé dans ses fourrures,
Plus d'un passant hâte le pas.

Là-bas, les églises rayonnent
Du vif éclat de mille feux.
Déjà les enfants papillonnent
- Malgré le froid - l'espoir aux yeux,
Autour des temples lumineux;
Déjà les cloches carillonnent.

Et le son des bronzes pieux,
Coupé de solennels silences,
Répété sous nos bois immenses
Comme un écho perdu des cieux,
Réveille en mon coeur soucieux
Un essaim de réminiscences.

Et loin, bien loin, rêveur, je vois
La tant vieille église en ruine
Où j'allai la première fois,
Au milieu de la nuit divine,
Incliner ma tête enfantine
Sur le berceau du Roi des rois.

Je vois une voûte revêche
Où l'on a voulu peindre un ciel,
Je vois au pied d'un humble autel
Vaguement luire une humble crèche.
J'entends une voix jeune et fraîche
Chanter: Noël! Noël! Noël!

Je vois ma mère prosternée
Et, près de moi, priant tout bas.
J'assiste à la mort d'une année
Au milieu de joyeux ébats;
Et j'aperçois deux petits bas
Dans une grande cheminée.

Toute mon enfance à mes yeux
Reparaît, hantant ma demeure
Comme un fantôme gracieux
Dont l'aile avec amour m'effleure;
Et devant ce passé si vieux
Mon regard se voile, et je pleure.

Je pleure, les sens apaisés,
Avec un coeur que l'âge émousse,
Sans déchirement, sans secousse,
Et mes pleurs, à longs flots versés,
Ont l'âcreté suave et douce
Des souvenirs et des baisers.
_______________________


_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   

Revenir en haut Aller en bas
 
NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
 Sujets similaires
-
» Faucons pour tous 2016 à Bruxelles.
» MAME COLLECTION POUR TOUS
» La photographie pour tous...
» Nouvelle Bibliothèque pour tous ( Bonne Presse )
» [coll.]Le Film pour tous(ed. Modernes)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LE COIN POÉTIQUE DE FRIPOU :: VOS POEMES ET VOS PROSES-
Sauter vers: