LE COIN POÉTIQUE DE FRIPOU



 
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 LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT

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André Laugier

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 24 Juil - 19:39

Flamme a écrit:
Excellente critique de ces touristes qui vont dépenser plein d'argent pour avoir des mets pourris, et des vacances de même !
Il aime bien voir le verso des choses, notre ami Ponchon ! chienquirit grosbiz


Toujours en ce qui concerne les vacances, le poème suivant brosse un portrait assez ironique sur le mois de juillet à Paris.

GRAND MERCI pour tes appréciés commentaires, FLAMME.

NOUS VOUS EMBRASSONS TOUTES LES DEUX BIEN AFFECTUEUSEMENT.

andre


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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 24 Juil - 19:39


Raoul PONCHON

QUE D’AU ! QUE D’AUTEURS !

Cependant que Paris se vide,
Qu’en lieu de ses Parisiens
Il ne voit qu’Anglais intrépides
Qu’il ne reconnaît pas pour siens ;
 
Que, soit vers la plage à la mode,
Soit vers le petit trou pas cher,
Nous accélérons notre exode,
A seule fin de changer d’air ;
 
Qu’il n’est jusqu’à Loubet lui-même
Qui ne rambouille à Rambouillet,
Paris étant tout un poème
De puanteur en ces juillet ;
 
Que les tribunaux, que la Chambre
Et les théâtres sont fermés,
Qui ne rouvriront qu’en septembre,
Ainsi que tous endroits famés ;

Seuls, nos chers auteurs dramatiques,
Sur promesses ou sur contrats,
Au fond de leurs châteaux gothiques,
Travaillent comme des forçats.
 
Qui pour Gémier, qui pour Antoine,
Pour Réjane ou Sarah Bernhardt,
Selon qu’ils les croient plus idoines
Aux exigences de leur art.
 
Ces travailleurs opiniâtres,
On ne les prendra pas sans vert.
Ah ! nom d’un chien, non ! les théâtres
Ne chômeront pas cet hiver,
 
Si j’en crois la brillante enquête
Instruite par Delilia,
La liste en est assez coquette
De ces ouvrages qu’il y a
 
En chantier. Que de vaudevilles,
De verbe nul, d’art exigu !
De mélos pour sergents de ville,
Atteints de Bouchardysme aigu !

Que d’opéras et d’opérettes,
Musique de Victor Roger !
De saynètes et de bluettes !
Rien à boire, nib à manger.
 
Bien qu’il y faille une salive,
Que de Cyranos nonobstant !
Et que d’Aiglons en perspective,
Pour faire la pige à Rostand !
 
Que d’Ibsen traduits ! d’Hauptman ternes !
De Sudermann, on nous promet !
Et de Biornston - Biornsterne,
Cet ennemi de Larroumet !
 
Hélas ! et que - c’est ça qu’est pire -
Nous pend à notre pauvre nez
D’adaptations de Shakespeare
En vers plus ou moins bistournés !
 
Enfin, que de tableaux, que d’actes !
Ce serait à devenir fou,
S’il n’y avait pas des entr’actes
Pour ceux qui veulent boire un coup.
 




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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 19 Sep - 12:25


Raoul PONCHON

Or, tandis que Béhanzin,
Ce pauvre roi nègre
Tient de l’État - son cousin -
Un budget si maigre

Que c’est à peine s’il a
Dans sa dérisoire
Et Blidérenne villa
De quoi rire et boire ;

Au point que son présomptif
Se patafiole
Pour n’avoir à son actif
La moindre Espagnole ;

Tandis que Ranavalo,
Reine - c’est bien pire -
Est réduite au pain, à l’eau,
Ou, pour ainsi dire,

Qu’elle ne peut même pas
S’acheter des chiffes
Pour donner à ses appas
Un rien de high-life.

Enfin, que des rois déchus,
De par nos victoires,
Sont à tout jamais fichus ;
Que leurs territoires

Subissent notre action
Sous le bon prétexte
De civilisation,
Comme dit le texte !

On accable de vivats,
On couvre de roses
Ce bienheureux Sisovath,
Et d’apothéoses !

On te lui fout des festins
- Si tu l’interroges -
A troubler ses intestins
Encore au Cambodge ;

Des spectacles de gala,
Tels que jamais même
En France on en régala
Edouard septième.

Il n’y en a que pour lui ;
Pour lui Marianne
Sent son cœur en son étui
Sonner la Diane.

Pourquoi l’un sur le pavois ?
Pourquoi ces blessures
Aux autres ? Pourquoi deux poids ?
Pourquoi deux mesures ?

En quoi Sisovath t’est-il
Donc plus sympathique
Que ses copains en exil ?
- Dis, la République -

Pour le dorloter ainsi
En première classe ?…
Il me semble bien que si
J’étais à sa place,

Je me irais : « Ouvrons l’œil ! »
J’aurais une transe,
Trouvant en ce trop d’accueil
Quelque peu d’outrance.

« Comment ces saligauds-là
M’ont pris mon royaume,
Me dirais-je, et me voilà
Chez eux, roi fantôme

« Traité par tous en vrai roi !
Je ne comprends mie.
Et, c’est à mourir d’effroi,
France, mon amie ! »




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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 19 Sep - 13:42

Ponchon rime et critique à toutes les sauces !!! Il est incroyable !!!
bis

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Sam 23 Sep - 12:41

Flamme a écrit:
Ponchon rime et critique à toutes les sauces !!! Il est incroyable !!!
bis



Il a écrit plus de 170.000 vers, souvent orientés sur les plaisirs de la bonne table et de la divine boisson. Qui plus est, grand Ami de VERLAINE, il fut un émérite versificateur, auteur de pamphlets, de poésies en tout genre et de pièces de théâtre. Il se définissait ainsi dans ce quatrain :

Je dis bistro comme je chante…
Comme je dirais cabaret…
Mais quoi ! le mot bistro m’enchante.
Je lui trouve un air guilleret...




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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 25 Sep - 19:34


Raoul PONCHON

ALLEZ BOIRE,
PAUVRES IVROGNES

On assure que l’on a vu
Partir les dernières cigognes,
L’hiver arrive, il est venu :
— Allez boire, pauvres ivrognes.

Et si vous voulez un conseil,
Vous boirez votre premier verre
À la santé du bon Soleil,
Votre bienfaiteur, votre père.

N’a-t-il pas, avant de partir,
Pour vous, cochons, en abondance
Versé son sang comme un martyr
Sur tous les coteaux de la France ?

Il l’a fait. De bons vignerons
Sont-ils pas venus dare-dare
Le recueillir, pieux et prompts ?
Ils sont venus, je le déclare.

Ensuite, avec ce sang divin,
N’ont-ils pas fait « la scène à faire »
En vous distillant ce bon vin
Qui semble être votre atmosphère ?

Ils l’ont faite. Vous voyez bien…
Allez communier, andouilles
Pâles et navrantes combien !
Si vous n’êtes pas des grenouilles.

On assure que l’on a vu
Partir les dernières cigognes.
L’hiver arrive, il est venu :
— Allez boire, pauvres ivrognes.

Que vous importe à vous, l’hiver ?
N’avez-vous pas dans les bouteilles
L’été doré, le printemps vert,
Et l’automne aux couleurs vermeilles ?

Que vous importe à vous, l’hiver ?
Nos soifs sont-elles des fourrures
À mettre dans le vétyver ?
Ou si vous craignez pour vos hures ?

Que vous importe que le vent
Au fond des forêts siffle et sonne,
Pourvu qu’un joli vin vivant
Dedans votre verre frissonne ?

On assure que l’on a vu
Partir les dernières cigognes.
L’hiver arrive, il est venu :
— Allez boire, pauvres ivrognes.

Allez boire le vin nouveau,
Et ne tabustez de la sorte
Mon déjà si faible cerveau,
Et que le diable vous emporte !





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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 26 Sep - 8:11

On pourrait en faire une chanson !!!
Il a beaucoup de talent, ce Raoul Ponchon !

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Sam 30 Sep - 11:49

Flamme a écrit:
On pourrait en faire une chanson !!!
Il a beaucoup de talent, ce Raoul Ponchon !




Il aimait bien se représenter aini :

Bâtard des trouvères antiques,
Je suis un pilier des boutiques
Dites cabarets artistiques.

Le pire, c'est qu'il ne s'est jamais considéré comme poète, alors qu'il avait non seulement une imagination grandiose, mais il fut un excellent versificateur... Que de livres lui ont été dédiés !


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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Sam 30 Sep - 11:54

Raoul PONCHON

AU CABARET

Muse, allons au cabaret,
C’est le seul endroit potable,
Mettons nos pieds sur la table
Et buvons du vin clairet.

Là. C’est très bien. De la sorte
Je vois qu’ils sont au complet :
Mâtin ! Ce joli mollet
Prouve que tu n’es pas morte.

Puisque Phébus aujourd’hui
Au ciel — combien sale et terne —
N’accroche pas sa lanterne,
Nous nous passerons de lui.

Peut-être bien qu’il se vante
De nous poser un lapin ?
Baste, avec un peu de vin
Facilement on l’invente.

Déjà même je le vois
Comme je te vois, te dis-je ;
Voire même — quel prodige ! —
Du premier coup je le bois ;

Il me chauffe, m’illumine :
— Ô ma muse bon garçon
J’aime d’étrange façon
Ta frimousse de gamine.

Oui, je t’ai quand je te veux,
Soleil ! Et dans moi tu bouges.
— Dieu ! que tes lèvres sont rouges
Maîtresse, et lourds tes cheveux !

Bois, ton verre se dépite.
que les cieux soient étonnés
De voir le bout de ton nez
Plus brillant qu’une pépite.

Faisons-nous une raison,
Muse, et buvons : dans la cave
Le soleil est notre esclave,
Rappelle-toi la chanson :

« Au tiède mois de l’automne
« On met le soleil en tonne,
« Cela fait qu’en la saison
« Où l’on reste à la maison,
« Les délicieux ivrognes
« En peinturlurent leurs trognes.

« Ce soleil éblouissant
« C’est le vin couleur de sang,
« Le vin gai comme une fête,
« Qui fait tourner dans la tête
« Un astre artificiel
« Que l’on croit toujours au ciel. »

Qui dit cela ? ma petite,
C’est toi, l’automne dernier…
… Hé ! Monsieur du tavernier ?
Ton petit vin m’appétite.

Va m’en chercher, bon marchand,
Tu m’as l’air d’un homme aimable ;
Quand on vend du vin, du diable
Si l’on peut être méchant.




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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Sam 30 Sep - 15:07

Il parle en vers en simple conversation !!! Les rimes lui arrivent tout simplement .
Il devait être un bon vivant !
bis bisounours

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Jeu 5 Oct - 12:23

Flamme a écrit:
Il parle en vers en simple conversation !!! Les rimes lui arrivent tout simplement .
Il devait être un bon vivant !
bis bisounours


Bon vivant, çà il l'était. Il n'était pas du genre à se prendre la tête pour 3 fois rien. Un vrai épicurien prenant le temps de profiter des choses et des plaisir de l'existence. C'est sans doute pour cela qu'il a vécu presque centenaire.

ahah

bibi2 bibi2 bibi2

andre



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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Jeu 5 Oct - 12:25

Raoul PONCHON

AU TEMPS
OÙ LES BÊTES PARLAIENT

Jadis les gens étaient moins bêtes,
— Du temps que les bêtes parlaient, —
Les cœurs étaient vaillants, les têtes
Pour la liberté s’emballaient ;
La foi des peuples était prompte
Vers leurs dieux qui les consolaient.
C’est du moins ce que l’on nous conte
Du temps où les bêtes parlaient.

Les rois pacifiques, honnêtes,
Étaient tous de gentils garçons,
Régnaient sagement ; les poètes
Les célébraient dans leurs chansons.

Dans une touchante harmonie
Les grands aux humbles se mêlaient :
Rêve éteint, vision finie !
Ô temps où les bêtes parlaient !

Jadis, les mères, les épouses
Se montraient merveilleusement
De l’honneur de l’époux jalouses
En ne prenant qu’un simple amant.
Mais entre elles faisant la paire,
Jamais elles ne s’accouplaient ;
Les enfants avaient plus d’un père
Au temps où les bêtes parlaient.

La femme aujourd’hui politique,
Fait sa médecine, son droit,
Aspire à la Chose publique :
Mon Dieu, qui sait ? Moins qu’on le croit
Elle est capable de sottises ;
Mais jadis les hommes trouvaient
Plus de boutons à leurs chemises,
Au temps où les bêtes parlaient.

Au bon temps jadis, sur les places,
Certainement l’on rencontrait
Bien moins de fontaines Wallaces,
Plus de marchands de vin clairet.
Ô crâne temps ! Époques dignes !
Les bons ivrognes se soûlaient
Avec le joli sang des vignes !
Au temps où les bêtes parlaient.

Autrefois l’on voyait l’artiste,
Tout entier à son idéal,
Aimer la Beauté Trismégiste
D’un amour pur et filial.
Les Arts n’étaient pas en boutique
Et les peintres ne barbouillaient
Pas encore pour l’Amérique,
Au temps où les bêtes parlaient.

La pudeur était moins farouche ;
Les mœurs pourtant n’en souffraient pas ;
On pouvait baiser sur la bouche
Sa muse, à la fin du repas,
Jadis. Les juges équitables
Jugeaient les méchants, mais laissaient
Chanter en paix les pauvres diables,
Au temps où les bêtes parlaient.
 




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Dernière édition par André Laugier le Ven 6 Oct - 11:42, édité 1 fois
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Flamme
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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Jeu 5 Oct - 13:50

Le passé sera toujours plus beau que le présent ! !!!
Plus de compréhension, plus de compassion !
bis

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Ven 6 Oct - 19:43

Flamme a écrit:
Le passé sera toujours plus beau que le présent ! !!!
Plus de compréhension, plus de compassion !
bis


Et peut-être aussi parce que l'incertitude du lendemain est la seule certitude du jour....

bis bis

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Ven 6 Oct - 19:45


Raoul PONCHON

LE BON DIEU ET LE COCU

Qui veut être longtemps cocu doit l’être de bonne heure.
(Sagesse des nations.)



Or, une fois mort, un compère
Digne du séjour des maudits,
S’en alla frapper au contraire
À la porte du Paradis.

Comme le bonhomme Saint Pierre
Ne voulait rien de lui savoir :
« Mon vieux, dit-il, c’est Dieu le Père
Et non pas toi que je veux voir.

— Espère-moi donc, dit l’apôtre,
Un instant ; je vais le chercher,
Assieds-toi. — C’est cela, dit l’autre,
Et tâche de te dépêcher. »

Il était là, de male sorte,
À faire les cent pas carrés
Quand il s’avisa d’une porte
Qui lui parut lui dire : Entrez.

Il pensa : « Qu’est-ce que je risque ?
Entrons toujours, nous verrons bien.
Ce qu’il y a, je le confisque…
S’il n’y a rien, n’y aura rien. »

Une grande salle d’or jaune
S’offrit à ses yeux éblouis,
Et c’était la salle du trône
Où Dieu fait son petit Saint Louis.

Alors lui vint l’idée extrême,
Et combien sacrilège aussi,
De s’asseoir sur le fauteuil même
Divin. Dès qu’il y fut assis

Son regard traversa l’espace.
Il en fut tout estomaqué :
Il voyait tout ce qui se passe
Sur notre globe terraqué.

Et, notamment, il vit sa femme
Bourlinguer avec un milord :
« Garce ! s’écria-t-il. L’infâme…
Comment, je suis à peine mort,

« Et voilà déjà qu’elle opère… »
Et, saisissant le tabouret
Qui sert aux pieds de Dieu le Père
Il le lança sur ces gorets.

À ce moment se fit entendre
Dieu lui-même. Notre païen
N’eut tôt que le temps de descendre
Et de prendre son air de rien.

Dieu lui dit : « Alors, misérable,
On entre ici comme au moulin ?
Et mon tabouret d’or ? que diable
En as-tu fait, dis, crapule, hein ?

— Seigneur, vraiment je le regrette.
Mais ce tabouret a vécu.
Je te l’ai flanqué à la tête
D’un sieur qui me faisait cocu. »

Le bon Dieu d’un rire homérique
Se rendit jusques au nombril ;
Et comme il est hyperbolique :
« Mâtin ! si tu devais, dit-il,

« Fracasser — que Je me pardonne ! —
Tous ceux-là qui t’ont fait cocu,
Il ne resterait plus personne
Sur terre, sois-en convaincu. »





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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 10 Oct - 19:16


Raoul PONCHON

LES CABARETIERS DE FIRMINY

Les Firminiens, sur ma foi,
Seraient de vrais bélitres,
S’ils se laissaient mener par toi,
Qui surveilles leurs vitres,

Ô Lafont ! un cabaretier
Est, à coup sûr, le maître
Chez lui, comme le charbonnier.
De même, j’ose émettre

L’avis que ses clients, au fond.
Constituent sa famille.
Tel est le principe, mon bon,
Ou que l’aze me quille !

Le bistro vend, le client boit.
Voire, ils boivent ensemble,
Souvent. Ce n’est pas là de quoi
S’effarer, il me semble.

Eh bien donc, si pour boire en paix,
Ils veulent se soustraire,
Derrière des rideaux épais,
Aux regards téméraires…

N’est-ce pas leur droit le plus strict ?
Ô maire trop barbare !
Comme d’ailleurs, en tout district
De France et de Navarre.

Aussi bien, tes Firminiens
Ne te l’envoient pas dire ;
De tes décrets draconiens
Ils ne font que sourire ;

Car, à part de spéciaux cas,
Ils se fichent, j’espère,
D’être vus ou ne l’être pas.
Tu parles ! mon compère.

Pour moi, quand je bois comme un trou,
Au café, d’aventure,
Peu me chaut d’être derrière ou
Devant sa devanture.

C’est selon la nécessité :
Je fuis l’ardeur solaire,
Comme la volaille, en été.
Sauf que c’est le contraire :

Ainsi, par la forte chaleur,
Je reste à la terrasse,
Et ne vais à l’intérieur,
Que par un temps de glace.

Or, que je sois dehors, dedans,
Lafont, tu peux m’en croire,
Je ne suis pas de ces feignants
Qui se cachent pour boire.

Et quand encore me verraient
Tous les maires de France,
En train de boire et me feraient
Une âpre remontrance,

J’en prends tous les Dieux à témoins,
Qui peuvent me connaître,
En boirais-je un verre de moins ?
Non… deux de plus, peut-être.



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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Jeu 12 Oct - 10:16


Raoul PONCHON

LES CABARETS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI


Aimez-vous ?… moi non plus, tout cet atroce bruit,
Cet excès de lumière,
Qui sévissent dans les cabarets d’aujourd’hui,
Qui sont dits « de première »

Tous ces points lumineux harcèlent vos regards
Comme un essaim d’abeilles,
Cependant que les airs des Strauss et des Lehars
Vous vrillent les oreilles.

Jouez, si vous voulez, musiciens, au loin,
Derrière un triple store.
Et si, par hasard, on ne vous entendait point,
Ça vaudrait mieux encore !

Au diable tout concert, quand je mange ! Et pourtant
J’adore la musique
Mais, à table, elle m’est un déplaisir constant,
Fût-elle séraphique.

« Rien ne doit déranger — comme disait Berchoux —
L’honnête homme qui dîne. »
N’aurait-il devant lui qu’une humble soupe aux choux,
Que dis-je ?… une sardine.

Le meilleur repas m’est, je vous le dis tout clair,
Une chose odieuse,
S’il me faut l’avaler, par exemple, sur l’air
De la « Veuve Joyeuse ».

Et je puis encor moins déguster, sacrebleu !
Un vin recommandable,
Cependant que gémit du « Beau Danube bleu »
La valse redoutable.

Non, mais enfin… Messieurs les cabaretiers, me
Prenez-vous pour un cube ?
Vous ne saurez jamais, quand je bois, combien je
Me fiche du Danube !

Ah ! les bons cabarets d’autrefois, si plaisants !
Combien je les regrette !
Avec leur peu de bruit, leurs lambris reposants,
Leur lumière discrète.

Las ! aujourd’hui, c’est un vacarme à tout casser,
À se croire à la foire.
Jadis, à la bonne heure, on s’entendait manger,
Et l’on s’écoutait boire.

Nous nous passions fort bien de l’électricité,
Pour faire des orgies ;
On y voyait assez à l’obscure clarté
Qui tombe des bougies.

C’était, et c’est encor pour nous, hommes de bien,
Le premier des systèmes.
Et puis, quand nous voulions de la musique, eh bien.
Nous la faisions nous-mêmes !



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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Jeu 19 Oct - 9:31

Ah ce Ponchon, en voilà un autre qui préfère son passé !
Plus d'intimité et de murmure font plus d'effet que tout ces bruits ! Il n'a pas tout à fait tord, ce spécialiste des bons moments !
bisounours

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Sam 21 Oct - 21:14

On ne devait pas s'ennuyer en compagnie et à la table de PONCHON. PONCHON n'était pas RONCHON ! Ci-dessous une autre œuvre de ses facéties. Mais toujours, malgré sa légèreté des sujets, une plume excellente dans le fond comme dans la forme. Du grand art !

Raoul PONCHON


LES CIGARES DU ROY

Je lisais, l’autre jour, un journal visigoth,
Dans une tabagie,
En tirant, sans succès, sur un affreux mégot
Issu de la Régie ;

Quand mes yeux tout à coup tombèrent, par hasard,
Sur trois ou quatre lignes,
Desquelles il ressort que fume seul Édouard
Des cigares insignes.

Ils lui coûtent cent sols — mettons quatre shillings,
Pour la couleur locale —
Ils peuvent, à ce prix, n’être pas très vilains.
Tels qu’on nous les signale.

Qu’en dites-vous, fumeurs ? Je sais bien que le prix
Ne fait rien à l’affaire…
Pourtant, même à cent sous, on ignore à Paris,
Le bon cigare à faire.

Or, tout en mâchonnant mon mégot odieux,
Plus que rudimentaire,
Je me représentais d’autant plus merveilleux,
Ceux du roi d’Angleterre.

C’étaient des « partagas », des « conchas » merveilleux,
Interdits aux profanes,
Et des « regalias » perlés, dignes des Dieux,
Fine fleur des Havanes.

Je les voyais assez gros et longs, boudinés
Comme des doigts de carmes,
Humides un petit, noirs, au moins basanés,
Et bagués à ses armes.

La tripe en est de choix et non plus un déchet,
Dans la cape étoffée ;
La robe doit sortir, tant elle a de cachet,
D’un atelier de fée.

Que s’ils sont autrement, il les garde pour lui,
Je n’en ai nulle envie.
J’aimerais mieux fumer à partir d’aujourd’hui,
Du chou, toute ma vie.

Et je voyais aussi les esclaves soumis
Des Cubas, des Florides,
Dans les champs de tabac, ainsi que des fourmis,
Sous les zones torrides,

S’agiter nuit et jour, et trier avec soin
Les feuilles capitales,
Et les mille travaux et tout le tintouin,
Jusqu’aux boîtes finales.

Ces boîtes débarquaient, sans passer à l’octroi.
Aux quais de la Tamise,
Puis elles s’entassaient tôt après chez le Roi,
Dans l’armoire aux chemises.

J’ajoute qu’il m’en donnait une, aimablement…
La vision fut brève,
Car je me retrouvai, comme aujourd’hui, fumant
Un bon cigare — en rêve !

Et je me consolai. Sont-ils si bons que ça,
Les cigares qu’il fume,
Après tout ? Là dessus qui donc se prononça ?
Un simple « gens de plume ».

Un roi peut être un roi superbe de tout point,
Un César des plus rares,
Et faire le bonheur de son peuple, et ne point
S’y connaître en cigares.






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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Dim 22 Oct - 11:50

Et je voyais aussi les esclaves soumis
Des Cubas, des Florides,
Dans les champs de tabac, ainsi que des fourmis,
Sous les zones torrides,

S’agiter nuit et jour, et trier avec soin
Les feuilles capitales,
Et les mille travaux et tout le tintouin,
Jusqu’aux boîtes finales.

Oui en effet, il a aussi de la compassion ce Ponchon ! Un excellent bonhomme qu'on aurait aimé côtoyer !
calinchat bis

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 23 Oct - 18:21

Flamme a écrit:
Et je voyais aussi les esclaves soumis
Des Cubas, des Florides,
Dans les champs de tabac, ainsi que des fourmis,
Sous les zones torrides,

S’agiter nuit et jour, et trier avec soin
Les feuilles capitales,
Et les mille travaux et tout le tintouin,
Jusqu’aux boîtes finales.

Oui en effet, il a aussi de la compassion ce Ponchon ! Un excellent bonhomme qu'on aurait aimé côtoyer !
calinchat bis  


Que de cordes il a à son arc ! Dans tous les registres il excelle, et, en plus, avec une prosodie classique qui ne lui pose aucun problème. C'est le poète de l'instantané et de l'observation. Voici, ci-dessous, une autre de ses compositions désopilantes.

bis bis bis

andre


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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Lun 23 Oct - 18:23


Raoul PONCHON

CLÉO DE MÉRODE ?

Une très fine statuette
Étonne au Salon tous les yeux
Et fait travailler la luette
De ces dames et ces messieurs.

Elle séduit tôt par sa mise
Qui est celle d’une beauté
Venant de quitter sa chemise
Sans souci du monde à côté.

Les jambes sont sveltes, les hanches
Vont en lyre s’élargissant,
Désirables, fermes et franches ;
Et le ventre est d’un qui consent.

Que si l’on s’attarde à la croupe,
On peut dire : Tiens, la voilà !
Il n’est pas besoin d’une loupe
Pour s’apercevoir qu’elle est là.

Les seins un peu forts pour le buste
Prennent librement leur essor ;
Mais des lacs du corset trop juste
La chair semble meurtrie encor.

Les bras graciles, par contraste,
Semblent deux rameaux tortueux
Ils dessinent un geste chaste
À la fois et voluptueux.

La tête faut-il la décrire ?
Elle est virginale surtout,
Malgré l’inquiétant sourire
Qui ne dit rien et qui dit tout.

Et le délicieux modèle,
Pure fleur de modernité,
Qui telle Laïs pour Apelle
Posa pour cette nudité ;

Mignonne Cléo de Mérode,
Friant petit morceau de roi
Qui gambillas devant… Hérode,
D’aucuns prétendent que c’est toi.

« C’est d’une impudeur sans pareille
— Disent-ils — cet être ingénu
Qui tout en cachant ses oreilles
Nous invite à son corps tout nu. »

Est-ce ou n’est-ce pas toi ? Qu’importe !
Tu réclames bien vainement.
Le public — que le diable emporte ! —
Ne te verra plus autrement.

Si ce corps est le tien fidèle,
Pourquoi prendre à témoins les dieux ?
Si tu ne fus pas le modèle
De ce marbre prestigieux ;

Je ne vois pas ce qui t’attriste
Ni qui puisse t’effaroucher :
Le corps que t’a prêté l’artiste
N’a rien de vilain à cacher.

Ô fausse pudeur d’être nue !
Et puis d’ailleurs tu ne l’es pas.
Pour être complètement nue,
Il eût fallu garder tes bas.



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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 24 Oct - 9:21

Une belle danseuse qui fut une beauté, bien décrite par Ponchon qui a du poser nue ! J'aime bien le dernier quatrain, qui montre que la nudité enlève la personnalité. Ce n'est plus Cléo de Mérode, si elle ne porte plus ses bas !
bis André !

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 24 Oct - 17:35

Flamme a écrit:
Une belle danseuse qui fut une beauté, bien décrite par Ponchon qui a du poser nue ! J'aime bien le dernier quatrain, qui montre que la nudité enlève la personnalité. Ce n'est plus Cléo de Mérode, si elle ne porte plus ses bas !
bis André !


C'est vrai ! Est ce que le Raoul PONCHON était de ceux qui pensent que la nudité est une absence de vêtements qui ne manque pas d'effets ? Je ne sais. En tout cas, la nudité est inconvenante, celle de l'âme comme celle du corps.

bis bis

ET BONNE FIN D'APRÈS-MIDI.

andre


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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Ven 27 Oct - 11:56


Raoul PONCHON

CONTE

Était une fois un pauvre homme
Qui n’avait jamais bu de vin.
« Allons donc ! » direz-vous. C’est comme
J’ai l’honneur… C’est bizarre ! Enfin,

Il vivait quand même, il faut croire
Bien que ce soit mourir un peu,
À mon avis — de ne pas boire
De ce joli Vin du Bon Dieu.

Or, un jour, disent les chroniques.
Son roi, vrai roi d’Eldorado,
Fit dans les fontaines publiques
Couler du pinard au lieu d’eau ;

En jurant sur son diadème,
Que celui qui n’en boirait pas,
Jusque y compris le plus abstème,
Serait pendu la tête en bas.

Il but donc du vin, le bonhomme,
Comme tout le monde. Et voilà
Qu’en son pâle sang de pauvre homme
Le rouge nectar circula.

Il but un verre, un second verre,
Et que d’autres !… bien entendu.
Songez qu’il avait fort à faire
Pour rattraper le temps perdu.

Si bien qu’au fur et à mesure
Qu’il buvait, il rajeunissait ;
Et, comme l’histoire l’assure,
La sagesse alors lui poussait.

« Oui, tu es une eau de Jouvence,
Ô vin ! Étais-je assez niais —
Disait-il — hélas ! quand je pense
Qu’hier encor je te niais !

« C’est toi la boisson merveilleuse
Entre toutes. J’ajoute que
Tu m’es cent fois plus précieuse
Que mon bras gauche, N. de D… ! »

Et, pris d’une folie amère
Avant qu’on pût l’en empêcher
À l’aide d’un couteau sommaire,
Ce « pied » courut son bras trancher.

Zèle intempestif, on veut croire.
Le bras gauche étant indiqué,
Quand ce ne serait que pour boire,
Lorsque le droit est fatigué.






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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Ven 27 Oct - 13:22

Drôle d'histoire pour un coup de rouge!!! Que mes bras m'en tombent ! Enfin pour lui pas pour moi chienquirit
grosbiz

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Jeu 2 Nov - 19:44

Flamme a écrit:
Drôle d'histoire pour un coup de rouge!!! Que mes bras m'en tombent ! Enfin pour lui pas pour moi chienquirit
grosbiz



Toujours imprévisible ce Raoul PONCHON.

rire

Passez toutes les deux une agréable soirée. Nous vous envoyons nos plus affectueux bibi2 bibi2 bibi2

andre


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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Jeu 2 Nov - 19:51


Raoul PONCHON

DÉGUSTATIONS

C’était à l’Exposition,
Rayon des dégustations,
Je cherchais, afin de m’abstraire,
Un coin solitaire et discret,
Quand j’aperçus un cabaret
Que j’aimais déjà comme un frère.

À peine dans ce cabaret
Étais-je, comme qui dirait —
À méditer devant un verre,
Que surgit, à mon grand émoi,
Un client, en face de moi,
Qui me ressemblait comme un frère.

Avais-je toute ma raison ?…
Je ne sais plus… mais sa façon
Me parut infiniment louche,
Malgré qu’il n’eût pas l’air mauvais,
Car, chaque fois que je buvais,
Il portait mon verre à sa bouche.

D’abord, j’en concluais ceci :
C’est quelqu’un qui n’est pas d’ici,
D’un savoir-vivre contestable,
En voudrait-il à mes argents ?…
Quand on ne connaît pas les gens,
On ne se met pas à leur table.

Comme je ne suis pas bavard,
Et qu’il se taisait, pour sa part,
Nous étions là comme deux brutes ;
Finalement, vous pensez bien,
Je payai mon verre et le sien,
Afin d’éviter les disputes.

Puis, sur-le-champ, je le quittai,
Et m’en allai boire à côté,
Espérant ainsi m’en défaire…
Eh bien, pas du tout. De nouveau,
Je dus trinquer avec ce veau,
Qui me ressemblait comme un frère.

Je n’y fis plus attention,
Par ces temps d’exposition
On voit de si drôles de sires !
Mon Dieu, qu’il m’emboite le pas
— Pensais-je — il ne me gêne pas…
Et c’est tout ce que je désire.

Tour à tour, dans les bars hongrois,
Belge, allemand, anglais, chinois…
Je le retrouvai, mais plus vague ;
Toujours buvant à ma santé…
Dans mon verre. De mon côté,
Prenant mon tabac dans sa blague.

Après maintes libations
En ces diverses sections,
Il me parut plus sympathique,
— J’ajoute que, plus nous buvions,
Et plus nous nous ressemblions,
À tout le moins quant au physique.

Vers les minuit, quelque peu soûls,
Tous deux, bras dessus bras dessous,
Nous ne faisions plus qu’une paire…
Chaque fois que je titubais,
Que j’allais de guingois, en biais,
Il manquait se ficher par terre.

Parbleu ! lui dis-je, mon ami,
Allons prendre encore un « demi »
Se peut-on quitter de la sorte,
Sans boire ensemble le dernier ?
Et du plus proche tavernier
Nous eûmes tôt franchi la porte.

Quand il fut assis devant moi,
Jugez de mon nouvel émoi :
Au moment de choquer nos verres,
Au lieu d’un copain j’en vis deux,
Lesquels — n’est-ce pas merveilleux ?
Me ressemblaient comme deux frères !






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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Ven 3 Nov - 8:05

Ce gentil poète ne sera jamais seul dans la vie !!! sourir bis2

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MessageSujet: Re: LES EXQUIS MOTS À LA RIME S'ARRIMENT   Mar 7 Nov - 12:27

Adepte du : "aucun de nous n'est complet en lui seul”, il préférait la compagnie pour que l'optimisme, SEUL, reste en place.

ahah





Raoul PONCHON

DIS-MOI…

Dis-moi, je veux que tu me dises,
— Malgré leur manque d’intérêt —
Ces intarissables bêtises
Dont les femmes ont le secret.

Je t’écouterai, chère belle,
Dans un recueillement profond :
Insiste sur une dentelle,
Ne m’épargne pas un chiffon.

Ou, sur tes petites amies
Débite-moi tranquillement
Tout ce que tu sais d’infamies ;
Ça prendra toujours un moment.

Parle-moi d’un ancien Clitandre
À toi, qui fut sans doute ardent :
Que m’importe, c’est pour t’entendre,
Et je ne suis pas regardant.

Car, sur mon âme et conscience
Si je t’écoute, ô mon amour,
C’est un tantinet aussi pour
M’exercer à la patience.




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