LE COIN POÉTIQUE DE FRIPOU



 
AccueilS'enregistrerMembresCalendrierRechercherGalerieConnexion
Derniers sujets
Statistiques
Nous avons 43 membres enregistrés
L'utilisateur enregistré le plus récent est Regis

Nos membres ont posté un total de 23372 messages dans 3593 sujets

Partagez | 
 

 Poésie fugitive (Prosodie)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
André Laugier

avatar

Messages : 4571
Date d'inscription : 25/01/2015
Age : 75
Localisation : Marseille

MessageSujet: Poésie fugitive (Prosodie)   Mar 21 Juin - 18:51

PETIT LEXIQUE POÉTIQUE

POÉSIE FUGITIVE

On regroupe traditionnellement sous ce nom de petit genres poétiques tels que les "madrigaux", les "épigrammes", les "épitaphes", les "énigmes", etc. et quelques poèmes à forme fixe comme le "triolet", la "villanelle" ou encore le "rondeau". Ce sont des poèmes courts, parfois badins, spirituels ou émouvants, qui sont souvent plus charmants que profonds. Leurs modèles viennent de l'Antiquité. Ils apparaissent au XVIe siècle avec Clément MAROT et les poètes de cour.

Exemple :

À RONSARD

L'art de faire des vers, dût-on s'en indigner,
Doit être au plus haut prix que celui de régner.
Tous deux également nous portons des couronnes ;
Moi, roi, je les reçois ; poète, tu les donnes.

CHARLES IX, roi de France, XVIe siècle.


Ce genre de poèmes légers sur des sujets pouvant être dérisoires, donnaient l'occasion aux beaux esprits de dévoiler leur habileté. Difficile à définir, aussi fuyant que son nom, il fut aussi illustré par la poésie précieuse au XVIIe siècle : poésie mondaine, permettant de briller en société, elle fut en honneur dans les salons, y compris ceux de la bourgeoisie.

Mais c'est au début du XIIIe siècle que ce genre devint particulièrement prolifique. Voici un texte de VOLTAIRE, adressé à Mademoiselle GAUSSIN :


Jeune Gaussin, reçois mon tendre hommage,
Reçois mes vers au théâtre applaudis ;
Protège-les, Zaïre est on ouvrage ;
Ol est à toi puisque tu l'embellis.

Ce sont tes yeux, ces yeux si pleins de charmes,
Ta voix touchante et tes sons enchanteurs
Qui du critique ont fait tomber les armes :
Ta seule voix adoucit les censeurs.


Cette poésie fugitive ne l'était sans doute pas tant que ça, puisqu'elle fut connue, recopiée, conservée et qu'elle a traversé les âges pour venir jusqu'à nous. On considère qu'elle est le plus souvent une poésie de circonstance. Elle ne fut pas toujours badine, puisque les épitaphes sont aussi, à leur manière, une poésie fugitive comme en témoignent des vers qui ont été parfois gravés sur des tombeaux ou des cadrans solaires. Les inscriptions en font partie - même si l'auteur prétend les faire durer en les gravant sur la pierre.

Ce genre devait être bien présent (et pesant) pour le jeune Alfred de VIGNY qui avait dix-neuf ans, lorsqu'il affirmait pompeusement :



...
Le vers le plus obscur d'un auteur sérieux
À plus de vrai mérite et vaut plus à nos yeux
Que l'inutile amas de légères paroles
Qui forme le tissu de ces œuvres frivoles
Qui sans rien peindre au cœur cherche à nous éblouir,
Qu'on dit vers fugitifs parce qu'ils sont à fuir.


Mais, tout de même, la poésie fugitive peut être tantôt souriante, tantôt grave - et ne pas inciter à la fuite :


SUR UN ALBUM

Rien qu'un vers ! C'est tout votre vœu.
Vous le voulez, je vais l'écrire :
- Qui donne aux pauvres prête à Dieu.
Et j'ajoute, car c'est trop peu :
- Qui donne aux albums prête à rire.

Victor HUGO

_________________
La poésie se nourrit aux source de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André Laugier)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://echos-poetiques.e-monsite.com/
 
Poésie fugitive (Prosodie)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LE COIN POÉTIQUE DE FRIPOU :: Espace Prosodie-
Sauter vers: