LE COIN POÉTIQUE DE FRIPOU



 
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 NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)

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André Laugier

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MessageSujet: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Dim 20 Nov - 19:05




Comme l'an passé, mes Cher(e)s Ami(e)s du forum, et durant tous ces préparatifs de fêtes que nous allons vivre en féerie et en poésie ensemble, je vous invite, dans ce topic, à découvrir quelques poèmes sur l'ambiance de Noël, sur les paysages immaculés de neige, sur des mots "magiques" qui retracent toute la beauté et la nostalgie et font remonter en chacun de nous ces merveilleux souvenirs de l'enfance.

Partageons ces moments dans la FOI, dans l'AMOUR, dans la JOIE, dans l'ESPÉRANCE, aussi, pour celles et ceux qui sont dans la souffrance où qui connaitront la solitude en ces moments où le BONHEUR devrait être pour TOUS et la misère absente. Si vous avez des poèmes personnels où si vous connaissez de beaux textes d'auteurs connus ou anonymes, c'est ICI que je vous invite à les déposer pour que durant ce mois qui nous sépare de Noël nous visitions et lisions ces pages qui nous rapprocherons encore plus les uns des autres. UN GRAND MERCI par avance.
Marie NOËL

BÛCHE, QU'EN PENSES-TU ?

Mais quel est celui-ci qu'une main d'ombre accable,
Penché si lourdement sur l'ouvrage du feu ?
Son assiette froide est seule sur la table.
Est-ce un coupable ?... Un exilé ?... Voyons un peu,

Bûche, qu'en penses-tu ? Sa femme est-elle morte ?
Ou plus morte que morte avec l'amour au vent ?
L'a-t-on trahi ? — Son frère ou son ami, n'importe —
Ses enfants, où sont-ils ?... Et sa belle ? Au couvent ?

Il n'a ni compagnons, ni maîtresse, ni femme ;
Les enfants n'ont rien dérangé dans son souci ;
Il n'a parlé qu'aux seuls fantômes de son âme ;
C'est de courir après le vent qui l'a transi.

Ah ! mauvais écolier qui te disais un conte
Au lieu d'apprendre enfin ta réelle leçon,
Faiseur de faux calculs qui n'eus jamais ton compte
De gouttes pour ta soif, de mots pour ta chanson,

Noël ! Noël ! Entends-tu les cloches danseuses ?
L'homme n'est plus ce soir qu'un frêle nouveau-né
Qui s'éveille en sursaut et cherche ses berceuses,
Les nourrices d'amour qui l'ont abandonné.

Qui m'aimera ? Qui m'aimera dans la nuit douce ?
Ah ! qui donc ? — les mamans, c'est si vite passé ! —
Puisque dans l'avenir désert où Dieu nous pousse
Le cœur qui m'abritait, nul ne l'a remplacé ?

Noël ! Dans le vieux temps lointain mon cœur s'élance !
Et lente, grise, vague, avec cent yeux d'azur,
La Ronde du Passé tourne dans le silence.
Ses revenants doux et fanés longent le mur.

C'est la maison, la salle et son foyer folâtre
Où le sabot naïf espérait dans un coin...
Et Jésus emplissant tous ses rêves dans l'âtre...
— Tous ses rêves !... Ô Dieu ! que ces heures sont loin !

La femme aux genoux chauds, endormeuse de plaintes,
Qui vous berçait d'un chant toujours plus vague un peu ;
La femme aux doigts calmants qui venait sus aux craintes
Avec sa lampe et vous tendait les pieds au feu ;

Celle qui dans ses mains serrait les mains peureuses
Et, défaisant d'à peine un souffle le réseau
Des cauchemars ourdis en mailles ténébreuses,
Secouait les démons accrochés au berceau...

Où donc es-tu, pauvre vieille, ma seule Dame ?
Retrouve-moi ! Vois-tu pas au déclin du feu
Que j'ai besoin de tes secrets de bonne femme ?
Je rirais tant pour un polichinelle bleu !

Vois-tu, depuis longtemps, j'ai bien eu du courage,
J'ai souffert sans mot dire : on se serait moqué.
J'ai fait mon œuvre auprès de ma douleur bien sage
Mais pour du bonheur vrai la force m'a manqué.

Chante-moi la chanson où la mère est partie,
Où la marâtre reste avec l'enfant plaintif.
Chante, et tout doucement tiens ma tête blottie
À l'endroit que j'avais sur ton cœur fugitif.

Emporte-moi dans la « chapelle blanche » à l'heure
Où tant bercé j'aurai des brumes en l'esprit.
Dis moi tout bas « Mon cher petit » pour que j'en pleure.
« Mon cher petit... Mon cher petit ... Mon cher petit... »

Noël ! Les yeux du feu sont clos, la braise râle,
De la bûche qui meurt plus rien ne se défend.
Plus rien... tout tombe... Il reste un peu de cendre pâle...
De l'ombre... un peu de cendre... un long sanglot d'enfant.
___________________

Guy de MAUPASSANT

NUIT DE NEIGE

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur œil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.
___________________

À SUIVRE...


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fripou
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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Lun 21 Nov - 7:48

Décembre annonce des jours frileux où le coeur se réchauffe de la fête à venir qui va célébrer la naissance d'un être d'exception. Alors forcément cela ne pouvait qu'inspirer des poètes de tous âges. bisounours
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Flamme
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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Lun 21 Nov - 8:25

L'hiver est une belle saison quand il y a de la neige, c'est vrai ! Quand il fait froid, gris et qu'il pleut, c'est tout à fait différent.
Il n'y a plus qu'à rêver de flocons, de beaux sapins avec leur blanc manteau pour attendre le printemps et comme tu le dis, cher André, lire de magnifiques poèmes sur Noël !
Je te remercie de tes recherches pour nous déposer des merveilles de poésies !
Je sais que tu découvres des perles autant pour admirer, sourire et souvent bien rire avec les histoires de papa Noël chienquirit
Merci de t'occuper si bien des nombreux salons qui font vivre le petit coin de Fripou, et qui permet de passer de bons moments. sourir ecus

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André Laugier

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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Lun 21 Nov - 10:53


Bonjour FLAMME et FRIPOU,

C'est devenu une tradition, chaque année, à pareille époque, je viens déposer quelques poèmes sélectionnés concernant les paysages d'hiver et quelques belles pages consacrées à Noël. Je ferai la même chose pour présenter une compilation des meilleurs diaporamas afin que nous trouvions sur le forum cette douce et fervente atmosphère qui, durant un mois, va nous rapprocher davantage dans cette effusion, cet enchantement et cet enthousiasme.

merci à toutes les deux de vos mots d'aménité et de partage.

Je vous souhaite un excellent début de semaine... sous la pluie, actuellement, sur Marseille.

DE GROS bibi2 bibi2 bibi2

andre





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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Lun 21 Nov - 11:39




Victor HUGO

NUIT D'HIVER

Comme la nuit tombe vite !
Le jour, en cette saison,
Comme un voleur prend la fuite,
S’évade sous l’horizon.

Il semble, ô soleil de Rome,
De l’Inde et du Parthénon,
Que, quand la nuit vient de l’homme
Visiter le cabanon,

Tu ne veux pas qu’on te voie,
Et que tu crains d’être pris
En flagrant délit de joie
Par la geôlière au front gris.

Pour les heureux en démence
L’âpre hiver n’a point d’effroi,
Mais il jette un crêpe immense
Sur celui qui, comme moi,

Rêveur, saignant, inflexible,
Souffrant d’un stoïque ennui,
Sentant la bouche invisible
Et sombre souffler sur lui,

Montant des effets aux causes,
Seul, étranger en tout lieu,
Réfugié dans les choses
Où l’on sent palpiter Dieu,

De tous les biens qu’un jour fane
Et dont rit le sage amer,
N’ayant plus qu’une cabane
Au bord de la grande mer,

Songe, assis dans l’embrasure,
Se console en s’abîmant,
Et, pensif, à sa masure
Ajoute le firmament !

Pour cet homme en sa chaumière,
C’est une amère douleur
Que l’adieu de la lumière
Et le départ de la fleur.

C’est un chagrin quand, moroses,
Les rayons dans les vallons
S’éclipsent, et quand les roses
Disent : Nous nous en allons !
_________________

François COPPÉE

NOVEMBRE

Captif de l’hiver dans ma chambre
Et las de tant d’espoirs menteurs,
Je vois dans un ciel de novembre,
Partir les derniers migrateurs.

Ils souffrent bien sous cette pluie ;
Mais, au pays ensoleillé,
Je songe qu’un rayon essuie
Et réchauffe l’oiseau mouillé.

Mon âme est comme une fauvette
Triste sous un ciel pluvieux ;
Le soleil dont sa joie est faite
Est le regard de deux beaux yeux ;

Mais loin d’eux elle est exilée ;
Et, plus que ces oiseaux, martyr,
Je ne puis prendre ma volée
Et n’ai pas le droit de partir.
__________________

Ondine VALMORE

C'EST L'HIVER

C’est l’hiver et le noir décembre
Gémit dans le bois attristé ;
A la fenêtre de ta chambre
Pend un vieux pampre dévasté;

La bise qui gronde à ta porte
Siffle autour de ton front charmant ;
Sans songer aux fleurs qu’elle emporte,
Pourquoi souris-tu si gaîment ?

Oh ! dit-elle en levant la tête,
Que me fait le temps triste ou beau !
Tous mes jours sont des jours de fête.
J’ai dans le cœur un chant d’oiseau.

Mais du sein de la terre ouverte
S’élèvent les blondes moissons;
Vois la feuille odorante et verte
Habiller rochers et maisons :

Quant tout frémit, s’éveille et chante,
Quand ta vitre brille au soleil,
Pourquoi la gaîté rayonnante
A-t-elle fui ton front vermeil ?

Oh ! dit-elle en baissant la tête,
Que me fait le temps triste ou beau !
Comment saurais-je que c’est fête ?
Mon cœur a perdu son oiseau.
_________________

Auguste LACAUSSADE

LES SOLEILS DE NOVEMBRE

Un beau ciel de novembre aux clartés automnales
Baignait de ses tiédeurs les vallons vaporeux ;
Les feux du jour buvaient les gouttes matinales
Qui scintillaient dans l’herbe au bord des champs pierreux.

Les coteaux de Lormont, où s’effeuillaient les vignes,
Étageaient leurs versants jaunis sous le ciel clair ;
Vers l’orient fuyaient et se perdaient leurs lignes
En des lointains profonds et bleus comme la mer.

Lente et faible, la brise avait des plaintes douces
En passant sous les bois à demi dépouillés ;
L’une après l’une au vent tombaient les feuilles rousses,
Elles tombaient sans bruit sur les gazons mouillés.

Hélas ! plus d’hirondelles au toit brun des chaumières,
Plus de vol printanier égayant l’horizon ;
Dans l’air pâle, émanant ses tranquilles lumières,
Rayonnait l’astre d’or de l’arrière-saison.

La terre pacifique, aux rêveuses mollesses,
Après l’âpre labeur des étés florissants,
Semblait goûter, pareille aux sereines vieillesses,
Les tièdes voluptés des soleils finissants.

Avant les froids prochains, antique Nourricière,
Repose-toi, souris à tes champs moissonnés !
Heureux qui, l’âme en paix au bout de sa carrière,
Peut comme toi sourire à ses jours terminés !

Mais nous, rimeurs chétifs, aux pauvretés superbes,
De nos vertes saisons, hélas ! qu’avons-nous fait ?
Qui peut dire entre nous, pesant ses lourdes gerbes :
« Mourons ! mon œuvre est mûre et mon cœur satisfait ! »

Jouets du rythme, esprits sans boussole et sans force,
Dans ses néants la forme égara nos ferveurs ;
Du vrai, du grand, du beau nous n’aimions que l’écorce ;
Nous avons tout du fruit, tout, hormis les saveurs !

En nombres d’or rimant l’amour et ses délires,
Nous n’avons rien senti, nous avons tout chanté.
Vides sont les accords qu’ont exhalé nos lyres !
Vide est le fruit d’orgueil que notre arbre a porté !

Tombez, tombez, tombez, feuilles silencieuses,
Fleurs séniles, rameaux aux espoirs avortés !
Fermez-vous sans écho, lèvres mélodieuses !
Endormons-nous muets dans nos stérilités !

Plus de retours amers ! trêve aux jactances vaines !…
Oui, la Muse eût voulu des astres plus cléments !
Un sang pauvre et le doute, hélas ! glaçaient nos veines :
Nous sommes de moitié dans nos avortements.

Il faisait froid au ciel quand nous vînmes au monde,
La sève était tarie où puisaient les aïeux.
Résignons-nous, enfants d’une époque inféconde :
Nous mourons tout entiers, nous qui vivons sans dieux !

O dureté des temps ! ô têtes condamnées !
Fiers espoirs d’où la nuit et l’oubli seuls naîtront !
Eh bien, soit ! — Acceptons, amis, nos destinées :
Sans haine effaçons-nous devant ceux qui viendront !

Succédez-nous, croissez, races neuves et fortes !
Mais nous, dont vous vivrez, nous voulons vous bénir.
Plongez vos pieds d’airain dans nos racines mortes !
D’un feuillage splendide ombragez l’avenir !

Et vous, ferments sacrés des époques prospères,
Foi, liberté, soleil, trésors inépuisés,
Donnez à nos vainqueurs, oublieux de leurs pères,
Tous les biens qu’aux vaincus la vie a refusés !
__________________

À SUIVRE


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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Lun 21 Nov - 20:10

J'aime bien celui d'Ondine Valmore : C'est l'hiver.
Les autres sont trop long et celui d'Auguste Lacaussade était vraiment bien sur les les 7prmiers quatrains... ensuite il change d'idée et cela devient trop long ! Enfin, pour moi ! reflex sourir
Ils ont tous beaucoup de talent ! A notre époque quand on trouve un bon poète, on est content !!! clin2

bisclig

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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Mar 22 Nov - 12:42

Flamme a écrit:
J'aime bien celui d'Ondine Valmore : C'est l'hiver.
Les autres sont trop long et celui d'Auguste Lacaussade était vraiment bien sur les les 7prmiers quatrains... ensuite il change d'idée et cela devient trop long ! Enfin, pour moi ! reflex sourir
Ils ont tous beaucoup de talent ! A notre époque quand on trouve un bon poète, on est content !!! clin2

bisclig


MERCI, FLAMME. Tous ces poèmes de paysages d'automne et d'hiver nous donnent les images d'une Nature qui s'endort lentement jusqu'à la "renaissance" du printemps. Goûtons-en le "silence" dans cette sérénité qui invite à la méditation dans un recueillement quasi-religieux.

DE GROS bibi2 ET DOUCE JOURNÉE.

CARPE DIEM

andre


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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Mar 22 Nov - 12:53




Jean-Jacques AMPÈRE

LA CLOCHE DE NOËL

L'air est froid ; dans les cieux la lune brille et fuit ;
La cloche de Noël résonne dans la nuit.

Irai-je dans le temple où s'assemblent mes frères ?
Irai-je vers le Dieu qui consolait mes pères ?
Non, le temple est ouvert aux enfants de la foi,
Et le Dieu qui console est étranger pour moi.
Non, je ne prierai point ; que me fait la prière ?
Moi, j'écoute le vent siffler dans la bruyère.

L'air est froid ; dans les cieux la lune brille et fuit ;
La cloche de Noël résonne dans la nuit.

Voici la nuit du Christ, la nuit miraculeuse :
A cette heure, du ciel la voix mystérieuse
Plane sur le berceau des enfants nouveau-nés ;
Mais cette voix n'est pas pour les infortunés ;
S'ils regardent le ciel il devient noir et sombre,
Et des bruits effrayants les menacent dans l'ombre.

L'air est froid; dans les cieux la lune brille et fuit ;
La cloche de Noël résonne dans la nuit.

Ne priez point pour moi dans le temple rustique,
Ne priez point pour moi dans la chapelle antique,
Ô vous tous qui priez, ne priez point pour moi.
Seulement, si, le cœur saisi d'un vague effroi,
Vous arrêtez vos pas auprès du cimetière,
Pleurez, pleurez les morts et leur froide poussière.

L'air est froid ; dans les cieux la lune brille et fuit ;
La cloche de Noël résonne dans la nuit.
_________________

Guy de MAUPASSANT

NUIT DE NEIGE

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur œil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.
_________________

Ondine VALMORE

LA VOIX

La neige au loin couvre la terre nue ;
Les bois déserts étendent vers la nue
Leurs grands rameaux qui, noirs et séparés,
D’aucune feuille encor ne sont parés ;
La sève dort et le bourgeon sans force
Est pour longtemps engourdi sous l’écorce ;
L’ouragan souffle en proclamant l’hiver
Qui vient glacer l’horizon découvert.
Mais j’ai frémi sous d’invisibles flammes
Voix du printemps qui remuez les âmes,
Quand tout est froid et mort autour de nous,
Voix du printemps, ô voix, d’où venez-vous ?…
_________________


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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Mer 23 Nov - 18:26




Emile VERHAEREN

LA BARQUE

Il gèle et des arbres pâlis de givre clair
Montent au loin, ainsi que des faisceaux de lune ;
Au ciel purifié, aucun nuage ; aucune
Tache sur l’infini silencieux de l’air.

Le fleuve où la lueur des astres se réfracte
Semble dallé d’acier et maçonné d’argent ;
Seule une barque est là, qui veille et qui attend,
Les deux avirons pris dans la glace compacte.

Quel ange ou quel héros les empoignant soudain
Dispersera ce vaste hiver à coups de rames
Et conduira la barque en un pays de flammes
Vers les océans d’or des paradis lointains ?

Ou bien doit-elle attendre à tout jamais son maître,
Prisonnière du froid et du grand minuit blanc,
Tandis que des oiseaux libres et flagellant
Les vents, volent, là-haut, vers les printemps à naître ?
__________________

Anna De NOAILLES

L'HIVER

C’est l’hiver sans parfum ni chants.
Dans le pré, les brins de verdure
Percent de leurs jets fléchissants
La neige étincelante et dure.

Quelques buissons gardent encor
Des feuilles jaunes et cassantes
Que le vent âpre et rude mord
Comme font les chèvres grimpantes.

Et les arbres silencieux
Que toute cette neige isole
Ont cessé de se faire entre eux
Leurs confidences bénévoles.

– Bois feuillus qui, pendant l’été,
Au chaud des feuilles cotonneuses
Avez connu les voluptés
Et les cris des huppes chanteuses,

Vous qui, dans la douce saison,
Respiriez la senteur des gommes,
Vous frissonnez à l’horizon
Avec des gestes qu’ont les hommes.

Vous êtes las, vous êtes nus,
Plus rien dans l’air ne vous protège,
Et vos coeurs tendres ou chenus
Se désespèrent sur la neige.

– Et près de vous, frère orgueilleux,
Le sapin où le soleil brille
Balance les fruits écailleux
Qui luisent entre ses aiguilles.
_________________

Jules BRETON

BEAU SOIR D'HIVER

La neige – le pays en est tout recouvert –
Déroule, mer sans fin, sa nappe froide et vierge,
Et, du fond des remous, à l’horizon désert,
Par des vibrations d’azur tendre et d’or vert,
Dans l’éblouissement, la pleine lune émerge.

A l’Occident s’endort le radieux soleil,
Dans l’espace allumant les derniers feux qu’il darde
A travers les vapeurs de son divin sommeil,
Et la lune tressaille à son baiser vermeil
Et, la face rougie et ronde, le regarde.

Et la neige scintille, et sa blancheur de lis
Se teinte sous le flux enflammé qui l’arrose.
L’ombre de ses replis a des pâleurs d’iris,
Et, comme si neigeaient tous les avrils fleuris,
Sourit la plaine immense ineffablement rose.
_________________

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Flamme
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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Mer 23 Nov - 21:52

Ils n'aiment pas trop l'hiver ces 3 poèmes ...les auteurs préfèrent certainement les saisons plus ensoleillées !
Merci André bibi2 bonnenuit

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André Laugier

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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Jeu 24 Nov - 11:13

Flamme a écrit:
Ils n'aiment pas trop l'hiver ces 3 poèmes ...les auteurs préfèrent certainement les saisons plus ensoleillées !
Merci André bibi2  bonnenuit  


L'hiver est une saison de silence froid, mais aussi d'attente féconde, car pendant que la nature se repose, l’esprit du poète, lui, peut entrer en ébullition.

merci2 pour tes fidèles lectures, Chère FLAMME.

DE GROS bibi2 et passe une journée très sereine.

CARPE DIEM

andre


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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Jeu 24 Nov - 11:27





Gabriel VICAIRE

NOËL BRETON

Un bruit s'est répandu dans la Basse-Bretagne.
On dit que l'Enfant-Dieu vient de naître, et soudain
Tout s'émeut de la mer à la noire montagne :
L'un a quitté sa barque et l'autre son jardin.

Que de gens ! Pour mieux voir l'aurore qui se lève,
Il en vient de la lande, il en vient de partout,
Et l'on dirait que tous, après un mauvais rêve,
En plein ciel étoilé s'éveillent tout à coup.

Le penn-bas à la main pour soutenir sa marche,
Un pêcheur aux cheveux de neige est en avant.
Jeunes gens, hommes faits suivent le patriarche
Et reprennent en chœur son cantique fervent.

Bas rouges, robe noire et châle des dimanches,
Les femmes bravement leur emboîtent le pas;
Et c'est au loin comme une mer de coiffes blanches.
Un flot qui toujours roule et qui n'est jamais las.

Fillettes au regard étonné, bonnes vieilles,
Il en est de tout âge et de toute couleur.
C'est le bourdonnement d'une ruche d'abeilles
Sous un soleil d'été, dans le courtil en fleur.

Et derrière, mon Dieu, que d'êtres en guenilles
Au visage dolent et pourtant guilleret !
Des boiteux dans l'azur agitent leurs béquilles,
Des ivrognes font halte au premier cabaret.

O chrétiens qui rêvez, en plein péché peut-être,
Aux périssables biens qu'on acquiert en passant,
Voyez donc quel palais a choisi, pour y naître,
L'unique, le grand Roi, le Seigneur tout-puissant.

Regardez, bonnes gens. Ce n'est qu'une humble crèche
Où la mère et l'enfant sont blottis dans le foin.
Un bœuf est là, soufflant de son haleine fraîche,
Un petit âne roux fait hi-han dans un coin.

Pauvre hutte branlante et que rien ne protège,
Sait-elle seulement qui lui vient aujourd'hui ?
Par l'étroite lucarne, où frissonne la neige,
Le vent du Nord tempête et hurle, il est chez lui.

Mais toute jeune est l'accouchée et toute blonde.
Son visage de fleur sourit divinement.
Le poupon qu'elle allaite est le Maître du monde,
Elle le berce, heureuse, avec tremblement.

Et la mer au dehors, la grande mer s'arrête.
Recueillie et craintive, elle a l'air d'écouter,
Au fond du ciel éclate un cantique de fête;
Tous les anges de Dieu se sont mis à chanter.

Nos gens sont arrivés bien las. Que leur importe ?
Voici l'heure adorable et le divin moment.
"Laissez, mes bons amis, vos penn-bas à la porte,
Dit Joseph, vous aurez bientôt contentement."

Et la Vierge a souri, plus belle que l'aurore,
L'enfant s'est éveillé, tendant ses petits bras.
Ah ! bien abandonné qui souffrirait encore !
Plus d'un tremble de fièvre et ne s'en doute pas.

Mais quel grand souffle emplit la chétive demeure ?
Le biniou prélude. O Dieu, la douce voix ?
C'est, sous le triste ciel, la Bretagne qui pleure,
la Bretagne qui pleure et qui chante à la fois.

Nos commères pourtant ont le cœur bien à l'aise;
Laquelle ne voudrait toucher le nouveau-né ?
Elles ouvrent des yeux grands comme une fournaise,
Se disent l'une à l'autre : "Oh ! oh ! oh! ma iné."

Elles sont à genoux. Leurs larmes fendent l'âme.
Toute mouillée encore, s'envole une chanson.
Faut-il pas attendrir la bonne chère dame
Et faire rire un peu le joli nourrisson ?

Déjà, grâce aux pêcheurs, frétillent sur la paille
De beaux poissons d'argent avec des reflets bleus.
Que ce homard a l'air terrible, et quelle taille !
Le turbot sans pareil, le bar miraculeux ?

Et voici qu'un lait pur écume dans les jattes.
On allume le feu : c'est pour la soupe aux choux.
Il suffit d'un instant pour griller les patates.
Vive les crêpes d'or avec le cidre doux !

La longue Zéphyrine apporte un pot de beurre,
Et choit tout de son long, si grand est son émoi;
En fait de goutte, Aimée eût toujours la meilleure,
Francine offre son cœur et c'est assez, ma foi.

Mais le plus beau de tout, c'est le petit navire
Que bien dévotement présentent les gamins;
L'Enfant-Dieu s'émerveille à ce bateau qui vire,
Il rit, en regardant sa mère, et bat des mains.

Seul, monsieur du Jacquot, seigneur plein de prudence,
Reste majestueux. Qui pourrait le troubler ?
Cependant il salue, et, par condescendance,
Il a caressé l'âne avant de s'en aller.
_________________

Théophile GAUTIER

FANAISIES D'HIVER
I

Le nez rouge, la face blême,
Sur un pupitre de glaçons,
L'Hiver exécute son thème
Dans le quatuor des saisons.

Il chante d'une voix peu sûre
Des airs vieillots et chevrotants ;
Son pied glacé bat la mesure
Et la semelle en même temps ;

Et comme Haendel, dont la perruque
Perdait sa farine en tremblant,
Il fait envoler de sa nuque
La neige qui la poudre à blanc.

II

Dans le bassin des Tuileries,
Le cygne s'est pris en nageant,
Et les arbres, comme aux féeries,
Sont en filigrane d'argent.

Les vases ont des fleurs de givre,
Sous la charmille aux blancs réseaux ;
Et sur la neige on voit se suivre
Les pas étoilés des oiseaux.

Au piédestal où, court-vêtue,
Vénus coudoyait Phocion,
L'Hiver a posé pour statue
La Frileuse de Clodion.

III

Les femmes passent sous les arbres
En martre, hermine et menu-vair,
Et les déesses, frileux marbres,
Ont pris aussi l'habit d'hiver.

La Vénus Anadyomène
Est en pelisse à capuchon ;
Flore, que la brise malmène,
Plonge ses mains dans son manchon.

Et pour la saison, les bergères
De Coysevox et de Coustou,
Trouvant leurs écharpes légères,
Ont des boas autour du cou.

IV

Sur la mode Parisienne
Le Nord pose ses manteaux lourds,
Comme sur une Athénienne
Un Scythe étendrait sa peau d'ours.

Partout se mélange aux parures
Dont Palmyre habille l'Hiver,
Le faste russe des fourrures
Que parfume le vétyver.

Et le Plaisir rit dans l'alcôve
Quand, au milieu des Amours nus,
Des poils roux d'une bête fauve
Sort le torse blanc de Vénus.

V

Sous le voile qui vous protège,
Défiant les regards jaloux,
Si vous sortez par cette neige,
Redoutez vos pieds andalous ;

La neige saisit comme un moule
L'empreinte de ce pied mignon
Qui, sur le tapis blanc qu'il foule,
Signe, à chaque pas, votre nom.

Ainsi guidé, l'époux morose
Peut parvenir au nid caché
Où, de froid la joue encor rose,
A l'Amour s'enlace Psyché.
_________________

Albert SAMAIN

HIVER

Le ciel pleure ses larmes blanches
Sur les jours roses trépassés ;
Et les amours nus et gercés
Avec leurs ailerons cassés
Se sauvent, frileux, sous les branches.

Ils sont finis les soirs tombants,
Rêvés au bord des cascatelles.
Les Angéliques, où sont-elles !
Et leurs âmes de bagatelles,
Et leurs cœurs noués de rubans ?…

Le vent dépouille les bocages,
Les bocages où les amants
Sans trêve enroulaient leurs serments
Aux langoureux roucoulements
Des tourterelles dans les cages.

Les tourterelles ne sont plus,
Ni les flûtes, ni les violes
Qui soupiraient sous les corolles
Des sons plus doux que des paroles.
Le long des soirs irrésolus.

Cette chanson – là-bas – écoute,
Cette chanson au fond du bois…
C’est l’adieu du dernier hautbois,
C’est comme si tout l’autrefois
Tombait dans l’âme goutte à goutte.

Satins changeants, cheveux poudrés,
Mousselines et mandolines,
O Mirandas ! O Roselines !
Sous les étoiles cristallines,
O Songe des soirs bleu-cendrés !

Comme le vent brutal heurte en passant les portes !
Toutes, – va ! toutes les bergères sont bien mortes.

Morte la galante folie,
Morte la Belle-au-bois-jolie,
Mortes les fleurs aux chers parfums !

Et toi, sœur rêveuse et pâlie,
Monte, monte, ô Mélancolie,
Lune des ciels roses défunts.
__________________

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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Ven 25 Nov - 19:31



Gustave NADAUD

LA BÛCHE DE NOËL

Noël ! la bûche est allumée !
Et je suis seul, chez moi, la nuit.
Causons avec le feu, sans bruit,
Porte fermée.
Il peut trouver longs mes discours ;
Moi, j'estime les siens trop courts.
Noël ! la bûche est allumée !

Noël ! la bûche est allumée !
Ô bûche de Noël, es-tu
Le rameau d'un cèdre abattu
Dans l'Idumée ?
Mais non ; je sais bien qu'autrefois
Tu fus un chêne dans les bois.
Noël ! la bûche est allumée !

Noël ! la bûche est allumée !
Parle-moi de nos jours heureux :
Tu descends des coteaux ombreux,
Tout embaumée,
Apportant dans notre cité
Les parfums du dernier été.
Noël ! la bûche est allumée !

Noël ! la bûche est allumée !
As-tu vu des amants s'asseoir
En attendant l'heure du soir
Accoutumée ?
Chut ! on entend un bruit de pas...
Non : c'est un cerf qui fuit là-bas.
Noël ! la bûche est allumée !

Noël ! la bûche est allumée !
Viendrais-tu pas de la forêt
Où, sans se perdre, s'égarait
Ma bien-aimée ?
Les vieux chênes reverdiront,
La mousse au pied, la feuille au front.
Noël ! la bûche est allumée !

Noël ! la bûche est allumée !
Mais toi, tes destins vont finir :
Allez, bonheur et souvenir,
Cendre et fumée.
Adieu, ma bûche de Noël :
Tout rentre en terre ou monte au ciel.
Noël ! la bûche est consumée !
__________________

Émile VERHARAEN

DÉDIÉ AU SUD-OUEST

Sur la bruyère longue infiniment
voici le vent cornant novembre;
Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent
Qui se déchire et se démembre,
En souffles lourds, battant les bourgs ;
Voici le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Aux puits des fermes,
Les seaux de fer et les poulies
Grincent ;
Aux citernes des fermes.
Les seaux et les poulies
Grincent et crient
Toute la mort, dans leurs mélancolies.

Le vent rafle, le long de l’eau,
Les feuilles mortes des bouleaux,
Le vent sauvage de Novembre ;
Le vent mord, dans les branches,
Des nids d’oiseaux ;
Le vent râpe du fer
Et peigne, au loin, les avalanches,
Rageusement du vieil hiver,
Rageusement, le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Dans les étables lamentables,
Les lucarnes rapiécées
Ballottent leurs loques falotes
De vitres et de papier.
– Le vent sauvage de Novembre ! –
Sur sa butte de gazon bistre,
De bas en haut, à travers airs,
De haut en bas, à coups d’éclairs,
Le moulin noir fauche, sinistre,
Le moulin noir fauche le vent,
Le vent,
Le vent sauvage de Novembre.
Les vieux chaumes, à croupetons,
Autour de leurs clochers d’église.
Sont ébranlés sur leurs bâtons ;
Les vieux chaumes et leurs auvents
Claquent au vent,
Au vent sauvage de Novembre.
Les croix du cimetière étroit,
Les bras des morts que sont ces croix,
Tombent, comme un grand vol,
Rabattu noir, contre le sol.

Le vent sauvage de Novembre,
Le vent,
L’avez-vous rencontré le vent,
Au carrefour des trois cents routes,
Criant de froid, soufflant d’ahan,
L’avez-vous rencontré le vent,
Celui des peurs et des déroutes ;
L’avez-vous vu, cette nuit-là,
Quand il jeta la lune à bas,
Et que, n’en pouvant plus,
Tous les villages vermoulus
Criaient, comme des bêtes,
Sous la tempête ?

Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent hurlant,
Voici le vent cornant Novembre.
_________________

Jacques-Imbert GALLOIX

LA NUIT DE NOËL

L'air est glacé, mais la nuit est sereine,
Les astres clairs nagent en un ciel pur ;
J'entends gémir les eaux de la fontaine ;
Le firmament étale son azur.

L'airain battu d'un coup triste et sonore
Seul a troublé le repos de la nuit.
Il est une heure, et moi je veille encore ;
Je veille seul, et le repos me fuit.

Oh ! que de fois le silence nocturne
Prêta son calme à mes songes divers !
Oh ! que de fois ma lampe taciturne
M'a vu rêver, lire, tracer des vers !

Nuit de Noël, derniers jours de l'année,
Oh ! que de jeux, de paix et de plaisirs
Vous rappelez à mon âme fanée !
Et tout a fui sous de nouveaux désirs !

Comme d'un rêve aussi doux que rapide,
Il me souvient de ce bonheur passé.
Bonheur d'enfance, imprévoyant, avide,
Que la raison a si vite effacé...

Il me souvient de ces cadeaux magiques
À mon réveil offerts dès le matin,
Et du foyer, et des plombs fantastiques,
Dont les contours présageaient le destin.

Me disaient-ils que je serais poète,
Victime, hélas ! des désirs de mon coeur ?
Que le chagrin ferait courber ma tête,
Et que jamais je n'en serais vainqueur ?...

Déjà la cloche a répété quatre heures ;
Je veille encor, je veille pour chanter.
Un bruit soudain ébranle nos demeures ;
Quelle douceur je trouve à l'écouter !

Quels sons divins, quelle auguste harmonie
L'airain du temple exhale dans les airs !
Comme l'espoir, mon âme rajeunie
Entend vibrer les célestes concerts.

Nuit de Noël, nuit de paix et de joie,
C'est dans ton sein qu'un Sauveur nous est né.
Le cœur soumis qui marche dans ta voie,
Humble et joyeux, n'est pas abandonné.

Ô mon Sauveur, viens éclairer ma route !
Viens me couvrir des ailes de la foi !
Ouvre mon âme et dissipe mon doute ;
Viens, je t'attends et je me livre à toi.
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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Ven 25 Nov - 20:17

Que d'auteurs ! poètes, que je ne connais pas ! A leur époque faisait-il des recueils ? Je ne pense pas. Quelques libraires devaient rassembler leurs écrits.
Merci André de nous les faire connaitre ! Bonne soirée.
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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Ven 25 Nov - 21:53

Flamme a écrit:
Que d'auteurs ! poètes, que je ne connais pas ! A leur époque faisait-il des recueils ? Je ne pense pas. Quelques libraires devaient rassembler leurs écrits.
Merci André de nous les faire connaitre ! Bonne soirée.
bisounours bibi2


Chaque année, depuis six ans, soit dans mes archives (bibliothèque personnelle), soit à la bibliothèque municipale de l'Alcazar de Marseille, soit chez les bouquinistes ou encore sur Internet, je me livre à des recherches et je fais en sorte de trouver de nouveaux poèmes sur l'hiver ou sur Noël et le Jour de l'An.

Je possède une petite collection de 93 poèmes sur la saison d'hiver et sur les fêtes de fin d'année. De quoi alimenter, et jusqu'au début janvier 2017 ce topic qui va nous permettre de vivre ensemble, ces beaux moments de rêve et de "magie" dans le partage, l'amour des vers ainsi que la foi qui nous anime.

UN GRAND merci2 MA CHÈRE FLAMME pour tes mots si gentils et appréciés.

UN TOURBILLON DE bibi2 bibi2 bibi2 DE NOUS TROIS À VOUS DEUX.

Demain, je commenterai la plupart des poèmes qui ont été postés et pour lesquels je n'ai pas eu le temps, malgré leur lecture, de donner mes impressions. Actuellement, j'ai quelques spectacles de magie à assurer, à l'approche des fêtes, et comme chaque année à pareille période, la magie me prend du temps sur la poésie.

andre


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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Sam 26 Nov - 18:14





André LEMOYNE

LA NEIGE TOMBE EN PAIX

La neige tombe en paix sur Paris qui sommeille,
De sa robe d'hiver à minuit s'affublant.
Quand la ville surprise au grand jour se réveille,
Fins clochers, dômes ronds, palais vieux, tout est blanc.

Moins rudes sont les froids, et la Seine charrie :
D'énormes blocs de glace aux longs reflets vitreux
Éclaboussent d'argent l'arche du pont Marie,
Poursuivent leur voyage et se choquent entre eux.

Les cloches qui tintaient à si grandes volées,
Pour fêter dignement les jours carillonnés,
N'ont plus qu'un timbre mat et des notes voilées,
Comme si leurs battants étaient capitonnés.

Les barques des chalands au long des quais rangées,
De leur unique voile ont fermé l'éventail,
Et toutes dans la glace, en bon ordre figées,
Sont prises dans leur coque et jusqu'au gouvernail.

Enrobant le Soleil sous deux ailes de flamme,
Un goéland du Havre ou de Pont-Audemer
Vient comme un Saint-Esprit planer sur Notre-Dame :
On reconnaît de loin le grand oiseau de mer.

Ce fut par de joyeux et clairs matins de neige,
Où l'aurore allumait ses premiers feux pourprés,
Qu'autrefois les Normands, blonds fils de la Norvège,
Dressaient la haute échelle à Saint-Germain-des-Prés.
__________________

Antoine de LATOUR

LA NEIGE

J'aime la neige éblouissante
Qui couronne les vieilles tours,
Et sur les arbres qu'elle argente :
Courbe la feuille jaunissante,
Dernier souvenir des beaux jours.

Ses blancs flocons avec mystère
Reposent au toit des maisons,
Et d'une tunique légère
Voilent la face de la terre,
Ainsi que de molles toisons.

Écoutez ! tout semble immobile,
La neige endort tous les échos ;
Sans bruit passe la foule agile,
Et sur l'enceinte de la ville
Pèse un mystérieux repos.

La ville est un camp qui sommeille
Avec ses muets pavillons,
Quand le vent n'apporte à l'oreille
Que la voix du soldat qui veille,
Dans l'absence des bataillons.

C'est une flotte dont la grâce
Fait rêver aux golfes des cieux,
Une blanche flotte qui passe,
Et qui semble au loin dans l'espace
Suivre un astre silencieux.

L'arbre balancé par l'orage
Est un mât penché sur les mers,
Chaque brise un chant de la plage,
Chaque voix un cri du rivage
Prolongé sur les flots amers.

Et le soir quand la ville étale
L'éclat de ses mille flambeaux,
C'est une tente triomphale
Qui, dans sa grâce orientale,
Garde la couche d'un héros.
_________________

Amable TASTU

LA NEIGE

Si peu nombreux encore, tes jours coulent bien sombres,
Jeune année, et ton front est enveloppé d'ombres.
De ces nuages noirs, qui déguisent les cieux,
Descendant les frimas à flots silencieux.
Comme le froid chagrin sur une âme oppressée,
La neige sur le sol tombe lente et glacée.
Dans mes yeux abattus je sens rouler des pleurs !
Hélas! mon cher pays, qu'as-tu fait de tes fleurs ?
Quel sinistre pouvoir a flétri ta parure ?
En vain mon cœur gémit et ma bouche murmure ;
Demain, hélas! demain, de ses blancs tourbillons
La neige aura comblé tes fertiles sillons ;
Les oiseaux, que la bise atteint dans leurs retraites,
Demain s'exileront de tes forêts muettes ;
Demain ces flots nombreux qui, dans leur liberté.
Te vont porter la vie et la fécondité,
S'arrêteront captifs, et ce réseau de glace
Comme un voile de mort couvrira ta surface !
Mais ce linceul pesant, sous sa morne pâleur,
Double en la comprimant la féconde chaleur :
Telle, dans nos hameaux la couveuse fidèle
Cache un germe inconnu sous l'ombre de son aile,
Et peut-être, trompée en son aveugle amour,
S'étonnera des fruits qui vont éclore au jour.
Déjà dans sa puissance où la terre se fie
Fermente sourdement le principe de vie ;
Déjà la sève errante en ses mille canaux
Promet aux troncs vieillis des rejetons nouveaux,
Et sur le froid sommeil de la nature entière
Plane un songe d'espoir, de joie et de lumière.
Pour hâter le moment d'un glorieux réveil,
France, que te faut-il ? Un rayon du soleil !
Le soleil, il est là, brillant sous ce nuage,
Comme la vérité, dont son astre est l'image :
Comme elle aussi, couvert d'un voile passager,
Qui l'obscurcit un jour, mais ne peut le changer.
Ah ! si l'ombre est rapide et lui seul immuable,
S'il faut subir du temps le cours inexorable,
Si le plus long hiver est suivi d'un printemps,
Il vient ! l'hiver s'enfuit ; le temps vole !... j'attends !
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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Sam 26 Nov - 18:31

Je sais André que les fêtes qui approchent vont te demander du temps pour ta magie !!! Tu es certainement demandé par tes connaissances, pour réjouir de ton talent, de nombreuses soirées !
Ne te fais pas de souci, nous attendrons tes venues avec patience. Prends ton temps et rends tes amis bien heureux d'avoir la chance de te connaitre !
Nous avons de quoi passer, déjà, de bons moments à lire tous ces beaux poèmes ! sourir
Grand merci et bisous à vous 3.
bis2 calinchat

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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Sam 26 Nov - 18:36

Bonsoir André. Nous t'attendrons sagement. Tu es notre Père Noël de la poésie et tes nombreux topics nous prouvent ton talent.
Merci à toi d'être avec nous et de ta présence précieuse mais ton travail passe avant tout.
Belle soirée Ami de plume
Gros bisous de Limoux
Lucienne
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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Lun 28 Nov - 12:39

Flamme a écrit:
Je sais André que les fêtes qui approchent vont te demander du temps pour ta magie !!! Tu es certainement demandé par tes connaissances, pour réjouir de ton talent, de nombreuses soirées !
Ne te fais pas de souci, nous attendrons tes venues avec patience. Prends ton temps et rends tes amis bien heureux d'avoir la chance de te connaitre !
Nous avons de quoi passer, déjà, de bons moments à lire tous ces beaux poèmes !  sourir
Grand merci et bisous à vous 3.
bis2  calinchat



Bonjour FLAMME,

Oui, je ne suis pas à cent pour cent en poésie, actuellement. Comme chaque année, je fais mon possible pour assurer un peu de partout. Au prix de quelques "jongleries" entre les forums poétiques, les sites de magie et les spectacles de fin d'année à assurer.

Cela n'aura pas trop d'incidence car j'ai appris à gérer plusieurs activités à la fois, et je ferai en sorte, comme l'an dernier, de m'organiser sur toutes mes activités.

UN GRAND merci2 pour cette confiance que tu m'accordes, Chère FLAMME.

Très bon début de semaine et nos plus CHALEUREUX bibi2 bibi2 bibi2

CARPE DIEM

andre


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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Lun 28 Nov - 12:52

Lucienne MARTEL a écrit:
Bonsoir André. Nous t'attendrons sagement. Tu es notre Père Noël de la poésie et tes nombreux topics nous prouvent ton talent.
Merci à toi d'être avec nous et de ta présence précieuse mais ton travail passe avant tout.
Belle soirée Ami de plume
Gros bisous de Limoux
Lucienne


Bonjour LUCIENNE,

Je ne sais pas si je suis le Père Noël de la poésie, en tout cas, je ferai tout pour assurer, comme je l'ai indiqué à FLAMME, ma fidèle contribution au forum, même si ce mois de décembre va devoir m'obliger à partager mon temps entre la magie et la poésie.

En prévision, j'ai assuré mes arrières depuis quelques temps, afin d'avoir quelques poèmes d'avance, quelques articles en réserve pour n'avoir à faire que des copier/coller. Un gain de temps, par conséquent, puisque je me suis constitué, depuis deux mois, de quoi pouvoir apporter ma contribution au forum tout au long de cette période de décembre.

Le seul point délicat restera mes commentaires concernant les poèmes postés par nos membres... mais je ferai en sorte de grouper mes exégèses.

MILLE  merci2 pour tes mots généreux d'Amitié et de considération.

Excellent début de semaine, LUCIENNE et de GROS  bis

CARPE DIEM

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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Lun 28 Nov - 17:06



Albert MÉRAT (1840-1909)

LA NEIGE

L'air donne le frisson comme un breuvage amer.
Le jour est morne, éteint, et prend des tons de cuivre.
Les moineaux, pépiant de froid, se laissent suivre,
Et, s'envolant, font sur la brume un vague éclair.

La neige, floraison pâle des ciels d'hiver,
Fait pleuvoir tristement ses étoiles de givre.
Les arbres aux bourgeons captifs qu'Avril délivre
Se la mettent au front, ainsi qu'un joyau clair.

Frêle et vain ornement, outrage des ramures
A qui va la beauté des larges feuilles mûres,
Où circule le sang glorieux des étés !

Ta blanche clarté fait que j'aime mieux les roses,
Ô neige, dont la grâce est celle des chloroses,
Image des froideurs et des virginités.
__________________

Guy de MAUPASSANT

LES OIES SAUVAGES

Tout est muet, l’oiseau ne jette plus ses cris.
La morne plaine est blanche au loin sous le ciel gris.
Seuls, les grands corbeaux noirs, qui vont cherchant leurs proies,
Fouillent du bec la neige et tachent sa pâleur.
Voilà qu’à l’horizon s’élève une clameur ;
Elle approche, elle vient, c’est la tribu des oies.

Ainsi qu’un trait lancé, toutes, le cou tendu,
Allant toujours plus vite, en leur vol éperdu,
Passent, fouettant le vent de leur aile sifflante.
Le guide qui conduit ces pèlerins des airs
Delà les océans, les bois et les déserts,

Comme pour exciter leur allure trop lente,
De moment en moment jette son cri perçant.
Comme un double ruban la caravane ondoie,
Bruit étrangement, et par le ciel déploie
Son grand triangle ailé qui va s’élargissant.
Mais leurs frères captifs répandus dans la plaine,

Engourdis par le froid, cheminent gravement.
Un enfant en haillons en sifflant les promène,
Comme de lourds vaisseaux balancés lentement.
Ils entendent le cri de la tribu qui passe,
Ils érigent leur tête ; et regardant s’enfuir

Les libres voyageurs au travers de l’espace,
Les captifs tout à coup se lèvent pour partir.
Ils agitent en vain leurs ailes impuissantes,
Et, dressés sur leurs pieds, sentent confusément,
A cet appel errant se lever grandissantes

La liberté première au fond du cœur dormant,
La fièvre de l’espace et des tièdes rivages.
Dans les champs pleins de neige ils courent effarés,
Et jetant par le ciel des cris désespérés
Ils répondent longtemps à leurs frères sauvages.
__________________

M. CHALIÈRE

LES BOUGIES DE NOËL

Chaque bougie a comme une âme
Qui vit, palpite dans la flamme...
Il semble même quelques fois
Qu'on entend de subtiles voix.

C'est que chacune a son langage.
La blanche dit : «Sois pur et sage !
Garde propre ton vêtement,
Garde ton cœur également !»

La bleue exhorte avec tendresse
Au pardon, à la gentillesse.
La verte, emblème d'espérance
Nous déclare : «Ayez confiance !»

La rouge célèbre la joie.
Elle nous dit : «Il faut qu'on voit
Sur vos visages radieux
Resplendir le bonheur des cieux!»

Puis la jaune, couleur d'étoile,
Rayonne ardent et nous dévoile
Le secret d'un profond bonheur
C'est d'aimer Dieu, de tout son cœur !
_________________

_________________
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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Mar 29 Nov - 19:17





Raymond RICHARD

LE PLUS BEAU DES CADEAUX

Noël ! que nous apportes-tu
Dans tes bras si fragiles ?
Un cheval ? Une automobile ?
Un Pierrot au chapeau pointu ?
Noël, que nous apportes-tu ?

Nous apportes-tu dans ta hotte
Des oranges, du chocolat,
du pain d'épices, des nougats
Des pralines, des papillotes ?
Qu'y a-t-il au fond de ta hotte ?

Des joujoux, bien sûr, c'est parfait
Et c'est si bon les friandises !
Mais, dans tes menottes exquises
Trouverons-nous d'autres bienfaits ?
Noël, apporte-nous la Paix !
_________________

Augusta HOLMÈS

TROIS ANGES SONT VENUS CE SOIR

Trois anges sont venus ce soir
M’apporter de bien belles choses,
L’un d’eux avait un encensoir,
L’autre avait un chapeau de roses,
Et le troisième avait en main
Une robe toute fleurie
De perles d’or et de jasmin
Comme en a Madame Marie.
Noël ! Noël !
Nous venons du ciel
T’apporter ce que tu désires,
Car le bon Dieu
Au fond du ciel bleu,
Est chagrin lorsque tu soupires.

Veux-tu le bel encensoir d’or
Ou la rose éclose en couronne ?
Veux-tu la robe, ou bien encore
Un collier où l’argent fleuronne ?
Veux-tu des fruits du Paradis
Ou du blé des célestes granges ?
Ou comme les bergers, jadis,
Veux-tu voir Jésus dans ses langes ?
Noël ! Noël !
Retournez au ciel
Mes beaux anges, à l’instant même ;
Dans le ciel bleu,
Demandez à Dieu,
Le bonheur pour celui que j’aime.
_________________

Rosemonde GÉRARD

AINSI QU'ILS LE FONT CHAQUE ANNÉE

Ainsi qu'ils le font chaque année,
En papillotes, les pieds nus,
Devant la grande cheminée
Les petits enfants sont venus.

Tremblants dans leur longue chemise,
Ils sont là... Car le vieux Noël,
Habillé de neige qui frise,
A minuit descendra du ciel.

Quittant la guirlande des anges,
Le Jésus de cire et les Rois,
Transportant des paquets étranges,
Titubant sur le bords des toits,

Le vieux bonhomme va descendre ...
Et, de crainte d'être oubliés,
Les enfants roses, dans la cendre,
Ont mis tous leurs petits souliers.

Ils ont même, contre une bûche
Qui venait de rouler du feu,
Rangé leurs pantoufles à ruche
Et leurs bottes de vernis bleu.

Puis, après quelque phrase brève,
Ils s'endormirent en riant
Et firent un si joli rêve
Qu'ils riaient encore en dormant.

Ils rêvaient d'un pays magique
Où l'alphabet fut interdit ;
Les ruisseaux étaient d'angélique,
Les maisons de sucre candi ;

Et dans des forêts un peu folles,
Tous les arbres, au bord du ciel,
Pleins de brillantes girandoles,
Etaient des arbres de Noël.

Dans ce pays tendre et fidèle,
Les animaux parlent encore,
L'Oiseau Bleu vient quand on l'appelle ;
La Poule a toujours des œufs d'or.

... Mais comme venait d'apparaître
Peau d'Ane en un manteau de fleurs,
Le jour entrant par la fenêtre
A réveillé tous les dormeurs.

C'est un talon qu'on voit descendre !
C'est un pied nu sur le parquet !
Les mains s'enfoncent dans la cendre,
Comme un bourdon dans un bouquet !

"Une armure avec une épée !
- Un navire ! Un cheval de bois !
- Oh ! la merveilleuse poupée
Et qui parle avec une voix !

- Que la bergerie est légère !
- Et comme le troupeau est blanc !
- Le loup ! - le berger ! - la bergère !"
Tout tremble au bord du cœur tremblant...

Oh ! Bonheur ! Noël de la vie,
Laisse-nous quelques fois, le soir
Aux cendres de mélancolie,
Mettre un petit soulier d'espoir !
_________________


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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Mer 30 Nov - 8:26


D'Augusta HOLMÈS "TROIS ANGES SONT VENUS CE SOIR" nous l'avons tous entendue et chanter cette poésie chanson. Elle est bien jolie !
le beau poème de Rosemonde GÉRARD est plein de tendresse :
"Oh ! Bonheur ! Noël de la vie,
Laisse-nous quelques fois, le soir
Aux cendres de mélancolie,
Mettre un petit soulier d'espoir ! "

J'aime bien cette atmosphère de bonheur qu'inspire Noël, même ceux qui sont en guerre font parfois une pause, avec l'espoir d'un monde meilleur !
calinchat smack


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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Mer 30 Nov - 19:20

Flamme a écrit:

D'Augusta HOLMÈS "TROIS ANGES SONT VENUS CE SOIR" nous l'avons tous entendue et chanter cette poésie chanson. Elle est bien jolie !
le beau poème de Rosemonde GÉRARD est plein de tendresse :
"Oh ! Bonheur ! Noël de la vie,
Laisse-nous quelques fois, le soir
Aux cendres de mélancolie,
Mettre un petit soulier d'espoir ! "

J'aime bien cette atmosphère de bonheur qu'inspire Noël, même ceux qui sont en guerre font parfois une pause, avec l'espoir d'un monde meilleur !
calinchat  smack  



L'espoir d'un monde meilleur... Voilà un rêve que nous rêvons tous, un jour, de voir transformé en réalité ; mais n'est-ce pas une autre chimère, ma Chère FLAMME ?

En attendant que le monde soit plus sage, s'il le devient un jour, profitons de ces moments de bonheur et de douce poésie dans cette atmosphère particulièrement attachante de foi et de tradition. Ces poèmes sont là pour nous montrer que le vrai bonheur peut exister quand l'Amour et la sagesse humaine savent rapprocher celles et ceux qui aspirent à la félicité et à la paix.

NOS PLUS AFFECTUEUX bibi2 bibi2 bibi2 À VOUS DEUX.

andre



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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Mer 30 Nov - 19:33





ANONYME

PENSÉES DE NOËL

Noël, mais c'est l'amour, la divine naissance,
La venue de l'enfant sur la paille couché.
C'est le monde à genoux plein de reconnaissance,
Qui oublie pour un jour ses plaies et le péché.

C'est la joie des bambins qui guettent la venue
Du bonhomme au traîneau galopant dans le ciel.
Ce sont les chants si beaux d'émotion contenue
Qui montent dans la nuit pour louer l'éternel.

Mais c'est hélas aussi la grande solitude
De ceux pour qui le sort ne fait pas de crédit.
Ceux qui savent déjà que la vie bien trop rude
Leur refuse ici-bas un coin de paradis.

Noël, mais qu'est-ce donc pour l'enfant bien trop tendre
Que la guerre a meurtri dans sa chair, dans son coeur.
Lui qui cette nuit là essaiera de comprendre
Pourquoi il n'a pas droit à sa part de bonheur.

Noël ce sera toi, que malgré la distance,
En ce jour précieux je saurai près de moi.
Nous nous retrouverons, nous aurons cette chance,
Et je te redirai le bonheur d'être toi.

Sonnez, carillonnez cloches de mon église.
Allez dire partout qu'un sauveur nous est né.
Malgré ce monde fou, il faut que l'on se dise,
Que pour un jour encor, l'amour nous est donné.
__________________

Pierre DUPONT

LE NOËL DES PAYSANS

Noël ! des étables aux granges,
Chantez, vallons, dansez, hauteurs !
Jésus descend, quitte ses anges
Pour le bœuf, l’âne et les pasteurs.

En attendant la messe on veille,
On babille, on chante Noël ;
Dans les récits de la plus vieille
La jeune met son grain de sel.

Garçons joufflus, que l’on s’empresse,
Tout frais rasés, vêtus de drap !
Filles en blanc, vite à la messe !
Une étoile vous guidera.

Noël ! des étables aux granges,
Chantez, vallons, dansez, hauteurs !
Jésus descend, quitte ses anges
Pour le bœuf, l’âne et les pasteurs.

Quand à la file on communie,
L’orgue joue un air de hautbois ;
Quand toute la messe est finie,
On s’éparpille dans les bois.

Il fait si doux ! l’âme est contente.
J’entends un amoureux qui dit :
« Cette nuit, le rossignol chante,
La rose a fleuri cette nuit. »

Noël ! des étables aux granges,
Chantez, vallons, dansez, hauteurs !
Jésus descend, quitte ses anges
Pour le bœuf, l’âne et les pasteurs.

Jésus fait dans notre nuit noire,
Pauvres gens ! luire une clarté :
À sa santé nous devons boire,
Avec lui naît l’égalité.

Grands et puissants à mine altière,
Donnez s’il vous plaît un regard
Au roi du ciel et de la terre,
Né sur la paille d’un hangar.

Noël ! des étables aux granges,
Chantez, vallons, dansez, hauteurs !
Jésus descend, quitte ses anges
Pour le bœuf, l’âne et les pasteurs.
_________________

Francis JAMMES

IL VA NEIGER

Il va neiger dans quelques jours. Je me souviens
De l'an dernier. Je me souviens de mes tristesses
Au coin du feu. Si l'on m'avait demandé : "Qu'est-ce ?"
J'aurais dit : "Laissez-moi tranquille. Ce n'est rien".

J'ai bien réfléchi, l'année d'avant, dans ma chambre,
Pendant que la neige lourde tombait dehors.
J'ai réfléchi pour rien. A présent comme alors
Je fume une pipe en bois avec un bout d'ambre.

Ma vieille commode en chêne sent toujours bon.
Mais moi j'étais bête parce que ces choses
Ne pouvaient pas changer et que c'est une pose
De vouloir chasser les choses que nous savons.

Pourquoi donc pensons-nous et parlons-nous ? C'est drôle ;
Nos larmes et nos baisers, eux ne parlent pas,
Et cependant nous les comprenons, et les pas
D'un ami sont plus doux que de douces paroles.

On a baptisé les étoiles sans penser
Qu'elles n'avaient pas besoin de nom, et les nombres
Qui prouvent que les belles comètes dans l'ombre
Passeront, ne les forceront pas à passer.

Et maintenant même, où sont mes vieilles tristesses
De l'an dernier ? A peine si je me souviens.
Je dirais : "Laissez-moi tranquille, ce n'est rien,"
Si dans ma chambre on venait me demander "Qu'est-ce ?"
__________________

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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Ven 2 Déc - 17:27




François COPPÉE

L'ÉTOILE DES BERGERS

Quand dans la froide nuit, au ciel
Dont les champs infinis s’azurent,
Passa l’étoile de Noël,
De pauvres bergers l’aperçurent.

Laissant là chèvres et moutons,
Prenant crosses et sacs de toile,
Ils dirent aussitôt : Partons !
Et suivirent l’errante étoile.

Les autres, amis du repos,
Les prudents et les économes,
Rirent, en gardant leurs troupeaux,
De la démence de ces hommes.

Quand ils revinrent, étonnés,
Contant, comme un fait véritable
Que l’astre les avait menés
Voir un enfant dans une étable,

Des voleurs avaient, à ces fous,
Pendant leur absence funeste,
Pris bien des brebis, et les loups
Dévoraient déjà tout le reste ;

Et l’on se moqua beaucoup d’eux :
« Garder son bien, voilà l’utile !
Pourquoi donc courir, hasardeux,
Après une étoile qui file ? »

Mais souffrir et n’avoir plus rien
Contentait ces humbles apôtres ;
Le peu qui leur restait de bien,
Ce fut pour le donner aux autres.

Fidèles au divin signal
Qu’ils avaient suivi sans rien dire,
Ils rendaient le bien pour le mal
Et pour outrage un sourire.

La nuit, près du fleuve, en secret,
Ils chantaient en chœur, sous les saules,
Et quand un agneau s’égarait,
Ils le portaient sur leurs épaules ;

Bons, ils pardonnaient au méchant
Et par un merveilleux mystère,
Ils absolvaient, en les touchant,
Tous les pécheurs de cette terre.

Et les autres bergers, pleins d’or,
Dont l’avarice méprisable
Creusait, pour y mettre un trésor,
Des trous dans la chaleur du sable,

Avaient des haines d’envieux
Pour ces pauvres de sainte mine
Qui gardaient au fond de leurs yeux
Un peu de l’étoile divine.
_________________

Henri-Frédéric AMIEL

NOEL

Enfants et fleurs, vous, grâce de la vie,
Calices purs d'innocence et d'amour,
Voici Noël ! Noël tous nous convie,
Mais vous surtout êtes rois en ce jour.
Au ciel, enfants, dérobez son sourire,
Fleurs, à la terre empruntez vos couleurs ;
Notre allégresse auprès de vous s'inspire,
Enfants et fleurs !

Enfants et fleurs, ô suave rosée,
D'un Dieu clément envoi mystérieux,
Vous ignorez pour toute âme embrasée
Quelle fraîcheur vous distillez des cieux !
Un vent plus doux vient caresser la lyre,
Du cœur blessé vous calmez les douleurs ;
Tout reverdit à votre aimable empire,
Enfants et fleurs !

Enfants et fleurs, par quels magiques charmes,
Vous, chers aux bons, mais aux méchants jamais,
Au repentir arrachez-vous des larmes,
A l'espérance apportez-vous la paix ?
Serait-ce hélas ! que, miroirs sans nuage,
Purs de toute ombre et non ternis de pleurs,
D'un ciel perdu vous reflétez l'image,
Enfants et fleurs ?

Sainte au front pâle et couronné d'étoiles,
A l'œil profond comme l'éternité,
Fille de Dieu qui lis en Dieu sans voiles,
Descends vers nous, chaste Sérénité ;
Sur un berceau tu mis ton auréole,
Dans un rayon consume nos langueurs ;
Et, pur encens, que notre âme à Dieu vole,
Enfants et fleurs.
_________________

Maurice ROLLINAT

LA BICHE

La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux:
Son petit faon délicieux
A disparu dans la nuit brune.

Pour raconter son infortune
A la forêt de ses aïeux,
La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux.

Mais aucune réponse, aucune,
A ses longs appels anxieux !
Et, le cou tendu vers les cieux,
Folle d'amour et de rancune.
La biche brame au clair de lune.
_________________


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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Ven 2 Déc - 23:18

De bien beaux poèmes pour Noël André, grand merci !
calinchat bis bisounours

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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Sam 3 Déc - 11:38

Flamme a écrit:
De bien beaux poèmes pour Noël André, grand merci !
calinchat bis bisounours

Les gifs animés ajoutent aussi, je pense, une certaine chaleur à la lecture de ces poèmes de félicité.

merci2 pour ta fidélité à ce topic, Chère FLAMME, qui n'a d'autre but que de nous faire rêver et de nous rassembler autour de ce mois magique dont, malheureusement, beaucoup de gens dans le monde, les plus fragiles et les plus faibles économiquement, ne pourrons goûter à l'enchantement et à la fascination.

UN TOURBILLON DE  bibi2  bibi2  bibi2 DE NOUS TROIS À VOUS DEUX.

Excellent week-end !

andre



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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Sam 3 Déc - 11:56





Madame de TERSAC

LES CLOCHES


Cloches, cloches, ébranlez-vous
En ding-dings sonores et doux !
Qui, vous comprenant, ne vous aime ?
Il n’est pas de fêtes sans vous...
Cloches, cloches, ébranlez-vous,
Pénétrez la voûte suprême !

Pleines de l’arôme des buis,
Ô cloches des Rameaux, de verdure habillées,
Chassant les hivernales nuits,
Jetez au printemps vos notes éparpillées !

Par-dessus le bourdon du glas,
Le désarroi des tocsins fauves,
Élevez votre voix, cloches de Pâques mauves
Qui sentez si bon le lilas !

Cloches de Fête-Dieu qu’enguirlandent les roses,
Murmurez d’estivales choses
Sous l’arc fleuri des reposoirs !...

Vous, cloches bleues de Mai, descendez turbulentes...

Avec l’odeur des pins, tombez sages et lentes,
Cloches d’Angélus des beaux soirs !

Sous le vermeil levant, cloches de Pentecôte
Frappant tôt le ciel opalin,
Du vent bienfaisant de la côte,
Rapportez-nous le suc salin !

Vous, dans la canicule en ses lourdeurs d’étuve,
Pourpres cloches d’Assomption,
Des terres en production,
Répandez le puissant effluve !

Cloches grises de la Toussaint,
Larmoyantes sous vos longs voiles,
Allez, mélancolique essaim,
Narrer votre deuil aux étoiles !

Cloches du minuit de Noël,
Si célestement poétiques,
Dans la neige vierge et le gel
Lancez vos carillons mystiques !
À Bethléem transportez-nous
Parmi les bergers et les mages
Montrez-nous les chères images
Dont l’idéal plaît à nos goûts !

Et vous qui nous sauvez du divin anathème,
Ô cloches blanches du baptême
Embaumant la dragée, avec mol abandon,
D’accords légers faites-nous don !

Vous aussi qu’enveloppe un mousselin nuage,
Cloches dorées du mariage
Aux parfums d’orangers, pour unir des heureux,
Formez un concert amoureux !

Vous, plus guère aujourd’hui qu’un pâle simulacre,
Cloches solennelles du sacre
Qui fleurez tant les lys, ne parlons pas de vous
Car vous suscitez des courroux.

Ne t’oublions pas, toi, cloche simple et grossière,
Mais qui nous es si familière
Cloche grave appelant, exact à l’atelier,
Deux fois chaque jour, l’ouvrier...
Cloche grêle attirant vers l’école, l’élève...
Cloche allégeante de la trêve...
Ou cloche sans façon prévenant du régal
D’un repas plus ou moins frugal !

Quel que soit le motif noble qui vous entraîne,
Ô Cloches à voix surhumaine,
Vous éveillez les sens et venez rafraîchir
La mémoire prompte à fléchir !

Par-dessus monts et roches,
Cloches, cloches !
Par-dessus les grands bois,
Les hauts toits,
Éclatez souveraines
Et sereines,
Votre langage clair
Charme l’air !
C’est de vos envolées
Assemblées
Que, dans un libre essor,
L’esprit sort.
Que votre battant vibre
Fibre à fibre,
Ainsi qu’un coeur humain
Sous la main.
Que de vos sons progresse
L’allégresse
Jusqu’au suprême lieu
Où vit Dieu !
__________________

Édouard PAILLERON

NOËL

Noël ! Voici l’hiver joyeux, la nuit de fête !
Riche, puisque aussi bien ta vie est ainsi faite
Qu’il te faut un plaisir par jour, tu vas t’asseoir
Au réveillon quelconque où l’on t’attend ce soir ;
Après ton cercle, après ta visite aux théâtres,
Tu vas souper avec des personnes folâtres ;
Mais sans illusion aucune toutefois,
Comme tu vas au bal, comme tu vas au bois ;
Pour voir, pour être vu ; que sais-je ? pour la pose,
Pour remplir, en faisant n’importe quelle chose,
Le vide de tes jours qui ne sont jamais pleins,
Pour t’amuser, du moins tu le dis... Je te plains.

Je te plains d’aller là, toi pour qui toute fête
N’est qu’un long bâillement suivi d’un mal de tête ;
Je te plains de courir la ville cette nuit
Pour te désennuyer – et de changer d’ennui ;
Je te plains de n’avoir que l’ombre de la proie,
Que l’orgueil d’un bonheur dont tu n’as pas la joie,
L’orgueil absurdement stérile et douloureux
De vouloir qu’on t’envie et qu’on te croie heureux.

Ah ! si dans un moment d’oubli, d’oubli suprême,
Tu pouvais donc penser à d’autres qu’à toi-même !
Si tu pouvais aimer, haïr, si tu pouvais
Intéresser ton cœur aux choses que tu fais,
Ce cœur qui n’est pas mort, mais qui ne veut plus battre,
Quand tu tires à sept ou tu conduis à quatre ;
Si tu pouvais jeter ton masque d’homme fort,
Connaître la douceur saine qui suit l’effort,
T’évader du plaisir, sortir de toi, renaître
Dans quelque émotion profonde de ton être,
Croire, lutter, souffrir, te donner, vivre enfin...

Tu le peux : vois ce pauvre ; il a froid, il a faim ;
Regarde-le, tremblant et nu, sous la bise aigre,
Dans le carrefour noir, rôder comme un loup maigre ;
Les passants qu’il supplie, en marchant dans leurs pas,
Refusent de l’entendre et ne s’arrêtent pas...

Eh bien ! arrête-toi, riche, et fais-lui l’aumône ;
Le seul bonheur qu’on a vient de celui qu’on donne ;
Essaie et tu verras ; fais l’aumône, crois-moi,
Fais-la pour lui, fais-la pour Dieu, – fais-la pour toi.

Car – et ce que je dis va te sembler étrange –
L’aumône, entre le pauvre et toi, n’est qu’un échange.
Vous souffrez tous les deux : toi de l’horrible ennui,
Lui de l’horrible faim. – Tu souffres plus que lui.
Il ne veut qu’exister, mais toi, tu voudrais vivre ;
Délivre-le du mal, afin qu’il t’en délivre ;
Donne-lui l’être afin qu’il te donne à son tour
La vie, entends-tu bien ? c’est-à-dire l’amour,
Sa pitié, sa tendresse, et sa joie et sa flamme ;
Guéris son corps, afin qu’il guérisse ton âme :
Votre mal à tous deux s’appelle pauvreté...
Faites-vous tous les deux, frères, la charité.
__________________

ANONYME (1896)

CHRISTUS NATUS EST...

La neige sur la terre étend son blanc manteau ;
Le ciel est étoilé ; le souffle de la bise,
Passant comme un frisson, agite le rameau
Qui, léger, se balance à la branche indécise.

Dans la ville bruyante et dans l'humble hameau,
La foule, en beaux habits, se presse vers l'église :
Il n'est fête plus belle, il n'est pas jour plus eau
Que ta fête, ô Noël ! que la nuit poétise.

Cloches, sonnez, sonnez et vibrez dans les airs ;
De vos accents joyeux remplissez l'univers
Pour célébrer Celui qui naquit dans l'étable.

Dix-neuf siècles passés sur ce sol misérable
N'ont point fait oublier, à cette heure, en tout lieu
Que ce petit Enfant, ce Jésus, c'était Dieu !
__________________



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MessageSujet: Re: NOËL POUR TOUS. 2016 (Compilation de poèmes)   Dim 4 Déc - 12:18



Paul VERLAINE  

LA NEIGE À TRAVERS LA BRUME

La neige à travers la brume
Tombe et tapisse sans bruit
Le chemin creux qui conduit
À l'église où l'on allume
Pour la messe de minuit.

Londres sombre flambe et fume :
Ô la chère qui s'y cuit
Et la boisson qui s'ensuit !
C'est Christmas et sa coutume
De minuit jusqu'à minuit.

Sur la plume et le bitume,
Paris bruit et jouit.
Ripaille et Plaisant Déduit
Sur le bitume et la plume
S'exaspèrent dès minuit.

Le malade en l'amertume
De l'hospice où le poursuit
Un espoir toujours détruit
S'épouvante et se consume
Dans le noir d'un long minuit...

La cloche au son clair d'enclume
Dans la tour fine qui luit,
Loin du péché qui nous nuit,
Nous appelle en grand costume
À la messe de minuit.
_________________

Émile VERHAEREN

LES GUEUX

La misère séchant ses loques sur leur dos,
Aux jours d'automne, un tas de gueux, sortis des bouges,
Rôdaient dans les brouillards et les prés au repos,
Que barraient sur fond gris des rangs de hêtres rouges.

Dans les plaines, où plus ne s'entendait un chant,
Où les neiges allaient verser leurs avalanches,
Seules encor, dans l'ombre et le deuil s'épanchant,
Quatre ailes de moulin tournaient grandes et blanches.

Les gueux vaguaient, les pieds calleux, le sac au dos,
Fouillant fossés, fouillant fumiers, fouillant enclos,
Dévalant vers la ferme et réclamant pâture.

Puis reprenaient en chiens pouilleux, à l'aventure,
Leur course interminable à travers champs et bois,
Avec des jurements et des signes de croix.
_________________

Marie VERNET

PETIT NOËL

Petit Noël, dis, est-il vrai
Que chaque an, au jour de ta fête,
Tu descends et viens à ton gré
Faire une visite en cachette
Aux enfants pendant leur sommeil ?
Tu leur mets, sous la cheminée,
Des cadeaux de nouvelle année
Qu’ils découvrent à leur réveil.

Noel ! écoute ma prière !
Il ne faudra pas m’oublier.
Vois, j’ai préparé le foyer,
Et mis le soulier de grand’mère,
Car le mien, trop petit, vraiment,
N’eût pu contenir tes bagages !
Petit Noël, je voudrais tant
Un livre, un beau livre d’images !...

Tu viens, sans bruit, mystérieux,
Tu ne veux pas que l’on t’admire ;
Eh bien ! je fermerai les yeux,
Quoi que mon petit cœur désire
De contempler tes cheveux blonds,
Ta robe d’or, tes ailes blanches,
Les roses qui ceignent ton front...
Tes yeux bleus comme les pervenches !...

Pour toi, j’ai fini, ce matin,
Ma belle page d’écriture ;
J’ai des bons points plein les deux mains !
Ils sont bien à moi, je t’assure !
Petit Noël, es-tu content ?
Ai-je mérité ta visite ?...
Vois, mon cœur est tout palpitant...
Je voudrais savoir vite, vite !...

– Que vois-je, là... dans le foyer ?
Posé sur la bûche de hêtre,
Quelque chose semble briller !...
Est-il vrai ?... Je rêve peut-être !
C’est un beau livre ! quel transport !..
Un superbe livre d’images...
Et puis, sur les premières pages,
Mon nom inscrit en lettres d’or...

Noël !... ah ! dans ma joie extrême
Je vais vite, près du foyer,
À genoux, te remercier !...
Petit Noël ! ah ! que je t’aime !...
__________________

_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
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