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 ANTIMÉTABOLE ; ANTÉPIPHJORE ; GRADATION. (Prosodie)

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André Laugier

André Laugier

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MessageSujet: ANTIMÉTABOLE ; ANTÉPIPHJORE ; GRADATION. (Prosodie)   ANTIMÉTABOLE ; ANTÉPIPHJORE ; GRADATION.  (Prosodie) EmptyMer 19 Aoû - 10:30




PETIT LEXIQUE POÉTIQUE

L'ANTIMÉTABOLE
L'ANTÉPIPHORE
LA GRADATION

L'ANTIMÉTABOLE rentre dans la catégorie des figures de construction, et, plus précisément, dans les dispositions et motifs des rimes, en ce qui concerne la poésie.

Dans cette figure de style, deux phrases (ou segments de phrase) se suivent de telle manière que la seconde utilise les mêmes mots que la première en les permutant syntaxiquement. Ce mot provient du grec : "anti-meta-bolé" qui signifie littéralement : "répétition selon un ordre inversé".


"Des milliers et des milliers d'années
Ne suffiraient pour dire
La petite seconde d'éternité
Où tu m'as embrassé
Où je t'ai embrassée.

Jacques Prévert, in "Le Jardin".

On peut constater dans les deux dernier vers de cet extrait, que Prévert utilise une antimétabole : les deux phrases qui se suivent sont construites avec les mêmes mots, mais le "JE" et le "TU" sont syntaxiquement permutés, tout à tour sujet ou objet. Une façon de dire la réciprocité, l'union, et de décomposer en deux une seule et même chose (le baiser) pour la faire durer à l'infini.

Cette forme de chiasme dans lequel des termes identiques sont repris systématiquement, comme dans le fameux exemple de Molière : "Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger", ou encore cette phrase d'Edgar Morin : "À force de sacrifier l'essentiel pour l'urgent, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel".


____________________________

L'ANTÉPIHORE est également une figure de construction puisqu'il cela concerne un même mot (ou groupe de mots) répété en début et en fin de phrase, ou qu'un même vers commence et termine une strophe.

On appelle également l'antépiphore une "symploque". Ce mot provient du grec "Anté", qui veut dire "en face", et "phéréïn" qui signifie "porter".

Voici un exemple d'antépiphore" utilisée par Baudelaire dans cet extrait des "Fleurs du Mal", dans "Irréparable" :


"Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?
Peut-on déchirer des ténèbres
Plus denses que la paix, sans matin et sans soir
Sans astres, sans éclairs funèbres ?
Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?"

Autre exemple d'Achille Millien, in : "Avent" :


Les pauvres diables vont trimant
Vers un but qui toujours recule.
À l'aube comme au crépuscule
Et sous le soleil inclément,
Honteuse engeance à triste mine,
Dans la guenille et la vermine,
Les pauvres diables vont trimant.

____________________________

LA GRADATION, enfin, appartient également aux figures de construction ; elle repose sur l'intensité des mots qui se suivent de manière croissante. Autrement dit, on emploie à la suite les uns des autres des termes de plus en plus forts. On parle aussi de "climax". Cette figure est aussi nommée "concaténation" (du latin "catena" qui signifie "chaîne".

Cette figure peut être inversée : les termes successifs sont de moins en moins forts. Dans ce cas, on parle d'anti-climax.

Exemple de Pierre Corneille, dans "Le Cid" (acte I, scène 5) :


Plus l'offenseur est cher, et plus grande est l'offense.
Enfin tu sais l'affront, et tu tiens ta vengeance :
Je ne te dis plus rien. Venge-moi, venge-toi ;
Montre-toi digne fils d'un père tel que moi.
Accablé des malheurs où le destin me ronge
Je vais les déplorer : va, cours, vole et nous venge.

Ce procédé met donc en relief les différentes parties d'un plan annoncé, tout en marquant avec force une suite de faits qui s'engendrent mutuellement.



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